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Loire -InTérieure
Uftine-et-Loire
Marne (Haute-)
Heurllie-eUÛossïle....
Pyrtnées (Basses-)
Pyréntas (Hauleï-)
SttOne (Haute-)
SiOne-M-Loire
Savoie (Haute-)
fieine-Inféneura
Sane-et-Mame
Sivres (Deui-)
Tam-el-Garonna
Vienne (Haute-)
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370 EUROPE. (n*» 500-507.)
Au snjet de ce tableau officiel, un publiciste fait les re« marques suivantes :
* Le tableau du dénombrement de la population pour Tannée 1872, que vient de publier le ministre de l'intérieur, constate, par comparaison- avec l'année 1866, une diminua* tion de 336 935 âmes sur le chiiïre total des habitants de la France, déduction faite des 1 597 238 habitants que nom a fait perdre le traité de Francfort. Cette décroissance a une certaine gravité, non pas tant par les raisons que donne le rapport officiel, telles qu'épidémie variolique, et, ce qui est par trop évident, « excédant des décès sur les naissances, « que par un ralentissement dans les mariages, que témoigne assez le chiffre de 9 623 227 célibataires, comparé à celui bien inférieur de 7 352 096 hommes mariés. Serions-^nous menacés de l'épidémie du célibat, et, comme aux époqaee de décadence, comme sous l'empire romain, le légisiateuT sera-t-il bientôt obligé de créer des primes pour le ms^ nage et pour la paternité ? S'il est vrai que la population soit la vraie richesse d'un État, faisons des vœux pour qn'il n'en soit pas ainsi. Mais ne nous dissimulons pas que l'incertitude du lendemain a toujours été funeste à l'arrroisapi ment de la population. »
M. Charles Dupin, l'émincnt économiste dont la science déplore la perte récente, disait aussi, le 16 décembre der-« nier, au sein de l'Académie des sciences : « La vie moyenne a augmenté en France dans une notable proportion depuis cent ans. Malheureusement la population n'augmente pas en proportion de ce qu'elle augmente chez les nations voisines. Il ne suffit pas que la France soit une nation brave, savante; si sa population ne suit pas la progression ascendante des antres pays, il serait à craindre qu'elle ne finisse par déchoir du rang élevé qu'elle occupait parmi les nations civilisée».
« En ce qui concerne la vie moyenne, il faut dire qu'il j a à peine un siècle elle était de trente ans ; aujourd'hui elle s'est élevée à quarante-trois ans. Sans doute les progrès de
médecinei l'assainissement des villes ont contribué à ce nltat; mais tontes les branches de la science ont eu sur progrès une légitime influence.... »
S 5. Bibliographie dépArtemeotaie.
Ain.
0. P. VmcENT. Géographie historique du dép. de TAin, à l'usage . des écoles et des familles. Bourg, 1871, in-18, 216 pages (3- édition).
La l^ édition egt de 1866.
AlSITE.
Il, A. Matton. Dictionnaire topographique du dép. de TAisne, rédigé sous los auspices de la Soc. Académique de Laon. Pam, I. N. 1871, in-4% xxxix-368 pages.
Alsace.
)2, Ch. Gbad. L'Alsace, sa situation et ses ressources au morne i de raonezion. PariSy 1872, in-8", 69 pages.
Excellent morceau de géographie économique et descriptive. Extra du Bulletin de la Société de Géographie. Y. notre précédent volume p. 349, n» 649.
— Du même : Mémoire sur les lacs et les tourbières des Vosges. Epinaly 1872, in-8", lô p. (Extrait des Annales de la soc, (V Émulation des Vosges).
)3. Maximil. de Ring. Tombes celtiqueF de TAIsace. Résumé historique sur ces monuments; suivi d'un Mémoire sur les tombes et les établissements celtiques du Sud-Ouest d« l'Allemagne. Strash. 1871, in-folio.
Ouvrage qui a obtenu en 1871 une mention honorable dans le concours pour les Antiquités de la France ouvert par l'Académie des Inscriptions. Voici le jugement qu'en porte la commission dans son rapport sur le concours : ■ L'Académie, qui a déjà encouragé les travaux de M. de Ring, sait à quelles conclusions il arrive. Suivant loi, c'est aux populations gauloises, antérieures à Toccupation du pays par les Romains et ensuite soumises à eux, que doivent être attribués les nombreux tertres qui recèlent des ossements en Alsace; ces tombeaux marquent la place de leurs établissements dans la plaine. Quelque! dolmens situés sur la crête des Vosges indiqueraient les lieux où ils offraient des sacrifices à leurs divinités. M. de Ring combat le sentiment des anciens auteurs qui considéraient ces tumulus comme des sépultures pratiquées à la suite des batailles; il fait, avec raison, obtarver que le soin apporté aux ensevelissements, le nombre des objets symétriquement disposés pii's des squelettes, la présence d'ua grand
372 EUROPE. (n" 500-507.)
nombre de femmes et d'enfants inhumés dans les iumulus avee lem ornements et leurs bijoux précieux, sont autant de circonstances quiis se concilient pas avec la précipitation des enterrements qui saiventia combat. Après avoir décrit les monuments funéraires de la riTegwMki du Rhin, M. de Ring étudie ceux qui se rencontrent sur la rive droits jusqu'aux environs du Danube et dans la forêt Hercynienne. Il condat de certains rapprochements que les tumulus du duché de Bade et du Wurtemberg ont aussi une origine celtique, et qu'on ne doit attribuer aux Germains que les tombes cachées sous le sol et isolées eomm Tétaient leurs demeures. On peut contester les^conciusions de Bl. de Ring; on ne saurait mettre en doute son érudition et sa pénétrante sagacité. Ce sont là des qualités que l'Académie ne cessera jamiJe d'honorer et qui justifient la distinction nouvelle dont M. de Rii^ a été l'objet. »
Bas-Rhin. Voy. Alsace.
Bouches-du-Rhône.
504. MM. RsvEL DU Perron et de Gaucourt. État descriptif de Tarr. d'Arles. Dictionnaire topographique, comprenant les noTs de^ lieux anciens et modernes; rédigé sous les auspices de Tacad. d'Aix. Amiens, 1871, t. X, in-8». 5fr.
Bretagne. Voy. Ille-bt-Vilaine.
505. £. Halléguen. Armorique et Bretagne ; origines arm/)rico<-bretonnes. Ouvrage accompagné de documents rares et inédits. Paris, 1872, 2 vol. in-8« (Didier).
506. M. l'abbé Euzenot. Brittoncs et Britanni. Examen d\ine nouvelle théorie sur le nom de Bretagne. Bulletin de la SocPok/mathique du Morbihan. Vannes, 1870, p. 20-26.
507. F. M. LuzEL. Rapports (quatre) sur une mission en Bretagne, ayant pour objet de recueillir les traditions orales pouvant servir à l'étude comparée de Thistoire^ de la philologie et de la mythologie des ditférents peuples d origine celtique. Archives des Missions scientifiques , Vil, 1871, p. 101-205.
Il y aurait beaucoup à citer dans ces curieux et trèsintéressants rapports ; nous devons nous borner à deux oa trois passages :
Les chants populaires des Bretons Armoricains avaient déjà fixé l'attention des savants et des lettrés, bien que peu fidèlelement reproduits dans un recueil célèbre, mais peu critique. Mais nos contes de veillées, les récits merveilleux de la muse rustique, étaient, jusqu'aujourd'hui, restés confinés dans dos campagnes bretonnes, où personne ne songeait à les aller cher
3r. Et pourtant on soupçonnait qu'il devait se trouver ]à un SOT de renseignements intéressants pour les critiques et les rants qui s'occupent de littérature comparée ; Ton pressentait »i que ces traditions devaient présenter une importance iticulière chez un peuple dont l'étroite parenté avec les anns Celtes ne peut plus être contestée. M. Emile Souvestre, is ses Derniers Bretons^ et plus spécialement dans son Foyer ion; M. Gorentio Tranois, dans ses charmants récits de la oue de Bretagne, celle de 1833-34, et celle de 1839-40; et plus (emment M. Du Laurens de La Barre, dans ses Veillées de rmor, et M. le docteur Fouquet dans ses Légendes, contes et msons populaires du Morbihan, avaient laissé entrevoir, plus moins, ce que pouvaient être nos contes bretons. Mais tout monde sentait bien, tout en aimant ces poétiques et char- Ats récits, que ce n'étaient pas là de vrais contes bretons, purs tonte altération et tels qu'on les trouve au foyer de la veillée is nos manoirs et dans nos fermes. Tout cela était remanié et 'ange dans le cabinet, il y avait trop de détails de conven- Qy de mise en scène ; en un mot, l'écrivain se substituait trop ivent au narrateur rustique. Et puis, aucun de ces conteurs , recueilli les textes bretons, et dès lors, aucune garantie de §lité rigoureuse. Il faut dire aussi qu'à l'époque où écrivaient Souvestre et G. Tranois on n'attachait pas aux traditions lies du peuple l'importance qu'on leur accorde aujourd'hui; tait pure affaire d'amusement et quelquefois, mais plus rarent, de littérature et d'esthétique. Mais personne ne songeait rs à comparer les récits d'un peuple à ceux d'un autre peuple, à faire ressortir les rapports, les ressemblances ou les diJOTéices, à expliquer les mythes et les symboles. C'est là une science i ne date, chez nous, que de la nouvelle école critique, c'est-àe de quelques années seulement.
['ai pensé que les contes des Bretons méritaient, sous tous rapports, le même intérêt que leurs chants populaires ou les ites des autres peuples, et j'ai ambitionné l'honneur de faire ir eux, dans les limites de mon pouvoir et de mes connaisloes et sans rien exagérer, ce que les deux Grimm ont fait ir les contes de l'Allemagne; Glinski, Erben et Bogéna Nom- 7a*, pour ceux des différents peuples slaves. )ui, l'on chante et l'on conte encore dans notre vieil évêché
. Et bien d'autres encore, puisque M. Alex. Chodzko dit qu'on en a i pobhé plus de quarante recueils dans le courant du siècle actuel.
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de Tréguier, et, en cherchant bien, J3 crois qu'il est possible d'y retrouver presque toutes les traditions orales de nos pères. U faut convenir cependant que le nombre de ceux qui leur sont restés fidèles diminue tous les jours. Les chemins de fer etTiiutruciion, plus répandue, ont produit ce résultat, et si la génération qui nous succéiera conserve encore quelques souvenirs de noire passé littéraire, ils commenceront à devenir bien rares, je le crains bien, chez nos arrière-neveux. Déjà les dètestablei refrains venus de la France ont souvent frappé mes oreilles, en parcourant nos campagnes, ec plus d'une fois aussi, dans nos fermes, j'ai rencontré les journaux et les romans à 10 et 20 centimes de Paris, là où naguère j'étais habitué à ne trouver que la Vie des saints, les giverziou, les soniou et les fcanttkou, imprimés à Lannion, à Morlaix pu à Quimper, sur de gros papier roussâtre. L'esprit ancien lutte encore, mais faiblement, et par le terrain qu'il perd tous les jours, depuis quelques années surtout, il est facile de prévoir qu'il sera vaincu, dans un avenir non bien lointain, ou qu'il sera forcé de se réfugier, comme dans un dernier retranchement, dans les solitudes de la Cornouailles et les roches des Montagnes Noires et de i'Arez. 11 est donc urgent de recueillir les derniers vestiges qui en subsistent encore sur le sol armoricain.
Calvados. Voy. Normandie.
&08^ L. Legrix. Notes pour servir & une géographie historique du Calvados. Caen, 1872, iu-8% G7 pages. (Extrait de lUnnuotre normand.)
Charemte-Inférieurb.
509. DELAYANT. Hlstoire du dép. de la Charente- Inférieure. La Ro- ' cfMe, 1872, in-8- (Petit).
Eure.
510. P. RATEAU et J. PiNET. Histcîre et géographie du département de FEure; aperçu géologique et minéralogique ; commerce, industrie, antiquités, nulices historiques.... Évreux, 1871jin-18, 396 piges. Carte (Blot).
Le département de l'Eure est depuis longtemps un des mieax partages de nos provinces pour sa littérature géographique.
Eure-et-Loir.
bll. Dictionnaire topographique du département d'Eure-et-Loir, comprenant les noms de lieux anciens et modernes; rédigé sous
FRANCE. — BIBLIOGRAPHIE DÉPARTEMliNïALE. 375
les auspices de la Société archéologique d'Ëure-ct-Loir. Paris,
1871, in-4-.
Gard.
512. Ch". Lenthéric, ing' des Ponts et Chaussées. Mémoire sur les conditioDS nauliijues du golfe et du mouillage d'Aigue.s-Mortes. NtmeSj 1872,. iu-B", 32 pages et pi. (Extrait des Annales des Ponts et Chaussées, t. III, 1872).
GiRONDB.
àl3. Géographie physique, agricole, industrielle, commerciale, historique, politique et topographiquo du dép. de la Gironde. JKorûBaux, 1872, in-12.
Hâut'Rhik. Yoy. Alsack.
514. H. Malègue. éléments de statistique générale du dép. de la Haute-Loire; suivis du Dictionn-iiro des lieux habités. LePuy,
1872, in-8', xiv-48:i p. (PaviSj Guillaumin).
Ô15. Du môme : Carte en relief du dép. do la Huute-Loire. Paris, 1872, in-8% 13 p.
M. Malègae a emprunte aux sources ofllciellcs et réuni, en les groupant avec autant de méthode que de ciarté dans les dix chapitres dont se compose son livre, tous les éléments crunc statistique générale du département de la Ilaute-Loire. Les divisions géographiques de la con-. trée fout l'objet du premier chapitre, où l'on remarquera surtout une nomenclature par communes des b343 lieux habités que renferme le départeuient. Dans le chapitre second, après des indications générales sur la nature du sol, on trouve un tableau présentant, dans le mcuie cadre, par arrondissement, par canton et par commune, des données sur le nombre dos habitants et des électeurs inscrits, celui des maisons, l6B altitudes des lieux, la superticie en hectares, la date du cadastre, les cultures, le revenu matériel, le dénombrement des animaux. Les chapitres suivants traitent, avec tous les développements nécessaires, de* voies de communication, des cours d'eau, de Tindustrie et du commerce, des ressources pour les dépenses de l'État, du département et des communes, de l'instruction publique, de l'assistance publi(iuc. de la justice, enfin des élémmts divers de la stati<-tique locale. Le volume s« termine par un dictionnaire de tous les lieux habites du département de la Haute-Loire. ^Notions bibliographiques du Journal des Sacanla,)
Le volume de M. Malègue est un voluuie de tableaux et do chilTres, une œuvre d'ingénieur, qui s'adresse aux hommes tipéciaux.
La carte en relief dont M. Malègue trace dans sa 'brochure (n° 41 't) uiie notice succincte, est un travail d'un tout autre caractère, destiné aux établissements d'instruction du département aussi bien qu'à toutu espèce d'étude agricole, industrielle ou technique; il serait fort à désirer que dans chaque département les écoles de tous les degrWs fussent pourvues d'une carte analogue.
Haute-Savoie. Voy. Savoie.
376 EUROPE. (n^^ 508-546.)
Haotes-Alpes.
516. Â. SuRELL et E. Cézanne, ingénieurs des Ponts et Chaussées. Études sur les torrents des Hautes- Alpes. Paris, 1872, 2 fol. in-8', avec cartes. 33 fr.
Les Études sur le» torrents des Alpes sont depuis longtemps deTeoaes classiques. Dans cet ouvrage, dont on donne ici une seconde édition, un jeune ingénieur, alors au début de sa carrière, décrivait arec une singulière vivacité de style et de couleur les maux dont les Aipei françaises étaient affligées. Le livre de M. Surell, plein de science et d'observations, exposait ce que les savants appellent la théorie des torrents, et indiquait ensuite les mesures à prendre pour en arrêter les ravages. L'auteur a eu la bonne fortune de donner, après plus de trente ans, une seconde édition de celte œuvre de jeunesse sans avoir aaire chose à en ôter que quelques notes devenues inutiles. Le remède qail avait prescrit a été mis à l'épreuve et trouvé bon. L'expérience a confirmé les sagaces prévisions dé la théorie.
Les lignes que nous venons de citer sont tirées d'an très-intéressant article de M. Blaze de Bury sur les Études de MM. Surell et Cézanne, Revue des Deux- Mondes , !*■' juin 1872.
Hautes-Pyrénées.
517. Explorations Pyrénéennes. Ascensions des hautes cimes et des régions de difficile accès. Observations météorologiques. Recherches scientifiques et archéologiques. Bulletin de la Société Ramond. 2* série, 1872, in-8".
Au mois de septembre dernier, M. Émilien Frossard, an nom de la société Ramond, a prononcé Tallocution suivante dans une des rénnlons de TAssociation française pour Tavancement des sciences, tenues A Bordeaux :
« Permettez-moi, messieurs, de vous dire en peu de mots ce que c'est que la Société Ramond.
c En août 186.>, quelques amis s'étaient réunis, à la fin d*ane belle journée, à l'hôtel des Voyageurs, à Gavamie, dernier village de France, aux frontières de l'Espagne. Ils descendaient de ces gradins fantastiques et gigantesques du Marboré, qui n'ont pas leurs pareils «& Europe. Ils venaient d'explorer ces régions, chacun selon ses goûts, ses forces, ses aptitudes; car, tandis que l'un recueillait les fossiles des formations paléozoïques, qui constituent les abords relativement faciles du port de Gavarnie, un autre étudiait la flore alpestre du cirque d'Estaubé, où Ramond tenta, mais sans succès, une première ascension an Mont- Perdu-, un autre, d'un pas plus hardi, escaladait l'Astazoo par les rochers blanc* qui surplombent d'incommensurables abtmes ; un antre, enfin, qui, après un voyage de seize mille lieues dans l'extrême Orient, retrouvant avec une joie d'enfant les émotions de sa première jeunesse passée dans les Pyrénées, s'élançait par un élan vertigineux sur les rampes du Marboré, jugées jusque-là inaccessibles, et de là plantait son bâton ferré sur la cime glacée du Mont-Perdu et du Cylindre, son fier acolyte.
< Après cette journée d'études scientifiques pour les uns, de gymnastique hasardeuse pour les autres, les amis réunis, devisant sur l'attrait inhérent aux entreprises hardies des touristes et aux explorations
FRANCE. — BCBLIOGRAPHIE DÉPARTEMENTALE. 377
pttlentes des Bavants, reprirent par une pente facile une idée souvent émise et trop vite abandonnée : la formation d'une Société ou, comme on dit par néologisme, un Club pyrénéen. La première pensée des amis se portait uniquement sur une simple association de courageux et intrépides escaladeurs des hautes cimes. Ce devait être la Société des Isards, et nul ne devait y être admis, à moins qu'il ne se fût élevé à 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Toutefois, cette première idée parut bientôt trop exclusive, et il nous sembla qu'il y aurait mieux à faire qu'à encourager l'intrépidité du touriste ou la vigueur musculaire des marcheurs, en offrant a ces vigoureux efforts un but utile, un caractère intellectuel. Un grand souvenir vint éclairer notre route : la belle et sereine figure de Ramond, le Saussure des Pyrénées, qui réunissait le courage de l'explorateur à la science du botaniste, à la pénétration du géologue, les trésors du littérateur et le cœur du philanthrope ; Ramond nous montrait la voie, et nous crûmes rendre un service au pays que nous aimons, en jetant les fondements d'une association qui aurait pour but d'appeler tous les hommes de bonne volonté qui aiment nos Pyrénées, à les étudier depuis une extrémité de la chaîne jusqu'à l'autre, aux divers points de vue de l'histoire, de l'archéolo^e, de l'ethnographie, de la linguistique, de la zoologie, de la botanique, de la géologie, de la météorologie, de l'orographie, aussi bien que des explorations nouvelles et de la découverte des passages qui conduisent aux régions réputées jusqu'ici inaccessibles. Il nous semblait, messieurs, par cette institution, non-seulement faire œuvre utile à la science, mais aussi œuvre louable au point de vue hun/ain rançais, en encourageant chez nos jeunes hommes le goûtdes belles choses, l'amour de la nature, la noble ambition de saisir ses secrets et de comprendre ses lois ; il nous semblait que les enivrants parfums de la montagne devaient être, pour l'esprit et pour le corps, plus sains et pics reconfortants que les odeurs nauséabondes de l'estaminet, et que les splendides aspects des hautes cimes devaient être plus favorables au développement du goût que les peintures fanées et les oripeaux éraillés des casinos.
•f Ainsi fut fondée la Société Ramond, en août 1865, au pied du Cirque de Gavamie, en face de ses glaciers et au bruit de ses cascades.... >
Ille-et-Vilaine.
518. Db Tbbhaddan. Études Celto-B retonnes. Noms des communes et [des] rivières (Ille-et-Vilaine). Étymologies et observations philologiques établissant l'existence, au xii* siècle, de la langue celto-bretonne en Haute-Bretagne. Rennes y 1872, in-8", 7l p. (Hauvespre).
Indre-et-Loire.
319. L. GuÉRiN. Notices historiques sur Gizeux et les communes environnantes. Tours, 1872, in-S", 140 p.
Landes.
520. Bouthillier de Beaumont. Arcachon, son bassin, et les landes de Gascogne. Genève, 1872, in-8", 50 pages, avec une très-belle carte du bassin d'Arcachon, au 80 000*.
c Les landes de Gascogne, dont le singulier caractère d'uniformité
378 EUKOPE. (n"* 508-546.)
se retrouve en d'autres parties du littoral de la France et de l'Europe, occupent le bord occidental et océanique d'une immense plaine en éventail, dont le sommet est vers Toulouse, dont les côtés sont marques, quant à leur direction, par les fleuves de la Garonne et de l'Adour, et qui est comme encadrée entre les avant-monts des Pyrénées et les plateaux calcaires du centre de la France. Cette plaine, d'une altituile peu considérable et régulièrement inclinée, présente, sous une couche plus ou moins épaisse de détritus, une série de roches de sable, de grès et de molasse, régulièrement stratitiées, dont les fossiles végé taux et animaux dénotent la présence et Taction des eaux douces. Tout porte à croire que cette région était, dans une haute antiquité géologique, un immense estuaire où venaient se déverser la Garonne, l'Adour et la plupart do leurs altluents; que cet estuaire s'est peu à peu comblé par les dépôts qu'y laissaient les cours d'eau, lesquels ont formé des deltas de plus en plus oblitérés, et ont fini par se réduire à deux bras extrêmes et principaux. A mesure que Testuaire se comblait et que les dépôts empiétaient sur l'Océan, les débris charriés, obéissant à la loi de la pesanteur, arrivaient à la mer toujours plus légers. Broyés incessamment par des lames énormes, ils se changeaient en an sable extrêmement un, qui recouvrait des espaces immenses du littoral, refoulait les cours d eau dans des directiuns constantes, et constitue aujourd'hui, par le retrait des mers, ce qu'on appelle les landes; région très-étendue, à végétation uniforme, jusqu'à un certain point frappée de stérilité. Deux tr.iiis encore la caractérisent : des séries de bassins se succédant du nord au sud, sépares de la' mer, et dont quelques-uns ont leur fond bien au-dessous du niveau de celle-ci, et des dunes. Ces dunes, collines entièrement composées d'un sable océanique très-fin, se succèdeni, comme les bassins, parallèlement k la côte, et ont beaucoup occupé les géologues par la question de leur origine. M. le président estime que les dunes indiquent la place où unissait la lutto entre les eaux de l'Atlantique et celles qui venaient de l'intérieur des terres, place où devaient nécessairement se déposer les matières en suspension. Il combat l'idée de ceux qui attribuent la formation de ces dunes à l'action du vent de mer, qui pousse le sable et l'accumule contre des obàtacles et des inégalités. 11 rappelle que les tranchées qu'on y a ouvertes ont constaté que la composition en est touijoars uniforme du haut en bas, et qu'elles ne présentent aucun noyau. Il fait, enfin, observer que le vent, qui a jadis élevé les dunes, devrait en élever encore aujourd'hui; tandis qu'il tend plutôt à les détruire en les décapitant en quelque sorte et en répandant le sable sur les terres voisines, ce qui fait croire que ces collines ont une marche progressive et dévastatrice. »
Loire.
ô21. F. NoELAS. Dictionnaire géographique ancien et moderne du canton do Saint- Uaon-lo-Châtel. SairU-ÉHennef 1872, in-B", 223 pages.
Loihet.
522. C. F. Veronaud-Romagnési. Dictionnaire historique, archéc^giquo et commercial des communes et des hameaux, châteaux ou domaines remarquables, ainsi que des cours d'eau, ca» naux, etc., etc. Orléans^ 1872, in-8"à 2 col., vui-112 pages.
^23, M. Tabbé Patron. Recherches historiques sur l'Orléanais; ou Bssai sur l'histoire, l'archéologie, la statistique des villes, villages, hameaux, églises, cliapelies, châteaux forts, abbayes, etc. , depuis l'époque celtique jusqu'à nos jours. Orléans, 1870-71, in-8«, 2 vol. 12 fr.
Lorraine.
â24. X. Thiriat. Notes pour servir à l'histoire physique de Tancienne province de Lorraine et des pays circonvoisins. Remiremont, 1872, in-12, 104 pages (Leduc).
Medrthe-et-Moselle.
525. A. Braconnier, ing' au corps des Mines. Richesses minérales du dép. de Meurthe-et-Moselle. Nancy, 1872, in-8», 21G pages et 8 pi. {FarU, Dunod}.
Meuse.
526. F. Liénard. Dictionnaire topographique du départ, de la Meuse, comprenant es noms de lieu anciens et modernes. Paris, I. N. 1872, in-4% xnv-297 pages.
DictionDuire topographique de la France.
527. M. Tabbé Clooet. Iliitoire de Verdun et du Yerdunois, 3 vol, in-8% 1871.
Normandie.
528. Annuaire des cinq départements de la Normandie, 38* année 1872. Caen, 1872, in-8% cxii-573 p. (Paris, Derache).
529. V. Advielle (d'Arras). Mélanges sur la Normandie. L Notices sur les communes de Condé, Saint-Paul-sur-Uisle, le Theillement, arr. de Pont-Audemer (Eure). Saint^MarceUiny 1872, in-8«*, 68 p. (Paris, Dumoulin).
530. A. DE CoNTY. Les côtes de la Normandie. Paris, 1872, iu-18, 288 pages.
Paris.
531t D*" Vacher. Annuaire de Paris. 1872, in-l8.
Ce volume inaugure une publication que l'auteur se propose de continuer annuellement. Cet annuaire est plein de documents d'un véritable intérêt. Les matières du livre se répartissent naturellement sur un très-grand nombre de sujets. En ce qui concerne la science, nous mentionnerons les excellents chapitres consacrés à la topographie de Paris, à l'étude du relief du sol, de sa structure géologique, au climat parisien, aux décès pendant la guerre, etc.
Poitou.
532. A. Bardonnet. Hommages d'Alfonse, comte de Poitiers, frère d
380 EUROPE. (no» 508-546.)
saint Louis ; état du domaine royal en Poitou (1260) ; publié d'après un Ms. des Archives nationales. Paris , 1872, in-8*, vi-142 p. (Paris, Dumoulin).
Le docament qui fait l'objet de cette publication est Tëtat da domaine royal tel quMl fut reconstitué, en Poitou , par les agents d'Alphonse, comte de Poitiers et de saint Louis, en Tannée 1260. Au point de vue de l'histoire, ce document fournit de nouveaux témoignages de la sagesse et de l'esprit organisateur de ces deux princes, et confirme les conclusions du remarquable ouvrage de M. Boutaric sur Tadministration de saint Louis et d'Alphonse de Poitiers; mais il tire surtout son intérêt du dénombrement qu'il fait des seigneuries et de leurs possesseurs, dont il cittf les noms. C'est principalement à cause des nombreux renseignements qu'on y trouve sur la géographie du Poitou, au treizième siècle, que M. Bardonnet le publie, et le savant éditeur ajoute encore à la valeur du texte par les éclaircissements dont il l'accompagne. Le pays décrit en détail dans les hommages comprend six principaux. centres : la Roche-sur- Yon, Fontenay, Niort, Saint- Maixent, Montmorillon et Saint-Savin, et deux points moins importants, le Blanc et Sanzay. Il a fallu de longues recherches pour déterminer les noms modernes de toutes les localités de cette région citées dans le manuscrit; ce travail a été surtout difficile pour les « lieux dits » qu'on y rencontre en si grand nombre. M. Bardonnet s'est acquitté avec érudition et sagacité de toutes les parties de la tftche qu'il s'était donnée, et sa publication ne peut manquer d'être favorablement accueillie par tous les juges compétents. Un index des noms d'hommes et un index des noms de lieux terminent le volume. (Notices bibliogr. du Journal des Savants,)
Saône-et-Loirê.
533. Penjon. Cluny, la ville et Tabbaye. Clunyj 1872, in-12, 194 pageS; fig.
Savoie.
.^34. B"" Ach. Raverat. Savoie. Promenades historiques, pittoresques et artistiques en Mauricnne, Tarentaise, Savoie propre et Chautagne. it/on, 1872, in-8% 699 p. 10 fr.
Savoie (Haute-).
030. Le B"" Ach. Raverat. Haute-Savoie. Promenades historiques, pittoresques et artistiques en Genevois, Sémine, Faucigny et Chablais. Lyon, 1872, in-8% 676 pages. 10 fr.
Ô36. M. TabbcG. Pont. Origines du patois de la Tarentaise, ancienne Kentronie. Précis historique, proverbes, chansons, parallèle avec le patois de la Suisse romande, etc. Paris, 1871, in-8", 151 pages. 4 fr.
Setne-Inférieure.
537. M. Tabbé Cochet. Répertoire archéologique du dép. de la Seine-Inférieure. Paris, I. N. 1872, in-4'', xvi-330 p.
538. D. Drrgny. Le Pays de Bray. Communes et paroisses, histoire
et archéologie, topographie et statistique. Neufchdtel'en'Brayj 1872, in-8% 317 pages. (T. I-'.^
Tab.
539. M. Tabbé Giraud. Notice sur les principaux cours d*eau du dép. du Var, et spécialement sur ceux du canton de Beausset. Toulon, 1871, m-8% 44 p. (Extr. du Bulletin de la Soc. académique du Var,)
Vadclusb.
.'>40. L. DE Laincel. Avignon, le Comtat, et la principauté d'Orange. Histoire, légendes, archéologie, biographie, excursions, etc. Ntmes, 1872, gr. in- 18, vm-423 pages. 3 fr. hO cent. (Paris, Hachette) .
Vienne.
.^41. De Longuemar. Petite géographie du dép. de la Vienne. Potti$rs, 1872, in-12.
542. A. F, Lièvre. Notes sur Couhé et ses environs. Poitiers^ 1872, in-8% 292 p. et 18 pi.
.543. Bulletins de la société des Antiquaires de TOuest. Poitiers, 1871-72, in-8» (Pubhcation trimestrielle).
Yonne.
544. Bulletin de la Société dos sciences historiques et naturelles de nronne. T. XXV (5« de la 2« série). Auxerre^ 1«T1, m-S\
Chaque fascicule de cet excellent Bulletin comprend trois divisions les mémoires et notices relatives aux sciences historiques; les morceaux qui appartiennent aux sciences naturelles ; et cnGn le compte rendu des séances et des affaires intérieures de la Société. Dans le dernier cahier, que nous avons tous les yeux, nous trouvons, entre autres, dans la f* série, deux mémoires de M. Quantin, l'un sur les archives historiques du Sénonais, l'autre sur des médailles romaines trouvées à Charentenay; une notice de M. deKirwan, intitulée « Montalembert, homme politique et homme privé ; • un morceau de M. Salomon sur les verrières de Téglise Saint-Florentin, etc.
;)45. Carte de France, dite de TÊtat-Major, au 80,000^ feuille de Ferney (n* 150), Annecy (160 bis), Castellane (22'*), Aix(235), Draguignan (236), Calvi (260). 6 feuilles (la feuille, 4 fr.) Dépôt de la Guerre.
546. Carte de la frontière nord-est de la France, 1870-71, au 320,000*. 4 feuilles. Dépôt de la Guerre (Dumainc).
382 EUROPE. (n«^ 508-546.)
Les Dictionnaires topographiques de la France.
' La collection des Dîctioncaîres topographiques des départements de la France, publiée aux frais du ministère de l'instruction publique et sous la direction d'un comité spécial, s'est augmentée cette année de deux nouveaux volumes, le Dictionnaire de la Meuse de M. Fél. Liénard (ci-dessus, n* 526), et le Répertoire archéologique de la Seine-Infé-rieure de M. Tabbé Cochet.
La collection des Dictionnaires, commencée depuis douze ans, comprend aujourd'hui (indépendamment des Répertoires archéologiques) onze volumes : Eure-et-Loir y par M. Lucien Merlet; Yonne ^ par M. Max. Quantin; Meurthôj par M. Henri Lepage; Basses-Pyrénées^ par M. Paul Raymond; Nièvre^ par M. de Soulirait; Hérault^ par M. Eug. Thomas; Haut-Rhin^^KV M. (j. Stoffel; Gard^ par M. Germer Durand ; Morbihan^ par M. Rozenzweig ; Aisnt^ par M. A. Matton ; Meuse^ par M. F. Liénard.
Le premier Dictionnnaire de la série qui ait paru est celui d'Eure-et-Loir, publié en 1865 parle savant archiviste du département, M. Lucien Merlet. Parfaitement coni orme au programme rédigé par M. Léopold Delisle au nom du Comité »,le travail de M. Merlet méritait de servir, et a servi en effet de modèle à ceux qui l'ont suivi.
Une notice générale sur le département précède le dictionnaire proprement dit. Cette notice décrit la nature du sol et sa configuration physique; elle fait connaître les différentes divisions territoriales, les juridictions ecclésiastiques, administratives et judiciaires auxquelles il ressortissait autrefois, enfin les divisions actuelles. C'est un tableau des transformations historiques du pays.
1. Hevue des SocUtés savantes ^ 18ô9, !•' semestre, p. 165-178, 282 et 577.— Voir aussi l'intéressant Rapport de M. Valentin Smith, même Revue, 1867, l^»- som., p. .374.