‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 320 sur 337 · GÉOGRAPHIE PHYSIQUE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

dont ge serriront toutes les nations du globe représentées à la oommission seront le Mètre et le Kilogramme français des ÂrchiTes, tels qu'ils s*y trouvent aujourd'hui. On fabriquera pour tous les pays des exemplaires de ce mètre et de ce kilogramme.

En Autriche, la Gazette de Vienne du 2 mars a publié la loi du 23 juillet 1871 introduisant le système métrique dans l'Empire. Le nouveau système sera obligatoire k partir du l** janvier 1876, mais il pourra être appliqué dans le commerce dès le l""' janvier 1873.

n ne reste plus maintenant en Europe que la Russie cl l'Angleterre en dehors du système métrique. En Russie, il y a, parait-ily des difficultés particulières pour adapter la système décimal aux poids et aux mesures du pays; néanmoins l'Académie impériale se prononce fortement pour l'adoption des mesures métriques.

Ô69. Luigi Hughes, iogegnera. Nozioni di Geografia matcmatica, ad uso degli instituti lecnici. Torino, 1873, petit in-8% iv-188 pages, nombreuses figures dans le texte.

Ezeelleiit eoun de cosmographie.

S 4. Géographie physique.

970. Antonin Rochs. Géographie physique. Notions préliroinaioes. De la terre. De l'eau. De ratmosphcTc. La Tie sur le globe. Paris ^ 1872, iii-l2. 1 fr. 75 c. (Delagrave).

571. Diego Barros Arena. Elementos de geograda fîsica. Santiago deChUi^nn, in-8".

Voir ei-destus, p. 316, n« 35 fi.

572, Alb. DupAiONE. Les Montagnes. Tours, 1872, in-4^ 649 pages. Cartes et illustrât. (Marne.)

• Ua poute, dit M. Laprudi% a cliuntû les montagnes; un savant distingaë, nn vulgarisateur habile vient il'écrire à son tour an véritable poëme en leur honneur. Quelcjues notions physiques, suivies d'indicttioni topographiques, ouvrent le livre. Puis vient la statistique des montagnes : les Vosges, le plateau d'Auvergne, le Jura, les Pyrénées, les Alpes, les autres montagnes de l'Europe et les montagnes lointaines. L*aateur examine ensuite les formes et le sol des montagnes, leurs ca« tltéi, Uars richesses minuraloëiques ; puis il parle dtt l'origiue des

404 GÉOGRAPHIE GÉNÊRxVLE. (n" 577-580 )

montagnes, ~ ce qui le conduit à entreprendre une excanion rar te terrain géologique pour étudier les fossiles et la question dos cipëcei, les divisions de l'histoire du globe, les difTérents terrains, rbomme primitif, et à placer la Genèse en face des décoavertet modernes pour montrer une fois de plus l'accord de la religion et de la science. Noos ne croyons pas qu'on puisse recommander une lecture plus instructlTe et plus saine. »

573. C. SoNKLAR. Allgcmeiiie Orographie, Lehre von den Relief-For mender Erdoberfliiche. Wien, 1872, in-S" (BraumOUer).

574. D' A. Grisebach. Die Végétation der Krde, nach ihrer klimatischen Anordiiung. Ein Abriss der Tergleichcnden Géographie dcr Pflanzen. Leip^iig, 187'2, 2 vol. iu-S". Cartel G ihlr. (Engelmann).

575. Cam. Flammarion. L'Atmosphère, description des grands phénomènes de la nature. Parts, 1872 (2' édit.), gr. in-8% vii-819 pages, avec cartes et nombr. illustr. 20 fr. (Hachette).

576. A. Collet, enseigne de vaisseau. Exposé historique des re- , cherches théoriques et pratiques relatives aux déviations du compas. Revue maritime et coloniale, août 1872, p. 118-150.

Traduit de l'anglais.

S 5. Hydrographie. Géographie sous-marine.

577. DiLEssE, ingénieur en chef des Mines. Lithologie du fond des mers. PariSy 1872, 1 vol. de texte et 1 vol. de tableaux, in-8% avec un allas de cartes, iu-fulio. 35 fr. (E. Lacroix).

En présentant à l'Académie des Sciences sa Lithologie du fond des mers (15 juillet), M, Delesse y a joint une lettre qui est un excellent résumé de son travail. Les études de géographie sous-marine prennent aujourd'hui trop d'importance pour que nous ne reproduisions pas cette lettre du savant géologue.

Les agents qui concourent à la formation des dépôts ont d'à- Lord été étudiés d'une manière générale. Parmi ces agents, les uns s'exercent à la surface du globe, comme Tatmosphère, les eaux douces ou saumâtres et les eaux salées des mers; les autres s'exercent à l'intérieur du globe, comme lc5 eaux souterraines, les éruptions et les dislocations. Quant aux agents organiques, représentés par les végétaux et surtout pa les animaux qui

peuplent les mers, ils demandaient également à être étudiés, misque leurs débris constituent une partie importante des dé* lots marins.

A l'aide des cartes hydrographiques, dressées par les marins it parles ingénieurs hydrographes de tous les pays, j'ai exécuté les cartes lithologiqucs pour les mers principales du globe, lutant que le permet Tétat actuel de la science, elles donnent 'orographie du fond des mers, qui est figurée par des courbes lorizontales ; elles font connaître aussi la nature minéralogique, iii est indiquée par des couleurs conventionnelles. De plus, lies permettent d'apprécier les relations intimes qui existent, l'une part, entre la nature des dépôts marins et Tétat d'agitaion des eaux ; d'autre part, entre la nature des roches sous-maînes et celles des roches qui émergent dans leur voisinage. Ces artes lithologiques comprennent non-seulement les mers de 'rance, mais encore les mers de TEurope et d'une partie de ancien monde ; elles comprennent aussi les mers les plus imortantes du nouveau monde, notamment celles de l'Amérique sptentrionale et centrale, et celles qui baignent les régions rotiques.

Dans tout Touvrage, des détails spéciaux sont donnés pour L France; car nos côtes sont bien connues par de nombreux Dndages, exécutés surtout par les ingénieurs hydrographes, et, 'un autre côté, dans des explorations personnelles, j'ai pu ôunir une collection assez complète de nos dépôts marins.

La dernière partie de l'ouvrage comprend une application ux mers anciennes de la France des études précédentes sur ss mers actuelles. Ces mers anciennes ont été restaurées pour lusîeurs époques géologiques. J'ai cherché surtout à représen- 3r l'orographie souterraine qu'offrent actuellement les dépôts larins appartenant à une môme époque géologique ; car alors

devient facile de définir et de rendre bien sensibles les déforlations qu'ils ont subies postérieurement. Ces dernières sont 'ailleurs très-complexes, puisqu'elles sont dues aux divers B^nts intérieurs ou extérieurs qui, à toutes les époques, n'ont 38Sé de modifier et de dégrader l'écorce terrestre.

L'ouvrage se termine par quelques considérations générales ir l'ensemble des terrains stratifiés. Il convient d'observer ue les dépôts de l'époque actuelle présentent de grandes difirences dans leurs caractères, soii minéralogiques, soitpaléon- >logiques; toutefois, les terrains déposés à différentes époques, vas une môme région, peuvent avçir beaucoup d'analogie;

d'an autre côté, les terrains de toutes les époques conservent certains caractères paléontolo^ques qui sont en relation avec leurs caractères minéralogiques.

M. Jules Girard, dans un fort bon rapport à la Sociëté de Géographie de Paris sur l'ouvrage de M. Delesse (Bulletin^ oct. 1872, p. 424-434), fait justement remarquer que ce savant travail démontre l'importance du rAle que les eaux ont joué dans la constitution de l'écorce terrestrei et qu'il établit une nouvelle intimité de relations entre l'hydrographie et la géologie, en faisant pénétrer celle-ci dans la profondeur des eaux. « Cette œuvre remarquable est le fruit de six années de travail, et d*un travail assidu, s'il en faut juger par la quantité comme par la variété des recherches qu'elle a nécessitées, par le nombre conaidé* rable de matériaux et d'échantillons «dont elle a exigé l'étude, par les difficultés d'interprétation que l'auteur a certainement rencontrées. Les recherches entreprises en ces dernières années sur les fonds des mers ont produit déjk beaucoup de résultats, mais jusqu'à ce jour les faits acquis n'avaient été encore ni groupés ni coordonnés. La Lithologie du fond des mers comble cette lacune, et si divers Ëtats ont devancé la France dans les explorations sonsmarines, il appartenait k un savant français de résnmer nettement l'état actuel de la question. »

Ce qu'il faut dire encore, c'est que l'atlas, d'une belle exécution, ajoute notablement à la valeur de l'ouvrage. Il se compose de trois cartes de grande dimension, représen* sentant la France, l'Europe et l'Amérique du Nord, et de six petites cartes montrant la France à diverses époques géologiques. Les trois grandes cartes indiquent les contours orographiques des terres, et la nature des mers environ* nantes.

578. Capit. Sherard Osborn, Royal Navy. The geography of tha bed of tho Atlantic and Indian Océans, and Mediterranean

Journal ofthe Roy, Geogr, soc,y vol. XLI, 1871, p. 4G-58 ; avec une pi. de diagrammes.

Étade importante^ dont nous allons donner un extrait analytique. L'autenr s'attache à réunir et à grouper les faits connus qui se rapportent aux profondeurs des mers du globe, aussi bien qu'au relief et à la nature de leurs fonds. Sur (fe dernier point, toutefois, le capitaine Osborn touche k peine un sujet que M. Delesse a si complètement approfondi. Les observations jusqu'à présent recueillies se renferment d'ailleurs presque exclusivement dans les limites de l'Atlantique septentrional et delà Méditerranée.

Sur les coupes océaniques qu'il a jointes k son mémoire, le capitaine Osborn fait les remarques suivantes :

c Les trois sections transversales entre l'Europe otrAmérique montrent, que la profondeur maxima ne monte en aucun cas à 5500 mètres, et que la plus grande profondeur se trouve à peu près au 42<> longitude 0. (Greenw.)) où le lieutenant Johnson a trouvé 5048 mètres; à 300 milles (angl.) à peu près au Nord de cette place, TOcéan était encore profond de 4390 mètres. SirLéopold M*Glintock trouva aussi, à 450 milles plus au Nord, avec une petite déviation à rO.,une profondeur de 3660 mètres, dans la vallée du détroit de Davis et de la baie de Baffin.

• C'est ce qu'on peut appeler la Vallée occidentale de l'Atlantique. Il est possible qu'un peu plus au Sud que ne sont ces sections transversales, et dans la direction du Gulf-Stream, on puisse trouver une mer plus profonde, entre les îles Bermudes et la côte de l'Amérique; mais comme dans toute la série des sondages exécutés par le capitaine Shortland dans l'Atlantique, entre le bO° latitude N., et le 35° latitude S., la profondeur marima était seulement 5300 mètres, je ne vois pas de raison pour supposer que même dans cette vallée occidentale de l'Atlantique il puisse exister des profondeurs qui dépassent 5500 mètres.

c Le contour du bassin septentrional de l'Atlantique peut donc, à mon avis, être regardé avec certitude comme étant exactement limité par ces sections ; il représente deux grandes Tillées séparées par une élévation intermédiaire, que nous pouvons suivre du 40® latitude N. jusque vers l'Islande sous

408 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE. (n"' 577-580.)

le 64** latitude N., c'est-à-dire sur une distance d'à peu près UOO milles.

c La vallée orientale s*étend du 10° au 30« longitude 0.' (Greenw,), et la vallée occidentale du 30« au 50* longitude 0. à peu près.

c Chacune de ces vallées a donc près de 20 degrés, ou 800 milles de largeur. La profondeur de la vallée orientale présente une moyenne de près de 3600 à 4000 mètres sous le niveau de Peau, chiffre qui est passablement au-dessous du chiffre de hauteur du Mont-Rose, en Suisse. Le Mont- Rose a 4625 mètres, il est le plus haut point de l'Europe; et comme, en consultant les quatre diagrammes devant nous, nous pouvons suivre cette vallée à peu près depuis la latitude des Féroô,où elle se rétrécit considérablement, tandis que, en descendant, elle termine près de Téquatcur, nous pouvons attribuer à cette vaste plaine sousmarine près de 62 degrés, ou 3700 milles de longueur.

c La vallée occidentale a une profondeur maxima do 5000 mètres environ, qui, pour la profondeur au-dessous du niveau de l'eau, équivaut à la quadruple hauteur du point le plus élèv6 du système des montagnes Appalaches ou Atlantiques, en Amérique, au-dessus du môme niveau. Nous pouvons, grâce aux sondages hydrographiques, suivre cette vallée depuis la latitude des îles Açores jusqu'au Groenland, où elle se bifurque, et où la partie la plus profonde remonte encore davantage au N. dans la baie de Baffin ; tandis qu'en aval sa double vallée verse ce courant Arctique, qui joue un rôle si important dans la circulation des eaux de l'Atlantique.

■ L'élévation sous-marine qui sépare les deux vallées sous le 30» longitude 0. à peu près, parait offrir une uniformité toute particulière de hauteur ou plutôt de profondeur, à partir de la surface; sa crôte, entre les Açores et la latitude des ilea Hébrides, est seulement de 2900 à 3000 mètres au-dessous du niveau de l'eau; mais des Hébrides elle s'élève graduellement, et atteint son point de culmination jusqu'au-dessus du niveau de l'eau, en Islande, dans le Mont-Hécla et ses geysers. Jusqu'où ce boursouflement s'étend-il au Sud des Açores? c'est ce qu'il est impossible à dire pour le moment; cependant, eu égard à son caractère évidemment volcanique en Islande et aux Açores, il me paraît probable que nous pourrons éventuellement suivre, dans la direction S. 0.,ses communications avec cette vaste zone volcanique, constituée par les volcans tant éteints qu'actifs des Indes Occidentales, de Garaccas et de

Guatemala, et dont la mer des Caribes (Caraïbes) parait être le cratère.

f La yallée Orientale de TAtlantique, qui s^étend au S. jusqu'à réquatenr, a pour limite occidentale le boursouflement des Açores, dont je viens de parler, tandis que salimite Ë. est constituée par la pente graduelle montant jusqu'aux fondements des Continents d'Europe et d'Afrique, avec les pics élevés de Ifadère, de Ténériffe, et les lies du Cap-Vert, qui en sont les portions les plus excentriques.

« A i'équateuron rencontre un boursouflement rocheuXi proba* blement de caractère volcanique, sur lequel reposent les pics solitaires du rocber de Saint-Paul, de Fernando de Noronha, etde l'Ascension, boursouflement rocheux qui paraît, selon mon avis, marquer la séparation entre le bassin N. de l'Atlantique et entre le bassin S. Sa largeur peut être estimée en gros à i^80 milles environ dans la direction du N. au S., avec une profondeur moyenne au-dessous du niveau, de 3300 mètres; et les sondages du capitaine Shortiand prouvent que le fond du bassin S. de l'Atlantique s'abaisse graduellement, jusqu'à ce que, sous le 20» latitude S. environ, sa profondeur est à son tour de 5000 mètres et au delà, ou exactement la même que la profondeur maxima obtenue pour le moment dans la vallée occidentale du bassin Nord.

« Passant de l'Atlantique à la Méditerranée, dont la section, depuis Gibraltar jusqu'à Alexandrie, a pour base les sondes obtenues par le capitaine Spratt, le capitaine Narcs, et par les officiers de la marine française, le capitaine Osborn remarque en premier lieu que cette mer est partagée en deux bassins ou vallées par un massif sous-marin élevé, probablement d'origine volcanique, s'étendant entre les 10'» et 15" longitude E.(Greenw.), et dont le sommet est seulement à une profondeur maxima de 350 à 550 mètres au-dessous du niveau de l'eau ; de ce sommet il projette sur le globe l'île de Sicile, avec le volcan actif du Mont-Etna, et avec de nombreux Ilots et bancs, tels que Malte, Pantellaria, les rochers Skerki, etc.

f Le bassin occidental, depuis ce massif central sous-marin jusqu'aux approches du détroit de Gibraltar, est particulièrement uni, avec une profondeur moyenne de 2500 à 2800 mètres au-dessous du niveau de la mer, et avec un fond de vase molle ou de bourbier.

t Le bassin oriental, entre Malte et Alexandrie, est moins uniforme, parce que le fond est plus ondulé, et que de 3930

410 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE. (n** 577-580.)

mètres il monte jusqu'à 2000 mètres; mais le fond de toute U partie profonde de cette vallée se compose de limon semblable à celui de la vallée occidentale.

c Ces deux bassins de la Méditerranée sont, comme le gfo* graphe doit en être convaincu, d'une forme très irrégulière t la longueur nuixima du bassin oriental allant de Malte jot» qu'aux côtes de la Syrie, au Sud de la Crète et de Chypre; tandis que le bassin oriental a une longue vallée d'eaux pro» fondes qui s'étend du N. au S. de Toulon à Alger. Dans le bii^ sin occidental une expédition scientifique a été à Tœuvre dans le vaisseau de S. M. Porcupine pendant l'été de IS70; et il Ouit espérer, ([ue les résultats en seront aussi importants pour IM progrès de la géographie physique de la mer, que les ezplo* rations précédentes de l'Atlantique paraissent devoir l'être»

t II est digne de remarque, que dans ces deux bassins, lei eûtes sont pour la plupart composées de rochers et de ooranx, quand elles ne dépassent pas une profondeur de 350 à 590 mètres, mais que, malgré le voisinage des volcans, tels qa» l'Etna, Stromboli, et le Vésuve, aucun soulèvement volcaniqiii n'a eu lieu pendant une période de plus de 10 ans, dans au* cune de ces deux vallées, qui eût pu déranger une marque aussi sensible qu'est un câble sous-marin.

Ji Je ferai observer, poursuit le capitaine Osbom, à propos de ces déterminations du fond de locéan Atlantique et delaM6di« tcrranée, qu'il y a là absence complète de toute profondenr abrupte ou de lignes tranchées, que les contours sont, au ton^ traire, doux et arrondis, et que, chose remarquable, pour une si vaste étendue d'eau, on n'y voit pas un seul rocher nu.

c Cette remarque sera trouvée applicable à toutes les sections de la haute mer, quoique je doive avouer que je n'y étais pâB préparc d*avance, et qu'il m'a fallu les expériences de 10 ans pour me décider à l'accepter. Ma première idée sur le fond de la mer était peut-être celle d'un très-grand nombre de géographes, savoir, que nous devions trouver la croûte de la terre sous l'élément aqueux, en général telle que nous la connaissions sous l'élément appelé atmosphère.

c D'après une vue superficielle du sujet, il était naturel de supposer que, si la terre au-dessus de l'eau était marquée par dei rangs do montagnes abruptes, de raides plateaux, avec des vallées profondes, des gorges, des cataractes, des canmê et quebradas^ la croûte terrestre, môme sous l'Océan, devait lui ressembler; mais c'est là, j'en suis à peu près convaincu, une

GÉOaRAPHTE SOnS->MARINE. 411

orie erronée, et je soutiens que le lit de l'Océan n^est pas mis aux forces prédominantes qui occasionnent tous ces phénènes sur la terre proprement dite.

Je doute beaucoup, si les courants de TOcéan s'étendent à itrès-grande profondeur. En effet, rcxpérience de toutes nos éditions de pose de câble, très-nombreuses à présent, tient rouver que, quoiquMl puisse y avoir, sans doute, une forte inlation d'eaux vives à toutes les profondeurs, môme les plus Bssives, il y a cependant absence de ces puissants courants , quand Us existeraient môme, devraient balayer et connrnent changer la forme du fond de la mer, de la môme ai^ que Peau et Patmosphëre combinés agissent sur cette tion de la croûte terrestre qui se trouve au-dessus des nda réservoirs d'eau.

De fait, s'il m'est permis d'établir une théorie, je m'imagine ) le lit de l'Atlantique, un jour que les eaux en seraient evées, ressemblerait beaucoup à ces régions connues à ni- LU comparativement uni, telles que le désert du Sahara, prairies de l'Amérique du Nord, ou les Pampas de TAméue méridionale; régions qui, selon mon avis, et selon toutes probabilités, étaient autrefois le fond d'anciens océans. »

r9. J. E. Davis. Tho voyage of tlio Challenger. Ocoan Highwaysd^ Markham, nov. etdéc. 1872, janv. 1873.

Yen le milieu da mois de décembre 1872, le navire le Challenger^ de la marine royale, a quitte l'Angleterre pour un voyage scientinque d*un grand intérêt. On attend de cette expédition des résultats d'une haute importance. Elle est sous la direction du prof'' Wyviile Thomson, et lo plan en a été dressé d'après les suggestions de la Société Royale. L'expédition, qui doit durer quatre ans, embrassera le tour du globe; elle doit aller jeter la sonde dans toutes les mers, d'après un plan bien éta» dié, afin de rapporter des profondeurs océaniques les éléments d'une parfaite connaissance des conditions physiques et biologiques des régions sous-marines. On fera, d'une manière continue, l'examen cbimiqae des eaux de l'Océan ; on déterminera leur gravité spécifique, et leur température à différentes profondeurs; on mesurera la rapidUéda Oulf-Stream «t des autres grands courants, et l'oit organisera une série d'observations magnétiques au moyen des meilleurs instruments. Le navire est amplement pourvu de tons les appareils nécessaires. En outre, on étudiera avec soin la zoologie et la botanique des contrées les moins connues. Les sondes commenceront au golfe de Riscaye, et elles seront continuées dans toute la lon^^ueur de l'Océan Atlantique, puis dans toute rétendue du Grand Océan, entre le Kamtchatka et le cercle Antarctique.

80. Jules Giraud. Essai d'orographie sous-marino de TOcéan Atlantique méridional. BwWrttn delà soc. de Géographiej jniWci 1872, p. 91-102; sept., p. 302-307. PI.

412 GÉOGHAPIIIE GÉNÉRALE. (N»' 577-580.)

L'anteur a bien résumé l'état des notions acquises jusqu'à présent sur la configuration sous-marine. Quelques extraits ne seront pas sans intérêt.

«: Les tentatives sérieuses qui ont été faites pour connaître la profondeur des mers, sont encore toutes récentes. Le bassin de Tocéan Atlantique septentrional a spécialement été l'objet d'investigations répétées, pour préparer l'immersion des câbles sous-marins ; le succès de la première ligne de Douvres à Calais, en 1850, fut le point de départ de Tcxploration du fond des mers. La marine des États-Unis et la marine Anglaise exécutèrent, entre Valentia et Terre-Neuve, des sondages méthodiques, qui, dès le début, jetèrent un nouveau jour sur Porographîe sous-marine à grande distance des côtes. Elle était ainsi restée ignorée, jusqu'au moment où la magnifique application de la télégraphie vint envahir les régions inconnues. Depuis lors, plusieurs expéditions entreprises dans un but purement scientifique, entre autres celle de Carpenter en Angleterre et celle d'Agassiz en Amérique, ont apporté à la science de nombreux documents sur les principaux caractères des abîmes océaniques....

< En envisageant le bassin de TAtlantique d'une manière générale, nous trouvons d'abord au Nord , entre PIrlande et Terre-Neuve, une vaste plaine ondulée dont la profondeur varie de 2000 à 4900 mètres, sans offrir aucune saillie brusque émergeante. Aussi une certaine partie en a-t-elle reçu le nom de Plateau télép^raphique, dénomination en rapport avec son aptitude à recevoir le câble. Le profil met en évidence qu'entre les 50*^ et 53« parallèles, le fond, après une déclivité peu prononcée dans les ])]ateaux qui forment la base du continent européen vers l'Ouest, s'infléchit rapidement à 3000 et 4000 mètres, continuant ensuite avec des profon'^eurs variables de 2000 à 3000 mètres, jusqu'à l'accore du gra banc de Terre-Neuve. Là, du 44e au 47® parallèle, le profil r.onte sans transition de 5000 à 10 000 mètres. 11 y a lieu de remarquer que, sur les côtes d'Europe, l'intersection du premier plan de nivellement pris à 1000 mètres du niveau de la mer, se trouve à plus de 600 kilomètres du cap Clear ; la pente est donc très-douce à l'Est et très-escarpée à l'Ouest.

H II est à remarquer que les groupes d'Iles assez clair-semés

dans l'Atlantique, tels que les Açores, Madère, les Canaries, les

lies du cap Vert, ne sont que des accidents dans l'ensemble

rographique ; ils ne sont, à proprement parler, que des points

GÉOGRAPHIE SUUS-MAHlNE. 4id

culmioants isolés, ne se rattachant à aucune chaîne de montagnes sous-marines. Les courbes qui déhmitent le bassin sur la côte d'Afrique, s'infléchissent de chaque côté de ces groupes, sans s*j relier.

< La partie occidentale comprise entre les côtes des États- Unis, le banc de Terre-Neuve et les Antilles, est celle qui parait avoir les plus grandes profondeurs de tout Tocéan Atlantiqiie. Les courbes de 1000 à 5000 mètres contournent avec quelque apparence de régularité le continent Américain, tantôt rapprochées de la côte, tantôt éloignées, sans cependant se détacher tout à fait sur des massifs de ramification. Elles présentent ainsi des pentes uniformes, dirigées vers une vaste dépression, peu tourmentée dans sa configuration, mais dont la profondeur atteint jusqu^à 7000 et môme 8000 mètres. Au milieu de ce grand enfoncement, s'élève un pic isolé formant les Bermudes, îles situées à grande distance de la terre ferme et autour desquelles les sondages indiquent de grands fonds. Si quelque incertitude peut planer sur les parages circonvoisins, du moins ceux du Sud et du Nord sont-ils assez abondamment remplis d'indications, pour qu'on soit en mesure d'affirmer que c'est Pendroit le plus profond de tout le bassin de l'Atlantique. Les sondes contrôlées mutuellement par leur rapprochement, sont beaucoup plus nombreuses que celles qui sont données comme n'ayant pas atteint le fond. On ne saurait les récuser, puisqu'il y a concordance réciproque entre les grandes profondeurs qui varient de 5000, 6000 mètres jusqu'à 7000. C'est avec défiance que l'on considère comme exactes les sondes do 10 000 et 12 000 mètres obtenues sur le 32« et le 33'= parallèle, dans des endroits isolés, à côté desquels d'autres opérateurs certifient avoir trouvé des chiilres moitié moins forts ; les courants à régime compliqué qui régnent dans ces parages, sont un motif do circonspection. Les recherches sur la configuration des abîmes océaniques sortent du domaine de la spéculation, pour répondre à l'extension croissante de nos connaissances sur le globe. Elles nous permettent de pénétrer dans un espace où tout était mystère il y a une vingtaine d'années ; la sonde a préparé la voie aux fils conducteurs de la pensée des nations, que la mer réunit au lieu de les séparer.

t Le fond de l'Atlantique, entre les deux continents, est occupé par un immense plateau, au-dessus duquel passent les différentes branches duGulf-Stream; ilest principalement composé de dépôts boueux, dont les expéditions anglaises et amé-

404 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE. (n" 577-580)

montagnes, — ce qui le conduit à entreprendre une excursion sur le terrain géologique pour étudier les fossiles et la question des espèces, les divisions de l'histoire du globe, les diiTérents terrains, rbomme primitif, et à placer la Genèse en face des découvertes modernes pour montrer une fois de plus Taccord de la religion et de la science. Nous ne croyons pas qu'on puisse recommander une lecture plus instractife et plus saine. »

573. C. SoNKLAR. Allgcmeine Orographie, Lehre von dcn Relief-For mender Erdoberfliiche. Wien, 1872, in-S" (BraumûUer).

574. D' A. Grisfbach. Die Vegctation (1er Krde, nach ihrer klimatischcn AnordnuDg. Ein Abriss der yergleichcnden Géographie der Pflanzen. Iei>;ïiy, 1872, 2 toI. iii-8". Cartel G ihlr. (Engelmaim).

575. Cam. Flamiiarion. L'Atmosphère, description des grands phénomènes de la nature. Paris, 1872 (2" édit.), gr. in-8% vii-819 pages, avec cartes et nombr. illustr. 20 fr. (Hachette}.

576. A. Collet, enseigne de vaisseau. Exposé historique des recherches théoriques et pratiques relatives aux déviations du compas. Revue maritime et coloniale, août 1872, p. 118-150.

Traduit de l'anglais.

S 5* Hydrographie. Géographie sous-mariné.

577. Delbsse, ingénieur en chef des Mines. Lithologie du fond des mers. Paris, 1872, 1 vol. de texte et 1 vol. de tableaux, in-8*, avec un allas de cartes, in-folio. 33 fr. (E. Lacroix).

En présentant à TAcadémie des Sciences sa Lithologie du fond des mers (15 juillet), M. Delesse y a joint une lettre qui est un excellent résumé de son travail. Les études de géographie sous-marine prennent aujourd'hui trop d|importance pour que nous ne reproduisions pas cette lettre du savant géologue.

Les agents qui concourent à la formation des dépôts ont d'a- Lord été étudiés d'une manière générale. Parmi ces agents, les uns s'exercent à la surface du globe, comme Tatmosphère, les eaux douces ou saumâtres et les eaux salées des mers; les autres s'exercent à Tintérieur du globe, comme le? eaux souterraines, les éruptions et les dislocations. Quant aux agents organiques, représentés par les végétaux et surtout pa les animaux qui

GÉOGRAPHIE SOUS-MARINE. kOb

nplent les mers, ils demandaient également à être étudiés, lisque leurs débris constituent une partie importante des dé* )ts marins.

A l'aide des cartes hydrographiques, dressées par les marins parles ingénieurs hydrographes de tous les pays, j'ai exécuté is cartes lithologiques pour les mers principales du globe. itant que le permet l'état actuel de la science, elles donnent orographie du fond des mers, qui est figurée par des courbes irizontales ; elles font connaître aussi la nature minéralogique, li est indiquée par des couleurs conventionnelles. De plus, les permettent d'apprécier les relations intimes qui existent, une part, entre la nature des dépôts marins et l'état d'agitam des eaux ; d'autre part, entre la nature des roches sous-males et celles des roches qui émergent dans leur voisinage. Ces rtes lithologiques comprennent non-seulement les mers de •ance, mais encore les mers de l'Europe et d'une partie de LDcien monde ; elles comprennent aussi les mers les plus imirtantes du nouveau monde, notamment celles de l'Amérique ptentrionale et centrale, et celles qui baignent les régions

otiqnes.

Dans tout l'ouvrage, des détails spéciaux sont donnés pour

France; car nos côtes sont bien connues par de nombreux ndages, exécutés surtout par les ingénieurs hydrographes, et, un autre côté, dans des explorations personnelles, j'ai pu lunir une collection assez complète de nos dépôts marins. La dernière partie de l'ouvrage comprend une application IX mers anciennes de la France des études précédentes sur s mers actuelles. Ces mers anciennes ont été restaurées pour asieurs époques géologiques. J'ai cherché surtout à représenr l'orographie souterraine qu'offrent actuellement les dépôts larins appartenant à une môme époque géologique ; car alors devient facile de définir et de rendre bien sensibles les déforations qu'ils ont subies postérieurement. Ces dernières sont ailleurs très-complexes, puisqu'elles sont dues aux divers l^ents intérieurs ou extérieurs qui, à toutes les époques, n'ont issé de modifier et de dégrader l'écorce terrestre.

L'ouvrage se termine par quelques considérations générales ir l'ensemble des terrains stratifiés. H convient d'observer 16 les dépôts de l'époque actuelle présentent de grandes difrences dans leurs caractères, soii minéralogiques, soitpaléonlogiques; toutefois, les terrains déposés à différentes époques, ras une môme région, peuvent avçir beaucoup d'analogie;

406 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE. {f^ 577-580.)

d'an autre côté, les terrains de toutes les époques conservent certains caractères palôontologiques qui sont en relation avec leurs caractères minéralogiques.

M. Jules Girard, dans tin fort bon rapport à la Société de Géographie de Paris sur l'ouvrage de M. Delesse (Buttetin^ oct. 1872, p. 424-434), fait justement remarquer que ce savant travail démontre l'importance du rAle que les eaux ont joué dans la constitution de l'écorce terrestre, et qu'il établit une nouvelle intimité de relations entre l'hydrographie et la géologiey en faisant pénétrer celle-ci dans la profondeur des eaux, t Cette œuvre remarquable est le fruit de six années de travail, et d'un travail assiday s'il en faut juger par la quantité comme par la variété des recherches qu'elle a nécessitées, par le nombre considé* rable de matériaux et d'échantillons «dont elle a exigj l'étude, par les difficultés d'interprétation que l'antenr a certainement rencontrées. Les recherches entreprises en ces dernières années sur les fonds des mers ont produit déjh beaucoup de résultats, mais jusqu'à ce jour les faits acquis n'avaient été encore ni groupés ni coordonnés. La Lithologie du fond des mers comble cette lacune^ et si divers Ëtats ont devancé la France dans les explorations soasmarines, il appartenait à un savant français de résumer nettement l'état actuel de la question. »

Ge qu'il faut dire encore, c'est que l'atlas, d'une belle exécution, ajoute notablement à la valeur de l'ouvrage. Il se compose de trois cartes de grande dimension, représensentant la France, l'Europe et l'Amérique du Nord, et de six petites cartes montrant la France à diverses époques géologiques. Les trois grandes cartes indiquent les contours orographiques des terres, et la nature des mers environ* nantes.

578. Capit. Sherard Osborn, Royal Navy. Tho geography of tlie bed of thc Atlantic and Indian Océans, and Mediterranean

Journal ofthe Roy, Geogr, «oc., vol. XLI, 1871, p. 46-58; avec une pi. de diagrammes.

Étnde importante, dont nous allons donner un extrait analytique. L*autenr s'attache à réunir et à grouper les faits connus qui se rapportent aux profondeurs des mers du globe, aussi bien qu'au relief et à la nature de leurs fonds. Sur dé dernier point, toutefois, le capitaine Osborn touche k peine un siget que M. Delesse a si complètement approfondi. Les observations jusqu'à présent recueillies se renferment d'ailleurs presque exclusivement dans les limites de TAtlantique septentrional et de la Méditerfanée.

Sur les coupes océaniques qu'il a jointes h son mémoire, le capitaine Osborn fait les remarques suivantes :

c Les trois sections transversales entre TËurope et l'Amérique montrent, que la profondeur maxima ne monte en aucun cas à 5500 mètres, et que la plus grande profondeur se trouve à peu près au 42° longitude 0. (Greenw.)f où le lieutenant Johnson a trouvé 5048 mètres; à 300 milles (angl.) à peu près au Nord de cette place, l'Océan était encore profond de 4390 mètres. l^rLéopold M'Clintock trouva aussi, à 450 milles plus au Nord, avec une petite déviation à rO.,une profondeur de 3660 mètres, dans la vallée du détroit de Davis et de la baie de Baflin.

«C'est ce qu'on peut appeler la Vallée occidentale de l'Atlantique. Il est possible qu'un peu plus au Sud que ne sont ces sections transversales, et dans la direction du Gulf-Stream, on puisse trouver une mer plus profonde, entre les îles Bermudes et la côte de l'Amérique ; mais comme dans toute la série des sondages exécutés par le capitaine Shortland dans l'Atlantique, entre le 50*' latitude N., et le 35° latitude S., la profondeur maxima était seulement 5300 mètres, je ne vois pas de raison pour supposer que môme dans cette vallée occidentale de l'Atlantique il puisse exister des profondeurs qui dépassent 5500 mètres.

ff Le contour du bassin septentrional de l'Atlantique peut donc, à mon avis, être regardé avec certitude comme étant exactement limité par ces sections ; il représente deux grandes Tallées séparées par une élévation intermédiaire, que nous pouvons suivre du 40» latitude N. jusque vers l'Islande sous

408 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE. (n"* 577-580.)

le 64<> latitude N., c'est-à-dire sur une distance d'à peu près UOO milles.

f La vallée orientale s'étend du 10" au 30*» longitude 0." (Greenw.), et la vallée occidentale du 30" au 50* longitude 0. à peu près.

f Chacune de ces vallées a donc près de 20 degrés, ou 800 milles de largeur. La profondeur de la vallée orientale présente une moyenne de près de 3600 à 4000 mètres sous le niveau de Peau, chiffre qui est passablement au-dessous du chiffre de hauteur du Mont-Rose, en Suisse. Le Mont-Rose a 4625 mètres, il est le plus haut point de l'Europe; et comme, en consultant les quatre diagrammes devant nous, nous pouvons suivre cette vallée à peu près depuis la latitude des FéroC,où elle se rétrécit considérablement, tandis que, en descendant, elle termine près de l'équateur, nous pouvons attribuer à cette vaste plaine sousmarine près de 62 degrés, ou 3700 milles de longueur.

c La vallée occidentale a une profondeur maxima de 5000 mètres environ, qui, pour la profondeur au-dessous du niveau de l'eau, équivaut à la quadruple hauteur du point le plus élevé du système des montagnes Appalaches ou Atlantiques, en Amérique, au-dessus du môme niveau. Nous pouvons, grâce aux sondages hydrographiques, suivre cette vallée depuis la latitude des îles Açores jusqu'au Groenland, où elle se bifurque, et où la partie la plus profonde remonte encore davantage au N. dans la baie de Baffîn; tandis qu'en aval sa double vallée verse ce courant Arctique, qui joue un rôle si important dans la circulation des eaux do l'Atlantique.

«L'élévation sous-marine qui sépare les deux vallées sous le 30" longitude 0. à peu près, parait offrir une uniformité toute particulière de hauteur ou plutôt de profondeur, à partir de la surface; sa crôte, entre les Açores et la latitude des lies Hébrides, est seulement de 2900 à 3000 mètres au-dessous du niveau de l'eau; mais des Hébrides elle s'élève graduellement, et atteint son point de culmination jusqu'au-dessus du niveau de l'eau, en Islande, dans le Mont-Hécla et ses geysers. Jusqu'où ce boursouflement s'étend-il au Sud des Açores? c'est ce qu'il est impossible à dire pour le moment; cependant, eu égard à son caractère évidemment volcanique en Islande et aux Açores, il me paraît probable que nous pourrons éventuellement suivre, dans la directiofi S. 0.,ses communications avec cette vaste zone volcanique, constituée par les volcans tant éteints qu'actifs des Indes Occidentales, de Caraccas et de

Gaatexnala, et dont la mer des Caribes (Caraïbes) parait être le cratère.

f La vallée Orientale de TAtlantique, qui s'étend an S. jusqu'à Téquatenr, a pour limite occidentale le boursouflement des Açores, dont je viens de parler, tandis que salimite Ë. est constituée par la pente graduelle montant jusqu'aux fondements ^es Continents d'Europe et d'Afrique, avec les pics élevés de Madère, de Ténériffe, et les lies du Cap-Vert, qui en sont les portions les plus excentriques.

« A l'équateuron rencontre un boursouflement rocheuXi proba* blâment de caractère volcanique, sur lequel reposent les pics solitaires du rocher de Saint-Paul, de Fernando de Noronha, et de l'Ascension, boursouflement rocheux qui paraît, selon mon avis, marquer la séparation entre le bassin N. de PAtlantique et entre le bassin S. Sa largeur peut être estimée en gros à 480 milles environ dans la direction du N. au S., avec une profondeur moyenne au-dessous du niveau, de 3300 mètres; et les sondages du capitaine Shortland prouvent que le fond du bassin S. de TAtlantique s'abaisse graduellement, jusqu'à ce qae, sous le 20^ latitude S. environ, sa profondeur est à son tour de 5000 mètres et au delà, ou exactement la môme que la profondeur maxima obtenue pour le moment dans la vallée occidentale du bassin Nord.

a Passant de l'Atlantique à la Méditerranée, dont la section, depuis Gibraltar jusqu'à Alexandrie, a pour base les sondes obtenues par le capitaine Spratt, le capitaine Nares, et par les officiers de la marine française, le capitaine Osborn remarque en premier lieu que cette mer est partagée en deux bassins ou vallées par un massif sous-marin élevé, probablement d'origine volcanique, s'étendant entre les 10" et 15" longitude E.(Greenw.), et dont le sommet est seulement à une profondeur maxima de 350 à 550 mètres au-dessous du niveau de l'eau ; de ce sommet il projette sur le globe l'île de Sicile, avec le volcan actif du Mont-Etna, et avec de nombreux Ilots et bancs, tels que Malte, Pantellaria, les rochers Skerki, etc.

f Le bassin occidental, depuis ce massif central sous-marin jusqu'aux approches du détroit de Gibraltar, est particulièrement uni, avec une profondeur moyenne de 2500 à 2800 mètres au-dessous du niveau de la mer, et avec un fond de vase molle ou de bourbier.

f Le bassin oriental, entre Malte et Alexandrie, est moins uniforme, parce que le fond est plus ondulé, et que de 3930

410 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE, (n** 577-580.)

mètres il monte jusqu'à 2000 mètres; mais le fond de tout» U partie profonde de cette vallée se compose de limon semblable à celui de la vallée occidentale.

c Ces deux bassins de la Méditerranée sont, comme le gfo* graphe doit en être convaincu, d'une forme très irrégulière : la longueur maocima du bassin oriental allant de Malte jnt^ qu'aux côtes de la Syrie, au Sud do la Crète et de Chypre; tandis que le bassin oriental a une longue vallée d'eaux pro» fondes qui s'6tend du N, au S. de Toulon à Alger. Dans le bA^ sin occidental une expédition scientifique a été à rœuvre dans le vaisseau de S. M. Porcupine pendant l'été de 1870; et il faut espérer, que les résultats en seront aussi importants pour lei progrès de la géographie physique de la mer, que les explo* rations précédentes de l'Atlantique paraissent devoir l'être»

t II est digne de remarque, que dans ces deux bassins, lei eûtes sont pour la plupart composées de rochers et de coraux, quand elles ne dépassent pas une profondeur de 350 à 550 mètres, mais que, malgré le voisinage des volcans, tels que l'Etna, Stromboli, et le Vésuve, aucun soulèvement volcanique n'a eu lieu pendant une période de plus de 10 ans, dans au* cune de ces deux vallées, qui eût pu déranger une marqne aussi sensible qu'est un câble sous-marin.

JK Je ferai observer, poursuit le capitaine Osbom, à propoi de ces déterminations du fond de locéan Atlantique et de la Méditcrranêe, qu'il y a là absence complète de toute profondeur abrupte ou de lignes tranchées, que les contours sont, au con»traire, doux et arrondis, et que, chose remarquable, pour nne si vaste étendue d'eau, on n'y voit pas un seul rocher ntt.

c Cette remarque sera trouvée applicable à toutes les sections de la haute mer, quoique je doive avouer que je n'y étais pâB préparc d*avancc, et qu'il m'a fallu les expériences de 10 ant pour me décider à Taccepter. Ma première idée sur le fond de la mer était peut-être celle d'un très-grand nombre de géographes, savoir, que nous devions trouver la croûte de la terre sous l'élément aqueux, en général telle que nous ia connaissions sous l'élément appelé atmosphère.

t D'après une vue superficielle du sujet, il était naturel de supposer que, si h terre au-dessus de l'eau était marquée par dei rangs de montagnes abruptes, de raides plateaux, avec des vallées profondes, des gorges, des cataractes, des canon» et çnêbradas^ la croûte terrestre, mémo sous l'Océan, devait lui ressembler ; mais c'est là, j 'en suis à peu près convaincu, une

GÉOGRAPHIE SOnS->MARINE. ^11

brie erronée, et je soutiens que le lit de TOcéan n^est pas unis aux forces prédominantes qui occasionnent tous ces phénènes sur la terre proprement dite.

t Je doute beaucoup, si les courants de TOcéan s'étendent à )très-grande profondeur. En effet, Pcxpérience de toutes nos tédi tiens de pose de câble, très-nombreuses à présent, tient rouTer que, quoiquMl puisse y avoir, sans doute, une forte 3ulation d'eaux vives à toutes les profondeurs, môme les plus ;e8sives, il y a cependant absence de ces puissants courants i, quand Us existeraient môme, devraient balayer et conmment changer la forme du fond de la mer, de la môme nière que Peau et l'atmosphère combinés agissent sur cette *tion de la croûte terrestre qui se trouve au-dessus des mda réservoirs d'eau.

t De fait, s'il m'est permis d'établir une théorie, je m'imagine e le lit de l'Atlantique, un jour que les eaux en seraient levées, ressemblerait beaucoup à ces régions connues à nilu comparativement uni, telles que le désert du Sahara, ; prairies do l'Amérique du Nord, ou les Pampas de l'Ame* [ue méridionale; régions qui, selon mon avis, et selon toutes ( probabilités, étaient autrefois le fond d'anciens océans. »

79. J. E. Davis. Tho voyage of tlip Challenger. OceanHighwaysde Markham, nov. ctdéc. 1872, janv. 1873.

yen le milieu da mois de décembre Ift73« lo navire le Challenger^ de la marine royale, a quittti rAn{;loterre pour un voyage scientiflque d*un grand intérêt. On attend de cette expédition des résultats d'une haute importance. Elle est sous la direction du prof' Wyville Thomson, et lo plan en a été dressé d'après les suggestions de la Société Royale. L'expédition, qui doit durer quatre ans, embrassera le tour du globe; eUe doit aller jeter la sonde dans toutes les mers, d'après un plan bien ëta» dié, afin de rapporter des profondeurs océaniques les éléments d*ane parfaite connaissance des conditions physiques et biologiques des ragions sous-marines. On fera, d'une manière continue, l'examen cbimiqaQ des eaux de l'Océan; on déterminera leur gravité spécifique, et leur température à difTrrentes profondeurs; on mesurera la rapidité da GulfStream «t des autres grands courants, et l'on organisera une série d'obser\'ations magnétiques au moyen des meilleurs instruments. Le navire est amplement pourvu de tous les appareils nécessaires. En outre, on étudiera avec soin la zoologie et la botanique des contrées les moins connues. Les sondes commenceront au golfe de Biscaye, et elles seront continuées dans toute la longueur de l'Océan Atlantique, puis dans toute l'étendue du Grand Océan, entre le Kamtchatka et le cercle Antarctique.

)80. Jules Giraud. Essai d'oropraphic Rous-marino de l'Océan Atlantique méridional. BiU/p(tM delà soc. de Géographie yiuiWci 1872, p. 91-102; sept., p. 302-307. PI.

L'auteur a bien résumé l'état des notions acquises jusqu'à présent sur la configuration sous-marine. Quelques extraits ne seront pas sans intérêt.

«: Les tentatives s6rieuses qui ont 6t(^ faites pour connaître la profondeur des mers, sont encore toutes récentes. Le bassin de Tocéan Atlantique septentrional a spécialement été Pobjct d'investigations répétées, pour préparer l'immersion des câbîes sous-marins ; le succès de la première ligne de Douvres à Calais, en 1850, fut le point de départ de l'exploration du fond des mers. La marine des États-Unis et la marine Anglaise exécutèrent, entre Valentia et Terre-Neuve, des sondages méthodiques, qui, dès le début, jetèrent un nouveau jour sur l'orographie sous-marine à grande distance des côtes. Elle était ainsi restée ignorée, jusqu'au moment où la magnifique application de la télégraphie vint envahir les régions inconnues. Depuis lors, plusieurs expéditions entreprises dans un but purement scientifique, entre autres celle de Carpenter en Angleterre et celle d'Agassiz en Amérique, ont apporté à la science de nombreux documents sur les principaux caractères des abîmes océaniques....

a En envisageant le bassin de TAtlantique d'une manière générale, nous trouvons d'abord au Nord , entre l'Irlande et Terre-Neuve, une vaste plaine ondulée dont la profondeur varie de 2000 à 4900 mètres, sans offrir aucune saillie brusque émergeante. Aussi une certaine partie en a-t-elle reçu le nom de Plateau télégraphique , dénomination en rapport avec son aptitude à recevoir le câble. Le profil met en évidence qu'entre les 50*" et 53" parallèles, le fond, après une déclivité peu prononcée dans les plateaux qui forment la base du continent européen vers TOuest, s'infléchit rapidement à 3000 et 4000 mètres, continuant ensuite avec des profondeurs variables de 2000 à 3000 mètres, jusqu'à l'accore du gra . banc de Terre-Neuve. Là, du 44« au 47» parallèle, le profil :*.onte sans transition de 5000 à 10 000 mètres. Il y a lieu de remarquer que, sur les côtes d'Europe, Tintersection du premier plan de nivellement pris à 1000 mètres du niveau de la mer, se trouve à plus de 600 kilomètres du cap Clear ; la pente est donc très-douce à l'Est et très-escarpée à l'Ouest.

« Il est à remarquer que les groupes d'Iles assez clair-semês

dans l'Atlantique, tels que les Açores, Madère, les Canaries, les

lies du cap Vert, ne sont que des accidents dans l'ensemble

rographique ; ils ne sont, à proprement parler, que dos points

GÉOGRAPHIE SOUS-MAHlNE. 4i3

ulminants isolés, ne se rattachant à aucune chaîne de monta- ;ne8 sous-marines. Les courbes qui déUmitent le bassin sur la ôte d'Afrique, s'infléchissent de chaque côlé de ces groupes, aos s'y relier.

«La partie occidentale comprise entre les côtes des États- Fnis, le banc de Terre-Neuve et les Antilles, est celle qui paait avoir les plus grandes profondeurs de tout Tocéan Atlan- .que. Les courbes de 1000 à 5000 mètres contournent avec uelque apparence de régularité le continent Américain, tantôt approchées de la côte, tantôt éloignées, sans cependant se étacher tout à fait sur des massifs de ramification. Elles présntent ainsi des pentes uniformes, dirigées vers une vaste épressioD, peu tourmentée dans sa configuration, mais dont la rofondeur atteint jusqu'à 7o00 et môme 8000 mètres. Au mieu de ce grand enfoncement, s'élève un pic isolé formant les ermudes, lies situées à grande distance de la terre ferme et atour desquelles les sondages indiquent de grands fonds. Si uelque incertitude peut planer sur les parages circonvoisins, a moins ceux du Sud et du Nord sont-ils assez abondamment smplis d'indications, pour qu'on soit en mesure d'affirmer que est l'endroit le plus profond de tout le bassin de l'Atlantique. es sondes contrôlées mutuellement par leur rapprochement, )nt beaucoup plus nombreuses que celles qui sont données )mme n'ayant pas atteint le fond. On ne saurait les récuser, aisqu'il y a concordance réciproque entre les grandes profon- Burs qui varient de 5000, 6000 mètres jusqu'à 7000. C'est /ec défiance que l'on considère comme exactes les sondes de D 000 et 12 000 mètres obtenues sur le 32« et le 33« parallèle, ans des endroits isolés, à côté desquels d'autres opérateurs irtifient avoir trouvé des chiffres moitié moins forts ; les coumts à régime compliqué qui régnent dans ces parages, sont a motif do circonspection. Les recherches sur la configuration 18 abîmes océaniques sortent du domaine de la spéculation, )ur répondre à l'extension croissante de nos connaissances sur globe. Elles nous permettent de pénétrer dans un espace où ut était mystère il y a une vingtaine d'années ; la sonde a *éparé la voie aux fils conducteurs de la pensée des nations, le la mer réunit au lieu de les séparer, t Le fond de l'Atlantique, entre les deux continents, est ocipé par un immense plateau, au-dessus duquel passent les fférentes branches du Gulf-Stream ; il est principalement com- )sô de dépôts boueux, dont les expéditions anglaises et amé-

414 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE. (n»* 581-*

ricadnes ont ramené de nombreux spécimens aveo la drague. Âa lieu de contenir des espèces variées de Foraminifères propres aux fonds moyens, cette région située à 4000 et 5000 mètres au-dessous du niveau de la mer, est presque exclusivement occupée par des genres particuliers : les Globigérinéea. Elles vivent dans une vase noirâtre gluante, où elles sont tantôt clair-semées, tantôt en quantité égale à celle du limon. Ces mêmes organismes se trouvent à Tétat fossile dans les terrains crétacés; ils sont même sur certains points un des éléments constituants de la craie. Ce rapprochement permet de supposer que le sol sous-marin de TAtlantique, où Ton a découvert ces repères géologiques, est un banc de craie en voie de formation; un tel fait tiendrait à démontrer que nous sommes encoce actuellement dans la période crétacée» et à bouleverser, par là, les théories géologiques. »

581. Du couiant de Gibraltar, du Gulf-Stream, et de la circulation générale des eaux de l'Océan. Annales hydrogr. 1871, 2* sem., p. 34(i-403.

Mémoire du D' Caipenter, traduit par le capit. Chardonneau.

082. \V. L. Jordan. Remarks on récent oceanio cxplorationa bytha British goveriiment, and ou tbc supposed discovery of the law of ocoanic circulation by D' W. B. Carpenter. lond, l871,in-8», 1 sh. (Longmons).

583. F. Vallès. Cause dos courants marins. Annuaire [de la âoe» Météorologique de France, 18G9, p. 101.

La note de M. F. Vallès sur les courants de la mer est courte ; nous pouvons la transcrire :

ff 11 n'a pas encore été donné d^explication acceptable sut la marche des courants de la mer.

« Apres de longues études sur la direction de ces courants, j^ai été mis sur la voie de leur assigner une cause qui me parait satisfaire à toutes les particularités de leur marche.

« Si, comme je le pense, cette cause est rationclle, il faut qu'elle rende compte des doux faits principaux suivants : P celui en vertu duquel tous les courants équatoriaux marchent de Test à Pouest ; 2"^ celui qui, à partir d'une certaine latitude^ porte tous les courants venant des pôles vers les côtes occiden* talcs des continents.

< Or, si Ton considère comme certain que, dans le mouve*

VENTS &T GOURANTS MARINS. 416

ql de rotation du globe terreatre,. lea eaux, dans les zones latoriales, tournent moins vite que les terres, il en résulte nédiatement qu^elles auront un mouvement apparent rétrode. Elles seront donc heurtées par les côtes orientales, et lissëes par les côtes occidentales. A la rencontre des preirea, elles subiront des déviations conformes à la configura- I dee terres et produiront les courants infléchis et de retour ) nous observons. En même temps ce mouvement rétrograde 4iûra un déficit le long des côtes OQcideotales, déficit qui ne urra être comblé que par Tafflux des eaux venant des laties polaires,

: En substance, telle est, selon moi, la cause essentielle des irants de la mer.

\ Depuis que cette idée m'est venue, j'ai appris qu'elle a été à mise en avant par Bernouilli, ce qui constituerait en sa eur un excellent patronage. Mais il paraît que d'Alembert Laplace n'ont pas trouvé les raisons de Bernouilli suffiitei. 1

14« J. Cboll. On Ooean Currents, Philoioph» Magazin», août, sept., oct. 1871.

i6. J. Knox Lauouton. Physical Geography in its relation to the prevailing winds and currents. Lond. 1872, in-8« (Potter).

GÉOGRAPHIE mSTORIQUE.

S l"' Géographie cUuiquc.

t$6. D' K. v. Spruner's Hand- Atlas fur die Geschichte des Mittelalters und der neueren Zeit. Dritte Auflagc neu bearbeitet Ton D' Th. Mërki. 90 colorirte Kailcn in Kupfcrstich. Gotha, J. Perthes, 1872, gr. in-fblio. 4% 5* et 6* livraisons.

L*Atla8 est public en 33 livraisons de 4 pi. chacune (5 fr.). — On no loue plus le profond travail de Spruner, dont la savante révision du D' Menke relève encore la valeur.

97. Hemardinquer. pe ApoUonii Rhodii Argonauticis. Thesis. A'ancy, 1870, 180 p.in-8".

On sait quo les Argonautiques, f ous leurs divenet transformations, lont un monument précieux pour la géographie primordiale des Grecs.

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