ALLEMAGNE
land comme il l'a fait il y a quelque temps. On sait que plusieurs canons Annstrong de 12 et de kO sont arrivés d'Angleterre, et ont été placés sur POberland (plateau supérieur de Tlle sur lequel s'étend une partie de la ville d'Helgoland. et qui du côté Sud confine à la mer par des talus à pic). On y remarquait déjà quelques fortifications. Les habitants de Tlle, doni le gouvernement anglais, lors de sa prise de possession en 1807, a conservé tous les anciens droits, sur lesquels il ne prélève encore aujourd'hui aucun impôt, et quMl abandonne pour ainsi dire à leur propre autorité, ne désirent pas, dans de pareilles conditions, être réunis au Danemark, dont ils relevaient naguère, non plus qu'à l'Allemagne. Comme ils ont conscience du danger dont leur tle.est menacée par suite des envahissements de la mer, les questions politiques ont pour eux une importance secondairOy car ils sont souvent obligés de s'expatrier et de renoncer à leur nationalité. La région haute de Plie, le rocher proprement dit, consiste en une masse argileuse et molle, que les intempéries détériorent facilement. La décroissance progressive de Pile s'explique par là, sans que d'autres phénomènes tels que l'action destructive des hautes marées soient venus accélérer la marche de la nature.... Que le rocher disparaisse, et sa base se réunissant à l'Ile du Sable qui s'étend à l'Est, créera pour la navigation des dangers plus sérieux que les Goodwin- Sands, si redoutés, de la côte anglaise. Il faut dire que ce rocher qui se dresse au milieu des flots est un point de repère le jour, surtout par temps de brume, de pluie ou de tempête; la nuit, par le phare qui y est allume ; point de repère précieux pour les navires à destination de l'Élbe, à cause des courants très-dangereux de Tcmbouchure, et par cela même indispensable aux navigateurs.
A propoi de 1* Allemagne. De Timpassibilito philosophique en histoire.
M. Zeller, professeur d'histoire à l'École Normale et à l'École Polytechnique, vient de publier le premier volume d*nne Histoire d'Allemagne^ qui promet à notre littérature historique une œuvre d'une valeur sérieuse. L'auteur y combat plus d'une idée reçue; mais ses vues s'appuient toujours sur une solide érudition. Un critique autorisé, M. Fustel de Goulanges a fait néanmoins, dans la Revue
L'AMHÉK OtOOR, XI. 22
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des Deux-Mondes y quelques réserves sur certaines tendances de Tesprit de l'historieD, auxquelles les derniers événements ne sont pas étrangers. « Ce ne sont pas nos récents désastres, dit le critique, qui ont appris à M. Zeller à connaître la Germanie. Le livre qu'il vient de publier était écrit il y a dix ans. La préface seule est nouvelle, et ce n'est pas elle que dous louons ici; nous oserons même dire qu'elle fait tache, qu*elle dépare un livre de pure science historique. Elle sent l'ennemi, et nous ne voudrions pas qu'un historien fût un ennemi. Elle est faite pour la guerre, et nous ne croyons pas en France que l'histoire doive être une œuvre de guerre. Dans le corps même de l'ouvragei un ton d'amertume perce trop souvent. L'auteur semble avoir de l'antipathie et presque de la rancune à l'égard de son sujet. Il ne dit que la vérité; mais il ne se cache pas d'être heureux quand la vérité est défavorable à l'Allemagne. Le fond est d'une érudition exacte et sûre ; la forme est trop souvent celle de la récrimination et de la haine. Ce défaut choquera sans nul doute quelques lecteurs français ; au moins ne saurait-il choquer les Allemands : quel est l'historien d'outre-Rhin qui jetterait la première pierre? « Assurément il serait préférable que Thistoire eût toujours une allure plus pacifique, qu'elle restât une science pure et absolument désintéressée. Nous voudrions la voir planer dans cette région sereine, où il n'y a ni passions, ni rancunes, ni désirs de vengeance. Nous lui demandons ce charme d'impartialité parfaite qui est la chasteté de l'histoire. Nous continuons à professer, en dépit des Allemands, que l'érudition n'a pas de patrie. Nous aimerions qu'on ne pût pas la soupçonner de partager nos tristes ressentiments, et qu'elle ne se pliât ])as plus à servir nos légitimes regrets qu'à servir les ambitions des autres. L'histoire que nous aimons, c'est cette vraie science française d'autrefois, îcette érudition si calme, si simple, si haute de nos bénédictins, de notre académie des inscriptions, des Beaufort, des Fré-
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ret, de tant d'autres^ illustres ou anonymes, qui enseignèrent à l'Europe ce que c'est que la science historique, et pii semèrent, pour ainsi dire, toute l'érudition d'aujourd'hui. L'histoire en ce temps-là ne connaissait ni ]es haines de parti, ni les haines de race ; elle ne cherchait que le vrai, ne louait que le beau, ne haïssait que la guerre et la convoitise. £lle ne servait aucune cause; elle n'avait pas de patrie; n'enseignant pas Tinvasion, elle n'enseignait pas non plus la revanche. Mais nous vivons aujourd'hui dans une époque de guerre. U est presque impossible que la science conserve sa sérénité d'autrefois.... »
M. Giraud, en présentant, au nom de l'auteur, le livre à l'Académie des Sciences Morales et Politiques, en a donné l'aperçu suivant :
VHistoire d* Allemagne de M. Zeller va jusqu'à la fin de la guerre de Trente ans. Le premier volume, qui traite des Origines de V Allemagne et de Cempire germanique^ est plein de science et d'érudition. Apres une introduction renfermant des considérations sur la civilisation, la politique et la science allemandes et sur Tempire allemand et TAlleniagne, l'auteur débute par l'étude du sol sur lequel s'est établie la race germanique, de sa constitution géologique , de sa configuration géographique et de ses rapports avec les autres contrées de l'Europe.
11 s'occupe ensuite de la race elle-même et de ses affinités avec les deux autres races entre lesquelles elle est, pour ainsi dire, enfermée : la race slave et la race celtique. Le chapitre suivant, consacré aux mœurs des anciens Germains, est un savant commentaire du livre de Tacite, avec des conclusions différentes. M. Zeller met la race germanique en présence de la civilisation romaine. Il montre, pendant les deux premiers siècles, Rome contenant et refoulant ces barbares : Chérusques Marcomans, Bataves, Dices; il raconte les canipa;:nes de Drusus, de Tibère, de Germa nicus, qui vengèrent sur Marbod et sur Armin le désastre de Drusus, en forçant la barbarie à reculer.
Mais pendant les deux siècles suivants, les Germains reprennent l'avantage, et Ton voit l'invasion en marche, puis l'iiivasion réalisée, devenue dclinitivement maîtresse du sol. Mais à
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cette période succède celle où la Gaule gallo-franke prend une sorte de revanche sur la Germanie. Les deux derniers chapitres (vi« et yii«) du volume sont consacrés à la Germanie mérovingienne et à l'Allemagne karolingienne. Le vi« est complet; le vii<', très-étudié, ne se termine pas avec le volume : il ne conduit le lecteur que jusqu^à la conquête de la Saxe, et devra -se continuer dans le second volume. Cette première partie de l'important travail de M. Zeller contient des vues nouvelles et profondes; c'est l'œuvre d'un esprit sérieux, patient et lacide.
ROTAirME DE PRUSSE.
ElfPIRB D'àLLEIIAGNB.
438. G. Neumann. Das deutsche Reich in geographischer, slatistischer und topographischer Beziehung. Berlin, 1872, in-8». (Mûller).
Réimpression développée et modifiée de l'ouvrage publié par Tau-; teur il y a quatre ans sous le titre do Geoyrafihie des Preustitchm Staatts. L'ouvrage formera 2 volumes, publiés en2.S livraisons à t ir.2â. Il n'a encore paru que les premières livraisons. C'est un travaU moins descriptif que statistique.
439. Militair-Geographic das deutscben Keicbes. Frankf, a, M. 1872, in-«-, ix-:i48 p. 5 fr.
440. N. E. TuxEN. Les nouveaux ports militaires de rAllemagne; trad. du danois par Soldi. Rcrue Marit, et Colon., oct. 1872, p. 709-732 (avec additions et carte).
Jahde, Kiel, etc., etc. Énumération des ports et de toai les points militaires de la côte prussienne.
441. C. Berenberg. Die Nordseo Insein an dor deutschcn KQste. Hanorer, 1872 (3' édit.), in-8% 153 p. Carte. 3 fr. 7.7 c.
442. H. A. Meyer. Uniersucliungen ùbcr [)liysikaliscbe Verhâltnisse des wcslliclicn Theils drr Ustsoe. Kin Bvitra^r zur Physik des Meercs. KiH, 1871, in-f% 2|l pages et G tabl. 8 ibir.
443. Lagneau. Sur Tethnologie des populations du Nord-Est de l'Allemagne. Bulletins de la Soc, d'anthropologie d»? Parit, aoùlsept. 1871, p. 106-:2O2.
444. RociiET. Sur le type prussien. BiilMins de la Soc. d'anthropoL, aoùt-scpt. I87l,p. 188-196.
PRUSSE, PAYS-BAS; SUISSE. 3(ll
5. Th. ïioifTANE. Wanderungen durch die Mark Brandenburg-Ost- Ha?eUind. Berlin, I872, iQ-8% 3 thlr. (Besser).
i6. Veixeichniss sammtlichcr Ortschaften der Preussischea Provinz Stchsen. Magdebury, 1872, in-4^ 2 thlr. (Braensch).
Il M publie actuellement en Prusse des dictionnaires spéciaux de chaque proTince. Outre celui dont nous yenons de relever le titre, nous connaissons l'existence de Gazetters analogues pour les provinces de Silésie, de Hanovre et de Prusse orientale. Nous présumons que chaque province doit avoir le sien sur le même plan. Comme nous n'aTOQS encore aucun de ces Dictionnaires provinciaux entre les maint, noua n'en pouvons rien dire de plus quant à présent.
i7- G. Gb/ef. Zur Geschichte der Vermossungen und Kirtographie der Elbherzogthûmer. viii-ix* Jahresbericht de Vereins fur Erdkunde xu Dresden. Dresden, 1872, in-8% p. 46-59.
18. Preussischen Generalstabs Topographische Kartc vom ôstlichen Theil der Monarchie (au 100 000*). Feuilles 45 (Pr. Eylau); 64, Elbing; 89, Arys; 127, Willei^berg; 146, Sauldau. Berlin, 187t (Schropp). Chaque feuille, t fr 25 c.
PATS-BAS.
BELGIQUF. 'suisse.
Ï9. Topographische Atlas vnn het koningrijk der Noderlaiulen, op den Schaal van 1 : 200 000. Vervaardigd volgens de topographische en militaire Kaart op het Topographisch Bureau van het département van Oorlog. s' Gravenhage^ Topographisch Bureau, 1871, in-4% 20 cartes. 12 fl. (Smulders).
âO. P. BoEKEL. Het Haarlemmermeer, wat het was, en wat het is. Amtterdamy 1872, in-8% 82 p. il. 0,30 (Funke).
)!*** La Hollande et l'Empire Germanique. Heruc des Deux-Mondes, 15avr. 1872, p. 737-763.
Article de géographie politique ; la page suivante en renferme la labstance :
Dans une conversation — trùîi-piquante par la forme, très-scrieuFe pour le fond — entre un Allemand, un Français et un Hollandais, celui-ci dit au premier : « Vous partez toujours do l'idée que nous sommes des Alleman<ls comme vous, sauf quelques différences extérieureH ne touchant pas au fond. A ce compte, la France aurait le droit de réclamer comme ses enfants les Wallons de Belgique, les Romands de Suisse, les Italiens du nord. Ne confondez donc pas la nice et la
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nation; autrement on ne saurait ce que TEurope va devenir. NoQi sommes en majorité d'origine germanique, cela est vrai, bien qae noui comptions aussi de nombreux cléments celtiques dans nos popnla* tions; les Danois, les Scandinaves en général sont aussi d'orif^ae germanique. Voulez-vous également les annexer? Notre langue est germanique, comme les leurs et comme langiais, mais elle n'est pat du tout un dérivé, encore moins un patois de l'allemand. Elle est aussi originale que la vOtre. Elle se rattache comme la vôtre au vieux trons germanique, dont clic est une branche indépendante, poussée parallèlement au haut-allemand, lequel n'est devenu que peu k peu Tallemand moderne. Il y a même des savants qui prétendent qu'elle est plus rapprochée que la vôtre du tronc primitif. Un Ilollandais et on Allemand ne se comprennent pas quand ils se parlent chacun dam sa langue. Notre articulaiion est tnute dilTeren te. Voyez vous-même : nom sommcstrois ici de nationalité distincte ; pour lier conversation, comme je ne sais pas parler allemand et que vous ne savez le hollandais là Tun ni l'autre, nous avons dû recourir au français. Je ne me flatte pat de parler trcs-purement cette langue, cependant je la parle sans difficulté avec les personnes que mes fautes n'ctTarouchent pat; des milliers de mes compatriotes sont dans le même cas, et je vois comlHea vous autres de la haute Allemagne vous avez de peine à ne pas estropier tout mot français où se rencontre un f, un p ou un d, Aasurplm, qu'importe cette <iuestionde langue) Nous parlerions allemand comme les Suisses et les Alsaciens que nous ne serions pas Allemands pour cela. Notre histoire, nos anciennes constitutions, nos mœurs, nos qualités et nos défauts réunis, tout nous distingue de vous, et si rien ne nous empêche de rester bons amis sur la base du respect de nos droits réciproques, vous pouvez être certains de nous avoir pour ennemis irréconciliables dès que vous ferez sérieusement mine de nous assujettir.... »
452. Statistique de la Belgique. Population. Recensement général, 31 déc. IHGG. Publié par le Ministre de l'Intérieur. Bruxelles, 1870, in-4», 736 pages.
453. Carte topographique de la Belgique, publiée par le Dépôt de la Guerre (au 40 000«). Feuille 13, Bruges; 14, Lokeren; 22, Gand ; 23, Malines; 29, Courtray; 37, Tournay. Bruxelles^ 1871. La feuille, 7 fr. 50 c. (Muquardt).
454. F. M. ZiEGLER. Die geographischen Ârbeiten in der Scbweis wiihrend des Jahres 1871. Mittkeilungcn der Geograph, Ge^' sellsch. in Wien, B«» xv, 1872, p. 223-230, 276-289.
455. E. Plantamour, R. Wolf et A. Ilrascii. Détermination télégraphique de la difTércncc de longitude entre la station astronomique du Righi-Kulm el les observatoires de Zurich et de Neuchatel. Genève et Bdle, 1871, in-4-, 222 p. et 3 Ubleaux. 8 fr. (Georg).
456. Carte générale de la Suisse, réduite de la carte do Dufour. Berney 1871-72, 4 feuilles, 10 fr. (Dalp).