‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 282 sur 337 · Life wiih Esquimaux. 18G4, 2 vol · texte numérisé non relu

Life wiih Esquimaux. 18G4, 2 vol

2. Les instructions tracées pour le voyage ont été traduites, avec des remarques, dans la Revue Maritime et Coloniale , juillet 1872, p. 685-727. .,^

S 5. L'expédition saédoise dans les mers du Spitxberg. M. NordenslgSld. — Courses diverses dans les mêmes eaux. M. de Heuglin. M. Smith. Les balainiers.

L'expédition que les Suédois renouvellent cette année dans le bassin polaire, sous la direction de M. Nordenskjôld, nous ramène aux mers du Spitzberg. M. Nordenskjôld est un des vétérans des expéditions arctiques : ce nouveau voyage est pour lui au moins le sixième. Les préparatifs^ auxquels le gouvernement suédois a contribué pour une grande part, ont été faits sar une large échelle. L'expédition se compose de deux navires, le Polhem et le Gladan. Le premier est un steamer où sont installés les observateurs et les instruments; le second est un brick, porteur des provisions, etc. M. Nordenskjôld se proposait de consacrer la première partie de la saison à compléter l'hydrographie du Spitzberg oriental ; puis, au moyen de barques-traîneaux, il veut s'élever aussi haut que possible dans la direction du pôle, en se maintenant à peu près sous le même méridien. Le savant Suédois ne croit pas à l'existence d'une mer libre aux approches du pôle; mais il croit possible, en combinant les deux moyens de transport par l'eau et par la glace, d'effectuer l'examen complet du bassin arctique. Il semblerait bien en effet, d'après toutes les tentatives faites depuis cinquante ans, que là seulement serait la voie certaine pour arriver à une solution. 11 est bon, cependant, de voir à ce sujet les remarques pratiques consignées dans le journal de la société Géographique de Genève {le Globe)^ au premier cahier de 1872, page 47.

Malheureusement l'état de la mer, pour l'expédition saédoise pas plus que pour l'expédition autrichienne, ne s'est trouvé favorable. Les deux navires, saisis par les glaces au nord du Spitzberg, n'ont pu même atteindre le

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petit groupe des Sept- Iles désigné comme point de relâche et de ravitaillement; les craintes sur le sort de M. Nordenskjôld et de ses compagnons ont été assez fortes, pour qu'un navire de secours, le vapeur V Albert, ait été envoyé de Christiania. On paraît rassuré maintenant sur la positioo de M. Nordenskjôld; mais l'année est perdue pour Texpëdition.

Cette année comme tous les ans, de nombreux baleiniers ont sillonné les parties extrêmes de la mer du Nord; et plusieurs en ont rapporté, maintenant que l'attention est particulièrement éveillée sur les recherches dont ^tte région est l'objet, des observations d'un grand intérêt. M. Âltmann le premier a donné des indications un peu précises sur la Terre de Gillis et la Terre du Roi Charles (Karls-Land), à Test du Spitzberg; et sur le côté oriental du Spitzberg lui-même, on possède actuellement des notions toutes nouvelles, non-seulement grâce aux courses de M. Âltmann, mais aussi de plusieurs explorateurs intrépides, notamment de M. de Heuglin et d'un gentleman anglais, M. Leigh Smith, qui a lancé son yacht dans ces parages redoutables. II a été constaté que la pointe N.-E. du groupe du Spitzberg est au SO"* degré 10' de latitude Nord, par 25° 48' à Test du méridien de Paris. Cet affreux archipel du Spitzberg, cette terre de sombres frimas et de montagnes glacées, nous est devenu depuis quelques années une contrée presque familière, tant son nom reparaît souvent dans les explorations arctiques dont il est devenu un des principaux centres.

Un des plus curieux épisodes de ces courses dans les mers boréales, a été la découverte de la cabane en bois construite en 1596 par le célèbre Barentz et ses compagnons, que la perte de leur navire, écrasé par les glaces, força de séjourner sur la côte nord de la Nouvelle-Zemble. Cette découverte a été faite en 1871 par le capitaine norvégien Elling Carlsen. Cette cabane, élevée à la hâte par

les naufragés hollandais il y a deux cent soixante-quinze ans, semblait avoir été construite la veille, tant elle est dans un étonnant état de conservation. Elle n'avait évidemment été vue par personne depuis que Barentz Ta quittée; tout y était resté comme au moment du départ des naufragés. M. Carlsen y a trouvé de nombreux objets abandonnés, dont le gouvernement de Hollande a fait l'acquisition : c'est un souvenir des premières tentatives qui ont été faites pour aller en Orient par les mers du Nord. M. Garlsen a rapporté entre autres l'horloge qui figure dans la vue intérieure que Gerrit de Yeer a donnée de la cabane dans sa relation personnelle du naufrage; on y a trouvé aussi, parmi différents ustensiles, un cadran en cuivre par le milieu duquel un méridien est tracé, et qui servait, à ce que l'on croit, à déterminer les déviations de la boussole. Cet instrument nautique du seizième siècle est peut-être le seul qui existe aujourd'hui en Europe. Il y avait là encore différents volumes dépareillés, et jusqu'à une flûte qui a appartenu à Barentz. On ne peut voir sans émotion celte collection curieuse.

Il ne paraît pas, en définitive, que la Germania doive entreprendre cette année un troisième voyage; mais le directeur des Mitlheilungen , M. Augustus Petermann , l'actif instigateur des deux expéditions de 1868 et 1870, n'en suit pas moins avec une vigilance infatigable, ainsi qu'on l'a vu plus haut, les moindres incidents des entreprises arctiques, dans la série de notices, de documents et de mémoires que renferme chaque cahier mensuel du journal géographique de Gotha. Le comité de Brème prépare, à ce que Ton nous annonce, la publication prochaine de la relation des deux expéditions allemandes, où seront consignés, avec le récit historique, l'ensemble des résultats scientifiques fournis par les deux voyages.

La marine russe avait songé, elle aussi, à entrar dans la lice; elle y a renoncé, au moins pour cette année. L'ex-

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péditîon de MM. Payer et Weyprecht, qui doit avoir pour principal théâtre la mer de Sibérie, n'a peut-être pas été sans influence sur cette abstention. Il faut voir, sur les idées qui se sont produites en Russie à ce sujet, un bon résumé dans le journal de la société de Géographie dç, Genève {le Globe, t. X, 1871, Bulletin, p. 139 à 144), et surtout un mémoire de M. Niéviéjine traduit du russe par M. le capitaine F. Ghardonneau, dans la Revue Maritime et Coloniale, octobre 1872, p. 825-847. L'auteur de ce remarquable travail trace d'abord un aperçu des tentatives de navigation polaire faites dans ces derniers temps entre le Groenland et le Spitzberg, aussi bien qu'au sud-^est du Spitzberg et à Test de la Nouvelle-Zemble ; puis il expose et discute le rapport de la société de Géographie russe sur l'exploration des mers de la Sibérie. M. Niéviéjine pense qu'un des meilleurs points de départ pour la reconnaissance du bassin arctique serait l'archipel de la Nouvelle- Sibérie ou la Terre de Vrangell.

S 6. Résultats géographiques.

Malgré les difficultés insurmontables qne le ciel et la mer ont opposées cette année à Pavancement des entreprises arctiques dans les mers du Spitzberg, il n'y en a pas moins eu des résultats considérables pour la géographie et la physique du globe. La carte du Spitzberg oriental a été complétée par M. de Heuglin et M. Altmann, et l'on a eu pour la première fois quelques notions positives sur la nature et la disposition des Terres du Roi Charles et de GilUs (voir les n" 59, 67 et 72 des Erforschungen de la série Petermann, ci-dessus n° 390 de notre bibliographie, et pour M. de Heuglin nos n<** 382 et 390, (27 et as,). Pour la première fois aussi, la navigation du pourtour entier de la Nouvelle-Zemble a été accomplie, et la carte de l'extrémité nord de cette grande île arctique a subi une trans-

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