REMARQUES SUR LA CHINE
la eessatimi des distribntions de solde et de riz que le gouyemement impérial faisait à ces deux ou trois cent mille tchy-jm ou vexillaires de la ville. Depuis une vingtaine d'années^ les rebelles avaient occupé les plus riches provinces de l'empire et détruit les barques impériales destinées au transport des céréales de la capitale. »
Lês Maf^tsé ou iftao-/^^ «A quelques journées seulement àTouest de Tchen-tou(Sé-tchouafi)se trouve ui)e série de chaînes de montagnes et de rivières qui courent du nord au sud, depifis le Kan^sou jusqu'au Yuâ-nan, et forment Tan* denne et véritable frontière naturelle entre la Chine et les pays des barbares Man-tsé indépendants. Politiquement, ces nombreuses principautés, répandues entre la Chine, le Tibet et la Mongolie, dépendent plus ou moins du mandarrin; vice^oi de Sé-tchouaâ, de même que tout le Tibet; mais, en réalité, la plupart des Man-tsé font chez eux comme ils veulent. Un fait curieux, c'est qu'une de ces principautés barbares est gouvernée de droit par une femme, à laquelle les*Ghinois voisins donnent le titre de Nii- (mang (femina rex) .
« Les peuples Man-tsé ne parlent pas tous la même lan* gue, et n'ont point la même législation; il y aura là matière à d'intéressantes études philologiques et ethnologiques. »
Géoffraphiê physique, c Le pays des barbares est tout hérissé de montagnes de difficile accès, et partiellement boisées. C'est là que j'ai obtenu mes nouveautés géologiques les plus intéressantes. C'est aussi dans cette région que j'ai rencontré les montagnes les plus hautes. Dans le çord de la Chine et dans TOnrato, elles ne dépassent pas 2000 mètres d'altitude ; le Ly-chaû ou Luchan, le sommet le plus élevé connu du Kian-si, n'a que 1200 ou 1300 mètres. — Mais au Sé-tchouan, la plaine de Tchen-tou est déjà à 484 mètres d'altitude. La maison que j'ai habitée près d'un an, dans la principauté de Moupîa, esta 2129 mètres au-dessus de la mer, et lo chemin qui y mène
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passe à plus de 3000 mètres. Le Hong-chan-tïn, o«i c montagne au sommet rouge, » a environ 5000 mètres d'altitude : je suis le premier et je serai longtemps le seul des Européens qui Taie gravi jusqu'à une de ses cimes principales. De cette hauteur j'ai aperçu vers le Nord et vers Ï'O. S. O.y des hauteurs tellement considérables, que ma montagne ne me semblait qu'une colline. Le Hong-chantin a ceci ie particulier, que sa partie supérieure reste découverte en hiver, tandis que les nuages s'arrêtent et sedé- ' chargent de leur neige dans les vallées boisées et les montagnes moyennes ; le contraire a lieu en été. Un autre phénomène qui mérite d'être noté,c'est que dans l'immense entonnoir formé par les montagnes qui entourent ma résidence de Moupîn, l'atmosphère est parfois tellement chargée d'humidité, qu'il suffit, pour la faire résoudre et tomber en pluie^ que plusieurs personnes crient beaucoup ou déchargent leurs fusils à la fois.
« A cause des forêts qui subsistent encore, ces régions montueuses sont humides et plongées .dans des brouillards presque continuels, qui y favorisent la croissance des Conifères et des Rhododendrons. Ces dernières plantes, dont j'ai bien distingué seize espèces différentes, quelques-unes formant de grands arbres^ sont à feuillage persistant et à magnifiques fleurs rouges, roses, blanches, jaunes....
c Quant à la distribution géographique des animaux, j'ajouterai que sur 110 espèces de manmiifères sauvages qtie j'ai notées dans la Chine septentrionale, il n'y en a pas dix qui soient epropéennes. Pour les oiseaux, sur 470 espèces observées par moi au nord du Yan-tsé-kiang, et dont je viens de donner le catalogue dans les archives du Muséum, il y en a plus d'un quart qui se retrouvent aussi en Europe ; et, sur le nombre total, il y en a 140 que les naturalistes n'avaient point encore signalées comme appartenant à la faune cjiinoise. > Notes économiques et sociales. «L'ensemble des impressions