Journal Officiel, 2 octobre
2. Malheureusement ces cartes, ces globes, ces atlas dont le ministre arle ici de confiance, sont en tr5s-grande partie des articles de rebut, es vieilleries commerciales sans valeur sérieuse, ou des ébauches plus ècentes grossièrement exécutées. L'excuse, c'est que l'on n'avait pas
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la base de eet eDBeignement. L'on poursuit le même résul* tat dans les écoles de l'État, dans les lycées, dans renseignement primaire. La lecture des cartes, en un mot» c'est une des bases des études géographiques.
Les instructions données par le ministre de la gnem et le ministre de l'instruction publique, concordent en cette occasion avec les préoccupations de la Société géographique de Paris, des associations pour les scienoea historiques et aussi avec les efforts des écrivains qui se sont réellament occupés en France, en Angleterre, en Russie, en Autriche et en Italie, du progrès des études jiistoriques et géographiques.
Les cartes sont un objet de première nécessité pour les officiers d'état-major, pour les officiers de troupes légères, et pour tous ceux qui veulent s'occuper de géographie/ d'histoire, de questions militaires^ ou qui veulent faire la guerre avec fruit et intelligence; elles sont aussi très-utiles aux officiers de tout grade et au soldat pour Toxécution de ces opérations, comme aussi à Técrivain et aux personnes studieuses qui veulent comprendre ces opérations et en avoir le sens, en saisir les moyens et le but. Ces cartes permettent au commandant d'une grand'garde de juger d'un coup d'wil l'ensemble du terrain qu'il doit surveiller, d'en étudier ensuite les détails et d'en apprécier la valeur militaire. £n un mot, il n'est pas d'opération de guerre si peu* i mportanto qu'elle puisse paraître qui ne nécessite l'emploi de cartes topographiques, lesquelles sont aussi un guide indispensable pour l'officier chargé d'une reconnaissance*
Il convient d'ajouter qu'un officier, qu'un soldat, qu'un écrivain, qu'un homme *studieux quelconque, s'il ne sait se rendre compte de rimportance et de la valeur militaire des formes du terrain représenté sur les cartes, ne peut tirer aucun profit pour son instruction istratégique ou tac* tique de la lecture des traités d'art militaire, de l'histoire des campagnes ou des récits des batailles. On en peut cou-
(Bt M rendre compte des formes générales d'an terrain d'as- K graade étendue, va d un point dominant. Le prix en a été. uUflBrs, considérablement diminué. Je fais des efforts auprès s conseils généraux pour obtenir qu'ils ordonnent la confecm de cartes de département, d'atlas départementaux : cartes ministratives, cartes routières, cartes historiques, cartes odésiques.
L'industrie privée entre aussi dans cette voie. Mon concours Rassuré à toutes les tentatives sérieuses. Le Musée scolaire, 8 je fonde en ce moment au ministère de Tinstruction puq[ue, contiendra une salle spécialement consacrée h Pexpoion et au classement des cartes, des globes et de tout le itériel de l'enseignement géographique.
Sur les promenades topographiques dont il est ici quesn, le ministre dit, dans une antre partie de sa Gircure :
Les longues promenades, et surtout les promenades topograiques, sont le complément nécessaire des exercices du corps, marche, qui est essentiellement hygiénique, peut être assoe avec avantage à l'instruction des élèves ; on peut, suivant pays et le climat, faire de l'herborisation, visiter un vieux iteau, des ruines importantes, un ancien champ de bataille, B collection d'objets d'art, une usine. En tout cas, on peut re de la topographie, s'habituer ainsi à la lecture et à l'usage s cartes. M. le capitaine Baldy, à Nice, a bien voulu seconder efforts do mon administration, en indiquant d'abord aux ves, sur une carte, le chemin qu'ils allaient suivre, en le 'courant avec eux, la carte à la main, et en leur donnant sur ce toutes les explications qui intéressent Thistoire, la science l'industrie. Vous jugerez s'il ne serait pas utile d'instituer, ir chaque année, trois ou quatre grandes promenades qui reraient une ou deux heures de plus que les promenades linaires, et seraient pour nos enfants une source d'instruction de plaisir. L'éducation physique est encore à créer en France, je vous supplie de m'y aider. Je lirai moi-môme les rapports tons les proviseurs; et je préférerai cette occupation à toutes autres, car je vois là un service à rendre aux familles et au ra. ^^^
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ni'Opt^^^^ emps, tiré parti de ce moyen d'instniire
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Faites-moi connaître les besoins de rétablissement que vous dirigez, et soyez assuré que je ne négligerai rien de ce qui me sera possible pour faciliter vos efforts.
Plusieurs compagnies de chemins de fer ont fait peindre, dans les salles d'attente, des cartes gigantesques, sur lesquelles Pœil suit avec la plus grande facilité des parcours très-étendns. Ce système de cartes peintes sur les murs a été employé dans plusieurs de nos établissements. M. Zévort, recteur de Pacadémie de Bordeaux, Ta généralisé et s'en loue extrêmement. Je ne veux rien prescrire; mais je vous enverrai un rapport qu'il prépare en ce moment et sur lequel j'appelle votre attention. Cartes peintes, cartes collées sur des toiles, atlas, globes, cartes planes ou en relief, vous choisirez le système qui vous paraîtra utile ; mais vous avez le devoir impérieux de donner à tous vos élèves le goût des cartes, l'habitude de les lire.
Je regarde comme un excellent moyen d'y parvenir les promenades topographiques. Je désire aussi que, conformément à ce qui se fait en Allemagne et à ce qu'avait prescrit la Constituante de 1789, on commence par la description de la commune, du canton, de l'arrondissement, du département pour n'arriver qu'en dernier lieu à la carte d'Europe et à- la Mappemonde.
La méthode usitée jusqu'ici était l'inverse de la logique et de l'expérience. On partait, avecTenfant, de l'inconnu pour arriver au connu, quand on y arrivait ; on lui parlait de la sphère dont il n'avait aucune idée, au lieu de le promener dans les campagnes voisines de sa ville ou de son village ; il était tenu de connaître l'Australie ou la Chine, avant de rien savoir de son département. Les notions générales n'ont de valeur que lorsqu'on les atteint graduellement, par une succession de notions intermédiaires, depuis les plus simples et les plus immédiates. C'est par la vue que l'enfant commence à s'instruire : il est temps que les procédés pédagogiques soient fidèlement calqnés sur la méthode naturelle, et que, partout où cela sera possible, ils l'empruntent en la développant. J'insiste donc sur les promenades géographiques et topographiques, sur l'étude et la confection des cartes locales, depuis celle de la commune ou du canton jusqu'à celle du département. Avec le temps, nous aurons de meilleures cartes gravées. Les cartes de l'état-major sont, sans doute, peu propres à l'étude des détails d'une route ou d'un cours d'eau ; mais elles sont très-convenables, quand on
fin ce moment autro chose sons I.t main, et qiio mieux valait cela que
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wnt se rendre compte des formes générales d'un terrain d'asaez grande étendae, vu d'un point dominant. Le prix en a été, d'aiUears, considérablement diminué. Je fais des efforts auprès des conseils généraux pour obtenir qu'ils ordonnent la confection de cartes de département, d'atlas départementaux : cartes administratives, cartes routières, cartes historiques, cartes géodésiques.
L'industrie privée entre aussi dans cette voie. Mon concours est assuré à toutes les tentatives sérieuses. Le Musée scolaire, que je fonde en ce moment au ministère de Tinstruction publique, contiendra une salle spécialement consacrée à l'exposition et au classement des cartes, des globes et de tout le matériel de l'enseignement géographique.
Sur les promenades topograpbiques dont il est ici question, le ministre dit, dans une autre partie de sa Circulaire :
Les longues promenades, et surtout les promenades topograpbiques, sont le complément nécessaire des exercices du corps. La marche, qui est essentiellement hygiénique, peut être associée avec avantage <à l'instruction des élèves ; on peut, suivant le pays et le climat, faire de rherborisation, visiter un vieux château, des raines importantes, un ancien champ de bataille, une collection d'objets d'art, une usine. £n tout cas, on peut faire de la topographie, s'habituer ainsi à la lecture et à l'usage des cartes. M. le capitaine Baldy, àNicc, a bien voulu seconder les efforts de mon administration, en indiquant d'abord aux élèves, sur une carte, le chemin qu'ils allaient suivre, en le parcourant avec eux, la carte à la main, et en leur donnant sur place toutes les explications qui intéressent Thistoire, la science et l'industrie. Vous jugerez s'il ne serait pas utile d'instituer, pour chaque année, trois ou quatre grandes promenades qui dureraient une ou deux heures de plus que les promenades ordinaires, et seraient pour nos enfants une source d'instruction et de plaisir. L'éducation physique est encore à créer en France, et je vous supplie de m'y aider. Je lirai moi-môme les rapports de tous les proviseurs; et je préférerai cette occupation à toutes les autres, car je vois là un service à rendre aux familles et au pays.
Les éducateurs de la Suisse et do plusieurs autres pays de l'Europe ont, dès longtemps, tiré parti de ce moyen d'instruire
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les jeanes gens; c^est une pratique qui peut être améliorée encore et plus étroitement liée aux études. Apprenons à nos élèves à beaucoup voir, et à bien voir. Établissons des rapports nouveaux entre le développement du corps et celui de l'esprit, sans les sacrifier imprudemment l'un à Pautre.
Enfin, au sujet de l'enseignement de la géographie en général et des méthodes d'enseignement, le ministre avait déjà dit, dans son discours de la Sorbonne à roccasion de la distribution des prix du Concours général (1^ août) :
On reconnaît généralement que l'Université enseigne bien les mathématiques, la physique, la chimie et même les sciences naturelles; mais on lui reproche de donner trop de temps aux langues mortes, de les mal enseigner, de ne pas enseigner du tout les langues vivantes, de négliger la géographie ou de la réduire à une nomenclature stérile. Enfin, on prétend que nos élèves, en sortant de nos mains, ne savent pas même l'histoire de leur pays.
De quels élèves parle- t-on ? S'il s'agit des élèves des écoles primaires, le reproche est mérité. Dans un grand nombre d'écoles, la géographie est omise ou enseignée d'une façon dérisoire ; l'histoire est réduite à de telles proportions qu'il vaudrait presque mieux ne rien savoir que de posséder cette prétendue science. Mais je ne parle pas ici de l'instruction primaire, qui appelle de sérieuses et profondes réformes. Je parle des établissements d'instruction secondaire, et il serait souverainement injuste de méconnaître les progrès accomplis depuis trente ans dans l'enseignement de l'histoire.... L'histoire, pourvu que le maître sache simplifier et généraliser, est la véritable école de la vie : elle donne le bon sens et la perspi« cacité. Elle prépare à la philosophie, au droit, à la politique : elle leur fournit à la fois l'explication des faits, et des preuves à Tappui de la théorie. Elle ne saurait, sans perdre sa grandeur et son efficacité, s^enfouir dans des détails d'érudition.
Il suffit qu'elle s'appuye sur une chronologie exacte et sur la géographie. Nous avons tenu à' donner à la géographie une clarté et une précision nouvelles. Nous lui faisons, comme à rhistoire, une part plus grande qu'autrefois dans le temps de nos élèves, et, ce qui vaudra mieux encore, nous préparons, grâce aux ressources que nous a créées l'Assemblée nationale
avec nue libéralité intelligente, une carte de France qui sera sans rivale, qu'on pourra se procurer à bas prix, et dont nous couvrirons avec profusion les murs de nos écoles. La géographie ne s'apprend bien que par les yeux. Notre carte reproduira avec précision, et avec une netteté saisissante, l'aspect général du globe, tel que le constituent les mers, les grands cours d'eau elles principales chaînes de montagnes. Elle écartera systématiquement les indications de détail, qu'il est toujours facile de rétablir quand on en a besoin à l'aide d'un bon dictionnaire. Dans l'étude de la géographie comme dans celle de l'histoire» il faut voir de haut pour comprendre ce qu'on voit.
U y a de fort bonnes choses dans la Circulaire et dans le discours dont on vient de lire quelques extraits. Nous avons à signaler aussi d'autres mesures utiles, notamment l'institution, à partir de 1872, d'un prix spécial de géographie, dans le concours général des lycées et des collèges da Paris et de Versailles, pour les classes de troisième, de seconde, de rhétorique et de mathématiques élémentaires. L'Académie française s'est tenue dans la même voie en décernant cette année un de ses prix à M. Jules Verne pour Tensemble des livres de vulgarisation S où le savant écrivain a su renfermer d'une manière si heureuse, dans le cadre ingénieux d'une suite de voyages fictifs, une instruction au fond très-solide et très-sérieuse sous le charme dont l'imagination l'enveloppe. Il est peu de volumes de l'Année géographiqiLe où nôus-méme nous n'ayons rendu un chaleureux et légitime hommage aux heureuses conceptions de M. Verne.
1. Cinq semaines en ballon; — Vingt mille lieues sous les mers; — Voyage au centre de la terre; — De la terre à la lune, trajet direct en 97 heures; — Autour de la lune; — etc.
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S i. Encore le Collège de France et la chaire de Géographie.
Nous ne sanrions trop applaudir à ce qu'il y a de jnste et de vrai dans les paroles officielles, à ce qu'il y a bon et d'utile dans les actes ; mais nous ne pouvons dissimuler non plus que ni les paroles ni les actes n'ont touché au grand côté de renseignement géographique. Le ministre et ses inspirateurs se sont arrêtés au côté purement pratique et d'application. Que ce fût là le plus pressé, et surtout le i^lus aisément réalisable, nous le reconnaiesoBS volontiers ; mais il ne faudrait pas qu'aujourd'hui comme hier on méconnût la nécessité, Tabsolue nécessité d'im enseignement plus général et d'un ordre plus élevé.
Il faut rendre au Ciollége de France sa chaire de Oéogra^ phie pure.
Il faut rétablir la chaire, et trouver Thomme bous ue dirons pas qui Toccupe, mais qui la remplisse.
Dira-t'-on que là est la difficulté, que là peut-ètfe est la raison latente qui a fait depuis si longtemps ajourner uM mesure dont il est impossible que l'on n'ait pas seBti le nécessité ?
Une telle raison, nous ne pouvons l'admettre.
Nous n'admettons pas qu'à Paris, ce foyer des hautes el fortes études, au sein de nos académies, dans rUnîvernté, dans nos sociétés savantes, il ne se trouve pas un homme qui soit à la hauteur de la tâche, un homme qui soit chez nous ce que Garl Ritter a été à Berlin.
Il est impossible que cet homme ne se trouve pas, à moins que l'on ne se condamne volontairement à le chercher seulement dans un certain cercle, dans ilne certaine catégorie, et non ailleurs.
Il y a plus : nous voudrions que celui à qui sera donnée cette belle et noble mission formulât dans un livre nouveaui