LES GRANDS FLEUVES DE L' AFRIQUE
bel que celui-ci, les grandes artères fluviales senties routes naturelles. Ces routes, malheureusement, sont elles-mêmes semées d'obstacles. U faut bien remarquer que de tous les grands fleuves du continent africain il n'en est pas un seul dont on connaisse l'origine. Non-seulement le Nil, dont on cherche les sources depuis tant de siècles, mais le Dhiolibâ, qui arrose toute la Nigritie, et le Zambézi qui porte ses eaux à la mer des Indes, et le Zaïre qui débouche dans l'Atlantique, et TOgovaï, dont le large delta se trouve presque sous Téquateur, tous, jusqu'à présent, cachent leur point de départ dans les profondeurs inexplorées du continent. Du cours du Zambézi on connaît la moitié inférieure, et c'est aux deux premiers voyages de Livingstone qu'est due en très-grande partie cette conquête. Du Zaïre on n'a vu que la partie inférieure; de l'Ogovaï, moins encore. Très-voisin de notre colonie du- Gabon, ce dernier fleuve, dont le nom même était à peine connu il y a dix ans, doit à cette proximité la notoriété qu'il a conquise. Des tentatives de reconnaissances, parmi lesquelles il faut mettre en première ligne celles de Du Chaillu à cause du retentissement que la polémique leur a donnée, n'ont pas conduit bien loin dans l'intérieur. Nous ne parlons pas des relevés nautiques qu'y ont efiéctués nos offlciers sous l'habile direction du contre-amiral Fleuhot de Langle, quoique ces opérations, dont les résultats ont toute la rigueur scientifique, donnent à la carte d'une contrée nouvelle des points d'attache certains qui manquent trop souvent aux courses des voyageurs. Tout récemment encore un résident anglais du Gabon, M. Walker, a renouvelé la même tentative avec moins de succès encore que Du Ghaillu^ La ligne d'exploration, qui, partant du delta de l'Ogovaï, réussirait à s'enfoncer au loin dans l'intérieur, aurait un immense
1. La tentative de Mr Walker est du mois de février 1866; mais la notice n'en a été publiée qu'au mois de janvier dernier.
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intérêt géographique. Elle aurait d'abord tout Tintérêt de rinoonnu ; car la région intérieure, dans cette partie de la zone tropicale du Sud, présente sur la carte un vide absolu, un vide de cinq cents lieues au moins à partir de la côte. En ioclinant légèrement sa route au sud, le voyageur se porterait directement sur la dépression lacustre que Livingstone a reconnue à Touest du Tanganlka; en s'élevint un peu au nord, au contraire, il irait droit aux lacs équatoriaux vers lesquels Baker et Schweinfurtb s'avanceoft peut<^tre en ce moment^ et sûrement il t^uverait devant lui une région de hautes montagnes d'où nous croyons^ quant à nous, que doivent rayonner, en même temps que les premiers courants dont se forme le Nil, les grandes rivières qui s'écoulent dans toutes les directions, vers le Tsad (le Chari), vers le Dhiolibâ (la Binoué), vers T Atlantique et la mer des Indes. Chaque pas, ici, serait marqué par une découverte, et chaque découverte avancerait la solution de quelque grand problème.
S t. La G«bOn tt TOgoTaL
L'Ogovaî, au sud de notre établissement du Gabon, est un des grands estuaires vers lesquels on a déjà poussé plusieurs tentatives d'explorations intérieures. Nous avons dit (ci-dessus, n** 385) que M. le contre-amiral Pleuriot de Langle avait écrit, pour la relation du lieutenant Aymès, quelques pages d'introduction où est retracé l'historique de nos reconnaissances hydrographiques dans la région du Gabon et de TOgovai. Le ministre de la marine, cédant aux désirs exprimés par le commandant de la division na* vale, attacha, en 1861, à la station locale du Gabon, un aviso à faible tirant d'eau qui permit de faire la reconnaissance plus complète des rivières. Les explorations des cours d'eau extérieurs au bassin de l'estuaire du Gabon furexxt