‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 31 sur 337 · D' R. Lenz. Unsere Kenntnisse ûber den frûheren Lauf des · texte numérisé non relu

D' R. Lenz. Unsere Kenntnisse ûber den frûheren Lauf des

Amu-daria. St-Petersh,, 1870, in-4% 52 p. et 2 cartes. 3 fr. 25. (Extr. des Mémoires de VÀcad, des se. de St-Pét,, V série t. XVI, u» 3.) '

L'établissement nouvellement fondé par la Russie à Krasnovodsk à l'entrée du golfe de Balkan, sur la côte orientale de la mer Caspienne (à peu près sous le .40* degré de latitude), a réveillé la vieille question de Tancien cours de l'Amou-déria ou Oxos, qui a son embouchare dans le sud du lac d'Aral, mais qui plus anciennement vint déboacher dans la mer Caspienne, précisément au golfe de Balkan. Les traces encore très-visibles de l'ancien lit mettent le fait en lui-même hors de doute; mais quant à l'époque et à la cause de ce grand changement physique, nous sommes dans une ignorance complète. M. Lenz a repris savamment l'historique de la question, sans pouvoir y apporter beaucoup de lumières nouvelles. Son mémoire n'en est pas moins un document instructif et d'un grand intérêt géographique. Le sujet a d'ailleurs un côté pratique assez important. S'il était possible comme on l'a plus d'une fois affirmé, de rendre au fleuve son ancien cours, les communications entre la Caspienne et la Boukharie y troaveraient une amélioration immense.

96. Mémoires de Baber (Zahir ed-dïn Mohammed), fondateur de la dynastie mongole dans l'Hindoustan. Traduits pour la première fois sur le texte djagatai, par A. Pavet de Courteille. Paris, 1871, 2 vol. in-8*. 18 fr.

La seule traduction dans une langue européenne qui existât jusqu'à présent était la version anglaise de John Leyden (Lond., 1826, in-4*, avee carte); elle était devenue rare. La traduction française de cet ouvrage capital, non moins important pour la géographie de l'Asie moyenne que pour l'histoire^ est nn service rendu aux études orientales.

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S {•'. Aperçu des récentes explorations des Russes dans le bassin Aralien.

C'est UDe circonstance bien remarquable dans l'histoire géographique de l'Asie intérieure depuis quinze ans, que la marche simultanée des Anglais et des Busses vers le centre de la région Aralienne, les premiers envoyant leurs ingénieurs et leurs explorateurs vers le nord et le nord-ouest du Pendjab, dans une double pensée d'études et de commerce, les seconds descendant du nord à travers les steppes kirghizcs et poussant du même pas les conquêtes militaires et les travaux scientifiques, — les deux nations maintenant tout près de se rencontrer sur un terrain que les intérêts et la politique pouvaient rendre hostile, mais dont une pensée commune d^émulation généreuse et de civilisalion a fait un terrain neutre. Nous venons de voir ce qu'a fait l'Angleterre depuis trois ans dans les régions inexplorées de Hlassa, de Ehotan et de Yarkand ; la Russie, dans le même temps, n'a été ni moins active ni moins heureuse dans le Turkestan aralien. Voici une esquisse tracée par le colonel Poltoratsky (ci-dessus, n° 92) des explorations russes accomplies durant ces dernières années dans une des parties les plus difficilement accessibles, et jusqu'alors les moins connues de l'Asie centrale, la région alpe&tre du Tbian-Chan. Cette région que la Dzoungarie sépare de TAltaî, est aujourd'hui comprise dans les limites russes. « Le premier savant auquel il fut donné de jeter un regard sur le groupe montagneux du Thian Chan, au sud de rissyk-koul, fut M. P. Séménof, qui, le 13 juin 1857, atteignit la gorge de l'Ouka, vit les origines du Narîn, et visita, par le Kod-djar et le Saridjaz, le massif gigantesque du Khân-Tengra. L'année suivante, en 1858, M. Valikbanofy mort depuis, traversa, en suivant à Kacbgar une cara-

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vane marchande, toute la partie orientale de cette région de montagnes. A peu près à la même époque, les travaux géodésiques exécutés sur la frontière ouest de la Chine et auxquels M. J. Th. Babkof a pris une part active, s'approchèrent du lac Issyk. En 1859, les points les plus méridionaux qpii eussent été astronomiquement déterminés dans cette partie de TAsie centrale étaient les deux extrémités ouest et est du lac. Ces données étaient dues au capitaine Goloubef, inort depuis. Elles forment actuellement les points de repère auxquels il faut rattacher tous les levés au sud de Hssyk-koul. L'année d'après, en 1860, tout le pays de rissyk, y compris les vallées du Tchou et du Kochkar, fut levé topographiquement sous la direction de M. J. Yénioukhof. Cet explorateur a eu encore le mérite de recueillir avec un soin scrupuleux et de publier les premières données relatives au pays du Narïn et au lac Soné (Soné-koul). Aux travaux du capitaine Yénioukhof vinrent se rattacher, en 1863, les levés du capitaine Protsenko, qui devaient déjà se rapprocher beaucoup plus du Narïn. Le point le plus remarquable de ces travaux est le lac alpestre de Soné. Restait encore le pays depuis le Narïn jusqu'à la frontière chinoise, dans la direction du midi. L'honneur de la première exploration de cette contrée revient an colonel Poltoratsky, aujourd'hui général. Les altitudes sont le résultat des mesures barométriques faites dans ce pays par M. Bouniakofski en 1868. La liste des hauteurs donnée par cet explorateur distingué doit être regardée comme une des conquêtes les plus considérables que l'année 1868 ait fait faire à la science dans l'Asie centrale. Ces données nous permettent de nous faire, pour la première fois, une idée du profil de l'élévation du Thian-Chan, entre le Balkhach d'un côté et l'enfoncement de Kachgar de l'autre. »

En 1869, les parties supérieures de la vallée delaNarïo, dont la tête se trouve sous le méridien du mont Khan- Tengri, à 50 verstes environ à l'orient du lac Issyk-koul,

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ont été levées sous la direction da baron de EaulbarS| officier du génie; la Narîa est la branche principale dont se forme le Syr-Déria, l'ancien laxartes ; elle a sa source dans le Thian-Ghan, au pied d'un glacier du M. Yak- Tâch, « la Pierre Blanche. » Cette région élevée, froide et déserte, est dépourvue de toute végétation. Les opérations des ingénieurs militaires se sont étendues en beaucoup d'autres parties de la nouvelle province russe de Turkestan, notamment à la vallée de Zérafchân (n** 94), la Sogdiane des anciens, riche canton dont la notoriété historique remonte aux premiers âges du monde iranien, et dont la capitale Samarkand a rempli de sa i^enommée tout le monde oriental.

S 2. Notices dur quelques points particuliers de la géographie

da bassin Aralien.

Voici les notions que les dernières reconnaissaneei géodésiques ont procurées sur le Thian-Ghan ou Montagnes-Gélestes, une des chaînes les plus élevées de l'Asie centrale, entre le système de TÂltaï et le système de l'Himalaya. Le massif le plus imposant de cette montagne, tant pour la hauteur que pour l'épaisseur, se trouve entre deux nœuds principaux, les groupes du Ehân-Tengri et du Bogdo-Oola, presque entièrement dans les limites de la Mongolie. D'après l'estimation de MM. Séménof et Ooloubef, qui ont visité ces montagnes, le groupe du Khafi- Tengri ne forme qu'un amas énorme de pics qui s'élè* vent dans leur ensemble k près de 5600 mètres au*des8U8 du niveau de la mer, et qui atteint à son point culminant une altitude de 6800 mètres. Dans cet espace, toutes les par«ties du système du Thian-Ghan sont rapprochées les unes des autres, les différentes arêtes sont reliées entre elles par des plateaux, et le tout constitue un corps de montagnes des

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