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V, notre précédent volume, p. 255 et 2G

3. Nous ne pensons pas que Linant Bey ait rapporte ses observations au méridien de Saint-Paul à Londres (ce qui donnerait en effet la différence de 12' notée par M. de Bizemont), mais bien^ selon Tusaga universel consacré par le Nautical Almanach, au méridien de TObservatoire de Greenwich près de Londres, ce qui réduit à environ 6' l'écart entre le chitTre de Linant Bey, résultat d'une observation d'ailleurs peu silre, et celui de M. de Bizemont. Dans tous les cas, nous a\ions une détermination faite dans de meilleures conditions pour la longitude de Khartoum , et (|ue jusqu'à présent les cartographes ont en générai adoptée avec raison : c'est celle du lieutenant Letorzec, compagnon de Cailiiaud. Celle-ci donne le chiffre de 30' 17' 30" à TE. de Paris, et consuquemmcut clic ne ditTùrc Uo celle de M. de Bizemont 4]ue d«

NOUVELLES LIGNES d'ÉXPLORATION. 31

S 4. NouYelIes lignes d'exploration à ouvrir dans rAfrique éqaatoriale.

Qa'il nous soit permis d'exprimer le regret que dans ces grandes entreprises qui se poursuivent au cœur de l'Afrique il n'y ait maintenant à citer que des noms étranger». M. de Bizemonty nous venons de le voir, qui avait pn s'associer, il y a trois ans, à l'expédition actuelle de sir Samuel Baker, a été rappelé en France par les désastreux événements de 1870; trois ans auparavant, Lesaint avait snccombé aux atteintes du climat , an moment où il abordait, sons les auspices et avec les instructions de notre Société de Géographie, le seuil des grandes explorations équatoriales. Ce vide est d'autant plus regrettable, qu'en regard des explorations actuelles ou projetées dans la région des sources du !Nil, il est une autre ligne que nul n'a suivie ni tentée encore, et que nous appellerions volontiers la ligne française. Toutes les tentatives ont été faites jusqu'à présent du Nord au Sud, ou à l'inverse, du Sud au Nord, soit en remontant le Nil et le fleuve Blanc, soit etk partant de l'Afrique australe pour gagner Gondokoro et Kbartoum : la ligne que nous voudrions voir aborder (et que nous signalions, il y a déjà dix ans, à l'attention des explorateurs*), couperait le continent dans l'autre sens, de l'Ouest à l'Est dans le sens de Téqualeur. C'est la direction que devait prendre Lesaint, si ce n'est qu'il se portait de l'Est à l'Ouest. L'exploration nouvelle pourrait partir du Gabon, et sans s'attarder dans les basses terres, s'avancer hardiment vers la contrée des Fân, au Nord ou au Nordla quantité absolument insignifiante de Aô". La détermination de M. de Bizemont n'en est pas moins prccicuso, en ce qu'elle Gontrôlo et confirme à la fois celle du Lieulenaut Lctorzec.

l. Un peut voir le tom. I"^ de VAunco (jéouraphiquc, 1862, p. -Vi. Un peu plus tanl nous avons développé la môme vue dans une lettre au secrétaire ^'tiiéral de noire Société de Géographie, à l'occasioD du voyage projeté de Lesaint.

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Est, pour atteindre le plus vite possible les hauts pays, c'est-à-dire la région des sources. C'est dans cette haute région, dont nul encore ne s'est approché, qu'est le grand intérêt de l'entreprise, l'intérêt tout à la fois physique, ethnographique et géographique ; c'est là que sont réellement les recherches et les observations qui immortaliseraient le voyage et le voyageur, en conduisant directement et à coup sûr à la solution du grand problème, la découverte de la tête, de la vraie tête du Nil. Ce qu*il s'agit de trouver et de reconnaître, ce n'est pas seulement tel ou tel lac, qui ne saurait jamais être qu'un point de départ secondaire, puisqu'il n'est qu'un récipient d'eaux supérieures : c'est le point de départ, la source de ces eaux supérieures. Il faut donc se porter au cœur de la région d'Alpes qui doit indubitablement exister dans la zone cquatoriale de l'Afrique, et d'où rayonnent les grandes artères qui sillonnent le continent, — le Nil, le Ghâri, le Tchadda, branche orientale du Dhiolibâ, le Zaïre, et peut-être l'Ogovaî, tributaires de l'Atlantique, et enfin le Zambézi, affluent de la mer des Indes, — comme du massif de nos Alpes d'Europe rayonnent le Rhône et le Rhin, et rinnvraie tête du Danube, et le Tessin vraie tête du Pô. C'est donc la région alpine qu'il faut atteindre : là est la branche mère du Nil et le nœud du problème. Qu'il y ait là de grandes difficultés et de grands périls, cela est certain ; pas plus grands, après tout, que ceux que Barth, il y a vingt ans, a si résolument bravés, et dont il a si admirablement triomphé ; pas plus grands non plus, moins grands peut-être, que ceux que l'explorateur rencontre dans les parties déjà suivies des grands lacs et du fleuve Blanc. Deux voyageurs instruits, vigoureux, résolus, bien préparés, mèneraient à bien l'entreprise, j'en suis convaincu. Et quelle gloire dans le succès!

Entre les grandes explorations qu'appellent encore les vides de la carte d'Afrique, — toute la zone équatoriale.

EXPEDITIONS PROJETEES. 33

l'espace immense compris entre le Tanganîka et le Gabon, le revers occidental du mont Kénia, toute ia région des montagnes de Kong au-dessus de la Guinée, la région inconnue entre le Tchad et la Ni:Lie, etc., etc., — entre ces grandes et difficiles expéditions qui sollicitent encore le dévouement des explorateurs, aucune ne conduira aussi promptement que celle que nous venons de suivre par la pensée à de grands résultats, à des résultats d'une nature aussi générale. Nous Tavous qualifiée de ligne fronçalse : puisse notre prévision s^ réaliser, it se réalisi-r dans un temps prochain î

i .'». Expéditions projetées.

Au surplus, l'atteotion se porte maintenant de ce côté. Le docteurKirk, consul d'Angleterre à Zanzibar, dans une lettre du 15 janvier 1872 adressée au Président de la Société de Géographie de Londres [Proceedings olthe soc, vol. xvi, n** 3, p.226), s'expriîre ainsi : «J'aimerais voir quelques explorateurs suivre les caravunes marchandes qui chaque année portent de Paugani et de Momhaz, longent le pied du Kilimandjaro, et traversiiDt les plaines salines couvertes d'épais dépôts de carbonate de .soude, coupent le territoire sauvage des Mrsaï et des Ouakouasi pour gagner les lacs du haut bassin du Nil, où elles se rencontrent avec les gens d'Ouganda et de Karagoué. Un pareil voyage serait plein d'intérêt et de nouveauté... »

D'un autre côté, nous lisons la note suivante dans YÂthena?um du 9 novembre 1872 : «Deux expéditions, munies des instructions delà Société de Géographie, vont trèsprochainement» quitter l'Angleterre pour l'Afrique centrale. L'une , dont la conduite est confii're au lieutenant Grandy, de la marine royale, est désignée sous le nom d'expédition Congo-Livingstone; elle prendra terre h Saint- Paul de Loanda et remontera le cours du Zaïre ou fleuve i.'annéb giîogu. XI. 3

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du Congo y afin de rechercher les rapports que ce fleuve peut avoir avec le Loualaba*. M. Youug, le vieil ami de livingstone, a mis généreusement à la disposition de la Société une somme de 2000 livres pour l'expédition Orandy.

« L'autre expédition, sous les ordres du lieutenant Gâ-« méron, de la marine royale, accompagnera sir Bartle Frère, un des vice-présidents de la société (que le gouvernement vient de charger d'une mission spéciale), et partira de Zanzibar pour pénétrer dans Tintérieur, sous les auspices et avec les instructions de sir Bartle. t>

L'Angleterre, on le voit, veut se relever de l'échec de la mission Dawson. C'est une noble et généreuse ambition.

Le lieutenant Grandy a dû s'embarquer à Liverpool le 30 novembre ; sir Bartle Frère avait quitté les côtes d'Angleterre dès le 21.

Enfin, on lit dans les journaux allemands : a A l'une des dernières réunions de la Société de géographie de Berlin, il a été décidé qu'il serait formé une commission permanente allemande pour l'exploration de l'Afrique centrale, en prenant pour base la côte ouest, du cinquième degré nord au sixième degré sud de latitude, à l'embouchure du Congo. Les autres sociétés de géographie de l'Allemagne seront invitées à se joindre aux dépenses qu'il y aura lieu de faire et pour lesquelles on aura recours aux souscriptions. Une somme considérable a été immédiatement souscrite dans la salle de réunion de la Société de géographie. On espère obtenir le concours du gouvernement» Le duc de Weimar a déjà promis son assistance; il a exprimé cette opinion qu'il serait désirable que plusieurs expéditions partissent simultanément de différents points. »

C'est un mouvement très-remarquable qui se produit en Europe. Il est profondément regrettable que par l'effet des

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