‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 202 sur 337 · L*0GOVAÏ ET SON ORIGINE · texte numérisé non relu

L*0GOVAÏ ET SON ORIGINE

d'eau qui coulent dans cette région même, et qui, s'ils ne continuent pas leur course vers le Nord^ doivent nécessairement incliner vers TOuest, cette découverte est venue compliquer encore le problème, lui donner surtout un inrêt des plus vifs.

Existe-t-il une relation entre le Tchambèze et la Loufira de Livingstone, et les sources soit de l'Ogovai, soit du Zaïre? Si ces cours d'eau sont indépendants les uns des autres, quels sont les rapports de leurs bassins respectifs ? Telles sont les questions qu'on se pose aujourd'hui. Seule, l'exploration pourra les résoudre et permettre de choisir entre les nombreuses hypothèses auxquelles elles ont donné naissance. Mais on voit par leur importance et par ce qu'on sait déjà de l'étendue des fleuves qui coulent en ces régions, que là se trouve certainement le nœud du système hydrographique de l'intérieur de l'Afrique. Qu'on suive la route adoptée par Livingstone ou qu'on remonte les grands fleuves de l'ouest, on n'ajoutera rien d'essentiel, rien de décisif au moins, à nos connaissances, tant qu'on ne parviendra pas à résoudre ce grand problème de la ligne du partage des eaux.

Ce n'est pas seulement au point de vue scientifique qu'il offre de l'intérêt. Sa solution influerait certainement de la manière la plus heureuse sur le développement des relations de l'Europe avec le continent africain. Ces régions équatoriales, notamment celles de la côte occidentale, sont d'une incomparable fertilité. Sans culture, elles donnent à profusion des produits qui déjà font l'objet d'un trafic considérable : l'huile de palme, la cire, la gomme, le caoutchouc, l'ébène, rivoire, etc. Cultivées, elles sont susceptibles de fournir tous ceux de la zone torride ; les arachides, le coton, etc., etc. Les légumes y pousseraient à merveille. Les métaux, le fer surtout, paraissent s'y trouver en grande abondance. Les peuplades noires qui les habitent, partout où elles n'ont pas été corrompues par le contact des Maures ou des négriers,

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loin d'être hostiles aux Européens, les aecueillent avec faveur, les appellent même avec empressement. Si Timpulsion leur ^tait une fois dpnnée, elles ^e décideraient facilement à cultiver le sol, pour obtenir les produits de nos fabriques en échange des productions naturelles du pays. Ce qui jusqu'à ce jour a empêché des rapports de quelque importance de s'établir, c'était l'odieux trafic de la traite, dont heureusement les débouchés sont maintenant en grande partie fermés; c'est encore et surtout l'insalubrité de la zone maritime. Cette insalubrité est telle, que non-seulement nulle colonie ne peut se fonder sur le littoral, mais qu'on n'y peut maintenir les stations purement militaires qu'on essaie d'y fonder pour la protection du commerce. Dans l'intérieur du continent, il existe, au contraire, d'immenses régions aussi saines que fertiles. La difficulté d'y pénétrer, l'ignorance de leurs conditions climaténques et des populations qui les habitent, en ont constamment éloigné le courant de la colonisation. Mais il ne peut manquer de s'y porter lorsqu'elles auront été reconnues et qu'on aura convenablement exploré les routes qui peuvent y conduire, et surtout les fleuves, ces grands chemins naturels. Aussi le commerce et l'industrie ne sont-ils pas moins intéressés que la science à ce que le voile qui couvre ces mystérieuses contrées soit enBo déchiré.

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