PALESTINE
et certaines questions sont nettement précisés. Il résulte da travail de M. Oanneao que le Mesa de Tinscription, qui y célèbre ses victoires sur les Israélites, est identique avec le Mesa de la Bible contemporain d'Achab, de Joram et de Josaphat, et que les événements qui y sont relatés s'accordent parfaitement avec ceux du texte sacré. Ils ont trait aux luttes dont fut le théâtre le territoire anciennement possédé par les Moabites au nord du fleuve Arnon, où s'étaient établies les tribus de Ruben et de Gad. L'importance de la stèle de Dhlbàn, au point da vue paléographique et linguistique, ne le cède pas à sa valeur historique. En effet, grâce à elle, nous possédons maintenant un spécimen de ralphabet phénicien, ou plutôt chananéen, d'un âge exactement déterminé, et qui peut servir de point de repère dans l'échelle chronologique de la paléographie sémitique alphabétique, La langue de ce curieux monument peut-être considérée comme de l'hébreu véritable inclinant légil'rement vers les dialectes arabes et araméens. Il apporte en outre un nouveau témoignage de la diffusion générale de l'alphabet phénicien chez les peuples du bassin de la Méditerranée, et même de sa pénétration a une assez grande profondeur à l'intérieur. Un autre fait extrêmement intéressant qui nous est révélé par cette inscription, c'est que la division des mots et la séparation des phrases par des signes de ponctuation étaient pratiquées dès la plus haute antiquité.... >
Nous avons noté ci-dessus, n» 77, le mémoire de M. Richard Burton sur ce sujet.
82. Bu môme : Résultats topographiques et archéologiques des fouilles entreprises à Jérusalem par le Palestine Exploration fund, Journ. ÀsiaLj août-sept. 1872, p. 145-156.
83. OrdnaDce survey of the Peoinsula of Sinai, made by capts. C. ' W. WiLSON and H. S. Palmer, Roy. Engineers, under the direction of col. sir Henri James, R. E., director-general of the Ordnance Survey. Lond., 1869-72,5 voLgr. in-8«(Southampton),
Les trois premiers volumes de ce grand et bel ouvrage, comprenant les vues photographiées de tous les sites notables de la Péninsule, ont paru il y a près de trois ans. Les tomes IV et V, qui paraissent actuellement, comprennent les cartes, les planches et le texte.
Cette belle publication se complète par la relation de M. E. H.' Palmer, frère de l'ingénieur, publiée l'an dernier, et que notre précédent volume deVAnuée Géoyraphique a mentionnée (p. 7, n° 15).
84. Th. NoELDEKE. Die Namen derAramâischen Nation uiid Sprache. Zeitschr. der Deutschen Morgenlànd, Gesellschaftf t. XXY, cah. 1-2, Ictp;?., 1871, p. 113-131.
S i". Les travaux de la Commission anglaise de la Palestine.
Géodésie. Archéologie.
L'extrait suivant des instructions données à la Commission organisée à Londres pour Texploration de la Palestine, en fera bien connaître Tesprit et le but :
lo Lever une carte du pays, sur laquelle seront exactement
indiqués, outre la configuration topograpbique, le site de toutes les villes et villages, les ruines, les routes, etc.;
2^ Recueillir, autant que possible, les noms en usage parmi les indigènes, ainsi que les traditions qui se rattachent à chaque place;
3° Essayer de faire des fouilles partout où il sera nécessaire ;
4» Instituer une série d'observations météorologiques;
5° Recueillir autant de notes qu'il sera possible sur la géologie du pays, sur la botanique, la zoologie, etc.;
6° Ne laisser échapper aucune occasion de faire à Jérusalem des excavations propres à conduire à des résultats décisifs ;
1"^ Examiner tous les sites archéologiques que le pays renferme, en lever des plans et en faire des dessins.
On ne peut pas dire qu'il y ait en tout ceci rien d'absolument neuf; tous les explorateurs savants qui ont parcouru la Palestine depuis la fin du dernier siècle se sont attachés aux objets signalés ici à l'attention des commissaires, et il existe déjà sur la Terre Sainte une masse de travaux d'nne haute valeur. Outre l'expédition française de 1798, qui fut Toccasion d'un levé militaire de la Palestine sous la direction du colonel Jacolin , et qui donna la première carte à peu près exacte qu'on en ait eue, les ingénieurs français, profitant plus récemment, en 1860, d'une occurrence politique, ont aussi rapporté, comme nous le dirons tout à l'heure, des levés géodésiques qui ont été complétés en 1869, et dont on attend la publication. On connaît les admirables résultats déposés, il y a trente-deux ans, par Edward Robin son dans ses Diblical Researchcs , à la suite d*une longue exploration topographique et archéologique dans laquelle le savant américain s'était attaché, comme le recommandent les instructions du Comité de Londres, à reconnaître tous les anciens sites et à relever les noms locaux usités par les habitants. Beaucoup d'autres après lai ont suivi la même voie , et ont enrichi de beaucoup de dé-
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Uils nouveaux la carte ancienne et actuelle. II suffit de rappeler les noms de M. de Saulcy, de Viotor Guérin et du duc de Luynes, sans oublier les travaux antérieurs de Cailler et du comte de Bertou. Un ingénieur néerlandais, M. Yan de Yelde, a consacré plusieurs années à sillonner le même champ en archéologue et en topographe, et la belle carte qu*il a publiée de toute la Palestine, appuyée d'un ample mémoire analytique, sans avoir la précision rigoureuse que peut donner un véritable levé géodésique, n'en est pas moins, à tous les points de vue, un travail des plus remarquables. La nouvelle Commission anglaise n'a donc pas, tant s'en faut, à construire de toutes pièces un édifice dont les matériaux sont déjà pour la plupart élaborés : sa tâche — et je me hâte d'ajouter qu'elle est encore assez grande et ast^ez belle — est de contrôler , de coordonner, de compléter ce qui a été fait avant elle; elle est surtout de lever, par des procédés rigoureusement scientifiques, une carte complète de la Terre Sainte qui ne le cède pas aux plaa belles œuvres géodésiques de l'Europe. La Commission, jo m'empresse de le dire, a compris ainsi sa tâche, et elle pro* clame bien haut qu'une telle carte est en première ligne parmi les travaux qui lui sont prescrits.
£lle s'est mise à l'œuvre dans les derniers mois de 1870, et le travail a marché depuis lors sans interruption. La Commission a commeocé ses opérations par le sud-ouest, pour les porter à l'est et au nord. Si rien n'en vient entraver la suite, on peut compter que la levé proprement dit sera terminé en 1873, et que les minutes, transmises en Angleterre, pourront être immédiatement réduites à une échelle convenable pour la gravure. La Commission anglaise ne doit pousser ses opérations que jusqu'à la mer Morte et au Jourdain, la Syrie Transjordanienne , déjà étudiée par de savants explorateurs et par un ingénieur allemand, M. Dorgen, ayant été laissée à une commission américaine qui a revendiqué l'honneur de participer au tra-
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vail des ingénieurs anglais. Les mémorables publications d'Edward Robinson et du lieutenant Lynch donnent aux Américains du Nord un titre légitime pour avoir part à cette grande œuvre.
S 2. Une «zcursion archéologique à l'est de la mer Morte.
En attendant l'arrivée de la Commission américaine, deux explorateurs anglais^ le R. D*^ Ginsburg et le R. G. Tristram, ont fait au mois de février 1872 une course exploratrice à Test de la mer Morte^ dans ce qui fut autrefois le pays de Moab. Le double rapport que les deux explorateurs ont &it à l'Association britannique réunie à Brighton au mois d'août dernier, est plein de faits du plus haut intérêt. La petite caravane, partie de Jérusalem le 30 janvier 1872, contourna le sud de la mer Morte par le Grhor es-Safièh, et gagna Kérak, l'ancienne Kir Moab , place que Seetzen visita le premier en 1806^ et qui depuis a été bien décrite par Burckhardt , Irby et Mangles, et de Saulcy. Les murailles'sont d'une grande étendue et d'une énorme hauteur. Les voyageurs furent retenus ici prisonniers par la rapacité d'un chef, qui ne les relâcha qu'après le payement d'une lourde rançon. Diverses excursions dans le pays environnant ont permis, néanmoins, de reconnaître un assez grand nombre de sites ruinés. A Araïr (rancienne Aro'èr)^ un message apportant de Jérusalem des nouvelles de famille de nature affligeante, obligea M. Ginsburg de revenir sur ses pas, laissant M. Tristram seul pour le reste du voyage.
Après avoir dépassé Dhibân, village près duquel a été trouvée la stèle devenue si célèbre sous le nom de pierre de Mésft S on atteignit une localité nommée Oum Rasas. Le lieu est sur la route militaire de TEmpire romain, et doit avoir été une des cités importantes de ces plateaux dans les premiers siècles de l'ère chrétienne ; on y voit les restes d'une