FRANCE. CANAUX
ur profit. Ce canal fut livré au commerce en 1642. Il Avait coûté environ 10 millions de francs. C'est en vertu de concessions analogues que furent exécutés plusieurs autres grands canaux , notamment le canal du Languedoc, concédé en 1666 au sieuV Riquet, le canal de Grave, concédé en 1675 à M. de Solas , celui d'Orléans , au duc d'Orléans en 1679, etc.
Sous Louis Xy, les compagnies marchandes avaient à peu près disparu. M. F. Lucas trace l'historique complet de tous les canaux établis au dix-huitième siècle et de nos jours , et il donne des renseignements détaillés sur la situation actuelle des voies de navigation intérieure divisées en canaux, rivières canalisées et rivières non canalisées. Il considère les voies navigables dans leurs rapports avec les chemins de fer, et constate que sur la partie vraiment prospère de notre système de navigation intérieure, c'est-à-dire sur le réseau du Nord, l'activité des transports par eau s'est développée rapidement depuis trente ans, et n'est pas aujourd'hui moindre que celle des transports par voie ferrie ; elle a rempli , dit-il , à l'égard du monopole des chemins de fer, le rôle d'un modérateur efficace, et contribué puissamment à la diminution du prix des transports.
La quatrième partie du livre de M. P. Lucas traite des ports de mer, et la cinquième des phares et balises. Notre port le plus ancien est celui de Marseille , colonie phocéenne dont la fondation remonte à 660 ans avant Jésus- Christ, et qui établit ensuite d'autres ports à Agde, la Ciotat,Antibes, Nice, etc. Les Romains, devenus maîtres de la Gaule, établirent des stations navales à Calais, Boulogne, Dieppe, Cherbourg et Brest. L'histoire de nos ports marchands et militaires se confond ensuite avec celle de notre marine, inséparable elle-même de notre histoire politique, militaire et économique : ce qui donne à ce chapitre un grand intérêt. Les renseignements statisti-
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ques et techniques sont aussi très-dignes ^d'attention.
La France compte aujourd'hui 218 ports, dont 62 sur* la Manche, 103 sur l'Océan, et 53 siu* la Méditerranée. L'histoire de l'éclairage maritime' est la suite naturelle de l'histoire des ports. La grande tour ardente élevée par Caligula sur la falaise de Boulogne s'écroula en 1644. Le plus ancien des phares aujourd'hui existants est celui de Cordouan, construit par Louis de Foix, de 1584 à 1610, à l'embouchure de la Gironde. Le mode d'éclairage de ces signaux nocturnes a reçu plusieurs perfectionnements successifs , dont la construction des phares à éclipse et à lentilles annulaires , due au célèbre ingénieur Fresnel , et Papplication de la lumière électrique, sont à la fois les plus récents et les plus importants. Au 1" janvier 1872, les phares allumés sur les côtes de France étaient au nombre de 330, savoir : 45 do premier ordre, 6 de second ordre, 44 de troisième ordre, 225 fanaux, et 10 feux flottants.
M. Belgrand, sar l'hydrologie du bassin de la Seine.
La présentation du livre de M. Belgrand à l'Académie des sciences (12 mai 1873) était accompagnée d'une lettre dont nous extrayons quelques passages.
L'auteur rappelle à l'Académie que le manuscrit de l'ouvrage lui avait été présenté par M. Dumas le 10 décembre 1870, et qu'il avait été déposé ensuite à la bibliothèque de rinstitut ; c'est ainsi qu'un travail de bien des années avait été sauvé de l'incendie du cabinet de Tau- ' teur à l'Hôtel de Ville.
Le livre est divisé en deux parties. La première est consacrée à l'étude des eaux courantes ; la seconde à l'agriculture. Elles sont précédées d'une introduction, dans