‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 305 sur 337 · Par suite des pertes territoriales de 187 K · texte numérisé non relu

Par suite des pertes territoriales de 187 K

Sur les 37 450000 âmes de la population de 1862, 7 350000 environ, c'est-à-dire le cinquième, appartenaient aux classes agricoles, propriétaires, fermiers, métayers et journaliers. Le nombre de propriétaires terriens, grands et petits, était de 3800 000 (nous Dëgligeon"^ les fractions insignifiantes, le chiffre officiel est 3 799 759), et le nombre des propriétés de 3 225 877. Ce seul rapprochement montre combien la propriété de la terre est morcelée; le tableau suivant donne un aperçu plus précis de cet extrême morcellement, qui chez nous date de 1789.

Exploitations de moins de 5 hectares 1 615 558

— de 5 à 10 hectares 619 843

— de 10 à 20 hectares 363 769

— de 20 à 30 hectares 176 744

— de 30 à 40 hectares 95 796

— de 40 hectares et au-dessus. . 154 167

En consultant les tableaux détaillés compris dans l'enquête agricole de 1862, on voit que 26 départements appartiennent à la grande propriété (ce sont surtout ceux du Nord-Ouest et du Centre), que 27 départements sont trèsmorcelés, et que 36 occupent une position intermédiaire, qui correspond à la moyenne du pays. Mais au total la petite propriété domine partout, nûcme dans les régions dites (par comparaison) « de grande propriété. »

S 4. Recensement d«î 1872.

Nous reproduisons le Rr.pport du ministre de Tintérieur [Journal Officiel du 5 janvier 1873).

Monsieur le Président,

J'ai l'honnour de mettre sous vos yeux les résultats du lénombrement de la population, auquel il a été procédé dans e cours de l'année, en exécution du décret du 8 mars dernier.

Le dernier recensement quinquennal ayant eu Jieu en 1866,

l'opération aurait dû être renouvelée dans les premiers mois de i^année 1871, mais, à cette époque, un certain nombre de départements étaient encore occupés par les troupes allemandes, la délimitation du territoire sur une partie de nos frontières n'était pas encore fixée ; enfin, les municipalités, à peine réorganisées, avaient à pourvoir à des travaux multiples, qui ne leur auraient que bien difficilement permis de donner leurs soins aux opérarations de dénombrement.

Un décret du 19 avril 1871 ajourna, en conséquence, ces opérations à l'année 1872, et déclara que les tableaux officiels annexés au décret du 15 janvier 1867 continueraient à être considérés comme authentiques jusqu'au 31 décembre 1872.

En 1866 la France comptait 89 départements, 373 arrondissements, 29^1 cantons, 37 548 communes, et 38 067 094 habitants.

Avant d'exposer les résultats du recensement de 1872, il éon* vient, pour aider à la comparaison des chiffres des deux époques, de rappeler quelle a été l'étendue des pertes territoriales que la France a subies par suite de l'exécution des traités de paix des 26 février et 18 mai 1871, et de la convention additionnelle du 12 octobre suivant.

Les voici telles qu'elles ressorteht du relevé ofûoiel publié par le ministère des Affaires Étrangères.

D'après le dénombrement de 1866. Cédés entièrement.

Cédés en partie.

Départe ments.

Arrondissements.

Cantons.

Communes.

PopaUtion.

Le dernier recensement, qui s'est accompli d'après les nouvelles délimitations, réduit à 87 seulement, en y comprenant le territoire de Bclfort*, le nombre des circonscriptions départementales ; à 362 le nombre des arrondissements* ; à 2865 le

1 . Et les fractions de circonscriptions qui ont conservé leur autonomie.

2. Y compris Belfort, Saint-Dié et Briey, qui, bien que morcelés, ont conservé leur autonomie.

nombre des cantons * ; à 35 989 le nombre des communes', et à 36 103 9S1 le nombre des habitants.

La population, qui, pour le territoire actuel de la France, était en 1866 de 36 469 856, et qui n'est plus aujourd'hui que de 36 102921 (en comparant la même étendue territoriale), y aurait diminué de 366 935.

Cette diminution a pour causes principales, indépendamment de la guerre, les cruelles épidémies varioliques qui ont sévi dans beaucoup de départements en 1870 et 1871, un certain ralentissement dans le nombre des mariages et aussi un excédant de décès sur les naissances.

Elle se répartit, bien que dans une proportion inégale, sur presque toute la France. 14 départements en effet sont seuls en progrès. L'accroissement n'a même d'importance que dans l'Allier, la Loire, le Nord, le Pas-de-Calais, la Seine et Seine-et- Oise. La population a décru dans tous les autres, ainsi qu'il résulte du tableau ci-dessous.

1* Chiffre obtenu en comptant provisoirement comme cantons et Jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur sort, les fractions des anciens cantons de Massevaux et Dannemarie (territoire de Beifort), de Gorze, de Ch&teau-Salins, de Vie, de Lorquin et de Réchicourt (Meurthe-et- Moselle), et de Sasiles et Schirmeck (Vosges), et en conservant les cantons démembrés de Fontaine, Audun-le-Roman, Briey et Longwy qui ne perdent que quelques communes.

2. Les pertes territoriales de 1871 réduiraient à 35 859 le nombre des communes; mais 130 sections ont été érigées en municipalités distinctes, ce qui donne pour le nombre actuel des communes 35 989. — Pour le tableau des pertes territoriales de la France en 1871, voir un tableau détaillé dressé au Ministère des Affaires étrangères, Bulletin deia société de Ge?o^rap/iie, janvier 1872; p. 74-80.

U DE LA FOPLLATIOn DES DÉFABTEHLNTS DB LA PRAIKII,

d'après le ncentemeni de 1813 avec la comparaison des cbilTTes de 1866.

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