‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 269 sur 337 · ALASKA · texte numérisé non relu

ALASKA

son. On le regardait néanmoins comme se trouTant à Tonest de la limite anglo-rnsse, et dans ce cas son établissement était contraire anx termes du traité entre la Grande- Bretagne et la Russie. Les Russes avaient donné fort peu d'attention à cette question internationale, mais il n'en fut plus de même des Américains, qui, après Tacquisition de l'Alaska, commencèrent à remonter le fleuve daus uu but de commerce. Il devenait donc important de fixer Tezacte position du fort : le capitaine Raymond s'offrit pour cette tflche délicate. Un petit steamer fut approprié à ce service. On commença à remonter le fleuve le 4 juillet 1869; le 31 du même mois on atteignait le fort, après un trajet entièrement par eau de plus de 1600 kilomètres. La latitude fut déterminée à 66** 33' 4 7"; et pour la lougilude les observations donnèrent 145° 17' 47" à l'O. de Greenwich (147 37' 57^^ 0. de Paris). La question de nationalité était fixée * ; le fort est sur le territoire américain. La Commission en prit possession le 9 août, et on y arbora le drapeau de rUnion.

La carte construite par le capitaine Raymond présente les résultats géographiques de l'expédition. Les cartes antérieures étaient basées sur celle du lieutenant russe Zagoskîn, qui fut levée de 1842 à 1843, avec les corrections et les additions de Dali, de Whymper, de Smith et d'autres explorateurs de la Compagnie télégraphique^. «Le rapport du capitaine Raymond, qui forme 110 pages in-8", est très-dair, plein de faits, et jette une grande lumière sur la nouvelle acquisition américaine. Les documents sortis de cette reconnaissance, avec l'ouvrage de M. Davidson

1. Atix tennes du traité de 18*25 entre l'Angleterre et la Russie, la lindte orientale de la ci-devant Amérique russe suit le I41* degré ii 1*0. du méridit-n di*. Greenwich (et non pas le 131% comme il est dit, par une erreur typographique, au tome VI de l'Année géographique ^ p. 888).

^, Voir le précé(ient volume de l'Année, p. 1*24, n* 277, cl p. l'âO.

27ù AMÉRIQUE DU NORD. (n" 363-371.)

du Coast Survey (ci-dessus, p. 202^ n"* 225)^61 les relations de MM. WhyDiper et Dali, sont les premiers fruits géographiques de l'acquisition de TAIaska. »

L'Alaska, au total, est un triste pays, — un pays à pelleteries, rien de plus. Une région oii le thermomètre centigrade descend jusqu'à 38 degrés au-dessous de zéro, et où l'on regarde comme des hivers doux ceux qui se maintiennent entre — 23* et — 12* cent. — , n'est pas, on le comprend, une contrée à colonisation. Les étés sont courts et chauds, quoique la neige reste sur le sol. Les végétaux dont la croissance est rapide, tels que les navets, les radis et les laitues, sont cultivés au voisioage des côtes de l'ouest et du sud. Le pays est assez bien boisé dans Tintérieur, principalement en peupliers et en saules. Sur toutes les côtes au nord des îles Aléoutes, et sur les bords de la mer Arctique, la rare population se compose d'Eskimos; dans l'intérieur, la population, un peu plus nombreuse, appartient à la grande race des Indiens du continent.

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