‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 131 sur 425 · CELTES · texte numérisé non relu

CELTES

GaWi.... Interrogeons les textes anciens, mais en les classant par époqxies, et en ne tenant compte que de ceux qui méritent réellement notre confiance. Que voyonsnous? que jusqu'à Polybe, qui écrivait environ cent soixante et dix ans avant notre ère, ou plus nettement, jusqu'au moment où interviennent dans Thistoiro les ré* cits des expéditions de nos pères au dehors , et notamment en Italie, le nom des Gaulois ou Galates est inconnu. Les Grecs, Hérodote (450 ans avant notre ère), Aristote (cent ans plus tard) , ainsi que les anciens géographes comme Éphore , ne connaissent que des Celtes ; et qu'en savent-ils ? rien que d'extrêmement vague : ce que Ton sait des pays dont on ne connaît que les côtes , grâce aux comptoirs de commerce qui y sont établis....

« Un seul texte grec antérieur à Polybe nous donne un détail exact sur la Celtique : c'est celui qui nous parle de « la voie héracléenne qui 'conduisait d'Italie dans la Celtique et la Celto-Lygie. 3> C'était là un ji-enseignement venu directement par Tentremisc des colonies grecques. Les anciens, au reste, avaient trèvS-bien conscience de cette ignorance des historiens relativement à la Celtique, ce Les historiens anciens les plus exacts , dit Flavius Josèphe [contra Appionem, I, xii), étaient d'une entière ignorance relativement aux Galates et aux Ibères (à Tépoque de Flavius Josèphc, le terme Galafœ avait remplacé celui de CeHœ), au point qu'Ephore parle des Ibères comme des habitants d'une seule ville , quand on sait que ce peuple occupe une grande contrée à l'occident. » Strabon se rendait un compte non moins exact de l'ignorance des anciens relativement aux Celtes , et l'on peut s'étonner que son opinion n'ait pas été citée plus souvent. «De même, dit-il (liv. I, p. 33), que les anciens Grecs donnaient Tunique nom de Scythes aux populations du Nord, lorsqu'ils découvrirent les peuples occidentaux ils les appelèrent des noms simples de Celtes, Ibères, Celti-

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bères et Celto*Scythc8 , rangeant par ignorance , sous une seule dénomination , des nations différentes. »

« En somme , continue M. Bertrand , il est évident que pour les écrivains grecs, et pour tous, ceux qui relèvent directement d'eux jusqu'à une époque voisine de notre ère, le nom de Celtœ était un nom générique donné vaguement à la presque totalité des populations de l'Europe occidentale, y compris la Germanie et particulièrement la vallée du Danube. Est-il besoin de dire que ces vastes contrées s'élendant de la mer Noire aux Iles-Britanniques devaient contenir une grande variété de tribus , même de races ? Il n'est donc pas douteux que le nom de Celtes ait été durant toute cette première période un nom sans aucune valeur précise et définie, appliqué d'une manière générale à toute une série de populations du centre et do l'ouest de l'Europe très-mal connues des anciens , comme est par exemple encore aujourd'hui, pour les Orientaux, le nom de Francs, indistinctement donné en Asie Mineure et en Syrie aux Anglais , aux Allemands , aux Italiens , aux Espagnols , aussi bien qu'aux Français. Il n'y a aucun parti scientifique à tirer de pareils renseignements. L'histoire de cette première période ne peut se faire absolufnent pour la Gaule et la Germanie qu'à l'aide de l'archéologie et de Tanthrppologic étroitement unies. On ne peut historiquement rien affirmer de général relativement à ces siècles reculés, ni touchant les institutions sociales, ni touchant le langage, encore moins touchant le physique des nombreuses peuplades qui couvraient la Celtique d'Éphore.

« Une ère nouvelle sous ce rapport commence , au contraire , avec Polybe. Il ne s'agit plus dès lors de docu- • ments vagues, mais de faits précis , parfaitement nets, et de populations dont la physionomie est parfaitement dessinée. C'est ici un point essentiel à établir. Polybe ne parle ni des Celtes ni des Galàtcs de son époque en gêné-

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