XXVIII NOTE SUPPLÉMENTAIRE
OÙ Ton rencontre de curieux échantillons de toutes les for^ mations métamorphiques, marbres, schistes, serpentines, jades même, vivement colorés et quelquefois admirablement polis. Au centre, une étroite fissure, sorie de canal irrégulier, dont la largeur n'est parfois que de 40 mètres, mais dont la profondeur est pour ainsi dire incommensurable, renferme toutes les eaux du fleuve^ qui coule impétueux entre deux murailles complètement à pic. Â de rares interruptions près, tel est l'aspect du Gambodj jusqu'à sa sortie du Tbibet, et très-probablement jusqu'à ses sources. Aucun ileuve n'offre, sans doute, sur un aussi long espace, une physionomie aussi singulière et aussi remarquable. » Ajoutons que des marques faites en quelques points sur le rocher accusaient une différence de 50 pieds environ entre l'étiage ou hauteur normale des eaux (qui est elle-même très-considérable) et le point où atteint l'inondation.
Un des objets essentiels de la mission avait été, on le sait, de reconnaître aussi loin que possible le cours du Mékong, d'en constater la direction supérieure, et de rapporter des informations précises sur son origine. Ce dernier point aurait été d'autant plus intéressant, que la région élevée d'où le fleuve descend est aussi le point de départ de beaucoup d'autres rivières, les plus grandes et les plus importantes du sud- est de l'Asie; mais il faudrait pour cela pénétrer dans la région inexplorée où la Chine occidentale confine au Tbibet, et le temps n'est pas venu encore où une telle exploration, qui aura tant d'importance à tous les points de vue, sera praticable. Il n'était pas possible à la Commission de poursuivre au delà du Laos la reconnaissance du fleuve (dont le cours supérieur continue de nous être connu seulement par les cartes chinoises) ; on dut s'en éloigner définitivement un peu avant d'avoir atteint, le 16 octobre, la frontière méridionale du Ynn-nan, qui se trouve ici à peu près sous le 22*" degré 1/2 de latitude.