‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 200 sur 425 · GÉOGRAPHIE PHARAONIQUE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE PHARAONIQUE

guement, rien ne prouve que nous n'y recueillerons pas une ample moisson de faits nouveaux.

En résumé, si nous jetons un coup d'œil d'ensemble sur les résultats dus à la découverte et à l'étude du grand pylône de Kamak, nous voyons que plus de 600 noms géographiques, remontant à l'époque de Thoutmès III, sont désormais en notre possession ; que ces 600 noms se partagent en deux listes ; que ces deux listes comprennent une énumération de localités appartenant au nord et au sud de TÉgypte; que les villes du sud nous font passer de TAbyssinie à la terre des Avalites, pour nous conduire de là dans la Libye méridionale ou éthiopienne et dans les régions du Haut-Nil ; qu'avec les villes du nord nous visitons le. futur théâtre des exploits de Josué, pour pénétrer enfin dans des contrées asiatiques que Tétat de nos études ne nous permet pas encore de reconnaître suffisamment, mais où sans doute plus d'une nouvelle conquête nous attend.

« Le monde savant 'saluera avec joie l'entrée en scène de ces documents aussi vénérables par leur âge qu'ils sont nobles par leur origine et intéressants par leur contenu. Quelque périple signé de l'un des grands noms de la géographie ancienne nous serait rendu, que l'on ne devrait pas plus s'en réjouir que de la découverte des listes de Kamak, qui sont d'origine royale et qui remontent, sans altérations de copiste, jusqu'au dix-septième siècle avant notre ère. A ce titre, Son Altesse le vice-roi d'Egypte, sans l'aide duquel les fouilles de Kamak n'auraient pas été entreprises, a droit à toute la gratitude des amis de la science.

« Dès à présent on peut entrevoir quel vaste espace occupa l'empire des Pharaons, depuis les contrées équatoriales où le Nil prend sa source jusqu'aux rivages de la Caspienne et du Caucase. On sait du moins, par le grand pylône du Kamak, que les armes victorieuses de Thout-

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mes m allèrent au delà du Pount, au delà de la Libye du sud; on sait, par d'autres inscriptiQUS, qu'elles allèrent jusque chez les Saces. Il faut noter que les listes nouvelles éclairent d'un grand jour les énumérations ethniques du chapitre X de la Genèse et bien d^autres passages des livres saints ; l'impression qu'on reçoit d'abord du rapprochement des textes hiéroglyphiques et de ces livres, impression qui se fortifie à mesure que les éléments du contrôle ainsi exercé se multiplient et se complètent, c'est que la Bible est certainement, [au simple point de vue de l'histoire et de l'ethnographie, au point de vue de la science, le premier de tous les monuments. »

Nous n'oserions nous associer sans de très-grandes réserves à toutes les identifications proposées par le savant égyptologue du Caire, particulièrement à celles qui se rapportent aux régions du sud, mais en ne voyant même^ dans beaucoup de ces identifications, que des rapprochements provisoires, les listes du pylône de Karnak n'en restent pas moins un des plus précieux monuments de la géographie des temps pharaoniques.

Les travaux publies en Egypte et en Nubie.

Après les études de géographie antique, arrêtons-nous, avec M. Linant de Bellefonds (ci-dessus, n° 120), aux grands travaux publics de l'Egypte régénérée. L'important ouvrage de l'habile et savant ingénieur fournit à cet égard d'amples documents. Nous y signalerons en particulier un curieux chapitre consacré au Nil.

M. Linant fait une énumération descriptive des nombreux rapides et des cataractes qui coupent le cours du Nil entre Khartoum et Assoûan, puis il présente des considérations, tirées de sa longue expérience, sur les projets que Ton a parfois mis en avant pour la destruction de ces obstaclesi aussi bien que pour l'établissement d'un

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