‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 227 sur 337 · ANCIENNE GALATIE · texte numérisé non relu

ANCIENNE GALATIE

phie de cet empereur, cette page est maiotenant presque compUtement dans nos mains* Je dis presque, parce qu'il nous manque encore une colonne du texte latin, la neuvième du texte grec (rinscription est bilingue) qui n'a pu être retrouvée. Il est à désirer que de nouvelles fouilles nous mettent en possession de ce fragmenta »

Après Ancyre, l'exploration de MM. Perrot et Guillaume se dirigea sar l'ancienne Pessinonte; ils dressèrent un plan détaillé de la cité galate.

Malheureusement pour l'archéologie, il existe dans le voisinage une petite ville turque dont la prospérité provoque des constructions incessantes, et l'emplacement de Pessinonte est devenu une sorte de carrière d'où l'on extrait des matériaux. Les marbres les plus précieux, les antiquités les plus importantes sont ainsi détruits journellement sans rencontrer le moindre obstacle. — M. Perrot a émis le vœu qu'on envoyât de temps en temps dans ces parages de jeunes savants pour recueillir ou conserver ces débris. M. Waddington croit aussi qu'il y aurait intérêt à agir de la sorte.

L'ancienne Thalium, dont M. Perrot a déterminé aveo rigueur l'emplacement, lui a fourni peu de monuments nouveaux. Elle était, ce semble, le centre politique d'une tribu galate inférieure en développement et en civilisation aux deux tribus congénères. En Gappadoce, le but principal des explorateurs était de rapporter des dessins fidèles des monuments. L'absence de ces dessins causait des incertitudes

1. M. Beulô a expliqué comment cette lacune existe. Il fallait, pour dégager l'inscription, démolir les constructions modernes qui la masquaient. On n'en obtenait l'autorisation qu'à la condition de reconstruire aussitôt ce qu'on avait démoli. C'est donc par fragments isolés qu'on a relefé le texte. Les opérations terminées, on s'est aperçu qu'on avait OQiis un des fragments; on a essayé alors de pénétrer de nouveau à Tendroit désigné; mais on s'est heurté à un refus obstiné du T'irc propriétaire de l'immeuble adossé à la partie qu'il s'agissait de revori.

et des tâtonnements ; elle détonmait la plupart des numis* matistes et des épigraphistes de Tétnde approfondie des monuments. MM. Perrot et Guillaume ont satisfait amplement à ce besoin. Il résulte clairement des reproductions consignées dans leur ouvrage, que la Cappadoce fut soumise dans Tantiquité à l'influence assyrienne ; les traces de cette influence sont désormais incontestables, évidentes. La conclusion à laquelle nous conduisent les recherches de M. Perrot et les dessins de M. Guillaume était d'ailleurs . indiquée par les anciens historiens ; on avait fait trop bon marché, comme il arrive souvent, de leur témoignage. Hérodote, auquel il faut toujours revenir dans les questions ethnologiques, avait donc eu raison d'écrire que les indigènes de la Cappadoce, ou du moins d'une partie de cette contrée, étaient des Leuco-Phrygiens , c'est-à-dire des Phrygiens blancs, en un mot des Sémites. Une monnaie d'un satrape de Cappadoce, frappée à Sinope, nous présente en effet une légende en caractères araméens; or, il est vraisemblable que la légende était faite pour être lue et comprise en Cappadoce. On en conclut logiquement qu'à Tépoque d'Alexandre, les Cappadociens se servaient de l'alphabet axaméen et parlaient un idiome sémitique.

M. Waddington signale enfin les recherches de MM. Perrot et Guillaume sur l'art phrygien, sur les tombeaux d'Âmasie et le champ de bataille de Zéla, où Pharnace fut vaincu par les légions romaines. Il termine en félicitant les auteurs, non-seulement du soin et de la persévérance qu'ils ont apportés dans leur travail, mais encore de l'heureux exemple qu'ils ont donné en déposant leurs estampages dans la bibliothèque de l'Université. Entre les mains d'un épigraphiste tel que M. Léon Renier , leur classement, leur conservation, le profit qu'on en retirera pour les recherches et les vérifications ultérieures Kont désormais assurés. Il faut souhaiter que l'exemple soit suivi, et que nos établissements publics s'enrichissent de coUec-

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