LE OUED-GUIR
46. Du môme. DieBevœlkerungvon Marokko. Zeitschrift der GeseUtehaft fur Erdkunde %u Berlin^ B"». VII (n* 37), 1872, p. 56-75.
Les chiffres qae donnent les voyageurs poar la population du Maroc diffèrent beaucoup entre eux, ainsi qu'on peut s'y attendre alors qu'il s'agit d'un pays où il n'existe pas de dénombrement régulier, et où un étranger n'a aucun moyen d'établir un calcul basé sur des données directes' tant soit peu précises. Pour arriver à quelque chose de moins arbitraire, M. Rohlfs fait un rapprochement qui nous paratt très-judicieux. « Si nous comparons, dit-il, le Maroc à l'Algérie, nous voyons dans les deux pays une similitude de conditions de sol et de climat qui comporte une très -grande probabilité de densité analogue dans la population des deux contrées. Or, l'Algérie a une population d'un peu moins de 3 millions d'àmes (2 921 2'i6, recensement de 1866); et comme la superficie du Maroc dépasse au moins de moitié celle de l'Algérie, qu'il possède de plus de grandes oasis (Dra'a, Tafilèt, Touat), et qu'enfin il a au sud de l'Atlas de grandes et fertiles provinces (Sous et Ouèd- Noun) sur le bord de l'Atlantique, ce n'est sûrement pas aller trop loin que d'évaluer la population au chiffre de 6 500 ooo Âmes. >
Le point de départ est bon ; mais la résultante n'en reste pas moins encore assez incertaine, par la difficulté, dans l'état des notions actuelles, d'établir une échelle de comparaison qui soit à peu près sûre entre l'étendue relative des deux territoires.
47. Général de Wimpfen. L'expédition de TOued-Guir; Lettre à M. le marquis de Chasseloup-Laubat, président de la Société de Géographie. Bulletin de la Société, janvier 1872, p. 34-52.
Avec une carte de M. E. Picard, et une note analytique sor cette carte, p. 53-60. Mais sur les données qui ont servi à l'établissement de cette carte fragmentaire, il faut voir les remarques du capit. Kessler (n« 48, ci-dessous), p. 444i.
48. Kessler, capit. d*élat-major. Lettre à M. le Président de la Société (sur la même expédition). Ibid.^ avril, p. 444-446.
49. H. DuvEYRiEK. Historique des explorations au sud et au sudouest de Geryville. Ibid. sept. p. 225-261 , cart.
Le terrain est personnellement connu de l'éminent voyageur.
Lexpédiiion du Oued-Ghir.
L'expédition française qui, aux mois de mars et d'avril 1870, a pénétré dans le Fighig et dans plusieurs autres oasis du Sahara marocain, à la poursuite de tribus insurgées de la province d'Oran, a procuré d'utiles informations sur des territoires qu'aucua voyageur européen n'a visités jusqu'à présent ; il faut dire, toutefois, que le meilleur des notions recueillies, particulièrement pour la carte des pays
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traversés, reste confiné dans les cartons du ministère de la guerre (voir la lettre du capitaine Eessler, p. 445). Le général de Wimpfen fait d'aillears ressortir en ces termes les avantages que Ton a retirés de l'expédition pour la connaissance générale du pays : « L'expédition qui vient de s'accomplir a eu l'immense avantage, en dehors de ses résultats politiques, de fixer complètement les esprits sur le vaste territoire qui s'étend au sud-ouest de notre frontière, et dont on exagérait beaucoup les difficultés comme ressources en eau, productions végétales et conditions climatériques. Les eaux sont abondantes et de bonne qualité, au point qu'une colonne ayant un effectif de cavalerie élevé, a pu sans inconvénient parvenir à l'extrême limite. Le terrain, d'un parcours facile, offre sur la plupart des points, à l'état sauvage, des productions très-utiles k la nourriture des animaux ; un convoi de près de 5,000 chameaux a traversé tous les passages sans accident, trouvant sur la route les pâturages nécessaires, ressources précieuses qui ont aussi alimenté le gros troupeau de bœufs nous fournissant la viande, et ont donné un appoint indispensable à l'orge de nos chevaux et mulets.
« Nos deux mois d'excursion ont en outre été favorisés par une température agréable : pas de fortes chaleurs, souvent un temps frais, quelques orages, des pluies dans les derniers jours, et, en résumé, plutôt froid que chaud. Ces circonstances , dues peut-être à une année pluvieuse, permettent cependant de désigner les mois de mars, d'avril et moitié de celui de mai, comme les plus convena* blés pour voyager dans ce pays.
<c Enfin, le territoire qui s'étend de TOued-Ohirà notre frontière n'a aucun des caractères du désert ; il est habité par une population de 130,000 âmes environ, soit sédentaire, Eoit nomade, ayant, fixés au sol, des intérêts matériels considérables qui la rendent très-vulnérable. Les trois principaux points d'appui de ces populations sont les oasis d«
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Fighig et d'Aïn-Ghaïr, et la tribu des Douï-Menia*. Celte zone s'est longtemps rattachée, sous le rapport politique et commercial, à Tlemcen. L^élat d'hostilité créé par notre conquête, rétablissement d'une ligne de douanes et l'interdiction de la vente des nègres sur nos marchés, ont profondément modifié cette situation, au grand avantage du commerce anglais qui inonde le Maroc de ses produits et les expédie même jusqu'au Soudan. Les relations n'ont cependant pas complètement cessé avec Tlemcen, où les Marabouts de Qenadsa, forcément appelés dans notre Tell par leurs quêtes, s'approvisionnent en grande partie ainsi que le prouvent les nombreux objets de cette provenance que nous avons trouvés dans leur ksar. >
L'Oued-Ghir, par son importance historique et géographique au temps des Romains, présente un intérêt qui relève les rares détails fournis par les documents modernes sur cette rivière de TAtlas marocain. Voici ceux que donne le général Wimpfen :
« L'Oued-Ghir prend sa source au massif élevé qui donne également naissance, au nord, à la Moulouïa. Il coule d'abord dans un terrain accidenté et rocheux qui rétrécit son lit et le rend impropre à la grande culture. Cette première partie de son cours doit à la configuration du sol et à l'absence de toute eau stagnante, une salubrité très-favorable aux habitations sédentaires ; aussi est-elle peuplée de nombreux ksours, qui^ au moyen de petits barrages, prennent à la rivière l'eau nécessaire à leurs jardins. A Ojorf-èt-Torba, la vallée s'ouvre, permet les irrigations, et présente les premières cultures étendues. Le lit y est large, obstrué de bancs de sable et bordé de broussailles de tamaris. Il roulait à notre arrivée un gros volume d'eau rapide et limoneuse ; pour des imaginations françaises^ cherchant partout l'image de la patrie, il avait l'aspect de certaines parties de la Loire.
c Do Djorf-èt-Torba, la vallée est cultivable jusqu'à Jgil;
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mais les cultures se développent plus on moins suivant la nature des rives et les facilités d'irrigations. Ainsi, elles présentent encore une zone étroite jusqu'à quelques kilomètres en amont de Goleîb-Ghiheb; elles s'élargissent sor ce point, où deux fractions des Douï-Ménia, les Oulab-bel- Ghiz et les Oulab-bou-Anân, possèdent des orges et des blés très-bien arrosés, et elles atteignent toute leur étendue dans la région des Toumiât, pour aller en se rétrécissant finir en amont d'Igli. »
On donne le nom de Bahariaty c petites mers », k on endroit de la vallée du Ghir où les eaux de la rivière embrassent une large étendue du pays riverain. Sur une largeur qui atteint 10 kilomètres et une longueur d'au moins 25 kilomètres, un faiscsau considérable de canaux et de bras de rivière arrose de grands espaces couverts de céréales. Les Tamarix, à l'exclusion de tout autre arbre, croissent sur ce terrain en quantité telle, qu'ils forment sur certains points de véritables forêts.
50. Faye. Sur la triangulation géodésique du premier ordre, qui sert de fondement à la nouvelle carte de rAlgéric du Dépôt de la Guerre. Comptes-rendus des séances de VAcad. des sciences, 11 nov. 1872, p. 142-46.
.M. G. Bourdon. Étude géographique sur la Dahra. 2" partie. Bulletin de la Soc. de Géoijrayhie, juin 1872, p. 593-1)12, avec la carte du Dahra, au 4()U,0i)0«'; juillet, p. 59-91.
Voir le volume précédent de VÂnnéc Geofjraphique^ p. i»5. — Dans cette deuxième partie de eoii travail, IViuteur traite de l'etbiiulogie, de rhistoirc, du la statisti\^ue et des cultures du Dahra.
52. D' G. Napiiegyj. Ghardaïa, or Ninety days arnong thc Be'ni Mozaih. New York, 1871, in-12, 348 pages. 10 sh.
.53. 0. Mac-Carthy. Altitudes des principale.-» localités de rAJgérie.
et des points culminants de ses différents systèmes montagneux. Bulletin delà Société algérienne de Climatologie, 1872, n" 1-3, p. 17-19.
Voir ci-après.
.54. TopiNARD. Rapport sur la population indigène do l'oasis deBiskra. Bulletins de la Société d'Anthropologie de Paris, t. V, 1870, p. 5'i8-5r)5.
Résumé sommaire de notes transmises par le D'' Seriziat.
55. E. Mercier. Kthnographio de rAfricjue septentrionale. Notes sur l'origine du peuple berber. Bévue africaine ^ n" 90, nov. 1871, p. 420-433.
M. Mercier résume ainsi ses vues sur l'ethnologie de la région de TAtlas; nous ne discutons pas, nous rapportons :
1«> L'Afrique septentrionale a dû être peuplée par une série d'immigrations très-anciennes de peuples sémitiques venus de la Syrie, du nord de l'Arabie ou des bords de l'Euphrate.
2" Ces groupes araméens se sont assimilé des populations d'origines diverses — basanées d.ms le sud. blondes dans le nord — trouvées par eux dans le pays ou venues postérieurement à leur établissement.
3'* La réunion de ces éléments et leur assimilation ont formé la race africaine ou berbère.
4** Cette unification a dû être complète dès uni époque si reculée, qu'il est. permis d'appliquer le titre d'autochthones aux Berbères de l'Afrique.
56. Revue Africaine, journal des travaux de la Société Historique algérienne, XVI" année. Alger, 1872, in-8". (L'année, 14 fr. — Paris, Challamel.)
La Revue Africaine, organe de la Société Historique algérienne, est dirigée par M . le professeur Cherbonneau, qui a succédé à la présidence de la Société depuis la mort de M. Berbrugger. La Revue est consacrée à la linguistique, à l'ethnologie, à l'histoire et à l'archéologie de nos provinces algériennes.
57. Recueil des Notices et Mémoires de la Société archéologique de la province de Constantinc. T. XV, 1871-72. Constantine, 1872 in-8'*, xxii-428 pages, et 1 pi.
La plus grande partie du volume est occupée par VHiitoire des villes de la ()Tov. de Conslanliiie, par M. Ch. Feraud, p. 1-380 (Sétif. Bordjbou-Arreridj. Msila. Bou-SAda). — Il faut mentionner aussi les inscriptions de la province^ par M. Poulie, p. 415-426,
S l«'. La nouvelle carte topographique de l'Algérie.
Le 11 novembre 1872, M. le Ministre de la guerre
L'ANNÉB GtfOGR. XI. S
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adressait la lettre suWante au président de rÀcadëmia dei ecienoes :
t J'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint un manuscrit de M. le capitaine Perrier, relatif à la détermination d*une grande chaîne géodésique en Algérie. Ce manuscrit sera bientôt publié et formera la deuxième partie du tome X du Mémorial du Dé^ p6t de la guerre, dont la première partie, rédigée aussi par M. Perrier, a déjà paru sous ia titre de Mesure des hases algé^ riennes.
f II m'a semblé qu^avant de l<vrer à Timpressicn un travail aussi considérable je devais le signaler h Tattention de l'Académie des sciences, afîn de prouver que le ser\'ice géodésique du Dépôt de la guerre fonctionne avec activité, et que si les géodésiens ne sont pas nombreux dans l'armée, les officiers voués à Tétude et à la pratique de la Géodésie savent du moins marcher sur les traces de leurs illustres devanciers.
< C'est dans ce double but que je vous envoie ce manuscrit, avec les dessins à l'appui, i
A roccasion de cette lettre, le président, M. Faye, a fait à rAcadémie une communication d'un trop haut intérêt (ci-depsus, n» 50), pour que nous ne la reproduisions pas dans son entier :
c Les opérations topopraphiques ont commencé en Algérie avec la conquête. Jift plan primitif de ce grand travail a nécessairement suivi le sort des opérations militaires; il a fallu aller au plus pressé et commencer par les dt'îiails. Les trian^'ulations exécutées à la hâte dans Jes provinces récemment occupées, ou les levés topographiques opérés par nos savants ofliciers à la suite des corps exfx'ditiounaires, au ])rix des jjlns grandes fatigues et des plus grands dangers, ont ni^cessairernent précédé le travail (i'ensemhlii (\m dt^vait T'tre ri's»»rvé pour un temps plus calme et wua occupation drlinitivf*. Dans cette première p'ricKle, nous remarquons des noms bien connus de l'Académie : ceux des capitaines Rozet, Levret, Boblaye, da commandant Filhon ; de MM. ISer\ier, Bergeron, etc., an-