‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 139 sur 425 · HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE

i raco humaine. Le monde que nous habitons ne nous a las toujours été connu comme il Test aujourd'liui. Les lotions géographiques se sont agrandies à mesure que es rapports des peuples se sont étendus ; elles se sont 3criectionnées à mesure que se développaient les sciences aistoriques et les sciences d'observation ; — et réciproquement la géographie a fourni à toutes les autres sciences des vues et des données positives qui ont puissamment aidé à leurs progrès aussi bien qu'à la justesse de leurs applications. Sans les relations des voyageurs, Montesquieu n'aurait pas écrit Y Esprit des lois, La géographie, en un mot , dans tous les temps et chez tous les peuples, a suivi la marbhe même de la civilisation, et elle y mesure en quelque sorte ses progrès. C'est dans cette simultanéité, dans cotte solidarité de progrès et de développement, qu'est le côté philosophique de la science. C'est par là qu'elle se fait une place considérable à toutes les grandes périodes de l'histoire ; c'est par là qu'elle tient à toutes les questions capitales (j[ui surgissent d'époque en époque dans les affaires extérieures des grandes nations de l'Occident ; c'est par là qu'elle est une science digne des esprits los plus élevés.

a Mais les explorations du globe ne sont pas seulement une branche particulière de l'histoire des sciences ; elles sont une face tout entière de l'histoire do riiumanité. Rien n'est plus propre à faire ressortir la valeur relative, des diverses rac(!S et la portée si difft'rente de leurs aptitudes , en même temps ([ue la part inégale, que la Providence leur a rc'serv«''e, dans le développement intellectuel de l'Espèce ; il y a là un fait puissamment caractéristique, (jue l'on n'a pas assez mis en saillie».

«Au point d(; vue des apiiludes sci<'ntili((ues et civilisatrices, TEspèct^ humaine se partage récllenunt en deux groupes : d'un côté, les peupLis blancs, — la farailh^ Aryenne et la famille Sémitique ; — d'autre part, le reste des

464 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE. (n®* 788-802.)

nations du monde. Ce qui distingue éminemment les races blanches entre toutes les autres , ce qui fait avant tout leur noblesse et leur force , ce sont deux facultés qui leur sont exclusives , ou qui du moins , jusqu'à présent , ne se sont produites que chez elles , l'expansion et Tassimilation. Les grands progrès accomplis dans les sciences viennent de cette propension incessante des races blanches à se porter au dehors , à tout voir, à tout observer, à tout connaître , et de leur esprit éminemment synthétique qui fait de chaque observation nouvelle un nouvel élément de progrès. C'est à cette disposition native des peuple» de notre race que sont dues les découvertes successives qui nous ont donné la connaissance complète du globe terrestre. L'Africain dans sa peuplade , le sauvage dans sa tribu , le pasteur nomade au milieu de ses steppes , l'insulaire au milieu de ses archipels, connaîtront leur territoire, les sentiers de leurs forêts, les îles de leur entourage ou même les rivages de leur mer : ils ne savent, ils ne soupçonnent rien au delà. Le Chinois , en qui se résume la civilisation des peuples jaunes , ne connaît que les pays habités par sa race ; c'est son univers. Les nations de notre Occident ont eu seules, dès les plus anciens temps , cette intuition divine qu'au delà de leur horizon il y avait un monde, et que ce monde était leur domaine. Elles ont toujours été en avant , à travers les continents , à travers les mers, à travers l'Océan , jusqu'à ce que le globe, sillonné, étudié, mesuré dans tous les sens, n'ait plus eu pour elles ni bornes ni mystères. La Géographie, la Description de la Terre dans la grande et complète acception du mot, n'existe que par elles.

« C'est ce tableau de leurs efforts incessants et de leurs découvertes que je voudrais reproduire. J'essayerai du moins d'en tracer les grandes lignes. Partant des âges les plus reculés où nous permettent d'atteindre les souvenirs et les monuments, et descendant de siècle en siècle

Page 1