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LE PAYS DE MOAB

église byzantine. M. Tristram examina, à Test d'Oum Rasas, plasieurs sites qui n'avaient pas encore été visités.

L'un de ces sites, Kbftn Zébib, occupe évidemment la place d'une grande cité, dont les débris ont servi à construire le village moderne ; un temple doricpie existe encore près de là, du côté de Test. Le chemin , à partir d*Oum Rasas, se porte au nord-ouest; après avoir traversé le Ouâdi Tbemed, M. Tristram, à quelque distance vers le nord, visita Zarafân, où il existe un fort en grandes pierres équarries au sommet d'un tell , et les restes de la ville au pied de la hauteur, probablement le Naar Safari de la Notice de l'Empire. Plus loin au nord-est, est Oum^l-Ouéled, une des ruines les plus importantes delà contrée. On y distingue trois types de constructions , le pré-romain, le romain et le sarrasin. Le forum, autrefois entouré de colonnes dont les dés subsistent encore dans le sol, est entier; il mesure quarante et un pas sur vingt-huit.

De là, se portant à l'est, le voyageur vit Ziza, lieu mentionné dans la Notice comme le quartier général de la cavalerie dalmatico-illyrienne. L'ancien site est parfaitement conservé; plusieurs hectares sont couverts de débris sculptés. Des travaux hydrauliques fort remarquables avaient été exécutés dans la partie supérieure de la vallée pour tenir approvisionné le grand réservoir.

Une des découvertes les plus intéressantes du voyage à été faite dans ce canton, à quelques milles vers l'est de Ziza, sur les confins du désert. Là se voient les restes d'un palais magnifique , beaucoup plus parfait qu'aucun autre monument jusqu'ici découvert dans le pays de Moab. Une enceinte carrée en pierres de taille environne un palais en briques; ce carré, de 155 mètres de côté, est pourvu de bastions semi-circulaires. — De chaque côté de l'unique entrée qui existe est une façade sculptée, longue de 55 mètres et haute de 5 mètres. Les animaux, les oiseaux, les fleurs, les fruits et les hommes sculptés sont l'œuvre d'un

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ciseau habile et d'une grande délicatesse de touche ; le tout est dans un merveilleux état de conservation. Les voûtes de huit des chambres du palais existent encore , et leur plan ainsi que les détails ont conduit M. Ferguson à penser que c'était le conquérant perse Ghosroës qui avait fait bâtir oe palais. — Quoi qu'il en soit , on peut fixer la date de cette construction à environ six cents ans avant Jésus- Christ. Le nom que lui donnent les Arabes, Oum Chittah^ ne jette aucune clarté sur son origine.

M. Tristram a fait une exploration complète de la vallée de Gallirhoe , emplacement des haius thermaux où Hérode le Grand chercha la guérison , et qui est située à l'ouest de la route des pèlerins. Cette vallée était déjà connue, mais M. Tristram le premier est parvenu jusqu'à Makaur, que son nom moderne, et la similitude que le lieu présente avec la description donnée par Josèphe , font certainement reconnaître pour l'ancien Machacrus,

M. l'ristram ne croit pas que l'on ait jusqu'à présent suffisamment signalé la grande dissemblance que présentent les deux rives de la mer Morte , la rive occidentale et la rive moabite. On sait très-bien que la première, n'est qu'un désert de terrains calcaires, presque entièrement dé* nué de végétation. La rive orientale, au contraire, est nonseulement couverte de végétaux, ce qu'elle doit à une formation géologique différente et à une quantité d'eau relativement abondante; mais encore, à son extrémité nord, les palmiers acquièrent une magnifique croissance dans les fentes des rochers, surplombant la mer et poussant au loin dans la montagne.

S 3. Les travaux des ingénieurs français en Palestine.

Nous avons déjà rappelé quelques-uns des travaux topographiques de nos officiers et de nos voyageurs dans le Liban et la Palestine. Au mois de mars de cette année (1872),

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