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OASIS

fleuve au moyen d'inliltrations à travers les couches inférieures ; on a cru aussi que cette connexion entre le fleuve et les sources pouvait se prouver par la périodicité des puits. Il est démontré que toutes ces théories sont fausses. Le niveau de l'oasis, par rapport à la mer, est à peu près le même que celui du Nil sous la même latitude. Une descente souterraine des eaux du Nil dans la direction de rO. est rendue impossible par le relèvement des cou* ches dans cette direction ; et quant à la périodicité supposée, aucun de nous n'a pu la reconnaître.

<c U y a plus de probabilité dans Thypothèse selon laquelle l'eau de Toasis aurait sa source au Nil de Nubie, probablement au-dessus des cataractes de Ouâdi Hal£a. L'élévation plus grande de cette partie du Nil au-dessus de la mer, jointe à la configuration géologique de cette partie de la vallée du fleuve, appuiraient cette supposition. A quoi il faut ajouter la disposition géographique des oasis et de leurs vallées, qui présente une chaîne courant à peu près parallèlement à la vallée du Nil, depuis l'oasis de Kaëb où cette chaîne commence, à 10 heures à l'O. de Dongola, jusqu'aux oasis de Kharghèh et de Dàkhel, en passant par eeUes de Sélimèfa, de Kourkour et de Ghebb.

« Finalement, la supposition que le Nil a eu autrefois son cours à travers la chaîne des oasis est démentie par la nature du sol ded oasis elles-mêmes, lequel se compose uniquement de couches à jour de moyenne formation calcaire, et né montre nulle part la moindre trace du limon alluvial du Nil. On ne trouve aucun poisson dans les eaux des grandes oasis ni dans celles de Dakhel... * n

1 . En dehors de toutes ces hypothèse^, pourquoi n'admettraitHHl pas simplement quMci, comme dans les oasis de la région Atlantique, les puits toujours si profonds sont fournis par les nappes d'eau souterraines? Il ne faut pas oublier, ainsi que le D* Schweinfurth nous Ta dit lui-même, que toutes les sources de Toasis de Kharghèh ont

Expédition de Gerhard Rohlfs dans le détert libyqae, à l'onest

de TÉgypte.

Cette intéressante expédition, organisée à l'instigation de Gerhard Rohlfs, l'explorateur bien connu par ses nombreux voyages africains, et dont les dépenses ont été libéralement fournies par le khédive, avait pour objet de reconnaître les parties orientales du Sahara jusqu'à présent inexplorées au N. du Darfour et du Ouadâi, depuis les oasis égyptiennes jusqu'aux approches du Fezzan, — un espace de deux à trois cents lieues dans les deux sens. Le voyageur ne se dissimulait ni les extrêmes difficultés ni les dangers d'une telle entreprise au sein de ces déserts inconnus ; mais il y apportait sa grande expérience acquise, son ardeur, son intrépidité, servies par un tempérament vigoureux, rompu à ce redoutable climat. Le large subside du khédive avait d'ailleurs fourni les moyens d'organiser l'expédition sur une grande échelle, et d'y rattacher de savants auxiliaires : Gerhard Rohlfs avait choisi pour collègues le professeur Jordan de Garlsruhe, comme astronome et géodète ; le D** Zittal de Munich, comme géologue ; le D' Âscherson, de Berlin, comme botaniste. Il s'était adjoint en outre un photographe, M. Remelé, et rien n'avait été négligé d'ailleurs pour le côté matériel du voyage. La nature a été plus forte que le courage et les prévisions de l'explorateur. Après avoir poussé les reconnaissances jusqu'aux dernières limites du possible, force a été de revenir sur ses pas.

Le 27 novembre l'expédition arrivait à Alexandrie, d'où Ton remonta le Nil jusqu'à Syout; àlafin de décembre on arrivait à l'oasis de Farafrah, où les observations,

uno tempérai ure d'environ 30* centigrades, et que dans les oasis dé Dabkel; de Siwab, etc.; les sources sont également thermales.

HOHLFS AUX OASIS. 117

de même que sur tout le parcours de Titinéraire, ont été nombreuses. (V. ci-dessus la bibliographie , n^ 100 à 106). Â la date du 8 janvier 1874, Rohlfs écrivait d'el-Kasr, dftlis Toasis de Dakhel, dernière étape de ce qu'on peut encore appeler le monde connu à TO. de la vallée du Nil, sous le parallèle et à douze journées de marche de Louksor : « Nous sommes arrivés hier ici, venant de Syout par l'oasis de Farafrah. Nous avons été vingt et un jours en route, sur nos jambes ou à dos de chameau, non compris trois jours de repos à Bîr Kérâoui et à Farafirah. Nos dernières marches ont été affreuses ; depuis trois jours nous ne voyions plus aucune plante. Â droite et à gauche, rien que des dunes hautes de 60 à 70 mètres, au milieu desquelles une route large, qu'on dirait artificielle, et couverte de pyrites de soufre. Mais en pensant aux résultats obtenus, on supporte bien des fatigues. Au point de vue géologique , de belles observa* tiens ont été recueillies.

<c C'est surtout avant d'arriver à l'oasis de Dakhel que s'est offert à nous un tableau grandiose : un labyrinthe de roches comme on n'en trouve nulle part, et finalement les défilés les plus majestueux du monde qui nous ont introduits dans l'oasis elle-même.

<c Nous prendrons une quinzaine de jours de repos à Dakhel; nos chameaux sont épuisés. J'en attends d'autres de Syout, avec du fourrage. Je n'aurais jamais cru que nous aurions à lutter contre de tels obstacles. Espérons que nous les surmonterons, et que nous pourrons atteindre Koufara. »

Ces difficultés et ces fatigues n'étaient qu'un avant goût de ce qui attendait les voyageurs une fois entrés en plein désert. Voici ce que disent les dernières lettres reçues du Caire, et annonçant l'issue finale du voyage :

<c L'aridité du pays, les dangers sérieux et insurmontables que voit se dresser devant lui le voyageur qui

118 AFRIQUE. (n" 95-106.)

tente de pénétrer dans la partie du désert la plus nue du Sahara, située à l'O. de Dakhel, ont absolument empêché Texpédilion de s'avancer par celte voie vers Toasis inconnue de Koufara. » Rohlfs et ses compagnons n'avaient pas encore atteint le 45* méridien à TE. de l'Ile de Fer (Dakhel, qu'ils venaient de quitter, est par 46* 40'), qu'ils se virent contraints de changer de direction. Ils résolurent de remonter au N. vers l'oasis de Siwah. Voici dans quels termes Rohlfs rapporte ce fâcheux incident :

a Des dunes de sable insurmontables, toutes dirigées du S. au N., et dont les intervalles ne sont également qu'une vaste mer de sable, ne nous ont pas permis de continuer notre marche à l'O. Nous nous étions avancés dans le désert libyque jusqu'à six journées vers l'O. de Dakhel, quand nous vîmes ces masses de sable nous opposer un obstacle invincible. Nous pouvions bien suppléer au manque d'eau, en puisant dans nos caisses en fer disposées de manière à empêcher Tévaporation; nous pouvions aussi recourir, pour remédier au manque absolu de pâture pour nos animaux (ce que nous n'avions pas prévu dans le premier moment), à une provision de riz que nous avions faite à Dakhel : mais le chameau n'est pas une machine. S'il est organisé de manière à ce qu'il peut, en hiver, vivre plusieurs semaines sans boire, et plusieurs jours sans manger, la possibilité do marcher et de porter des fardeaux est chez-eux (dans ces conditions) beaucoup plus restreinte. Aucun chameau ne pourra, plusieurs jours de suite, traverser une mer de sable et franchir des dunes de 3 à 400 et 450 pieds de haut. Il nous fallut donc, de toute nécessité, renoncer à pousser plus loin notre exploration vers l'O.; et après quinze jours de marche ininterrompue, sans avoir une seule fois rencontré de l'eau, nous atteignîmes l'oasis de Siwah dans la soirée du 20 février. «

NACRTMAL. 119

L'iaauccèa d'une ezpiditioa qui réoDissùt certuannent tut 1«R élément» pntiqnes et Rcienlifiquos d'un» bonne aversée du désert, nous montre combien it esl peu proable qoB l'on puino AttUir une communication directe atre Dakbel et Konfan. n n'est p«s douteux queVexploition de cette dersifcre oasis, pour 6tre entreprise avec uelque chance de succès, devra partir d'Àoudjélah et de >jalo, aubien de Mounouk dwis.le Feuan.

De 8iw«h, l'espédition de Rohlfs est revenv* vers la rande Oasis (l'oasis de Khardjih des Anlnss], d'oJl elle

rejoint le Nil à Esneb au commencement d'ami, et le aire au milieu du m^me mois.

Bien ({u'elle n'ait pas atteint son but, l'expidition n'aura ut été sans résultats. Bile a constaté, dilH>n, que l'étroite

longue vallée sèche, indiquée au N> de l'oasis de akhel sous la dénomination arabe de Bahr-Belà-MA, ou leuve aann eau, n'existe pas ; elle a reconnu a?ec soin les tsia situées k l'O. de l'Kgypli^; elle a suivi dans te isert lib^qiie des routes que l'on ne connaîaiait pas en- •re; elle a enfia recueilli sur toute cette région des inrmations nombreuses et tout à fait nouvelles.

BODftUf OUBNTAI..

LEDOCTEiniN

. D' G. Nachticai.'s explorations ia Africa. Gtcgraphieal Magatint, oclobar 1814, p. Î77-283.

Notlm lue 1 la i^iidIdb brlttnnli|a« d* MlfuI, la H aolll dernier.

Outre cet aperça d'enHinble, on a, dant le joarnal giograptalqae de Berlia el dans tee Millheilungen de Petermann, un certain noiatira de laltrea et de moKeaai retua du D' Nacbtigal, durut aon vuyaca. Ainai, nDDi notaroDi une lettre écrite da Koulia, capitale du Bornou, an moli de décembre mi (.Firhandluni/in dér amlUchafl fur KTikundt zu 0trJin,ii;i, n- i,p. 0-11), dans laqiaetle te TO]tagear dépeint l'éui de déeadance, presque da démsnibnEnaDt où le Bomoii est lambé dapnit

laO AFRIQUE. (n«* 107-1 13.^

quelqoei années par mite de la faiblette du loltan aotnel. — Pour les antécédents do voyage du D' Nachtigal avant son arrivée an Bornoo, no> tamment son excursion au Tibesti riche en information! importantes sur les Tibbou de ces quartiers, nous renverrons au t. IX de V Année géogro' phiqWy p. 212, et au t. XI, p. 214.

De Kouka, le docteur eut une occasion favorable de faire une ezcurrion au Baghirmi, grand pays arrosé par le Ghari et ses dérivations au S. du lac Tchad, et il en a rapporté des informations qui ajoutent beaucoup à ce que nous en savions par la relation du D' Barth. Nous réunissons ici llndication de ces nouveaux documents :

108. D' G. Nachtigal'. Reise in die sadlichen Heidenlânder Baghirmi's (27 févr. — 7 sept. 1872). Zeitichrift der Getellsehafi fur Erdkunde xu Berlin, 1873, p. 249-2i57, 311-374 (avec une carte au 1 500 000', construite par le voyageur d'après ses itinéraires et ses informations).

— Die Tributaren HeidenlSnder Baghirmi's. ^MiUheilungen de Petermann, 1874, n*' 1 et 9, p. 10-16, 323-331 (Notice transmise de Kouka par le voyageur à M. Âug. Petermann).

*- Die Geschichte Baghirmi*s. Zeitsehr. der GeeeUtch. fûrErdk, su Berlin, 1874 (n** 49 et 50), p. 39-59, 99-133 (Morceau transmis par le voyageur).

109. D* G. Nachtigal's Reise von Kanem nach Borku (fin mars 1872

— 9 janv. 1873). Bnd. 1873, p. 141-158 (avec une carte au 3 000000* construite par le voyageur).

— Voyage du D' Nachtigal aa Bahr-el-Gliazal et au Borgou. BuUeHn de la Sœ. de Géogr. d» Paris, déc. 1873, p. 651-656 (Résumé des communications du D' Nachtigal aux journaux géographiques de Berlin et de Gotha, avec des remarques de M. Henri Duveyrier).

Excursion faite de Kouka, comme celle do Baghirmi, et qui, de même que celle-ci, ijoute beaucoup à ce que le D' Barth nous a appris sur la inégion qui s*étend au N. E. du lac Tchad.

110. Aug. Mariette. Sur une découverte récemment faite à Karnak. Acad. des inscr. Comptes rendus, 1874, juillet-sept., p. 243-

111. D' Nachtigal's Briefe aus Wadai, 16 April. —3 Juli 1873. Verhandlungen der Gesellsehaft fur Erdk» iu Berlin, 1873, n«3,p. 47-55.

Trois lettres adressées d*Abéchr, nouvelle capitale du Ouadâi, à M. Rohlfs et à M. Bastian. Le D' Nachtigal s'est rendu directement de Kouka au Ouad&i, où il est arrivé vers la un de nuurs. Le voyageur fait

1. Dans ces nouveaux documents publiés à Berlin et à Gotha, nous trouvons le nom du voyageur orthographié parfois avec deux U, Nachtigall, parfois avec un seul. Dans l'incertitude, nous nous en tenons, au moins quant à présent, à l'orthographe jusqu'à présent suivie.

NACHTIGAL. ISl

connalli^ 1b iliangemenl qui s'cit opéré m Oudil dipuki TMéDapiut du nouveau snlUu, saecuieDr de cdni i|iii>I>lt périr Vogcl au 1U«' Le pays est aclueilemaol ouicrl ini ttnngen, «t le nonnaa prince chcrcba h nouerdei ripporl) ivac les aolrei p*n du H. ds l'Alïïqi».

— !4auveltes du □' Nacbtiga.1. Son arrivda et eaa sijoui dins U Ouadâi. Buil. de la Soc. de Gfogr. Note da U. Henri Dure;*

lia. D' M*caTiijAi.'s Bri*f aus Wadai, 12 «UgiHt 1873'. Swna Reise nach Dnr Runga. UebBraichlsskiïie TOn D' Nicbtigal's RbIsen, 1869-1873, Millheilungm de Feteniumi, I8T4, n* 7, p. 36I-36S.

Ca morGHD ut aesompagni d'niu petits carte d'Afrique où lu narehu da D' Kachtigi] tout tneàaa, depnia MU départ de Tripoli, enlUï, Juaqn'au Darfour oiï la laiiialeot à ce moment lei deralèree noiiTellee* La Dar-RoaiiEa eet an paya [où juaqa'l^préiaDt aucun Enrapéen n'arait pénétra) allaé dlrsetsmeal an S. du Onadli, ren le 10* degré de leUtnde. Voir anui une lettre adraaaéB d'Abècbr au fi' BuUan i la date 31 juillet 1173, Ztiltchr. dtr Ou. «w Erk. lu Berlin, 1114 (n- *l) p. ■ai-ua.

vers la Ûa de (ITl, H. Nacbligal a quitté Abêchr, le dirlgtant rera le Nil par le Darfonr, An miliaii de mars IST4 il était k Tendelty, capllAle de ce dernier pajf», où 11 fut rejoint k celle date par du meiiagera que le louiemeur de sbarloum avait enToïés i aa rencontre; ouanns lettre datte de la capitale du Sarfaur, le 3<J ayril {VêThandl. I1T4, n* Si p. It4). Du télégrammu poetérieur* ont annoncé aucceuiTement l'arrivée du Toragenr an Koi^obn att Khortoom.

— Neuesle Naehrichten TOn D' G. Nachtigal. Siibreiben Ton ihm an A. Petermann, d. d. Cturtum, ]5 sept. 1874. Millheil. De Petermann, 1874, ii> xi, p.43&-437.

La relation qae l'on est en droit d'attendre du I^ Nschtigal sera d'un luut intérêt géoj^phique ; elle se rapportera tout entière k des contrées peu ou point connues. Si de vastes lacunes restent encore à combler dans ces parties de 1» carte d'Afrique, on Toit combien de recherches, d'explorations, d'efforts simultanés au N. et au S. de l'éijuateur, tendent à remplir ces vides et à résoudre les derniers problèmes.

Il faut noter encore avant de nous étoi^or du Soudan, la relation suivante qui est un très-curieux et très-intéressant spécimen de littérature indigène.

1. La lettre e*t arrivée à (lolha par Benghazi le i'-juin 1B74.

122 AFRIQUE, (n^* 114-121.)

113. My parentage and early eareer as a slaye. Geographical Maga* ZinCf mai 1874, p. 63-69.

Dana le numéro taiyant, TédiUar da GêographietU Magtinê insérait la note suivante : » L'article intitulé My parentage, etc., a été entièrement écrit par Sélim Agha, autrefois esclave; o*est le récit de ses propres aventures, que l'éduoatien qu'il a reçue depuis. Jointe à son intelligence naturelle, l'ont mis en état de présenter sous cette forme intéressante. Nous mentionnons ce fait, parce que la reine, en parlant de l'article, a émit l'opinion que « c'était évidemaient l*«afre d*iin Européen instruit. »

lÊGYFTE.

114. Lepsius (R.). DenlLmaler aus Aegypten und Aethiopien in photographischen Darstellungen, ausgewahlt aus dem von Rich. I>psius lierausgegebenen, gleichnamigea groasen Werke, Berlinj 1873-74, in-folio, bO thl. ^Nicolai.)

Cette publication se compose de quatre séries de 13 planohea chacune avec texte. Chaque série, i2 thaï, iS gr.

115. Ern. Desjardins. Les découvertes de Tégyptologie française. Les missions et les travaux de M. Mariette. Revue des Dewe- Mondes, 15 mars 1874, p. 298-340.

M. Mariette a fait récemment une découverte du pins haut intérêt pour la géographie pharaonique. Nous y reviendrons plus bas, d'après la communication qu'en a reçue l'académie des iateriptions.

116. J. DE RouGÉ. Monnaies des nomes de l'Egypte, Paris, 1873, in-8, 71p. avec deux pi.

L'auteur étudie dans un excellent travail les monnaies frappées an Egypte, non pas sous leur aspect monétaire, m^is pour faire ressortir les données géographiques et mythologiques que ces monnaies ajoutent à nos connaissances de l'Egypte ancienne.

117. D' DiTTMER (0.). Kemi und das Nil-System unter Ergrttndung der wahren Quellen nebst seinem Honumenten und Inschriften. Berlin, 1874, in-8, 480 p. avec 4 pi. (Dittmer).

118. Statistique de TÉgypte. Année 1873, 1290 de Tégire. Le Caire,

1873, in-8, 400 p.

Voir ci-après.

110. Lambert. (D'Dcmetr.) Hygiène de l'Egypte pour les gens du monde, précédée d'une étude physiologico-biologique. Paris,

1874, in-12, 206 p. (G. Baillière).

110. LiKA^iT 01 BELLBFOmw Baf. UéQioirM sur las prinoip*lI tim- -vaux iruUlitc publique ei'^cotés en Egypte depuis U plus haute antiquilé jusqu'à nos jours. Paris. 1872-73, in-8, un -6Ï0 pages, avec lin allas At 9 pi. (inhus-Derrrand.)

OuiragB dsDl le nnm ssnl de l'ialeDr atleilorall l'imporlance, et qot nnferœe ans nuiua énorme da tant et de donnÉea pour la aonn^i- ■ance îcanaailque Hmsi bien que l'êdide phyiique de l'Egyple, Noof j jiïnnlerom entre nnlraï U rSlmiirtuion revue du mémoiro de l'tntaar IB43 (p. 47-«);Wa inr I marne et le canal, p. in; la deteriplioa da M9 talsrai'ica, d^pnii Sfèno jnaqul Hirat, n barrages Uu Ntl, p. 4a3-, la nolice tur la* tra>

MonDDMnt de la géoff^tit* phiraoniqua du ivi]> aliola avant notre àra.

M. Mariette vient de relever rut les faces d'un pylAne de Earnak (Thèbes),.qui n'avait jamais été dégagé des débria et des broussaillea qui le cachaient, une série d'inscriptioDS géographiques. On doit considérer es pylâne comme un monument élevé à la gloire de Tboutmës III, prince qui avait fait de Itgypte, au dix-septième siècle avant notre ère, la première nation du monde. Il avait porté ses armes victorieuses en Palestine, en Syrie, on Méttupotamie, dun la psyi de Pount, dans le To-outer, dans rÉthiopie, dans la Nubie. En souvenir de ces conquêtes, il ordonna la construction à Thèbes d'un pylâne, qui, avec ses deux hautes tours, sa grande porte centrale et ses tableaux héroïques de batailles, peut être considéré comme un véritable arc de triomphe.

La décoration de ce pylône vaut la peine d'être étudiée. Thoutmès III y est quatre fois représenté en proportions colossales. De la main gauche, il saisit par les cheveux un groupe de captifs agenouillés; de la main droite, il lève le pesant cimeterre avec lequel il est censé leur trancher la tête. Devant lui, un dieu se présente, amenant,

liés par les bras et par le cou, plusieui*s centaines de per*sonnages à longues barbes.

Tout rintérèt de la découverte est dans ces personnages, A première vue, on les prendrait pour des prisonniers de guerre; mais un écusson, attaché à la poitrine de chacun d^eux, montre qu'on a ainsi représenté tout à la fois les peuples vaincus par Thoutmès et les localités dont il s'était emparé. Autant de personnages, autant de noms géographiques. Primitivement, ces noms devaient être au nombre de plus de douze cents. Mais le pylône a souffert; beaucoup de noms ont disparu ou sont devenus illisibles. On ne tarde pas à s'apercevoir qu'on a affaire à deux séries; Tune comprenant les peuples situés au N. de l'Egypte , l'autre les peuples situés au S. On constate aussi que chacune de ces séries est reproduite deux fois. L'éblouissement que fait naître tout d'abord la vue de cette innombrable liste de peuples vaincus cesse donc bientôt, et, en définitive, en y mettant de l'ordre, on arrive à voir que nous possédons comme résultat général 359 localités du N., 269 localités du S., c'est-à-dire une somme de 628 noms géographiques. Tel est le bilan de la fortune nouvelle dont les fouilles de Thèbes viennent d'enrichir la science.

Il n'est que juste d'ajouter qu'il y a une douzaine d'années M. Mariette avait déjà relevé sur un autre pylône de Thèbes 230 noms géographiques; il s'est trouvé que cette liste était une édition abrégée de la grande liste qu'il vient de mettre au jour si heureusement.

L'auteur aborde ensuite l'étude de chaque série. H s'occupe d'abord des peuples du S. Leur liste existe plus ou moins complète en trois exemplaires. M. Mariette la décompose en quatre groupes qui sont :

1° Kousch, ou, comme l'appelle un des textes hiéroglyphiques, Kousch la mauvaise. On ne se rendra bien compte de la portée des listes géographiques de Kousch

LTUNOGRAPHfË PUAHAONIQUL. 135

que si on ne perd pas de vue qu'elles ont une origine historique et point ethnographique. Le rédacteur n'a voulu nommer que les localités conquises par Thoutmës ; aussi ne sort-il ni de TAfrique ni de TÉthiopie.

La liste comprend quarante-sept noms. Le premier est Adulis, le dernier Por^iiUj précédé lui-même i'AspafUy nom dans lequel M. Mariette incline à reconnaître la désignation de l'un des affluents éthiopiens du Nil. Quant aux quarante-quatre noms intermédiaires, on peut conjecturer avec vraisemblance qu'ils s'appliquent à la contrée qu'occupera plus tard le royaume d'Axoum. Presque tous les noms abyssins de l'inscription d'Âdulis se retrouvent dans l'inscription de Thoutmès.

S"" Le pays de Poimt. Quarante-quatre noms sont cités. M. Brugsch rattache les habitants du PouHt à la race kouschite ; il les place dans le Yémen (Arabie). Cette opinion est généralement adoptée. Avec Kousch et Pount nous aurions ainsi des Kouschites peuplant à la fois les deux rivages de la mer Rouge, ce qui est conforme aux données reçues, puisque l'ethnographie de la Bible place aussi des Kouschites à côté des enfants de Sem sur le sol de l'Arabie méridionale, et qu'à chaque pas nous voyons sur les médailles et dans les géographes grecs le Yémen et l'Abyssinie confondus.

M. Mariette fait remarquer que la thèse de M. Brugsch est antérieure à la découverte des bas-reliefs historiques de Derr-el-Bahari, qui nous montrent des soldats égyptiens du temps des Thoutmès en exploration dans le pays de Pount; cette contrée produit des parfums, de l'or, de Tébène; on en rapporte de grands singes cynocéphales, des panthères, des girafes, etc. Les hd)itants de Pount ont la peau basanée, le nez saillant, les cheveux tantôt ondulés, tantôt raides ; parmi eux se rencontrent des individus que les textes nomment les nègres de Pount,

Ce tableau, ajoute M. Mariette, convient peut-être au

126 AFRIQUE. (n*»» 114-121.)

Yémen ; mais ne conviendrait-il pas plutôt à la contrée •firicaine, sorte de prolongement de TAbyssinie, que Pline appelle barbarica regiOy et qui se termine précisément par le Promontoire des Aromates? On comprendrait fort bien dans cette hypothèse comment le rédacteur de la liste a mis à la suite Tun de Tautre, et sous la même rubrique, Kousch la mauvaise et le pays de Powat; ainsi serait justifiée la présence de nègres au milieu d'une population qui n'appartient pas à cette race ; ainsi pourrait apparaître, parmi les animaux amenés de Pount, la girafe, qui est un ruminant essentiellement africain. Le nom principal de la contrée, Avalis^ la ville des Avalites, mentionnée par Ptolémée et par l'auteur du Péripile, se retrouve, en effet, dans VAoulial des listes. liebau ou Hebou est certainement le Cobe Emp(mtjuin(Vio^ii IfATrojSiov) de Ptolémée, et le Habo des modernes. Enfin les deux MoundoUj que Plolémée place dans le voisinage Fun de l'autre, ont pour correspondants dans les listes des noms qui se lisent : Memtou et Mboutou»

De ces indentifications et de plusieurs autres non moins frappantes, M. Mariette conclut que nous possé^ dons désormais une somme d'arguments suffisants pour être autorisés à regai*der le pays de Pount non comme le Yémen, suivant ropinion de M. Brugsch, mais comme la partie du continent africain qui s'étend du détroit de Babel-Mandeb au cap Guadarfui. De cette manière s'établira l'accord entre les bas-reliefs de Derr-el-Bahari et la contrée à laquelle ils appartiennent. Nous y verrons, d'un côté, la thurifera ou CinruMnomifera regio des anciens et le cap des Aromates ; mais nous y verrons, de l'autre, la contrée d'où l'Egypte exporte des arbres à essences odoriférantes, où elle s'approvisionne de gomme, de résine et d'encens, « comparables, disent les hiéroglyphes, à la rosée divine. >>

3'^ La îJhye, C'est la troisième partie de la listel des

M. IIARIETTË. 137

pays du S. Vingt-neuf noms sont cités. La Libye, dit Hérodote, est habitée par deux nations indigènes : m S., les Éthiopiens; au N., les Libyens. G^est, sans aucun doute, à la région éthiopienne de la Libye que se rapporte cette partie de la liste de Kamak, placée à la suite de Kousch et de Pount. A la Libye du N. appartiendrontles MaschoiuichSj les Kchaks, et les autres peuples à peau blapche et au teint clair qui vivent sur les côtes de la Méditerranée. La Libye du S. sera le domaine des peuples qui possédaient les vingt-neuf localités conquises par Thoutmès. En quelle partie de l'Afrique ces localités étaient^Ues situées? Les cartes modernes, pas plus que les écrivains de la tradition classique, ne nous fournissent malheureusement aucun indice qui nous le fasse reconnaître,

4*^ Quant à la quatrième partie de la liste des pays du sud, M. Mariette n'y voit autre chose qu'une série de noms complètement nouveaux. Un des exemplaires leur donne pour titre: « Réunion des nations du S., des peuples de Nubie et de ELhent-èn««Néfèr. » M. Mariette se demande si cette partie est une énumération de ces peuples, et si cette énumération suit les bords du Nil, bien qu'on n'y trouve aucun des noms déjà connus de la Nubie ? Il n'ose se prononcer.

En résumé, des deux cent soixante-neuf noms géograrphiques appartenant aux pays du S.^ quarante se rapportent à « Kousch la mauvaise, » à notre Abyssinie ; quarante nous transportent dans le pays de Pount, qui est le pays des Somâl ; vingt-neuf sont de la Libye éthiopienne; cent cinquante-trois représentent peut-être des parties inexplorées de la haute Nubie et du Soudan.

Nous arrivons aux pays situés dans le N. Us sont distribués en trois listes, lesquelles, à vrai dire, constituent trois exemplaires de la même liste, avec peu de variantes.

128 AFRIQUE. (n*'* 114-121.)

Us sont répartis en deux groupes, l'un de cent dixneuf noms géographiques, l'autre de deux cent quarante.

Le titre du premier groupe est ainsi conçu : ce Liste des pays du Haut-Ruten que Sa Majesté a enfermés dans la ville de Megiddo la Misérable, et dont Sa Majesté a emmené les enfants comme captifs vivants à la forteresse de Souhen, à Thèbes, lors de sa première expédition victorieuse, conformément à l'ordre de son père Ammon, qui l'a guidé (le roi) dans les bons chemins. »

Les événements auxquels il est fait allusion ici remontent donc à la première campagne de Thoutmès III. La contrée dont il s'agit peut (étant donné le caractère essentiellement historique de l'inscription) n'être pas le haut Ruten tout entier, mais elle lui appartient certainement. Cette clarté de rédaction, si précieuse dans un document de ce genre, va un peu plus loin nous aider à retrouver le pays auquel s'applique le nom de haut Ruten. Nous avons en effet devant nous, désignés par leurs noms hiéroglyphiques, le lac Mérom, Damas, Mégiddo. Âbilu, Kana^ Âschtaroth, Kinnéreth, JafTa, Henganim, MigdoL Beyrout est tout à fait au N. ; Rehoboth, au S.

Nous nous arrêtons, à TO., aux rivages de la Méditerranée; à l'E., nous franchissons de quelques pas le Jourdain. Le doute n'est donc plus possible ; si ces limites ne sont pas exactement celles que le chapitre x de la Genèse assigne à la terre de Ghanaan, on voit au moins que les cent dix-neuf noms nous conduisent au centre même et au cœur de ce pays célèbre. Ainsi, à l'avantage de se laisser saisir facilement comme époque, la liste joint celui de se laisser saisir facilement comme détermination géographique. Ces cent dix-neuf noms ne sont en définitive autre chose qu'un tableau synoptique de la Terre Promise, deux cent soixante ans avant l'Exode.

M. Mariette aborde ensuite ces deux problèmes : Dans quel ordre les noms sont-ils rangés ? Et d'abord ont-ils

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e ? La répo dernière question est affir-

Dans la lisv^ ^x.ve*»^hique découverte il y a une e d^années à Kamak pj . riette, et étudiée le vicomte de Bougé, c de: 3r ant avait cons lacunes considérables, et, e, n^a-

I même essayé de trouver Vo b d fa et c ons. Aujourd'hui Tint i , t( r< (

ï. M. Mariette, en le su it è ent, a ] t carte qu'il intitule : L ^e de Chi i

iès III . D y a placé à k 5 to que

3 dont il a Tidentificati 11 n < vil par qui nous conduit, sans \: inten ptio que rovenant des localités qi être identifiées,

au n» 119, à travers se] it gr< qui sont :

desch et Mégiddo, c'es -à les n°* 1 et 2. Quel t l'emplacement de la id( i mentionnée ici, ns cette ville que les princes chananéens, ligués e Pharaon, se sont rass nblés. C'est à Mégiddo ieu la bataille qui décida du sort de la campagne ; is n"» 3 à 11, marqués, pour plus de clarté, en DUS sommes ici dans le nord de la Palestine; nous 5on8 une ligne circulaire dont Jérusalem (qui n'est mt pas citée) occuperait le centre. Cette ligne ice avec Haï et Gatti, passe pour une localité in- , Aïn-Schou, se termine à Jouta, Libna, Kiriataah. Sur neuf noms, il en reste trois à identifier ; îs numéros 12 à 18. Le tracé noir passe par sept 3, parmi lesquelles Maroma (Mérom), Tameskou ;), Atara (Edrehi), Aoubil (Abila), Hamtu (Hamu lac de Tibériade);

ts numéros 18 à 52. La ligne rouge qui les désigne î Beyrout, descend au sud, circule à travers les rincipales de la Galilée, et se termine au Jourdain, les villes qu'elle touche, citons : Madom, Betcn, Aschtaroth-Karnaïm, Laïsch (ancien nom de Dan),

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