‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 224 sur 337 · MAREB · texte numérisé non relu

MAREB

Les parties du mur d'enceinte encore existantes sont littéralement couvertes d'inscriptions artîstement gravées.... Les décombres de huttes grossières cachent les magnifiques restes d'édifices de l'époque antéislamique. A voir les nombreux débris de stèles qui gisent partout, on ne peut s'empêcher de penser que ce devait être une ville religieuse par excellence, un lieu de pèlerinage pour les Sabéens. Dans les inscriptions, la ville porte le nom à'Ytoul ou Itdly nom qui ne paraît pas avoir été connu des auteurs grecs et arabes. La place est à une demi-journée à l'ouest d'EI- Ghayl*.

M. Halévy se disposa alors à visiter le territoire célèbre de Mareb, dont il était peu éloigné. L'antique cité de Mareb, sur laquelle l'iUustre Niebuhr recueillit, il y a maintenant un siècle, d'excellents renseignements indigènes, a depuis été visitée par un explorateur européen, M. Arnaud, qui en a rapporté en 1843 une moisson d'inscriptions encore inexpliquées (voy. le Joum, AHat, de 1845, t. Y et VI} ; la richesse même de ce résultat du voyage de M. Arnaud était une puissante incitation pour une nouvelle tentative. En attendant un conducteur qu'il avait engagé, M. Halévy parcourut pour la seconde fois le ouâdi Me'în. Un des villages qu'il y rencontra porte le nom d'Inabâ ; une conjecture de M. Halévy qui nous paraît heureuse rapporte ce nom à Vlnapha de Ptolémée, quoique par un de ces déplacements dus à la triste méthode du géographe alexandrin la position se trouve beaucoup trop éloignée dans les Tables de l'emplacement qu'elle devrait avoir près de Mariaba.

Du ouâdi Me'în à Mareb la distance est de trois journées faibles, et la direction au sud. Les détails descriptifs de

Djaouf inférieur où se trouve El-Ghayl. Cette dernière place n'a pas d'inscriptions, non plus que ses environs immédiats.

1. Cette indication est ainsi donnée dans le Rapport (p. 85); mais sur la carte le site ruiné est marqué au nord d'Ël-Ghayl.

110 ASIE. (n~ 85-97.)

M. Halévy sur la vieille cité sabéenne et sur la digue qui en est voisine n'ajoutent rien d'essentiel aux informations de Niebuhr et aux notions rapportées de visu par M. Aj> naud : nous les transcrivons, toutefois, à cause de TintérAt exceptionnel de ces sites historiques. « Ancienne capitale du royaume sabéen, Mareb est actuellement détruite de fond en comble, à l'exception de la partie située sur la colline qui forme la viUe moderne de Mareb, entoarëe d'un mur de pierres assez solide. La ruine qui s'étend le long du ouâdi Chibvân ou Dana, autour de la colline, peut mesurer environ 500 mètres de diamètre. Au milieu des décombres surgissent de nombreuses colonnes en marbre, dont la plupart sont décapitées. Elles présentent plusieurs faces \ la forme octogonale domine, et la forme cylindrique est des plus rares. Sous le rapport de l'épigraphie, Mareb est loin de répondre à l'attente de l'investigateur; mes recherches ajoutent peu de textes à ceux qu'on connaît déjà.... Il faut cependant constater que les circonstances ne m'ont pas permis de faire une exploration complète du terrain ; je n'ai pas même pu copier les stèles que j'avais entrevues au marché. Un futur voyageur pourra avoir meilleure chance. La digue est située à trois heures de marche à l'ouest de Mareb, à l'entrée de la vallée étroite enfermée entre les monts Balaq et formant le lit du ouftdi Chibvân ou Dana. La partie conservée dans la plaine fait voir les restes du môle avec plusieurs écluses. Du cAté opposé, c'est-à-dire vers le sud-ouest, on signale un grand édifice en pierre de taille d'une admirable construction, adossé à la colline et s'appuyant sur un roc gigantesque.. •• >

Là se termine à vrai dire le voyage d'exploration épigraphique de M. Halévy. Il dut renoncer à de plus lointaines excursions, et reprendre le chemin de la cdte qu'il avait suivi en venant. De Mareb à Sanâ, il longea, l'ayant sur sa gauche, un des deux Khaoulân ( le plus

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