‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 93 sur 337 · GABON · texte numérisé non relu

GABON

tentées avec succès par M. Serval| lieaten^t de vaisseau, en juillet 1862.

c II pénétra, accompagné de M. Griffon du Bellay, médecin de la marine, dans POgoway, dont on conunençait à soupçonner rimportance. La saison était mal choisie; l'étiage força M. Ser* val à renvoyer son bâtiment dans un lieu où il fût assuré de flotter, et il continua son voyage en pirogue. Les eaux basses et Thostilité des peuplades, qui étaient encore imbues du trafic des noirs et qui voyaient un ennemi dans tout officier militaire qui s'opposait au trafic» ne lui permirent pas de dépasser le lac Azenga, qu^il reconnut.

c Après son- retour au Gabon, il entreprit, en décembre 1862, de reconnaître parterre la route qui mène du Rhamboé, afQuent du Gabon, à TOkanda, branche supérieure de l'OgoWay. Il parvint à obtenir des guides et se lança résolument dans Tinconnu, accompagné de M. le docteur Griffon du Bellay, que la fièvre et les fatigues de la route retinrent dans un village situé à mi-^ chemin du Rhamboé à TOkanda. M. Serval contempla seul les eaux mystérieuses que Tœil d'aucun Européen n'avait encore vues. Il retrouva à son retour M. Griffon du Bellay heureusement remis, et atteignit, non sans difficultés, son navire qu'il avait laissé à Ghimchoa.

c En 1864, M. le lieutenant de vaisseau Génoyer, après avoir tenté son ascension des Anenguénapala, partit du Bocquoué avec de bons guides, atteignit TOkanda au-dessus des lies de Zorocotcho, traversa ce fleuve en pirogue, et reconnut un lac qui est sur la rive gauche. Il revint au Gabon en suivant à peu près la même route qu'avait parcourue M. Serval en décembre 1862.

c En février 1866, M. Walker, jeune négociant anglais qu'un long séjour au Gabon avait mis au courant de la langue et des mœurs du pays, dont il pouvait impunément braver le climat, entreprit de reconnaître le cours de l'Ogoway supérieur. Les débuts de son voyage furent pleins de traverses ; il atteignit enfin le fleuve, qu'il passa en pirogue, et fut reçu par les Eningas, qui le retinrent pour ainsi dire prisonnier pendant plusieurs mois. Son voyage ajouta peu aux connaissances acquises.

t En mai 1867, j'ordonnai à M. Aymés, lieutenant de Vaisseau , auquel j'avais confié le commandement du Pionnier qui venait d'être réparé à Saint-Louis du Sénégal, d'entrer dans l'Ogoway et de profiter de la crue d'eau pour tâcher de péné»

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trer jusqu'aux ^taracte3. La chaudière qui creva retint malheureusement cet officier dix jours dans le bas du fleuve ; il put néanmoins montrer les couleurs françaises au milieu des £ningas, franchir la pointe Fétiche, et mouiller aux lies Zorocotcho, qu'avait vues M. Génoyer en 1864. Il constata que M. Génoyer, ainsi que M. Serval, avait atteint le fleuve au-dessus de son confluent avec le N'Gouiaye. M. Walker m'avait demandé à se joindre comme volontaire à l'expédition de 1867, et son apparition sur un navire de guerre au milieu des Ëningas, qui Pavaient retenu l'année précédente en leur pouvoir, impressionna vivement ces populations, qui finirent par prêter de bonne grâce leur concours à la reconnaissance de M. le capitaine Âymés. Le fleuve baissait ' : la prudence dicta à cet officier son devoir, et il revint sur ses pas sans éprouver d'échouage sérieux.

c Les travaux de MM. Aymés et Serval coordonnés ont fait connaître l'artère principsde de l'Ogoway. Les mille bras par lesquels cet immense amas d'eau se jette à la mer n'aviiient pas encore été suffisamment explorés. M. Âlbigot avait, en 1864, fait une apparition dans le bas Ogoway, avec le Pionnier; il avait à la remorque un canot à vapeur appartenant à M. Touchard, le même qui pendant son séjour à Nengué - Nenguô avait déjà si bien employé son temps. Le canot à vapeur se lança dans les aroyos qui s'échappent du fleuve principal pour se jeter dans l'éliva de Fernand-Vaz ou U'Commi. MM. Albigot et Touchard remontèrent le Rham-Owenga jusqu'à N'Gombi, séjour deQuenquéza; ils revinrent ensuite au Pionnier, et rentrèrent au Gabon.

t Le résultat général des reconnaissances faites depuis 1862 jusqu'en 1868 a été de constater la richesse du bassin de l'Ogoway, »

L'expédition ne put s'avancer bien loin dans Tintérieur. Envisageant au point de la colonisation le pays que le fleuve traverse dans son cours inférieur, le lieutenant Aymès Tapprécie en ces termes :

€ L'Ogoway peut sans culture fournir à profusion l'huile de palme, la cire, la gomme, le caoutchouc, l'ébène, l'ivoire.

1. M. Walker avait constaté, dans son voyage de 1866, une crue de dix mètres.

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