‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 259 sur 337 · GUYANE. S · texte numérisé non relu

GUYANE. S

la civilisation et les préceptes les plus simples du christianisme, ils ont toujours présenté un contraste frappant avec leurs voisins, les cruels et belliqueux Caribes.

Les Aravaks sont divisés en une cinquantaine de familles, dont la généalogie se conserve soigneusement dans la ligne féminine; les mariages sont interdits entre les membres de la même famille.

Après cette vue générale, M. Brinton donne une esquisse grammaticale de Tidiome aravak; puis il reprend : « Les Aravaks sont essentiellement d'origine et d'affiliations sudaméricaines. Les plus anciens explorateurs du continent en parlent comme d'un peuple qui demeurait sur les rivières de la Guyane, et qui avait des établissements jusqu'au sud de l'équateur (de Laet, Novus Orbis, lib. xvii, c. 6). De Laet, dans sa carte de la Guyane, place une grande tribu d'Arowaccas à trois degrés au sud de la ligne, sur la rive droite de TAmazone. Le docteur Spix, durant ses voyages dans le Brésil, rencontra de leurs villages fixes près de Fonteboa sur la rivière Solimoes, et près de Tabatinga et de Castro d'Avelaes (Martius, Ethnographie und Sprachenkunde Âmerika's^ t. I, p. 687). Ils s'étendaient à l'ouest au-delà des bouches de l'Orénoque, et il est même question jusque dans la province de Santa-Marta, dans les montagnes qui s'étendent au sud du lac Maracaybo » (Ant. Julian, la Perla de la America^ la provincia de Santa Marta, p. 149.)

Vis-à-vis de ces affinités sud-américaines qui sont évidentes, il faut remarquer qu'aucune affinité, soit verbale, soit grammaticale, n'existe entre Taravak et le maya du Yucatan, non plus qu'avec le chahta-muskoki de la Floride et de la côte nord du golfe du Mexique.

La chaîne d'îles qui s'étend de Trinidad à Porto-Rico a été appelée îles Caribes ou « des Caraïbes. » Il faut pourtant remarquer que les Caraïbes eux-mêmes ne se donnent nullement comme ayant occupé ces îles durant un long espace

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de temps. lU se souviennent fort bien que du continent ils passèrent dans ces îles il y a une génération ou deux, et qu'ils les trouvèrent occupées par une race paisible qu'ils nomment Inéri ou Ignéri. Ils exterminèrent les mâles de cette race ou les refoulèrent dans rintérieur, mais ils gardèrent les femmes pour leur propre usage. De Ik est venue une différence marquée, dans les lies Garibes, entre l'idiome des hommes et celui des femmes. Ce que Ton connaît de la langue de ces dernières montre clairement qu'elles appartenaient à la race aravaque, et que les Ignéri appartenaient ainsi à cette race.

Après avoir établi que les Aravaks ont occupé la chaîne des Petites Antilles, M. Brinton se demande si ce peuple s'était également répandu dans les Grandes Antilles; et l'examen de ce que l'on sait des anciens idiomes d'Haïti, de Cuba, des îles Bahama, etc., le conduit à l'affirmative.

« Cette investigation, dit Fauteur en terminant, montre qu'ici comme ailleurs, l'homme, dans ses migrations, suivit le fil conducteur de la nature organique. Il est bien connu, en effet, que la flore et la faune des Antilles appartiennent à l'Amérique du Sud, de même que l'archipel s'y rattache également par sa constitution géologique. Ainsi donc, les ancêtres des plus anciens habitants connus de la longue chaîne des Antilles eurent leur point de départ au loin dans le Sud; et lentement, de rivière en rivière, d'île en lie, ils s'avancèrent jusqu'à une très-faible distance du continent du Nord. »

288. Th. Bland. On the physical geography and geology of the West India islandi. Prœeedings of the PhUosoph, soc, Philadêlphiaf XU,a*86Jan.-juU1871.

289. C. E. Caspabi, ing* hydrographe. Une mission à la Guadeloupe. Notes de géographie. Revue Marit. et Coloniale, oct. 1871, p. 977-416.

Géologie. Côtes. Météorologie.

290. K PiCHÂRDo. Nueva Carta geotopographica de la isia de Cuba. Habana, 1870, in-4*.

291. Bagot. The Bahamas; a Sketch. Lond., 1871, pet. in-8% 1 8h.{. Map.

Tableau physique, économique, géographique et statistique.

292. Proceedings of the Scientifîc Association of Trinidad. Part 8, 1869. Port ofSpain (Trinidad), 1871 (lond., Trùbner), 5 sh.

Nous remarquons dans ce cahier : Notes of a visit to Dominiea, by J. L. Ouppy, — Notes of a voyage ronnd the island of Trinidad, by W. Carr, Part. 2 ; — etc.

En franchissant la zone étroite qui sépare l'Amérique du Sud de TÂmérique du Nord, nous entrons dans un domaine tout nouveau d'activité scientifique. C'est ce que vont faire ressortir tout à l'heure, dans la section consacrée à la grande République américaine, le nombre des publications, la midtiplicité des entreprises et l'importance des résultats.

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