Mer d'Azof. Ibid, (n
540. Mer Noire, 3* feuille. Du cap Chersonèse à la Pointe Chardak. Ibid, (n* 1859).
.541. Carte générale de la mer Noire, corrigée en 1873. Dépôt de la Bfarine (a» 1860). 1 feuille. 2 fr.
542. Carte du golfe de Bothnie (partie S.). Revue en 1873. Dépôt de la Marine (n* 2343).
543. Gylden (C. W.) . Karta Ofver Storfurstendomet Finland, utgifven af ôfverstyrelsen fôr landmàteriet. Hel^ingfors, 1873, 30 feuilles, au400000«. 85 fr.
Carte basée sur les déterminations astronomiques de 1863 h 1879, et sur un grand nombre de relevés spéciaux coordonnés pour la première fois. Mallieureusement l'exécution matérielle, en ce qui touche au relief du sol, est très-dufectueuse. C'est le jugement qu'en porte M. Havenstein dans les Highways.
M. Gylden a déjà publié en 1850 une carte hypsométrique de la Finlande en 6 feuilles, au l 200 000<>, carie dont une réduction se trouve dans les Mittheilungen de Pelermann, i859.
5 1. L'étude de M. Leroy-Beaulieu sur les conditions géographiques, ethnologiques et historiques de la Russie.
Nous avons lu ce beau travail (ci-dessus, n** 527) avec un intérêt peu ordinaire ; c'est le meilleur exposé que nous connaissicJns des conditions physiques, économiques et historiques de la Russie. C'est tout à la fois un large résumé et une étude savamment approfondie, pleine de faits et d'aperçus. Nulle part que nous sachions on n'a mieux fait ressortir les rapports, les liens intimes qui existent entre les conditions naturelles du sol et du climat, et le développement moral et politique du peuple qui couvre ces vastes espaces. Voici en quels termes l'auteur, dépeint l'aspect général de la terre russe :
Avec la structure morcelée , articulée de TEurope, le climat européen, le climat maritime et tempéré, fait défaut à la terre
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russe. Comme sa forme géographique, son climat est continental, c'est-à-dire cr extrême dans les rigueurs de Thiver et les ardeurs de Tété. «Aussi les températures moyennes sontelles trompeuses, et n'y donnent-elles que la plus fausse idée du climat. Les lignes isothermes s'y redressent en été vers le pôle, s'y creusent en hiver vers le S., en sorte que la plus grande partie de la Russie est comprise en janvier dans le région froide, et juillet dans la région chaude. Le seul élargissement des terres la condamne à des saisons excessives. Les mers qui la baignent sont trop loin ou trop petites pour lui pouvoir, comme à nous, servir tour à tour de réservoirs do chaleur ou de bassins de fraîcheur, et nulle part en Occident il n'y a sur la môme latitude d'hiver aussi dur ou aussi long, d'été aussi brûlant. La Russie demeure étrangère aux grandes influences qui réchaufl'ent le reste de l'Ehirope, k celle du gulfstream comme à celle du Sahara. Elle est le seul des pays septentrionaux de l'Europe dont les côtes ne sentent point les tièdes émanations du courant du golfe du Mexique; la longue presqu'île Scandinave qui s'avance entre elle et l'Atlantique l'empêche d'être baignée par le grand « fleuve d'eau chaude » que le nouveau monde envoie à l'ancien. Au lieu du gulf^ stream ou des déserts de l'Afrique, ce sont les glaces du pôle, c'est la Sibérie, la région boréale de l'Asie , qui tiennent la Russie sous leur influence. Contre ce voisinage, l'Oural n'est qu'une faible barrière. En vain la Russie s'étend-elle en bas vers le S. à la latitude de Pau ou de Gênes, il lui faut descendre jusqu'au-dessous du Caucase pour trouver un rempart contre les vents du N. La conformation du sol, plat, déprimé, la laisse ouverte à tous les vents de l'atmosphère, aux souffles desséchants des déserts du centre de l'Asie comme aux vents du cercle polaire.
Cette absence de montagnes, et par suite de vallées, est un autre des grands traits qui distinguent essentiellement la nature russe de la nature européenne; elles diffèrent autant par le relief de la terre que par la configuration des contours et par le climat. Nulle des contrées de l'Europe n'est à ce point dépourvue de montagnes; la nature extra-européenne, l'Asie, l'Afrique, l'Amérique ou l'Australie, offrent seules de ces imluenses surfaces géographiques uniformes. Cette horizontalité (lu sol russe n'est point seulement superficielle, c'est un trait essentiel de la géologie comme de la géographie du pays. L'aplatissement de l'écorce n'est que le résultat du parallélisme
des couches souterraines. Au lieu d'affleurer fréquemment à la surface comme en Occident, en y offrant une riche variété d'aspects, de sol et de cultures, les différents étages géologique demeurent horizontalement superposés, ne présentant sur d'immenses espaces que lès mômes terrains propres aux mêmes cultures. Les formations géologiques ont une étendue, les stratifications une régularité, les roches une identité de composition comme il ne s'en rencontre nulle part en Occident. C'est le trait commun de (ous les âges géologiques en Russie, des époques primaires comme des époques récentes. Sur la plus (rrande partie de cette vaste surface, la croûte terrestre semble demeurée h l'abri des commotions qui ont partout laissé tant de traces dans l'Europe occidentale. Les plus vieilles formations s'y retrouvent sans dislocation, sans altération apparente de l'eau ou du feu. Lentement émergées de la mer, ces terres en conservent Taspect dans leurs immenses plaines légèrement ondulées. L'imagination, en présence de ce spectacle, se reporte aisément à la période relativement récente où, à travers cette vaste dépression, la mer Baltique s'unissait à la mer Noire et à la Caspienne, isolant l'Europe de l'Asie : l'œil se figure l'époque glacière, alors que les glaces flottantes emportaient dans le S. de la Russie jusqu'à Voronége, sur le Don, les blocs de granit de Finlande, dont tout le centre de l'empire est encore jonché.
Par toutes ces conditions physiques de structure, de climat, d'humidité, la Russie est en opposition complète, et pour ainsi dire en antagonisme avec l'Europe occidentale, l'Europe historique ; par toutes, elle est en relation étroite avec les contrées de l'Asie auxquelles elle adhère. Les différences avec nous deviennent des ressemblances avec elles. A consulter la nature, l'Europe proprement dite ne commence qu'au rétrécissement du continent entre la Baltique et la mer Noire....
Lorsqu'on parle du développement que l'avenir réserve à la Russie, il faait faire une large part aux conditions naturelles où elle est placée; citons encore les paroles de M. Beaulieu :
Dans toute cette zone, l'hiver, durant plus de la moitié de l'année, laisse peu de temps à la végétation et à la culture. Le sol reste souvent plus de deux cents jours sous la neige; les rivières nedéprùlent qu'en mai ou à la fin d'avril. Sans l'actif
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printemps du N,, qui fait pour ainsi dire éclater la végétation en une soudaine explosion, tout travail de la terre serait inutile. L'orge, puis le seigle, sont les seules céréales de ces ingrates contrées. La culture du froment est rare et peu productive; le lin est la seule plante que ce ciel rigoureux laisse vraiment prospérer. La terre pourvoit mal à la nourriture de ses habitants. La population a beau Jtre disséminée sur de vastes espaces, elle a beau ne pas dépasser dix habitants par kilomètre carré, et tomber souvent fort au-dessous de ce faible chiffre, elle n'obtient point du sol qu'elle cultive un pain suffisant; elle est obligée de demander à une foule de petites industries la vie que lui refuse Tagriculture. Rare et diffuse comme elle est, la population de ces pauvres contrées ne croît que d'une manière insensible. De toute cette région, qui occupe plus de la moitié de son territoire européen , la Russie ne peut espérer quelque augmentation du nombre de ses habitants, de sa richesse et de sa force, que grâce à l'industrie, comme aux environs de Moscou ou dans l'Oural...'.
Toutefois, la diversité des régions physiques de la Russie, et la grandeur du tout, ne doivent point nous faire illusion sur son homogénéité. Il importe de ne le point perdre de vue: l'unité de la Russie est si naturelle, qu'à moins d'être une île ou une presqu'île, aucun pays du globe n'a été plus clairement marqué pour l'habitation d'un seul peuple. A travers toutes leurs différences, toutes leurs oppositions physiques et économiques, les deux grandes zones de la Russie sont attachées l'une à l'autre comme deux moitiés qui se complètent et qu'on ne saurait isoler. Pour premier lien, elles ont le sol, la plaine, qui entre elles ne laisse aucune barrière, aucune frontière possible : pour second lien, elles ont le climat, l'hiver, qui presque chaque année les confond pendant de longues semaines sous le même manteau de neige. Au mois de janvier, on peut aller en traîneau d'Arkhangel ou de Pétersbourg à Astrakhan. L'absence de neige est pour le S. de la Russie une calamité presque aussi grande, presque aussi rare que pour le N. Dans les steppes du midi comme dans les forêts voisines du cercle polaire, les fleuves demeurent plusieurs mois enchaînés par la glace. La mer d'Azof gèle comme la mer Blanche, la moitié septentrionale de la Caspienne comme le golfe de Finlande. La mer Noire est la seule des mers de la Russie d'Europe dont la glace ne ferme les ports que dans les années exceptionnellement rigoureuses ; mais les larges embouchures
de ses grands fleuves se prennent presque régulièrement. D'ordinaire la navigation n'est point interrompue; mais au souffle du vent du N., sur les côtes de la Crimée comme sur celles du Canada, les bateaux ont parfois leur agrès durcis par la glace, et leur carène couverte d'une croûte congelée, qui les alourdit et les met en danger.
Sans montagne pour les séparer, les forêts ou les steppes des deux zones sont réunies par leurs fleuves. Les plus grands ont leur source dans Tune, leur embouchure dans Tautre. Si la nature a jamais tracé les contours d'un empire, c'est en Russie, de la Baltique à l'Oural, de l'océan Arctique à la Caspienne et à la mer Noire. Le cadre était nettement marqué, l'histoire n'a eu qu'aie remplir....
M. Beaulieu fait bien ressortir un des faits caractéris* tiqiies de la Russie, la densité très-inégale de la population. En Europe même, dans la Russie proprement dite, il y a des districts ruraux qui, pour une même superficie, sont plus de doux cents fois plus peuplés que d*autrès. Deux grands ordres d'influences ont présidé à cet inégale répartition des habitants : les conditions historiques et les conditions physiques, celles-ci permanentes, essentielles, celles-là transitoires , accidentelles , et par conséquent devant s'efi'acer devant les autres. La population la plus dense se presse encore autour dos deux centres historiques de la vieille Russie, Kief et Moscou; mais Tancienneté de la population n'est plus la principale raison de sa densité. A Kief. c'est le sol et le climat, à Moscou, c'est la position centrale et l'industrie qui retiennent les habitants agglomérés, tandis que la reine du Nord, la grande Novgorod, n'a autour d'elle que de rares habitants, aussi pauvres que les ressources de ses campagnes.
t'influence de l'histoire sur la répartition de la population russe tend à s'efîacer devant celle des conditions physiques ; elle persiste cependant indirectement par un côté important, le degré de culture du peuple. Dans des conditions physiques égales, la population d'un pays, sur
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une surface donnée, peut être d'autant plus élevée que plus haute est sa civilisation. Chaque passage d'un degré de culture à l'autre , de la vie de chasseur à celle de pasteur, de la vie pastorale et nomade à la vie agricole et sédentaire, de l'état purement agricole à l'état industriel et commercial, chaque progrès même d'un mode d'exploitation de la terre à un autre, de l'agriculture instable comme celle des steppes à l'assolement triennal, de la culture extensive à l'intensive , chaque pas en avant dans cette longue carrière du développement des peuples élargit le champ de la population. En Russie, où, dans les limites même de l'Europe, se retrouvent tous les modes d'existence depuis la vie de chasseur et la vie nomade, il n'y a de capable d'une augmentation considérable de population que les régions qui peuvent passer d'un degré de culture à l'autre. Ce passage, la nature l'interdit à plusieurs : l'extrême N. est voué à la chasse et à la pêche, les steppes ouralo-caspiennes sont condamnées à la vie pastorale et nomade ; la civilisation ne le promet à d'autres que dans un avenir lointain dont nous ne pouvons supputer la date. L'industrie ne faisant qu'éclore en Russie, c'est de la vie agricole qu'il faut attendre presque tout le développement prochain de la population de l'empire. v
M. Leroy-Beaulieu formule ainsi la conclusion de cette première partie de son travail :
La Russie est un peuple en état de formation, au point de vue moral comme au point de vue matériel. Pour Tun comme pour Tautre, on ne peut pas sans injustice la comparer aux États de TEurope occidentale. Vis-à-vis d'eux, elle se trouve dans la position d'une armée en train de se former et encore , dispersée, vis-à-vis d'une armée dont les cadres sont complets et les corps concentrés. Elle peut être faible aujourd'hui devant des peuples qui dans un siècle ou deux seront hors d'état de lutter avec elle. On l'a bien vu lors de la guerre de Crimée. Depuis elle a fait d'immenses progrès, et une entre-
prise comme celle de Sébastopol aurait actuellement bien peu de chances de succès. Aucun peuple n^a jamais tiré meilleur parti d'une défaite; cependant aujourd'hui encore la force de la Russie est moins grande que sa masse, moins grande que sa population. Les Russes le sentent mieux que personne; mais ils savent aussi que le temps et ]e travail mettront bientôt leur puissance réelle au niveau de leurs ressources naturelles et de la grandeur de leur territoire.
La deuxième partie de l'exposé de M. Leroy-Beaulieu traite de la population , ou , pour mieux dire , des populations de la Russie ; la troisième partie est consacrée spécialement aux Slaves, c'est-à-dire au fonds même de la population russe. Le tableau des peuples inégalement répandus sur l'immense espace qui s'étend de l'océan Arctique à la mer Noire est une description vivante et complète, à laquelle il ne manque que la mention critique des autorités pour en faire un remarquable morceau d'érudition ethnologique. « Si la Russie peut être comparée à une mosaïque, c'est à un do ces pavages antiques dont le fond est d'une seule substance et d'une seule teinte , dont le cadre seul est fait d'une bordure de différentes pièces, de différentes couleurs. La plupart des populations d'origine étrangère sont rcjotécs «aux extrémités de la Russie, et forment autour d'elle, surtout vers TE. et vers rO., comme une ceinture d'une plus ou moins grande épaisseur. Tout le centre est rempli par une nationalité à la fois absorbante et cxpansive , au milieu de laquelle s'effacent de maigres colonies allemandes ou de minces enclaves finnoises ou tatares , sans cohérence et sans lien national, o
On peut bien penser que la question de la nationalité slave , qui depuis vingt ans a donné lieu à tant d'appréciations outrées, à tant de discussions passionnées et hostiles, ne passe pas inaperçue dans ce savant travail. «Quelle part ont eue , dans la formation du peuple russe , les divers éléments dont nous voyons cnporc au milieu ou au-
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tour de lui les restes épars? C'est là une des questions qu'agitent le plus les Russes , que soulèvent le plus leurs adversaires. Pour la poser comme la posent les uns et les autres , le fond du peuple russe est-il européen ou asiatique ? Est-il slave , frère et voisin du Latin et du Germain, et par le même sang appelé à une civilisation analogue; ou bien est-il touranien , tatar ou mongol , destiné par sa constitution même à ne prendre que les formes d'une culture étrangère à sa race ?. Si ce problème a reçu les solutions les plus contradictoires , c'est qu'il a été plus débattu par la passion , par la rancune ou l'orgueil national , que par l'étude et l'observation, et que des deux côtés on ne s'est pas assez souvenu que l'impartialité est la première condition de toute recherche scientifique. »
S 2. Quelques notes sur l'histoire et l'ethnographie de la Russio
au moyen â^ge.
Les extraits analytiques que M. Martinov a donnés, dans l'excellente Revue mensuelle publiée par la Société Bibliographique, du dernier volume des Mémoires de r Université de Kazan (ci-dessus , n° 532 de la bibliographie) , contiennent entre autres documents deux notices d'un intérêt particulier pour l'ethnographie historique de la Russie au moyen âge ; nous reproduisons ces deux morceaux.
L Les Méras et la principauté de Rostov» M. Korsakov a donné sous ce titre une étude fort remarquable, dont la place est marquée à côté des travaux analogues de MM. Pogodine, Kostomarov, Ilovaïski et Beliavev, qui ont jeté un nouveau jour sur le passé historique et social des principautés de Novgorod et de Pskov, de Viatka et de Riazan , et posé les fondements d'une histoire vérita- 14e du peuple russe du onzième au quinzième siècle. Cette période de l'histoire russe a été longtemps méconnue. La
Russie formait alors une sorte de confédération dont chaque membre avait son autonomie, son chef, ses traditions. Parmi ces principautés confédérées , celle de Rostov et de Souzdalie occupaient une place marquée. Là se trouvait le noyau de la branche Grande-Russienne de la nation russe ; là germait le principe de la monarchie future ; là enfin s'est formée la petite principauté de Moscou, devenue plus tard le centre et la tète de Timmense empire russe. L'histoire de Rostov sert donc de prologue à celle de Moscou: de là son importance. M. Korsakov a mis un grand soin à recueillir les nombreux matériau? épars de tous côtés, à les coordonner et à leur donner un corps. Son ouvrage a trois parties : dans la première , il reconstitue l'ancienne tribu fmno-tartare des Méras , qui habitaient le bassin supérieur du Volga , et qui , s'étant mêlés ensuite aux Slaves , leurs colonisateurs , donnèrent naissance à ce qu'on appelle aujourd'hui les Grands-Russes. De nos jours on a beaucoup agité la ([ucstion de l'origine des Moscovites, que certains auteurs voudraient reléguer parmi les peuples touraniens. Il y a dans ces débats plus d'un malentendu. Les recherches consciencieuses de M. Korsakov sont de nature à fes atténuer, sinon à les dissiper entièrement. Elles constatent que les Méras occupaient primitivement les pays connus aujourd'hui sous le nom de gouvernements de Yaroslav, Kostroma, Vladimir, et en partie de Moscou. Les détails ethnographiques qu'elles contiennent à c(î sujet font peut-être le mérite principal de l'ouvrage. Lien que la partie historique ait aussi le sien , en offrant pour la première fois un tableatL assez complet de la vie politi([ue , sociale et religieuse de Rostov. On peut discuter certaines assertions de l'auteur, et lui signaler plus d'une source qu'il a négligée, quoique il en ait utilisé un bon nombre; ces défauts, inséparables d'un premier essai , n'ôtent pas la valeur réelle à son livre, qui sera d'un grand secours à (juicon([ue voudra
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plus tard retracer Thisloire de Rostov et de Souzdalie dans de plus amples dimensions.
Une étude analogue a été faite par M. Thirsov dans ses PopuhUions hvUgcnes (h Vancicn tsavat de Kazan dans la nouvelle Russie^ avant 1762, et la colofiisation du pays d*au delà de la Kama. Le vaste territoire de la Russie N. E. était habité par de nombreuses tribus de la race touranicnnc. Leur passé n*a \i;\\erQ laissé de traces, et ce manque dos données statistiques et historiques empêchait le gouvernement d'apporter des améliorations sérieuses et conformes aux vrais intérêts des populations. L'ouvrage de M. Thirsov est donc d'une utilité praticjue : il nous apprend la marche de la colonisation du pays et les succès plus ou moins grands qui raccompagnaient. L'administration actuelle y puisera plus d'un enseignement. La science y trouve aussi son compte : personne, en effet, ne s'était donné encore la peine de retracer la vie intime de ces populations au dixhuitième siècle. La nouveauté du sujet, l'abondance des ipatériaux mis à profit, la manière sérieuse dont ils sont élaborés, la solidité des preuves sur lesquelles l'aufeur appuie ses assertions et qui sont généralement d'accord avec les faits déjà acquis à l'histoire, ce sont là autant de titres qui font de cette étude une bonne acquisition à la science historique, et justifient pleinement. la récompense qu'elle a value à son auteur (le diplôme de docteur). M. Thirsov avait publié, quelques années auparavant, une autre étude ethnographique et historique sur Vétat des populations indigènes dans la partie N, E. de la Moscovie (Kcizau, 1866]. On ne peut (jue féliciter les savants de Kazan du pareil choix des thèmes ; c'est à eux que revient de droit la tache de dissij)er les ténèbres qui enveloppent le passé des populations touranienncs de la Russie orientale.
EUROPE MÉRIDIONALE