COLLEGE DE FRANCE
ians un manuel à la fois concis et substantiel^ comme de Stands professeurs l'ont fait pour Thistoire, la philosophie H d'autres études, l'exposé complet de la science géograv^ique envisagée dans ses bases fondamentales, dans son
iyeloppement historique, dans ses grandes divisions, dans
18 applications principales ; car un pareil livre, il faut le
jre, manque aux études.
Pourquoi la composition de ce Manuel ne serait-ellé pas
lise au concours, et la chaire nouvelle réservée à celui
ai aurait proposé le meilleur programme et qui Taurait I mieux rempli, au jugement d'un tribanal composé de >mmités scientifiques 1
Dira-t on que cette lacune que nous déplorous a été smplie par la création au Collège de France, en 1871, 'une chaire de Géographie économique, dont le titulaire, I. E. Levasseur, appartient à l'Académie des sciences lorales et politiques ?
Sans rien diminuer de notre haute estime pour la parole t le savoir de M. Levasseur, il nous sera permis de faire emarquer que si importante que soit Téconomie politique, t si nombreux que puissent être ses points de contact avec i géographie, elle n'est pas, tant s'en faut, la géographie >ttt entière. Elle laisse nécessairement en dehors une foule e questions historiques et descriptives. Elle ne touche pas
la cartographie, ni h bien d'autres points qui rentrent ans l'exposition de la science ; et par contre elle se nourrit e détails statistiques et do données techniques, dont la éographie ne veut connaître que les sommités et les grands Ssultats.
L'Economie politique est une science, la Géographie est ne autre science.
La géographie est une science fondamentale, et non pas ae seience accessoire.
Et nous ajouterons que ce n'est pas par une porte dérobe, en se faisant petite et en courbant la tète, c'est le
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front haut et par la porte d'honneur que la géographie doit rentrer au Collège de France.
La géographie économique pourrait suf6re dans une contrée vouée uniquement au culte des intérêts matériels et aux côtés utilitaires de la science : elle ne suffit pas chez une nation qui s'enorgueillit encore des grandes périodes littéraires et philosophiques dont elle a éclairé le monde ; elle ne suffit pas non plus dans une enceinte qui a été, qui est encore le foyer principal de ces nobles études qui honorent les grandes civilisations.
Avons-nous besoin d'ajouter que si nous avons insisté de nouveau, dans les circonstances actuelles, sur une mesura qui est à nos yeux une question vitale, c'est que personnellement, et depuis longtemps, nous nous en sommes com* plétement désintéressé ?
S 3. Diffusion de notre grande carte topographique dite Carte de l'État'Majof, Ses applications dans Téducation civile et militaire.
La carte topographique de la France, levée par nos ingénieurs géographes et par le corps d'état-major, exécutée par des dessinateurs et des graveurs, artistes spéciaux» commencée depuis cinquante-quatre ans et qui a coûté près de vingt millions au pays, restera pendant longtemps encore, surtout par ses minutes à 1/40,000 qui ont servi à rétablir, l'œuvre la plus complète en son genre qui ait été créée jusqu'à ce jour en Europe. La carte de France a été commencée en 1818, le levé en 1818 et la gravure en 1828. Elle contiendra 274 feuilles, elle est à l'échelle de 1/80,000, c'est-à-dire 1 mètre pour 80,000 mètres, ou 1 décimètre pour 8000 mètres ou deux lieues, ou 1 centimètre pour 800 mètres, ou 1 millimètre pour 80 mètres.
La gravure approche de sa fin, et la révision, opération considérable, est poursuivie activement. Grftce à la sollicitude de M. le ministre de la guerre, cette carte pourra,
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8 un délai de deux ans, être mise dans le commerce au : de 1 fr» la feuille et 50 c. pour l'armée. !e. délai de deux années paraît très-court, si Tonconsi- ) les difficultés que présente l'exécution d'un travail ii complexe et en même temps aussi détaillé. Au moyen «ports sur pierre, qu obtiendra successivement la reluction de toutes les feuilles, et chaque année on en )ra successivement quelques-unes au public jusqu'à ce Tœuvre en entier soit entrée dans le domaine com-
.n momeAjt où la carte de France va, de cette manière, mise à la portée de tous, où tous les établissements lies en posséderont un exemplaire, où les trente-six .e écoles communales de France pourront, dans leur B d'étude, avoir au moins les feuilles composant leur irtement, il était une lacune k combler, c'était de faire aaitrela carte, d'en faire apprécier les richesses, de tre tout le monde à portée de s'en servir familièrement laque jour.
aire connaître la carte de France n'est pas le seul but Ton poursuit en ce moment dans les écoles régiments, dans les lycées. On veut aussi mettre à la portée de < la topographie et la lecture des cartes topographiques, insi on vient de créer à TÉcole de cavalerie de Saumur îours de topographie et d'art militaire. En même temps 'occupe à l'école de Saumur de réorganiser l'enseigneit sur des bases nouvelles plus eu harmonie avec les près stratégiques. Ainsi les officiers seront non-seulet exercés désormais à exécuter des reconnaissances sous es les formes et dans toutes les conditions ; mais ils 'ont encore comprendre le terrain sur lequel ils doivent 'er, en relever la topographie et se rendre compte de osition de l'ennemi, de manière à pouvoir renseigner le façon exacte les généraux qui commandent en chef, opographie et la lecture des cartes topographiques est
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la base de cet eDseignement. L'on poursuit le même rësuU tat dans les écoles de TÉtat, dans les lycées, dans Fenaaignement primaire. La leclure des cartes, en un mot* c'est une des bases des éludes géographiques.
Les instructions données par le ministre de la guerre et le ministre de l'instruction publique, concordent en cette occasion avec les préoccupations de la Société géographi» que de Paris, des associations pour les sciences historiques et aussi avec les efforts des écrivains qui se sont réellement occupés en France, en Angleterre, en Russie, en Autriche et en Italie, du progrès des études jiistoriques et géographiques.
Les cartes sont un objet de première nécessité pour les officiers d'élat-major, pour les officiers de troupes légères, et pour tous ceux qui veulent s'occuper de géographie/ d'histoire, de questions militaires^ ou qui veulent faire la guerre avec fruit et intelligence; elles sont aussi très-utiles aux officiers de tout grade et au soldat pour l'exécution de ces opérations, comme aussi à l'écrivain et aux personnes studieuses qui veulent comprendre ces opérations et en avoir le sens, en saisir les moyens et le but. Ces cartes permettent au commandant d'une grand'garde de juger d'un coup d'œil l'ensemble du terrain qu'il doit surveiller, d'en étudier ensuite les détails et d'en apprécier la valeur militaire. En un mot, il n'est pas d'opération de guerre si peu* i mportanto qu'elle puisse paraître qui ne nécessite Femploi de cartes topographiques, lesquelles sont aussi un guide indispensable pour l'officier chargé d'une reconnaissanea.
Il convient d'ajouter qu'un officier, qu'un soldat, qu'un écrivain, qu'un homme "studieux quelconque, s'il ne sait se rendre compte de l'importance et de la valeur militaire des formes du terrain représenté sur les cartes, ne peut tirer aucun profit pour son instruction stratégique ou ta»* tique de la lecture des traités d'art militaire, de rhiatoira des campagnes ou des récits des batailles. On en peut con-
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re que l'étude de la lecture des cartes topographiques^ à )lque point de vue qu'on la considère, s'impose désoris comme une nécessité impérieuse ; c'est la base de ite éducation géographique.
Im syllabaires, les méthodes pratiques pour apprendre ir« rapidement la carte de l'état-major et mettre la topo* iphie à la portée de tous, manquaient jusqu'à présent ; a maintenant les excellentes instructions de M. Bar* Ad, de M. Heunequin, et de l'auteur anonyme de la cture des cartes topographiques (ci-dessus, n"" 619).
A ce sujet, dans la dernière réunion annuelle de notre iciété de géographie qu'il présidait (21 décembre 1872), . le marquis de Chasseloup-Laubat a fait entendre d'élo- Lentes et nobles paroles. Après avoir rappelé le mouve- Bnt nouveau qui s'est prononcé depuis deux ans vers les ades géographiques, M. de Chasseloup-Laubat ajoutait : < Oh I non, messieurs, ce n'est plus uns délaissée que bte laissée, que cette science gui vous est si chère, et à ]nelle tant d'entre nous se sont voués avec une si compte abnégation. On veut la connaître et plus on la con- Itra, plus on l'aimera, plus on verra tout ce qu'elle a ittraits, tout ce qu'elle renferme de fécond et d'ue.
t Mais ce n'est pas pour elle seule, Dieu merci 1 que se oduit aujourd'hui ce mouvement vers de sérieuses études. « Voyez, non loin d'ici, ces réunions de jeunes officiers i puisent |iux meilleures sources ce qui peut leur être lie, et par de consciencieuses publications se font connaî- ) k leurs camarades. •
« Voyez ces cours libres auxquels se consacrent avec tant dévouement quelques-uns de nos confrères ; voyez acorir cette jeunesse si désireuse d'apprendre» et qui sem- 9 si bien comprendre tout ce qu'il lui faudra pour ré-ndre à ce que la patrie en attend;
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< Tout cela ne veut-il pas dire, messieurs, que cette nation n'est pas dégénérée?
c Sans doute, pendant ce sommeil dans lequel la berçait une énervante prospérité, d'autres ont pu la dépasser. Mais, au jour cruel du réveil, elle se lève, mesure sans illusions, mais sans défaillance, la route qu'il lui faut parcourir, et, reprenant toute son énergie, elle s'y avance, calme et ré* solue.
< Ceux qui ne nous souhaitent ni force ni vertu disent que nous serons incapables des efforts continus qu'il nous faut faire ; ils répètent que nous pourrons revenir à la prospérité matérielle dans laquelle nous nous complairons encore, oubliant encore aussi, que c'est avant tout par la puissance morale, par Tinstruction, par le dévouement et par une imperturbable constance qu'un peuple peut seulement retrouver sa grandeur ! »