‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 225 sur 337 · ARABIE INTÉRIEURE. SITES ANCIENS · texte numérisé non relu

ARABIE INTÉRIEURE. SITES ANCIENS

méridional } qne Ton Gbnnaît dans le Yémên. Voici ce que M. Halévy rapporte de ce canton jusqu'à présent inexploré. « Le territoire de Khaoulân, malgré son sol très-accidenté , est un des mieux cultivés de rArabie, et les villages se suivent à peu d'intervalle ; le pays abonde en céréales et en fruits. Il paraît même y exister un bon nombre de ruines; mais les habitants se distinguent par un sauvage fanatisme, nourri par la foule des chérifs qui peuplent plusieurs villages. C'est là que se rassemblent annuellement les ciravanes de pèlerinage pour la Mecque... • »

J'ai tenu à donner un résumé complet de cet important voyage de M. Halévy. Quoique les explorations géographiques n'en fussent pas l'objet essentiel et qu'elles n'y aient eu qu'une place secondaire, on a pu voir que même sous ce rapport elles sont d'une importance considérable, et qu'on en peut tirer des données qui apporteront une amélioration notable à cette partie de la carte de TArabie.

Nous n'avons pas à nous arrêter à la deuxième partie du mémoire de M. Halévy, consacrée au déchiffrement provisoire des inscriptions sabéennes ; néanmoins nous y trouvons çà et là des remarques bonnes à relever pour la géographie comparée.

Dans l'inscription n° 187 de sa collection ( p. 497 ), M. Halévy lit le nom d'une tribu de Gaban, qu'il rapproche des GebanitsB de Pline. Il est question dans la même inscription des rois de Me'în, c'est-à-dire des Minaei, un des peuples principaux de l'empire sabéen.

L'inscription n** 192 lui fournit le nom de la ville de Qarnaou, qu'il rapproche de Carnonj capitale des Minéens [Carna^ comme écrit Strabon, ami d'/Elius Gallus), place que Fulgence Fresnel avait cru retrouver, d'après les données fournies par M. de Wrede, dans Al-Karn, localité du ouâdi Loân, au nord du Hadramaut. Toutes ces questions restent ouvertes à la discussion ; mais les nouveaux

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faits que M. Halévy y apporte en seront de précieux éléments.

L'inscription 280 mentionne une ville de Naschq, dans laquelle M. Halévy retrouve Nesca^ une des places minéennes détruites par Texpédition romaine. La localité où l'inscription a été trouvée pourra fixer l'emplacement de Fancienne cité. Une autre inscription (n<> 327 ], relevée, comme la précédente, à El-Baydâ, mentionne, selon la lecture de M. Halévy, le roi et le peuple de Kaminahou, « le Caminacum de Pline, dit le voyageur, chef-lieu d'un petit royaume dépendant de Saba et détruit par iElius Gallus. » Nous ne voyons pas que Pline ait mentionné aucun lieu du nom de Caminacum^ et nous ne devinons pas d'où M. Halévy a tiré son indication.

Dans l'inscription 504, M. Halévy lit le nom de Qatabftn (ville ou territoire), qu'il rapporte aux Catabani que les anciens ont connus dans le S. 0. de l'Arabie, et que Strabon place vers la bouche du golfe Arabique (le Bab-el- Mandeb). Niebuhr avait déjà rapproché l'indication de Strabon du district de Qàtabay avec une ville du même nom, au sud de Sana, daus la direction et à peu près à mi-distance du golfe d'Aden {Descr. de VArabiey II, p. 75) ; peutêtre cette Qâtaba duYémên, et la Qatabân de l'inscription^ ne sont-elles qu'une seule et même place. La découverte de M. Halévy confirme, dans tous les cas, les textes de Strabon et de Pline, et rend inutile la conjecture de M. Blau {Zeitschr, der deiitscfien MargenL Gescllsch.^ XXIV, 1870, p. 228), qui d'après une variante des manuscrits proposait de lire Gataphani dans le texte du second de ces deux écrivains, en vue d'une obscure tribu de Gatafân.

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