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Chapitre d'histoire rétrospective

200. La Cochinchine en 1871, par un officier de marine. Kexïue des Deux-Mondes, l-'janv. 1872, p. 204-218.

Note écrite dans le but de pousser à l'extension des grandes cultures indastrielles, et en particulier de Tindustrie sacrière.

2bl. La Cochinchine jugée à l'étranger. Revue Marit, et CoUm.f nov. 1872, p. 35-63.

Note extraite du Becueil Consulaire belge.

202. F. L. CiŒMAZY. Le commerce de la France dans Textrème Orient. Ibid., mai, p. 221-252.

SOS. Capit. ViAL. L^instruction publique en Cochinchine. /btd., mars, p. 702-718.

204. Chronique royale du Cambodge, par M. Francis Garnieb. Jour^ nal Asiat,, juillet et août 1872, p. 50 et 112.

205. D' E. T. Hamy. Coup d'oeil sur l'anthropologie du Cambodge ; Bapport présenté à la Société d'Anthropologie. Paris, 1872, in- 8% 26 pages.

Extrait du Bulletin de la Société d'Anthropologie.

Ce mémoire est destiné k servir d'instructions pour M. Mondières, chirurgien de marine en partance pour Saïgon. C*est nn morceau de consciencieuse et savante étude, bien qu'à notre avis il y ait de sérieuses réserves à faire sur quelque^ points, — ce qui n'a rien de surprenant en des études encore si peu avancées. Il nous est, par exemple, impossible d*admettre avec M. Hamy que «< tout ce que nous savons des Moï (des hautes terres de la Cochinchine), c'est qu'ils sont nègres; » bien que l'auteur ajoute (]ue « sur ce point tout le monde est d'accord. » Outre que M. Hamy nous paraît employer ici le terme Nègre pour JVotr, confusion trop ordinaire dans la langue commune, mais qui ne doit pas se trouver dans la langue scientifique, il est tout au moins fort inexact de dire que « tout le monde est d'accord » à regarder les tribus incultes des montagnes de la Cochinchine comme des Nègres, — ou même comme des Noirs. Dans tous les cas, le trait caractéristique de ces populations, d'après tout ce que ceux qui les ont vues nous en apprennent, c'est la coufe européenne de leur visage et leur physionomie presque caucasique, abs' lument distincte des traits mongoloïdes des indo-Chinois, aussi bien que des Negritos des Philippines. C'est là le point capital, sur lequel il fallait insister.

M. Hamy fait des Mounda nne race à la fois indienne (antérieure aux Aryas) et océanienne ; et il avance de plus que c tout autour des massifs des Yindbyas, refuge des Noirs ulotriques^ habitent les Gonds, les Kobls, etc., noirs liotriques, parents plus ou moins proches de^ Australiens. * Toutes ces assertions, contre lesquelles s*éièvent les faits connus, aussi bien que les analogies physiques et linguistiques, sont, à notre avis, plus que contestables, et il nous est impossible de ne les pas relever dans un travail d'ailleurs si estimable.

206. Brossard de Curbigny. De Saïgoii à Bangkok, par l'intérieur de rindo-Chine, janvier-févr. 1871. Revue Marit. et Colon. ^ juin 1872, p. 440; juillet, p. 787; août, p. 45. (Avec une petite carte itinéraire.)

Les remarques du voyageur, souvent intéressantes, sont néanmoins écrites un peu au pied levé. Nous aurions aimé, nous Tavouerons, qu'ayant à traverser une contrée encore si imparfaitement connue, un offlcicr de la marine française en eût pris occasion de quelques obaer» vations plus sérieuses et d'un itinéraire un peu mieux étudie.

207. G. Janneau. Manuel pratique de langue cambodgienne, contenant de nombreuses listes de nftts usuels.... et une carte politique du royaume deKhmêr. Publié par le gouvernement de la Cochinchine française. Saigon ^ 1870, in-4'', 274 pages, autogr.

— Étude de Talphabet cambodgien, par le même. Saigon, 1869, in-8«.

208. Lieut. d'ARFEUiLLE. Notes .sur un voyage au Laos fait en 1869, par M. d'ArfeuiUe, lieut. de vaisseau, et M. Rheinart, capit. d'infant, de marine. Revue Marit. et Colon., mars 1872, p. 465-

209. L. DE Carnk, membre de la Commission d'exploration du Mékong. Voyage en Indo-Chine et dans l'Empire Chinois. Parù\ 1871, gr. in-8% 4 fr.

Relation posthume qui avait déjà paru eu nne série d'articles détachés dans la Bevuc des Deux-Mondes.

Le grand ouvrage de la Commission du Mékong, que les circonstances ont suspendu depuis dei»x ans, se termine actuellement et va nous livrer bientôt la plus belle publication qui ait été faite sur la Péninsule. En attendant, voici les souvenirs d'un des membres de l'expédition, œuvre posthume que la main paternelle dépose sur la tombe prématurée du jeune voyageur.

210. Thorel. Notes médicales du voyage d'exploration du Mékong et de Cochinchine. PariSj 1870, in-H».

Notes d'un grand prix pour l'ethnologie.

211. E. H. Man. Listof words of the Nicobar languagc, as spoken at Camorta, Nancowry, Trinkutt and Katshall. JourncU of the Asiat. soc. ofBengat, 1872, Part. 1, p. 1-8.

212. De QnATREFAGES. Étude sur les Mincopies et la race Negrito en général. Reme d* Anthropologie, n»» 1 et 2, 1872.

Iles Andaman.

COCHINCHÏNE FRANÇAISE. 185

S l«r. Quelques notes sar la Cochinchine française. Le présent et ravenir

de la Colonie.

Malgré les terribles événements que la France a traversés, et dont elle se relève, que dis-je? dont elle s'est déjà relevée avec une énergie, avec une puissance de vitalité qu'elle tire de son passé et qui fait rétbnnement du monde, sa lointaine et récente colonie de TAsie orientale ne s'est pas arrêtée dans son mouvement de développement économique. Les esprits éclairés et pratiques, tels que l'auteur du travail intitulé t la Cochinchine en 1871 » (ci-dessus, n" 200), lui consacrent de bonnes études propres à éclairer, à assurer sa marche. « Jusqu'à ces dernières années, dit l'écrivain que nous venons de citer, s'est-on bien rendu compte de Tavenir de notre conquête ? A-t-on compris que notre établissement pouvait avoir un autre sens que la prise de posses^sion d'un point militaire important dans l'extrême Orient ? Il est permis d'en douter. Tout dans le principe s'epposait aux recherches agricoles : Fagitation du pays, les expéditions fréquentes, l'incertitude qui entraînait avec elle la pénurie de tout élément colonisateur. Ces causes de troubles ont aujourd'hui disparu, l'œuvre d'établissement semble durable et cofhplète, et la confiance grandit à mesure que le pays révèle sa richesse. » Et l'auteur, après avoir exposé quelques-unes des entreprises vers lesquelles se portent actuellement les capitaux, ajoute :

Les opérations considérables dont quelques hommes entreprenants, soutenus par le Comptoir d'escompte de Saigon, assument aujourd'hui la responsabilité, intéressent vivement l'esprit public. Si le résultat répond aux espérances que tout porte à concevoir, la culture nouvelle gagnera rapidement du terrain. Les agriculteurs de nos colonies sucrières prodiguent depuis longtemps leurs efforts sur un sol trop souvent appauvri, mal sans remède en raison du peu d*étendue des terres à mettre en exploitation ; beaucoup d'entre eux n'hésiteraient plus sans

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doute à venir apporter en Cochinchine leurs capitaux et leur expérience des cultures industrielles. Les plantations de café et de poivre, les productions telles que l'indigo et les matières textiles, qui n'exigent pas, comme la culture et la manipulation de la canne, une première mise de fonds considérable, offrent un large champ à l'initiative des cultivateurs, aux établissements plus restreints ; le développement de ce genre de travaux aurait Pheureux effet de répandre dans l'intérieur l'élément européen et d'affirmer atix yeux des indigènes la valeur de nos moyens d'action. L'Annamite se groupera sans peine autour de ces petits centres d'exploitation, plus à portée de ses facultés que les vastes entreprises ; témoin de nos succès, ne comprendra-t-il pas I^s avivntages de ce travail de grand rapport, transforma devant lui en riches produits d'exportation? N'est-il pas permis d'espérer qu'un jour, comme les Indes hollandaises, la Cochinchine doit arriver à subvenir dans une large mesore aux besoins de la métropole?

n fut question un moment d'abandonner notre colonie, c C'eût été pour la France une immense perte, et cependant Tesprit public n'en eût pas compris la grandeur. On connaît peu la Cochinchine, elle n'a d'autre histoire que celle de la conquête, et c'est à peine si quelques statistiques ont donné une idée de l'étonnante fertilité de son sol. Au lendemain de tant d'épreuves, la vérité doit se faire jour. Travailler sans relâche, accroître nos productions, nons créer des ressources nouvelles, telle %st aujourd'hui la loi qui nous est faite; elle s'impose à tous les cœurs vaillants qui n'ont pas désespéré, comme le seul moyen de relever nos raines, d'effacer nos désastres. La Cochinchine est ouverte aux hommes d'initiative et d'intelligence;^ elle peut avec leur concours contribuer puissamment à l'œuvre de réparation. « A côté de ces considérations dont nul ne méconnaîtra la force, il nous sera permis de tenir compte aussi de tant de recherches nouvelles qu'appellent encore la géographie, l'ethnographie, les langues et les antiqui* tés de rindo-Chine orientale, devenue notre domaine. La cartographie de la Péninsule est ébauchée à peine : c'est à

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nouB de la compléter au moins pour une part consîdërable. Dans ce coin de l'Asie, comme en %ypte, comme sur le Tigre, comme en Babylonie, comme en Syrie, comme au Mexique, comme en Algérie, notre présence, notre apparition même paitôagère, seront devenues l'occasion d'études et de publications qui donnent à la science de nouveaux horizons. Le bel ouvrage de la Commission du Mékong en sera l'inauguration.

S 3* Un ftpédmen de la race blanche de rextr6me Asie.

Dans un mémoire dont j'ai inséré quelques extraits au dernier volume de V Année géographique {p, 90), je crois avoir mis en évidence l'existence, au cœur du Grand Archipel Asiatique, d'une race autochthone qui dans ses traits, dans la coupe du visage, dans agi couleur même et dans Tensemble tout entier de sa configuration physique, présente les plus grandes analogies avec la race qualifiée de Gaacasique, dont elle parait cependant bien distincte. Cette race, dont on retrouve encore des représeptants plus ou moins purs dans les îles et dans les groupes les plus considérables du Grand Archipel, —les Battas de Sumatra, les Daîaks de Bornéo, les Bizaias de Mindanao, etc. — a été l'élément primordial dont s'est formée la race Malaise, par croisements continus avec des essaims de populations jaunes sortis de TAsie orientale; mais en dehors de ce croisement local, elle s'est ramifiée dans deux grandes directions. Au nord-est^ à l'est et au sud-est, elle s'est répandue dans toute la Polynésie, jusqu'aux îles Havaï, jusqu'aux Marquises et à l'île de Pâques, jusqu'à la Nouvelle-Zélande ; au nord, elle a peuplé originairement toutes les îles échelonnées en une ligne immense en avant des côtes orientales du continent asiatique : l'archipel du Japon, Sakhalïn, les Kouriles. Une des particularités de cette race est d'être en quelque sorte confinée dans des îles; néanmoins elle a aussi pénétré dans

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les parties littorales du continent. On en peut signaler des échantillons aux extrémités N. E. de la Sibérie, sur quelques points de la Mantchourie maritime, en Corée, dans le sud de la Chine et dans Tlndo-Ghine orientale. Dans cette dernière région, un des membres de l'exp'édition du Mékong, M. le D' Thorel (ci-dessus, n° 210), nous en montre un exemple remarquable.

M. Thorel, en effet, d'accord en cela avec le plus grand nombre des voyageurs qui Font précédé dans la vallée du Mékong, a décrit des sauvages à c type caucasique » dont le Spécimen le plus' pur serait représenté par la grande tribu des Lo-los. Les Lo-los sont des montagnards confinés sur les hauts sommets du Kambang. « Cette curieuse tribu, dit notre voyageur, qui ressemble aux races indo-européennes non-seulement par les traits, mais encore parla manière de se vêtir, tout à fait différente chez les femmes de celles des peuples indo-chinois, est composée d'individus . grands et vigoureux. Ils ont la figure énergique, les traits accentués, le profil droit, les «yeux horizontaux et bien ouverts, le nez droit, as^z développé et parfois busqué, les pommettes non saillantes, le visage parfois ovale, le front as^ sez haut, la barbe souvent frisée et plus abondante que chez les peuples voisins. Leurs formes sont accusées, leurs muscles sont bien dessinés, mais leur teint est brun et ne permettrait pas, si Ton n'avait lés caractères précédents, de les différencier des autres sauvages. L'angle formé par la branche montante du maxillaire inférieur avec le corps se rapproche beaucoup de l'angle droit, ce qui permet de les distinguer assez facilement des Chinois, des Laociens, et des autres tribus sauvages, chez lesquels cet angle est ordinairement très-ouvert. »

Il importe de recueillir tous les faits, toutes les observations qui se rapportent à ces divers rameaux, afin de reconstituer scientifiquement une race qui réclame une place

nouvelle, et une place considérable, dans la classification ethnographique du glohe.

213. D'Hertey de Saint-Denis. Mémoire sur Thistoire ancienne du Japon, d'après le Ouèn-Ilièn^Tong-Kao de Ma-touan-l!n. Journ, Atiat., oci.'déc. 1871, p. 386-431.

Introduction à une traduction de la partie de l'Encyclopédie historique de Matouanlln qui se rapporte au Japon. On sait que Tencydopédiste chinois vivait au treizième siècle de notre ère. M. dUervey an* nonce la traduction complète des 2S livres de Matouanlln qui sa rapportent aux peuples étrangers. Quant au mémoire actuel, M. d'Hervey n'y touche pas k la question ethnologique que le sujet comporte.

2^4. Capit. T. Blàkiston. Journey round theisland ofYezo. Proee«<t ofthe Roy. Geogr. soc, XVI, n« 3, p. 188-202.

Morceau d'un intérêt capital pour dette partie extrême et peu fré* qaentée de l'archipel japonais. — Voir ci-après.

215. Capit. L. Lâwal. Le port d'Hakodaté. Les intérêts commerciaux européens dans le Nord du Japon. Revue Marit. et Colon. f sept. 1872, p. 378-387.

216. VoN Brandt, général consul. Ueber die Âînos. Zeitschrift fur Ethnologie, 4* année, 1872, 2« cah., Mémoires, p. 2y-30.

$ i"'. Le mouvement social au Japon. Linfluence des races.

Japonais et Chinois.

Le mouvement social et politique qui s'est déclaré au Japon se développe et s'accentue de plus en plus ; ce qui fait la force de ce mouvement^ c'est que le gouvernement luimême en a pris la direction, et lui donne une impulsion de jour en jour plus décidée et plus vigoureuse. A la distance où nous sommes des événements, bien des motifs intimes nous échappent, sans doute : mais cette immense rénovation de fout le système politique, civil, administratif et religieux d'un des vieux empires de l'Orient, n'en reste pas moiuf. uji

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des faits les plus extraordinaires^ un des plus curieux speôtacles de l'histoire contemporaine. Le Japon, vis-à-m As la Chine, manifeste en ceci une fois de plus les différenoes qui sortent des^ entrailles mêmes des deux races et de leur diversité originaire. Il n'y a en effet rien de commun entre la race japonaise, rameau de cette grande famille océanienne dont nous signalions, il n'y a qu'un moment (p. 187) Tau* tonomie méconnue, et la race chinoise sortie de la famille mongolique : il n'y a entre elles rien de commun, rien que les formes de la civilisation que le Japon a reçue autrefois de la Chine, et un certain degré de mélange physique qui s'est opéré entre elles, ce qui a fait longtemps confondre les deux nations. La Chine est immobilisée dans le vieux cadre de sa civilisation matérielle : le Japonais est le représentant éminent dhine race intellectuellement et moralement perfectible, en même temps qu'infiniment suflérieure au point de vue physique.

Nous nous bornerons à reproduire quelques extraits des nombreuses correspondances qui arrivent du Japon en Europe.

S 3. Deuils foornlB pu* 1m oorreipoBdanGak

On écrivait de Yédo, fin d'août 1872 :

Le Japon subit depuis deux ans une transformation qui sera certaiuement Pun des phénomènes* les plus curieux de notre époque. Ce pays si longtemps acharné contre toute idée ou toute coutume européenne, seiQble avoir renoncé à des préjugée séculaires et s^engage résolument dans une voie véritablexnenl civilisatrice. Loin de montrer de Tantipalhie contre les étrangers, il imite leurs modes, il s'assimile leurs progrès, il applique leurs systèmes. Aucun peuple n'est plus observateur que le peuple japonais. Chaque fois qu'une ambassade se rend en Europe, elle y étudie les institutions, les statistiques commer« cialeSy les découvertes scieTitifiques, et, à son retour, elle fournit au gouvernement des informations dont il ne manque pas de tenir compte.

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