‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 247 sur 337 · REMARQUES SUR LA CHINC · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LA CHINC

produites sut mon esprit par mes différents voyages dans rintérieor, me porterait à croire qne la Chine est bien moins riche qu'on ne. le croit généralement, et qu'elle su ffi t à grand'peine à nourrir son exubérante population (laquelle pourtant secontente de bien peu). En dehors de la houille^onn'y connaît guère de mines métalliques importantes que vers le Yun-nan ; le pays est généralement déboisé» et il n'y existe plus de restes de forêts que dans certaines montagnes inaccessibles. Les Clhinois ne plantent point d'arbres fruitiers, ou très-peu; même pour la construction des cercueils, on commence à importer du bois en Chine des pays étrangers et même d'Amérique. En général, ces populations sont paisibles, travailleuses et pelies, point adonnées à l'ivrognerie, mais ne résistant pas à la passion toujours croissante de l'opium, lequel n'enivre pas, mais ruine la santé et la fortune des familles. Sans la jalouse et stupide influence d'une partie des lettrés et des mandarins, les Chinois ne haïraient point les Européens de bonne conduite. J'ajouterai que les pures races jaui^es des parties septentrionale et orientale de l'Empire sont plus civilisées, plus retenaes, plus calculatrices, moins soumises au sentiment, moins accessibles à l'affection que les races mélangées de l'Ouest et du Sud; que les missionnaires catholiques vivent généralement en paix au milieu des indigènes, qui les respectent quand même elles ne veulent pas écouter leur prédication ; que les tracasseries à leur égard sont des faits isolés provenant d'une certaine classe d'hommes, et, dans ces derniers temps, artificiellement provoquées par les sociétés secrètes, nombreuses en Chine. Malgré tout, il y a chaque année, en moyenne, quinze à vingt mille adultes qui embrassent la religion chrétienne (une goutte dans l'Océan I); ety par l'action des missionnaires, le nom de l'Europe, de la France surtout, sont avantageusement connus, respectés et estimés dans les provinces de l'intérieur, comme tous les voyageurs peuvent le vérifier. Par eonséquent, l'œuvre de

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ces pionniers de la ci?iIisation, comme on les appelle, doit être approuvée, encouragée et aidée par tous les honnêtes gens, par tous ceux qui désirent sincèrement le bien.

< Je puis dire, d'un autre côté, que je pense que la Chine n'est' pas préparée ni disposée à recevoir notre civili8ati<m européenne; elle n'en veut pas et elle n'en a pas besoia* Elle possède chez elle les éléments de sa prospérité : sa per» sonnalité, si originale, qui depuis quatre ou cinq mille ans dure sans changements essentiels, n'est-elle pas là pour protester contre l'incessante mutabilité des nations occiden-^ taies? Je pense que le jour où la Chine commencera à vouloir introduire chez elle des réformes importantes, marquera l'heure de l'agonie de cet empire colossal, quarante ou cinquante fois séculaire.

c Quant à l'instruction scientifique, elle pénétrera difficilement chez les Chinois, à moins qu'ils ne se résolvent à adopter une langue européenne ou à introduire chez eux (ce qui serait mieux) un alphabet phonétique quelconque i les Chinois ont beaucoup d'aptitude pour tous iea exerdoea de mémoire. »

xni

INDO-CHINB.

GOGHIMCHINB FRAMÇÀISB.

196. Major E. B. Sladen. Bzpeditioa from Burma^Yi& the Irrawaddjand Bhamo, to South- Western China (1868). Journal àf thé Roy,Geogr. soc.j vol. XLI, 1871, p. 257-281. Map.

Voir notre précédent vol., p. 80, n* 143, et p. 82.

197. John Anderson. A Report on the expédition to western Tun&n, vi&Bhamô. CakuUa, 1871, in-^.

Le D' John faisait partie, comme méflecfn et natoralitte, de rfezpédltien du major SladeQ.Une des parties les plus intéressantes de son rapport pour la géographie, est celle qui touche à l'Iravadi supérieur ; M. Anderson en a fait l'objet d'un mémoire spécial, qui est imprimé an

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