PROJET ANGLAIS
formation complète. On a aussi recoimu que la mer de Kara, à l'est de la Nouvelle-Zemble^ est presque tous les ans libre de glaces. D'importantes études sur cette région jusqu'à présent très-peu connue ont été rapportées, et sont consignées, avec des cartes originales, dans la série Petermann (voir particulièrement le n"" 68 des Erforschungen pour la relation de M. Garlsen, les n"^ 55, 57 et 64, où sont consignées les observations de M. Hosenthal, et une lettre de M. de Heuglin dans le Bulletin de l'Académie de Saint-Pétersbourg, t. XVI, 1871, p. 566). N'oublions pas les publications de MM. Pansch, Pierce etHob. Brown sur le Groenland (oi-dessus, n°' 387, 388 et 390, (i4 à 16) de la bibliographie, et notre volume précédent, p. 404, n« 729).
5 7. Projet anglais d'une nouvelle expédition arctiqae.
Nous venons de nommer le Groenland : cette immense contrée polaire, sur laquelle, 'jusqu'à présent, nos informations sont si bornées, va prendre dans les études arctiques une place toute nouvelle et très-importante, si le plan de la société de Géographie de Londres pour une nouvelle eipéditionau Nord se réalise. Lasse, et presque honteuse, du rôle inactif auquel elle est depuis longtemps confinée, en présence de l'activité que déploient pour les investigations arctiques d'autres nations de l'Europe et de l'Amérique^ la société de Londres, à l'instigation persévérante du capitaine Osborn et d'autres hommes éminents appartenant à la marine royale, a résolu de tenter un nouvel effort près du gouvernement, pour l'amener à concourir à une nouvelle expédition polaire. Jusqu'à présent, le trésor public se montre assez peu disposé à endosser cette non* velle charge, quelque engageantes que soient les raisons qu'on lui présente ; quoiqu'il arrive, le plan de la société, en même temps qu'il est nouveau et se distingue de tous
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les autres, nous paraît très- rationnel et fort bien conça. Actuellement ou plus tard, il sera certainement exécuté. H est donc intéressant de le faire connaître.
Voici, en résumé^ l'exposé qui a été présenté au ministre, et quelques-uns des points principaux du programme recommandé par les délégués de la société de Londres :
L^opinion collective des marins et des savants ne peut laisser aucun doute sur Pimportance des résultats d'une expédition dont le champ d'exploration s'étendra sur près de deux millions de milles carrés, sous le 80' degré de latitude nord. Cette expédition doit conduire à la solution de nombreuses questions relatives à la géographie physique, à la géologie, à l'histoire naturelle, au magnétisme terrestre, à l'anthropologie et à la météorologie.
En 1865, le président de la Société de géographie, sirRoderick Murchison, soumit au gouvernement la proposition d'une exploration des régions arctiques; mais la décision fut ajournée jusqu'au jour où l'on pourrait déterminer, grâce aux expéditions de la Suède et de l'Allemagne alors parties par le Spitz* berg, quelle était la route qu'il convenait d'adopter. Sept années d'efforts infructueux dans cette direction ont confirmé la preuve recueillie déjà par les explorateurs antérieurs, qu'il n'était pas possible de pénétrer dans les glaces de ce cété. On est aujourd'hui à peu près unanime dans l'opinion que la route par la baie de Baffin et le détroit de Smith est celle qui promet le plus de résultats favorables à la science, et en môme temps le moins de risques pour la vie des navigateurs.
L'expédition américaine commandée par le capitaine Hall s'est engagée dans une direction tout à fait différente, par le détroit de Jones * ; elle doit revenir en 1873. Elle ne consiste qu'en un petit bâtiment; les résultats qu'elle peut obtenir seront par conséquent limités.
L'expérience acquise de 1850 à 1872, période pendant laquelle des expéditions commandées par des ofQclers anglais, américains, suédois et allemands, ont parcouru dans différents sens le cercle arctique, a prouvé qu'a l'aide de la vapeur et des connaissances acquises sur l'organisation la plus convenable pour ces voyages, sous la direction d'un chef intelligent, on n'est pas exposé à de très-grands dangers.
1. On a vu plus haut p. 298, que cet itinéraire projeté a été modifié.