‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 278 sur 337 · EXPÉDITION AUTRICHIENNE · texte numérisé non relu

EXPÉDITION AUTRICHIENNE

precht aura donc toute l'importance d'un voyage de découvertes au sein d'une mer inexplorée, pourvu qu'ils puissent se maintenir dans des eaux libres à quelques degrés audessus du continent. A ce point de vue, l'expédition prend une place à part au milieu des voyages arctiques, et mérite amplement l'intérêt tout spécial dont elle est l'objet.

Il faut dire, cependant, que le voyage, à son début, n'a pas rencontré un temps aussi favorable qu'on aurait pu l'espérer. De Bremer-Haven, d'où le Tegettho ff esi parti le 13 juin, jusqu'à Tromsô (à l'extrémité nord de la côte de Norvège), où l'on arriva au commencement de juillet, la mer fut magnifique et la température délicieuse ; mais après le départ de Tromsu, qui eut lieu le 14 juillet, le ciel ne tarda pas à se montrer moins clément. Les extraits suivants d'une lettre du lieutenant Payer, écrite du cap Nassau (sur la côte occidentale de la Nouvelle-Zemble), à la date du 21 août, donne d'intéressants détails sur cette première phase de l'expédition :

Du milieu des glaces^ 16 août. Nous sommes auprès du cap Nassau, VUltima Thule de la réiçion connue, en compagnie du navire Ylsbjœrn, vivement pressés par les glaces. Depuis trois jours, nous avons une tempête de sud -ouest, qui chasse les glaces en fortes masses confuses plus haut vers le nord-ouest; si le vent passe au nord, la position sera plus critique ; avanthier, VIsbjœrn a été jeté sur le flanc.

Nous sommes partis de Tromso le \k juillet et nous avons rencontré la glace à 74» 1/2 nord et 48" longitude est, dans une région où, durant les années ordinaires, on ne trouve, à cette époque de Tannée, sur plusieurs centaines de milles, aucun morceau de glace. Sans nous embarras=er autrement, nous y avons pénétré, et jusqu'au 3 août nous nous sommes avancés à cent milles plus loin jusqu'à la côte de la Nouvelle-Zemble, où nous avons trouvé sous le 74« degré des eaux libres, mais qui étaient de nouveau fermées à la presqu'île de l'Amirauté.

Le 7, marche laborieuse à travers les glaces tantôt plus minces, tantôt plus épaisses, et ainsi jusqu'au cap Nassau.

Devant nous s'étend un groupe d'Iles basses, extraordinaire-

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ment désolées, auxquelles s'attache encore la neige de Pan dernier. Nous attendons toujours un vent favorable.

18 août. Aujourd'hui a été hissé le pavillon de gala. C'est la fête de l'empereur, qui sera, pour la première fois, célébrée dans les régions arctiques.

L'état de la glace et de la température est aiïreux cette année; tandis que les années précédentes, à cette époque, les chasseurs de morses ont déjà fait ample récolte sans grands obstacles, cette fois aucun ne s'est encore présenté. Des trois navires qui ont tenté Taventure, il y a trois semaines, deux, à kO milles de nous environ au sud-ouest, ont été brisés entre les glaces.

Depuis que nous nous trouvons dans ces parages, la température est rarement montée au-dessus de zéro; ajoutez à cela beaucoup de neige qui ne fond pas par cette basse température, ce qui augmente encore les masses de glace. L'an dernier, d*ici jusqu'à 2 degrés 1/2 au nord, on n'apercevait point le moindre morceau de glace. Tout pourtant n'est pas encore perdu ; huit jours de dégel, et nous pouvons avoir devant nous des centaines de milles libres de glaces; la saison la plus favorable ne fait que de commencer. Le plus triste, c'est qu'au lieu d'être sur la côte de Sibérie, nous devons pour la première fois hiverner ici dans la Nouvelle-Zemble.

Dans les circonstances ordinaires, nous devrions avoir déjà dépassé ce point; le principal est que le navire et l'équipage se portent bien. Nos matelots s'amusent comme des enfants de ce nouveau genre de navigation, et supportent parfaitement le climat, quoique plus légèrement vêtus que les marins de Norvège. Je tiens beaucoup à ce qu'ils ne se dorloltent pas avant le temps, pendant l'été. Nous avons des vêtements et des provisions pour trois ans, et cela en excellente quantité. Les beefteaks de phoques et d'ours font florès.

La machine est excellente et consomme peu de charbon, en sorte que nous avons de quoi cbautler amplement pendant cinquante jours, compris la cuisine et les poêles. Ceux-ci n^ontpaa encore été allumés; étant bien vêtus, nous nous en passons jusqu'à présent.

On profite de ce séjour involontaire pour exercer les hommes et les chiens à la manœuvre des traîneaux. Tous les jours, trois ou quatre de ces traîneaux s'en vont au delà des lies , et reviennent chargés de bois de flottaison, de collections de pierres et de plantes, de gibier, etc. Quelles sont ces lies? Lca cartes

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