MAROC. U. T15S0T
5* Le cours inférieur du Sbou, de son embouchure & SIdi Ali bon D^înounn. La reconnaissance de la rive gau^ che du fleuve, entre Melidîa el le point où le Sbou reçoit le trop-plein des marais formés par l'Oued Beht, offrait de sérieuses difficultés : il s'agissait de s'engager sur le territoire d'une des tribus les plus insoumises et les plus redoutées du royaume de Fez, lesBeoi-Shscn ; nos TOyargeurs avaient en outre à longer, pendant deux journées, celte mystérieuse forêt du Màmoura, qui, ai elle n'est plus un repaire de lions, comme au temps de Léon l'Africain, est encore l'embuscade favorite des Zemmour Gbleucb, Berbers qui n'ont jamais reconnu l'autorité du sultan.
M. Tissot n'en tenta pas moins l'aventure avec les ressources dont il disposait , accompagné du chargé d'affaires d'Italie à Tanger, M. Scoraito, qui s'était rendu par mer de Tanger à Rabat ; du chancelier de la légation de France, M. G.Bobin; deM.Fliscli, consul de France àCasabianca; de M. Ducor, agent à Rabai ; du premier interprète auxi^ liairc de la légation, M. Haim Bey Ghlmol, et d'une quarantaine d'indigènes, serviteurs, guides ou soldats, d'une énei^e et d'une fidélité éprouvées.
Notre ministre quitta la route du littoral à une heure de Sla, longea ou coupa la forêt de Màmoura jusqu'au Sbou, et alla camper le premier jour à Knitra, chez les Béni Ahsen qui lui donnèrent d'assez mauvaise grftce l'hospitalité qu'il était en mesure d'exiger. Un peu avant l'aube du jour, une bande de Zemmour Ohleuh', cachés dans la forêt, enlevait les troupeaux du douar de Emitra sans oser s'attaquer au petit camp européen, oii toutes les mesures avaient été prises, d'ailleurs, pour repousser un coup de main. Le lendemain, M. Tissot avait la satisfaction de retrouver dans cette région inexplorée, là même oii le calcul des distances l'avait conduit à la placer par hypothèse, la station antique de Thamusida que l'itinéraire d'Autonin indique à égale distance de Sala et de
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Bounam, Les ruines de cette dernière colonie romaine avaient déjà été retrouvées par M. Tissot, en 1871, à Sidi Ali bou DjenouQ.
M. Tissot, au retour, s'attacha à suivre jusqu'à Tanger le tracé de la voie romaine, qui ne longeait pas le littoral, comme on l'avait supposé jusqu'alors, mais qui passait en réalité par l'intérieur pour éviter la région des lacs et des marécages précédemment parcourue par notre ezpl<H rateur. C'est ainsi que M. Tissot a pu retrouver toutes les stations qui jalonnaient cette voie de Sala à Tingis : Tha/musida à Sidi Ali ben Hamed, chez les Béni Ahsen; Banasa à Sidi Ali bou Djenoun ; Frigidœ aux ruines de Soueïr sur le plateau des Rhlot ; Liocus à Tchemmiach ; Tabemœ à Lella Djilaliya; Zilis à Azila; Ad Mercuri à Had el Gharbia.
Les recherches de notre ministre ont, en outre, complii> tement justifié Thypothèse émise par M. Vivien de Saint- Martin, en ce qui concerne le lac Gephisias de Scylax. On sait que tous les géographes, acceptant l'opinion défendre par Barth et G* MûUer, identifiaient ce lac à la Merdjai de Ras ed Doura ; M. Vivien de Saint-Martin, seul, avait défendu le texte de Scylax contre ses commentateurs^ et émis l'espoir qu'une exploration plus complète de la côte ferait retrouver le lac Gephisias là même où Scylax le plaçait, c'est-à-dire entre le cap Spartel et Azila. Mi Tis^ sot, et c'est là une des parties les plus intéressantes de son étude, a démontré que l'opinion de M. Vivien de Saint- Martin était parfaitement fondée : le lac Cephisias existe encore sous la forme des immenjses marais ou lagunes qui forment le Mharhar et l'Oued el Kharroub.
Le quatrième voyage de M. Tissot, accompli de o^ars en mai 1874, Ta conduit à Meknès, où il était appelé à remettre ses nouvelles lettres de créance au successeur de Sidi Mohammed. Getle dernière exploration lui a permis de compléter l'étude du massif si important du ZerhouB,
celle de l'hydrographie du plateau de Meknès, el de fixer
d'une manière certaine la position jusqu'alors douteuse de Volubilis (Ksar FarâounJ, dont notre ministre a mesuré et dessiné les ruines.
En retournant à Tanger par les plateaux qui dominent la grande plaine du Sbou, M. Tissot a fait l'ascension du pic du Tselfat et celle du Djebel Kort, deux sommets qui n'aToientjamais été gravis par des Européens et qui jouent un rûle important dans l'orographie du royaume de Fez, De ces deux points culminants, M. Tissot a pu découYrir et placer les principaux sommets du massif montagneux da ftif, en môme tempe qu'il eontrAlait 1«b obëerrstionii qu'il avait précédemment recueillies de la plaine ou du iittoral.
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SÉKtGÂI.
ar fiÉHÉouuiE.
I. BbbUouz (ELFél.)- André Brue, ou rorigine de la colonie Cranfâise du Sénégal. Lyon, 1874, in-8, 3^9 pages. Carte.
> André Brûe, chitalisr d< l'ordra da Saint- Sftpulcrs de JsrolaluD, eommtnduit poar 1c roi et directeur général ponr 1ï Compj{;nIe rodais lia Ftmn« idi cdtn du Sinigal st autree lieux d'Aflique, B>t 4 psina DOmmi daai l'hiiUira ginéialadi oaLra paya; al cepeadant il darrait ; oceapar une plica dlalingiiée, ai noua étions ptui soucieux daa ioté* léta da DOi coloni») et plus attentirs aut découTerles géogriphlqaea d* DOS eompalrÏDlat. Il a donné à doi poaaaaaioDS da Sénégal du llœlMs qui n'ont pas été depaaiéee, et 11 a dirigé d« eiploratloiw sur dei contres) qu'on n'a pai tsuM* revues depuis l'cpaijue où il viiut. > Tel est
at bien Lejn, aa «ffel, d'a*alr U notoriété qoa te* aarrlcai émlnent* ■uniant dd loi uiorer; mus qaal est l'bsianui, siutOBt chu naos, onblieuiïl légers, uni a iamals trooTé sa juste part de glolia dans la aolldlls seule de ses travaoi «l même daus l'étandaa de ses serrices, loraqu'il n'a pas été sanl par de* cirsasitandei partieuliàranunl Suarâble*, au aidé par uns part da aavoir faire qui répogna aux natures droites 1 Je désire, sans l'espérer beaucoup, que le livre où U. Berlloni Tient d'exposer d'une manière saîvia et réguliira lai voyages de BrBe, ■t lai imminiesierTiees qu'il a rendus comme gr~"'" ' — '
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lonie da SénégAl, appelle sur le nom de riotègre et actif adminiatrateiir toatrhonnear qoi lui est dû.
36. Bérenger-Pkbaud (IK.). Étude sur les populations de la CasimaDce. Revue (TarUhropologie, 1874, n*3.