OASIS ÉGYPTIENNES
de janvier, et^, après un trajet de cinq jours et demi j'arrivai à £1-Khârgué, chef-lieu de la grande oasis, la distance parcourue étant de 183 kilomètres dans la direction S. S. 0. En revenant, je me dirigeai vers Guirgué, et après une marche forcée de deux jours et demi, faisant 131 kilomètres àl'E., je me trouvai de nouveau sur les bords du Nil. Dans l'intervalle, je parcourus la grande oasis dans toutes les directions, faisant des collections botaniques, paléontologiques et zoologiques. A Taide d'une base de 3 kilomètres et demi que je mesurai, j'arrivai à réunir les matériaux nécessaires pour dresser une carte à l'échelle de j 0^^066* ^ grande oasis a une longueur de 120 kilomètres, si on prend la distance qui sépare les points extrêmes des sources d'arrosement. La population y compte 5700 âmes, ce qui fait trois fois moins qu'à Dâkhel, oasis trois fois moins étendue. Cette population est très-irrégulièrement répartie entre dix lieux habités, dont El-Ehârgué à lui seul a plus de 3000 âmes. Bérls, à l'extrémité S. de la Grande Oasis, a 1000 habitants.
«Les cultures de la Grande Oasis dépendent actuellement de l'existence de soixante-quinze sources d'arrosage en activité ; elles sont toutes thermales, d'une température variant de 25^ à 30^ centigr. Les sources datent sans exception des temps anciens ; la profondeur des forages est en général d'environ 60 mètres. Les sources ensablées, dites (weugleSy se comptent par centaines. Quatre temples, dont la construction remonte aussi loin que le cinquième siècle avant J. G., et sept grands châteaux du temps de l'empire romain, nous rappellent l'ancienne prospérité de ce pays et l'importance qu'il devait avoir aux premiers siècles de notre ère.
c< Les sept castella romains sont en général construits sur l'emplacement même des anciens temples, ou à côté. Les inscriptions grecques qu'ils portent nous font con- VàmiE aioGK. xiii. 8
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naître la date de leur fondation ; on y trouve les noms de Titus, de ûralba et de Trajan. Ge sont de vastes con- •tractions en briques crues; les murs de clôture ont de 50 à 60 mètres carrés, leur hauteur atteint de 10 à 15 mètres, et leur épaisseur est en général de 3 à 4 mètres. »
Dans son mémoire lu à Belfast (ci^dessus , aun* 98), le voyageur s'étend davantage sur la structure, l'aspect et les conditions géologiques de Toasis. Elle est bordée à 1^. , dans toute sa longueur, d'une ligne de rochers courant presque en ligne droite du N. au S., et dominant de 300 mètres le fond de l'oasis elle-même , qui est à moins de 100 mètres au-dessus du niveau de la mer. « n ne faudrait pas regarder la Ghrande Oasis comme une plaine verdoyante ininterrompue ; rien ne serait plus loin de la vérité. Depuis la crête de Tescarpemeiit oriental, l'œil n^embrasse plus que la teinte jaune d'une monotonie désolante qui accompagne, sans discontinuation, le voyageur depuis qu'il a quitté les champs cultivés du Nil, alternative monotone de hautes dunes de sables et de plaines désolées de gravier ou de calcaire, mouchetées de noir cà et là ou de plaques dW vert sombre. Ge sont les parties arables du désert, les sources entourées de grands acacias avec les cultures contiguës, les bouquets de pal-^ miers, les ruisseaux, les étangs entourés de roseaux : petites tlei dans la mer de sable, oasis au sein de l'oasis, qui justifie la comparaison de la peau de léopard dans Strabon. »
Plus loin, après avoir constaté le très-grand nombre dé sources profondes que Toasis recèle, le voyageur se demande : « D'où vient cette inépuisable provision d'eau dans les profondeurs de la terre? On a fait déjà diverses réponses à cette question, mais aucune explication n'a été donnée qui soit en harmonie avec les conditions géologiques du désert libyen. On a dit que situées au-dessous de la vallée du Nil, les sources étaient alimentées par le