‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 319 sur 337 · GÉOGRAPHIE MATHEMATIQUE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE MATHEMATIQUE

c La géodésie est une science d'origine toute moderne, dit plus loin M. Perrier, et, on peut le dire, de création toute française. C'est l'Académie de France qui a eu la gloire et Thonleup d'entreprendre et d'exécuter les premières expéditions destinées à faire connaître la forme de la terre, en France, en l«aponie, au Pérou, au cap de Bonne-Kspérance, en« Espagne. 1q sont les savants^ français Laplace, Legendre, Delambre, Puissant, etc., qui ont imaginé les premières méthodes vrainent scientifiques d'observation et de calcul, c'est la France {ui a donné le mouvement à TEurope en accomj)lissant cette ;riangulation grandiose qui est restée longtemps sans rivale, liais, nous sommes forcé, à notre grand regret, de Pavouer: lepuis longtemps déjà, la science géodésique semble avoir imigré à Tétranger.

t Sous rimpulsion des savants allemands, Gauss, Bessel et keyer, elle a revêtu une forme nouvelle basée sur le calcul les probabilités; les instruments ont été perfectionnés ainsi [ue les méthodes d'observation et de calcul ; des travaux giganesques et d'une précision nouvelle ont été exécutés dans toutes es parties du monde; des progrès considérables ont été acomplis, qu'on ne peut considérer sans tristesse, car c'est tou- 9urs hors de France qu'ils ont été réalisés.

« A force de répéter et de croire que l'Europe nous jaiouait, qu'elle nous enviait notre triangulation, nous avons fini ar négliger de lui donner le degré de précision qu'elle comortait; et les nations voisines, profitant de Texpérience acquise »ar nos travaux, nous ont toutes dépassés. C'est à Berlin que la géodésie tient de nos jours ses assises solennelles, à Berlin où 3 général Baeyer, président de l'Association géodésique internaionale, centralise et coordonne toutes les triangulations des !tats de l'Europe compris entre Christiania et Palerme.

c C'est la suppression du corps des ingénieurs géographes et a fusion avec le corps d'état-major qui ont porté un coup fueste à la géodésie française. »

Citons à ce propos une réflexion trop jus ce de M. Charles lartins.

c Les travaux géodésiques sont le fondement de la géographie .

t celle-ci à son tour est la base de l'art militaire, dont toutes les

jmbinaisons reposent sur une connaissance exacte de la géogra-

hie et de la topographie des contrées où les armées ennemies

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manœuvrent les unes contre les autres. On sait ce que rignoranca de la géographie de notre propre pays nous a coûté, et Ton s'étonnera que les travaux géodésiques soient si peu prisés par ceux-là môme qui sont destinés à en recueillir les fruits. Croirait-on que les campagnes géodésiques ne comptent pas comme des campagnes militaires et ne soient même pas assimilées aux fonctions si douces, si peu fatigantes pour le corps et pour l'esprit, que les capitaines d*état-major remplissent auprès des généraux qui commandent les divisions d'Alger, d*Oran et de Gonstantine? Comprend-on que l'avancement soit moins rapide pour les officiers chargés de ces travaux que pour les autresf Dans les pays étrangers, en Angleterre, en Allemagne, en Russie, en Espagne, oe sont des généraux qui sont à la tété du service géodésique,et ce sont des travaux géodésiques qui leur ont valu ce grade. En France, nos géodésiens les plus célàbres, Puissant, Corahœuf, Brousseaud, Peytier, Hossard, n'ont pas dépassé celui de colonel; Delcros, l'un des plus méritants, est mort commandant après avoir pris part à toutes les grandes opérations de la carte de France. L'art militaire étant Pappli* cation de toutes les sciences à la défense du territoire, le cou* rage n*est point la seule qualité qu'on puisse et qu'on doive exiger d'un officier : le savoir lui est aussi nécessaire que la bravoure; il combattra avec sa tête plus efficacement qu'avec son bras, et il n'est pas quitte envers son pays quand il a prouvé qu'il ne craint pas de mourir pour lui. L'étude doit donc être recommandée aux militaires autant qu'aux professeurs, et ré« compensée chez les uns comme chez les autres, car aujourd'hui c'est par la science qu'un peuple s'élève au-dessus des antres dans les arts de la paix comme dans ceux de la guerre. *

oG8. Commission internationale du mètre. Section fïançaiie. Procès* verbaux des séances de 18G9 et 1870, et annexes. Session de 1870. Proccs-vei'baux des séances do 1871 et 1872, et Procès-verbaux des séances du comilé dus recherches préparatoires, avril 18t9. Six fascicules, ensemble 391 pages, l'arisj 1871-1872, in-8* (Baudry).

M. Tresca a fait connaître à l'Académie des sciences» dans une séance du mois d'octobre^ le résultat des discussions et des décisions de la Commission internationale du mètre, dont il est secrétaire.

Désormaisj les deux mesures de longueur et de poids

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