‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 300 sur 337 · Carte des pluies du mois de mars · texte numérisé non relu

Carte des pluies du mois de mars

490. H. DE Lagrené, ingénieur des Ponts et Chaussées. Cours de navigation intérieure. Fleuves et rivières. Abbeville, 1871, in-4* de 222 pages. Tome II, texte.

491. Belorand, inspecteur général des Ponts et Chaussées. La Seine; études hydrologiques. Paris y 1872, un fort vol. gr. in-8* illustré, et atlas de 80 pi. Xo fr. (Dunod).

Sur l'hydrographie et le régime de la Seine.

A roccasion des crues extraordinaires de la Seine en 1872, nn journal a publié un article qui contient des renseignements intéressants sur le régime de la rivière, et qui résume, dans une certaine mesure, l'important travail de M. Belgrand, dont nous venons de donner le titre.

On sait que la Seine, avant d'être resserrée dans le lit qu'elle remplit actuellement, occupait, à la façon d'uu bras de mer, toute la vallée de laquelle émergeaient, comme des lies, Montmartre, les Buttes Ghaumont, et, sur la rive gauche, le sommet de la montagne Sainte-Geneviève. Les travaux de M. Belgrand sur ce bassin de notre fleuve ne laissent aucun doute à ce sujet.

Cette largeur était encore considérable au commencement de Tère chrétienne; et quoique, d'après l'empereur Julien, le cours

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de la Seine fût des plus réguliers et ne présentât que rarement des crues extraordinaires, elle s'étendait encore assez loin dans les prairies qui la bordaient depuis Bercy jusqu'au Pré-aux- Clercs, et plus loin, Grenelle et BillaLCOurt.

La première inondation dont il soit question dans nos annales est celle que rapporte Grégoire do Tours, et qui eut lieu en 583. c La Seine et la Marne, dit l'historien, causèrent une si grande inondation autour de Paris que beaucoup de naufrages eurent lieu entre la cité et la basilique de Saint-Laurent. » On croit que l'église Saint-Laurent dont il est question était située sur l'emplacement de celle qui existe encore au faubourg Saint- Martin. Il est en effet démontré qu'il y avait entre l'Arsenal et Saint-Laurent un canal qui occupait à peu près l'emplacement de notre canal de l*Ourcq, mais qui recevait les eaux de la Seine et abritait les bateaux pendant l'hiver.

Nous n'avons pas de détails bien précis sur les inondations de 821, 886, 1196, 1288, 1296 et 15^0. La hauteur des eaux pour 1615, en juillet, est donnée par certains ouvrages comme ayant été de 9 mètres 4 : mais ce chiffre est réduit par d'autres à 8 mètres 4. En 1649, 1651, 1658 et 1690, la Seine atteignit 7 mètres 64, 7 mètres 83, 8 mètres 81, et 7 mètres 55. En 1711, elle marqua 7 mètres 62, et en décembre 1740, 7 mètres 91-

Cette crue de 1740 est une des plus intéressantes, en ce qu'elle nous permet de démontrer la possibilité du fait rapporté par saint Grégoire. C'est surtout sur la rive droite de la Seine et par le faubourg Saint- An toi ne que le fleuve se répandit dans Paris. On peut voir encore ou du moins nous avons vu, il y a quelques années, près de la porte de l'hôpital des Quinze-Vingts une inscription rappelant ce fait. Elle est ainsi conçue :

c Le 25 décembre 1740, la jmnie de la rivierre est venw vtsà^is de cette pierre. Signé : Bouquet, »

Dans notre siècle, les plus hautes eaux ont été: en 1802, 7 mètres 44 centimètres; en 18?.6,par deux fois, 6 mètres 40 centimètres et 7 mètres; en 1830, 6 mètres 5 centimètres; et en 1866, 6 mètres 20 centimètres.

La comparaison de ces cbilîres permet encore de conclure que depuis l'ère chrétienne les crues de la Seine ont toujours été de moins en moins considérables. Au-dessus de 8 mètres dans le dix- septième siècle, elles n'atteignent plus une seule fois ce chiffre dans le dix-hui!i'mc siècle, et depuis le commencement du flix-neuvicmo, oUes u ont dépassé qu'une fois 7 mètres

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