LES ENTREPRISES ARCTIQUES EN
S 1. Triste fin de l'expédition américaine de M. Hall sur le Polaris.
L'année 1873 n'a pas vu s'organiser de grandes expéditions polaires ; mais elle a fait connaître le dénoûment des deux principales entreprises des deux années précédentes, celle du navire américain le Polaris dirige par M. Hall, bien connu déjà par ses courses antérieures à travers les terres arctiques ; et la nouvelle expédition scientifique du D*^ Nordenskjôld— c'était la cinquième — dans les parages du Spitzberg. La première de ces deux expéditions a eu une issue fatale, et la seconde a eu à supporter de rudes épreuves ; Tune et Tautre, néanmoins, ne laissent pas d'ajouter notablement aux faits acquis , et de préparer utilement la voie à de prochaines tentatives.
L'expédition provoquée et organisée par M. Hall avait pris aux États-Unis le caractère d'une entreprise nationale. Le Congrès y avait contribué pour 30 000 dollars. Tout ce qui pouvait assurer le succès du voyage avait été soigneusement préparé. Le Pokwis était un navire mixie à hélice. L'un des fourneaux de sa machine était disposé pour permettre le chauffage à l'huile, outre des provisions considérables de charbon. Cinq embarcations solidement construites assuraient la possibilité d'explorer les petites baies et de pénétrer dans les chenaux étroits. Outre M. Hall, auquel on donnait le titre de capitaine , l'équipage comptait trente-huit passagers, au nombre desquels il faut citer le physicien Bessels, chef du service scientifj(jne , le révérend Bryan, à la fois chapelain et asironome, Frédé* rie Meyer, météorologiste, et Morton , celui-là même qni
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le premier, en 1851, aperçut la mer libre de Kane. La conduite du vaisseau était confiée au capitaine Buddington.
Le Polaris partit de New-York le 29 juin 1871 ; les dernières lettres reçues directement de l'expédition sont du 24 août. « Actuellement , écrivait Hall à M. Georges Robeson , secrétaire de Tamirauté des États-Unis , à deux heures un quart de l'après-midi, le Polaris dit adieu au monde civilisé. » Cette lettre était datée de Tessiusak , par 73* 21' 10" de latitude N. et 58* 25' 45" de longitude 0. de Paris.
Deux hivers s'étaient écoulés sans que rien eût été connu de la marche de l'expédition, lorsque, le 30 avril 1873, dans la baie Robert de Terre-Neuve (53* 35' N. et 57* 20' 0.), le navire anglais Tigress allait presque se heurter contre un banc de glace sur lequel étaient réfugiés dix Européens et neuf Esquimos, dont deux femmes et cinq enfants. En tout dix-neuf personnes amaigries par les privations et la souffrance. Au nombre des passagers se trouvaient M. Tyson , le capitaine en second , et M. Meyer, le météorologiste du Polaris. Ces naufragés faisaient , en effet , partie de Téquipage de Hall.
Que s'était-il passé durant ces vingt mois ?
Quelques doutes peuvent encore rester sur certaines circonstances de la catastrophe ; mais les rapports recueillis dans une enquête officielle (ci-dessus, à la bibliographie, n' 490) en ont éclairci tout au moins les faits principaux.
La première intention de Hall avait été de pénétrer dans le Jone's Sound , large entrée qui débouche à l'O. sur le détroit de Smith au-dessus (c'est-à-dire au N.) du détroit de Lancastre, et de reconnaître les espaces inexplorés qui s'étendent au N. de l'archipel Parry ; l'état des glaces, sans doute, lui lit modifier son plan originaire. Toujours est-il (pio le Polaris poursuivit sa route en re-
montant le Smith's Sound , comme avant lui Kane et Hayes. L'expédition poussa très-avant dans }e N. : lo !•'' septeipbre on était par 82^ 16' de latitude, le plus haut point qui jusqu'à présent ait été atteint soiis voiles *. Mais comme l'hiver approchait, on jugea prudent de revenir en arrière , et Ton vint hiverner dans un mouillage du côté oriental du détroit, au 81* degré 38' de latitude (longit. 0. de Greenw. 61^4', 0. de Paris 64" 4'). Ce mouillage reçut le nom de Baie Polaris ; il est à peu près sous le même parallèle que le cap Lieber qui lui fait face à rO. , et que Hayes atteignit en traîneau le 18 mai
De la baie Polaris où le navire était à Tancre , Hall et plusieurs de ses compagnons entreprirent des excursions en traîneau dans la direction du N.; dans l'une de ces courses y le 17 octobre, on atteignit par terre à peu près la même latitude que le navire avait touchée le 1*' septembre. Il parait que dans ce voyage Hall tomba malade, cap il revint sur ses pas. Sa santé s'altéra graduellement , et il mourut le 8 novembre. Il fut inhumé le 1 1, et une croix fut placée pour marquer le lieu de son tombeau.
Le détroit que borde ces terres prolonge au N. le canal Kennedy de Hayes ; il reçut le nom de Robeson Channel , en l'honneur du secrétaire de l'amirauté américaine, qui avait activement concouru à organiser Texpédition. Au delà du point où le Polaris s'était arrêté le 1" septembre, on voyait s'étendre, aussi loin que portait la vue, un espace de mer libre que l'on estimait à 80 ou 90 millés (un degré 1/2). Au delà, vers le N. et l'O., on distinguait des terres. Hall voulait continuer, mais lo capitaine Buddington s'y opposait , insistant sur la nécessité
1. La plus haute latitude qu'un navire eût atteinte avants Polaris était celle do l'expédition suédoise en 1868, 19 septembre (8l« 42'). Parry, dans sa célèbre tentative de 1827, a été, au N. du Spitzberg, à 82* 45'; mais c'était en canot-traîneau, et en partie sur la glace.
do venir hiverner à Port-Hope ou Port-Foulke , à 78* 20' de latitude N. Des discussions eurent lieu à ce sujet et l'opinion de Hall ne prévalut pas , bien qu'elle fut soutenue par une partie de l'équipage.
La température de la baie Polaris fut trouvée relativement douce. Le thermomètre se maintenait généralement à zéro ; il descendait parfois à 5, 10 ou 15 degrés. Vers la fin du premier hivernage, car les explorateurs passèrent deux hivers dans cette baie , la température s'abaissa un jour jusqu'à 58 degrés. Mars fut le mois le plus froid ; le thermomètre se maintint à 40 degrés. L'air était chargé d'humidité et de brume , les aurores étaient rarement visibles ; les glaces éclataient constamment et les morceaux en étaient entraînés vers le S.
La mort de Hall mettait, en réalité, fin à l'expédition; on n'eut plus qu'un but , retourner aux États-Unis. Mais le Polavîs resta pris dans les glaces pendant un long hiver polaire, ot ne put bouger jusqu'au mois* d'août 1872. Alors il fit route vers le S. Une série de malheurs l'attendaient. Il se trouvait engagé dans les glaces flottantes et fut par moments dangereusement comprimé. Une voie d'eau se déclara avec tant de violence, qu'il fallut tenir les pompes constamment à l'œuvre. Le 15 octobre, par 72*35', le danger fut tel, au moment où l'on atteignait" la baie de Baffin, par une tempête du N. E. , qu'on craignit un naufrage ; tout le monde se mit à transporter les provisions sur la glace. Le capitaine Tyson , qui raconte ces événements, dit que tantôt il était dans le bâtiment, tantôt sur la glace pendant que le débarquement s'opérait, et que tout à coup, tandis qu'il était sur le banc de glace, celui-ci se l)risa eu plusieurs parties ; le Polaris fut séparé de ses amarres, et bientôt alla se perdre dans l'obscurité et la tempête.
Près de la moitié de l'expédition, seize personnes, étaient à bord , et depuis lors on n'en a pas eu de nouvelles ;
quelqueH-uns Icb croient perdues, parce que le Polaris n'avait pas d'embarcations et qu'il était en trop mauvais état pour les sauver. Cependant, suivant d'autres, ils doivent avoir été portés vers l'île de Northumberland , où ils sont peut-être encore, passant l'hiver de 1872-1873 en sécurité , et d'où ils ne peuvent partir que dans une saison beaucoup plus avancée. Le capitaine Tyson avait avec lui sur la glace dix-huit personnes, dont deux femmes d'Esquimos et cinq enfants.
Du mois d'octobre au mois d'avril ils vécurcnit presque constamment sur la glace llottante. Us liront de nombreuses tentatives pour gagner la terre, mais généralement ilfe échouèrent. Ils se bâtirent des huttes de neige dans lesquelles ils passèrent l'hiver ; (juand leurs maigres provisions furent épuisées, ils prirent des oiseaux, des veaux marins', des ours. Souffrant ])eaucoup du froid et de la faim pendant de longs mois , ils finirent par rester sur un seul bloc de glace sans aucune communication avec la terre, et furent portés vers le S.
Au début, le bloc avait cinq milles de circonférence; mais les tempêtes de mars y firent dos fissures et le brisèrent pièce à pièce, jusqu'à ce (|u'enfin il fut réduit à soixante mètres de diamètre. Le 1"" avril ils furent contraints de l'abandonner, laissant derrière eux une grande partie de leurs provisions, de h^urs munitions et de leurs vêtements. Le 3, ils regagnèrent le bloc, et y amarrèrent de nouveau leurs bateaux. Mais les tempêtes le brisèrent; ' ils se réfugièrent sur des quartiers de glace entre lesquels ils ne pouvaient manœuvrer leurs bateaux. On ne trouvait plus de veaux marins, et tous ces malheureux étai<'nt réduits à la famine, quand, le 21 avril, ils parvinrent à prendre un ours. Enfin, ils purent nuîttre un batoau à là raer et faire route vers FO. à Liavers les glaces, espérant atteindre les côtes du Lal)rador.
Le 30 avril ils rencontrèrent heureusement le steamer
Tigre$8f qui les recueillit, à environ 40 milles de Wolf Island, et les ramena à Terre-Neuve d^ns un état de complet épuisement; bientôt, cependant, ils recouvrèrent leurs forces. Ils avaient passé 197 jours sur la glace flot« tante, et malgré tant de souffrances ils n'avaient perdu aucun des leurs.
En dehors des incidents dramatiques de l'expédition, quels résultats la science en garde-t-elle? Voici, à ce sujet, un résumé du rapport de M. Robeson après l'enquête officielle.
D'après les témoignages recueillis, toutes les occasions possibles ont été saisies par les membres du corps scien** tifique de l'expédition pour se conformer à leurs instructions. Les phénomènes astronomiques, météorologique» et magnétiques, ainsi que les marées, paraissent avoir été l'objet d'observations très-complètes.
Les collections d'histoire naturelle ont été considérables ; des salles entières du bâtiment ont été remplies de peaux et de squelettes de bœufs musqués, d'ours, de différentes espèces d'oiseaux et de leurs œufs, de nombreux animaux de mer, de plantes et de fossiles, de minéraux, etc. On y remarquait des spécimens de bois flotté recueillis sur les côtes de Newman's Bay, et de Polaria Bay, parmi lesquels M. Meyer a reconnu distinctement le châtaignier, le frêne et le pin.
On observait si constamment des étoiles filantes, qu'on ne pouvait regarder le ciel pendant la nuit sans en observer quelques-unes dans une direction ou dans l'autre. Les marées ont été observées avec soin, leur élévation moyenne étant d'environ cinq pieds et demi. La plus grande profondeur de l'eau a été environ de 100 brasses. L'existence d'un courant constant vers le S. a été constatée, courant dont la rapidité varie suivant la saison et suivant les lieux.
La température de Thiver, ainsi qu'on Ta vu plus haut, a été beaucoup plus douce qu'on ne s'y attendait. Les Tents les plus fréquents soufflent du N. E., quoiqu'il y ait souvent des tempêtes du S. 0. Pendant l'été, sur l'étendue des terres, on ne voit plus de glace ni de neige, si ce n'est en quelques endroits à l'ombre des rocher.4. Dans cette saison le sol se couvre d'une végétation de mousses, au milieu desquelles s'élèvent çà et là des plantes arctiques dont quelques-unes ont des fleurs de la plus grande beauté, mais sans parfum, et de petits saules qui atteignent à peine la hauteur de nos arbrisseaux.
La trace d'anciens glaciers a été reconnue dans des localités où maintenant il n'y a plus de glaces. La vie animale abonde dans ces régions : on a tué des bœufs musqués; on a vu des loups et des renards. Les oies, les canards et autres oiseaux d^eau s'y montrent pendant l'été. Les espë(;^s d'oiseaux de terre y sont peu nombreuses; on y remarque la perdrix des neiges. On n'a pas vu de poissons, quoiqu'on ait souvent essayé d'en prendre avec des filets ou à la ligne. Cependant ces eaux sont pleines d'invertébrés, de crevettes, de poulpes. Les phoques sont très-nombreux, ainsi que des espèces de papillons , les mouches , les abeilles , et divers insectes.
Les résultats géographiques de l'expédition du Polorris^ d'après les témoignages de MM. Tyson, Meyer et de leurs camarades, peuvent se résumer ainsi qu'il suit : la mer polaire ouverte annoncée par Kane et Hayes n'est qu'un détroit d'une étendue considérable formé par une brusque expansion du canal de Kennedy au N., la baie de Lady Franklin à l'O., et à TE. par une autre baie large de 20 milles à son ouverture, et pénétrant trèsprofondément dans les terres. On ne peut déterminer la longueur de ce détroit (la mer de Kane); M. Meyer pense qu'il communique avec le détroit do François Jo^
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seph de l'expédition allemande, et qu'avec ce détroit il forme la limite septentrionale du Groenland.
La baie de TO. a été nommée Fiord du S. (South Fiord), C'est au N. de cette baie et à l'O. que se trouve réchancrure de la côte que le capitaine Hall a nommée baie Polaris. La pointe N. de cette baie a reçu le nom de cap Lupton. A partir du cap Lupton, la terre se dirige au N. E. et forme la côte orientale d'un nouveau canal, de 25 à 30 milles de large, s 'ouvrant sur le détroit ci-dessus mentionné, auquel le capitaine Hall, comme on l'a déjà dit, a donné le nom àoRobeson sirait.
La côte occidentale de ces détroits, au N. de Grinnel- Land, est sans nom. Au N. E. du cap Lupton, par 81** 37' latitude, est une baie profonde que le capitaine Hall a nommée baie de Newman , donnant à sa pointe N. le nom de cap Drevoort, et à son extrémité S, le nom de promontoire Su7nme7\liaL direction des terres continue jusqu'à. Repuise Ilarbotir^ par 82° 9' de latitude, point le plus avancé au N. qui ait été atteint par les excursions.
D'une élévation de 500 mètres à Repulso Harboiu» sur la côte E. du détroit de Robeson, les terres se dirigent au N. E. vers la fin de ces détroits, et de là à l'B. et au S. E. jusqu'à perte de vue dans Téloignement. Au cune autre tovro n'a été vue au N. E.; mais on voyait sur la côte 0. la terre s'étendre au N. aussi loin que la vue pouvait porter, et se terminer, suivant l'apparence, à un promontoire sous le 84* degré N.
M. Meyer constate aussi que dans la direction du N., par un jour très-clair, il a observé, de» l'élévation ci-dessus indiquée, une ligne lumineuse de forme en apparence circulaire, qu'il a supposé indiquer une mer ouverte, mais que d'autres ont prise pour la terre.
Naturollera(înt les résultats scientifiques complets do Tcxpédition du Polaris ne pourront être connus que
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lorsque le bâtiment aura été retrouvé et sera de retour aux États-Unis.
5 2. La cinofUième expédition norvégienne aux mers du Spitzberg.
Le D' NordenskjOld.
Cette nouvelle expédition, d'un caractère tout scientifique, fut organisée à Stockholm en 1871, pour tenter de résoudre une partie au moins des questions qui se rattachent aux régions arctiques; trois bâtiments furent équipés pour le transport du personnel et du matériel. Ces navires étaient le Polhein^ commandé par le lieutenant de vaisseau de la marine suédoise Palander; le Gladan^ brick de la marine suédoise commandé par le lieutenant de vaisseau Krusenstjerna ; et le vapeur marchand Oncle Adam, Le personnel scientifique se composait d'un jeune botaniste, M. Kjcllman, d'un jeune astronome, M. Wykander, et du docteur Enwall de la marine royale ; de même que dans les précédentes expéditions suédoises envoyées aux mêmes parages, la direction était confiée au D*" Nodenskjôld. Sur la demande du gouvernement italien, on avait adjoint à Toxpédition un officier de la marine italienne, le lieutenant de vaisseau Parent.
L'expédition avait plusieurs buts : pendant l'été on devait chercher à compléter la connaissance géographique, géologique et botanique du Spitzberg, et à reconnaître, s'il était possible, la côte du Nord-Ost Land et la terre de Gillis. En automne, deux bâtiments reviendraient en Suède, et M. Nordenskjôld resterait, avec le Polhem^ à l'île Parry, par 80^ 38' de lat., pour hiverner; l'on comptait passer l'hiver à terre dans une maison en bois que l'on emportait de Suède, et faire de nombreuses observations astronomiques, météorologiques et magnétiques, dans un observatoire que l'on devait monter et pour
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lequel Tacadémie de Stockholm avait fourni des instru-^ ments de tout genre.
« Au retour du soleil, en mars, écrivait M. Nordenskjôld peu après le départ, je compte m'avancer encore plus au N, sur la glace ; pour cela j'emporte avec moi 45 rennes qui remorqueront des traînaux. J'espère par ce moyen arriver jusqu'au 85* degré de latitude, et peut-être plus loin. Voilà nos projets : j'espère que la. fortune nous sera favorable. L'expédition ne reviendra qu'en octobre 1874.... »
Mais bientôt après, on reçut par les baleiniers de fâcheuses nouvelles. Les trois navires de l'expédition, arrivés à Mossel-Bay , sur la côte occidentale du Spitzberg , par 79* 54' de latitude, se virent tout à coup bloqués par les glaces. Il fut impossible au Polhem de gagner les SepWles (à l'extrémité N. du Spitzberg) , d'où M. Nordenskjôld devait commencer ses excursions scientifiques ; et les deux navires de conserve, le Gladan et VOncle Adam, qui devaient revenir en Suède avant l'hiver, durent hiverner dans des conditions imprévues. Un navire, l'A /bert, envoyé de Stockholm au secours de l'expédition (cidessus , n* 503) , n'a pu la rejoindre, non plus que deux baleiniers , Vhhiom et le Greenland, qui en avaient aussi tenté l'approche. Il a fallu attendre que l'été de cette année 1873 vint rompre la barrière de glaces. Le Gladan et VOncle Adam sont rentrés à Stockholm dans la première quinzaine de juillet (voir ci-dessus , le n" 501 de la bibliographie), laissant M. Nordenskjôld , sur le Polhem j reprendre ses tentatives ajournées. Cette fois encore le temps ne les a pas favorisées. Il a fallu renoncer aux excursions en traîneau dans la direction du pôle , et se borner à des reconnaissances moins étendues dans les parties orientales ( le Nord-Est Land ) du triste archipel dont se compose le Spitzberg.
Cette rude campagne, néanmoins, n'aura pas été sans
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résultats. Voici ce que le D' Nordenskjôld écrivait de Mossel-Bay dès le mois de mars dernier (1873) , dans une lettre qui est parvenue à Paris au commencement de juillet , et dont M. Daubrée , à qui elle était adressée, a donné communication à l'Académie des sciences (21 juillet).
« Dans ma dernière lettre , adressée de Mossel-Bay , que je vous expédiai au moyen de baleiniers , je vous ai raconté comment, après quatre tentatives faites dans le mois d'août pour forcer les glaces et rejoindre Tîle Parry, une des Sept-Iles, je fus forcé, par Tétat vraiment extraordinaire des glaces pendant Tété de 1872, de m'arrêter ici. Deux de nos navires, qui devaient partir le 15 septembre pour l'Europe , furent prématurément enfermés dans les glaces, que de violents coups de vent du N. 0. amoncelèrent devant notre port au milieu de septembre, tandis que dans les années ordinaires la côte N. de Spitzberg reste ouverte à la navigation et est fréquentée par les baleiniers norvégiens jusqu'à la moitié d'octobre. Dans la seconde quinzaine de septembre 1872, et en octobre , la mer, aussi loin que s'étendait la vue , était complètement couverte de glaces , sans qu'on aperçût la moindre flaque d'eau. Cette fin du mois de septembre fut extraordinairement froide, et faisait supposer que l'hiver serait très-rigoureux, ce qui ne s'est point vérifié....
« Pendant tout l'hiver on a fait des séries horaires, nonseulement sur les instruments météorologiques, mais aussi sur les trois éléments du magnétisme avec d'excellents appareils de Lamont. En outre, le 1*** et le 15 de chaque mois, les observations furent faites de cinq en cinq minutes, d'accord avec le cabinet de physique de l'Université d'Upsai ; j'espère que ces observations seront très-intéressantes pour le magnétisme terrestre, et pour les relations entre le magnétisme et les aurores boréales.
« M. le lieutenant de vaisseau Parent et M. le D' Wy-
EUROPE
GÉNÉRALITÉS
508. ?. Vidal-Lablache. La Péninsule européenne. L'Océan et In Méditerranée. Leçon d'ouverture ou cours d'histoire et de géographie à la Faculté des Lettres de Nancy. Nancy y 1873, in-8, 32 p. (Levrault).
509. GRéGOïKE (L.). Géographie physique, politique et économique de TEurope, moins la France. PariSj 1873, in-18, 409 pages. 6 fr. (Garnier).
510. KoHL (D*" J. G.). Die geographische Lage der Haupslâdte Eu^ ropa*s, Leipx.y 1873, in-8. 12 fr. (Veit).
511. Garger (E). Kurzgefasste militiirisch-geographische Beschreibung von Mittel-Europa. Leipx., 1873, in-8. 6 fr. 50.
512. L'Europe orientale, son état présent, sa réorganisation; avec deux tableaux ethnographiques et politiques, et une cark*. Tchèques, Polonais, Magyars, Slovènes-Croates-Serbes, Roumains, Bulgares, Albanais, Hellènes. Paris, 1873, gr. in-18. xv-235 pages. 3 fr. 50. (Germer-Baillièrc).
Voir ci-après, n» 591, l'ouvrage de M. Léger sur le monde slave.
513. D*" Baeyer (J. J.). Astronomische Bestimmungen far die europàische Gradmessung, in den Jahren 1857-1866. Leipz., 1873, in-4. 3 thl. (Engelmann),
514. General Bericht ûber die europâische Gradmessung fur dus Jahr 1872. Berlin, 1873, in-4. 5 fr. (Reimer).
515. Die Expédition zur physikalisch-chemischen und biologischoii Untersuchung des Ostsee im Sommer 1871, auf S. M. Aviso dampfer Pommerania. Berlin, 1873, in-foU (Wiegandt).
516. Carte de la mer Baltique; corrigée en 1873. Dépôt de la Marino (u" 2303).
L'aNiNÉE GÉOGR. XII. 25
386 EUROPE. (n* 508-517.)
517. Steur (Gh.). Ethnographie des peuples de l'Europe ayant J. C. Bruxelles, 1872-73, 2 vol. in-8. (Muquardt).