LES CATARACTES DU NIL
chemin de fer dans tonte 1& longueur de U Nubie. Il montre ce que ces projeta ont d'impraticable, et, qui pis est, d'inutile :
■ Les travaux à faire dans les cataractes, dit-il, à part leur importancf , soit qu'on emploie un systËnie ou bien un autre, deinandenl une profonde étude et une grands attention. Aujourd'hui le Nil a ses crues périodiques et régulières, qui portent en Egypte la fertililâ et font de ce pays un de ceux dont le sol est le plus productif.
° La nature a combiné l'arriF^e des eaux, qni cause llnondatton, avec l'époque des ensemencements, et elles se retirent en diminuant juste à ta saison on la tempéniture permet aux semailles de prospérer. Pins tût, les cultures seraient grillées ; plus tard, elles n'auraient pas le temps de lenir à. point avant les grandes cbalcurs.
I En rendant les passages des cataractes plus libres pour les eaux, moins entravés par les rochers, par les rapides, les vitesses augmenteront, les eaux se précipiteront avec plus de force vers l'Égypta, arriveront dans un temps donné en plus grande quantité, et causeront alors naturellementdansle pays de plus hautes crues, qui dureront moins de temps, et par conséquent s'écouleront aussi plus vite : alors les époques des arrosages, des semailles, changeront.
Cl SI au contraire on entrave encore davantage le cours des eaux dans les cataractes, en fermant des passages avec des batardeani-dérersoirs, l'inverse arrivera : les eaux seront retardées dans leur arrivée en Egypte, et par conséquent les inondations; elles deviendront moindres et dureront plus longtemps. Alors le temps des écoulements sera retardé, l'époque des semelles aussi. C'est donc donner beaucoup & l'Imprévu que de toucher inconsidérément & toutes les cataractes et au régime d'un fleuve aussi régulier, et ayant autant de nécessité de l'être pour la prospérité du pays qu'il arrose-
< Mais quels seraient les grands avantages de la navigation libre de toutes les cataractes ? Toutes les différentes provinces que traverse le fleuve sont extrêmement pauvres: on y cultive à peine juste ce qu'il faut pour la nourriture des habitants. Ce n'est pas parce qu'il manque de bras que le pays ne produit pas. Tous les coins de terre déposée par le fleuve entre les rochers sont bien cultivés, mais leur totalité est si peu de chose I Seule la province de Dongoia a des terres plus étendues, et partout
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il n'y a que du sorgho ou maïs à touffes, un peu de millet et des dattes, seul produit que Ton exporte en Egypte. Le commerce du Soudan, qui descend du Nil, est fort peu de chose, et les caravanes de chameaux des Arabes suffisent largement aux besoins des transports.
« Je sais fort bien que les voies de communication facilitent les progrès de toute sorte dans un pays où il n^ en a pas, mais toutes les rives du Nil depuis Assoûan ne sont pas un pays qui peut progresser ni par l'agriculture, puisqu'il n'y a pas de terres (partout rochers et déserts], ni par Tindustrie, puisqu'il n'y a aucun produit tel qu'une mine exploitable : c'est donc dans la partie au-dessus des cataractes, c'est-à-dire à commencer de Berber, dans tout le Soudan, sur l'Ile de Sennâr, entre le fleuve Bleu et la mer Rouge, entre le fleuve Bleu, le fleuve Blanc et le Kordofan, qu'il faudrait plutôt établir des communications avec l'Egypte.
a Alors pourquoi s'occuper, soit d'un projet pour rendre navigables les cataractes en toutes les saisons, soit d'un chemin de fer venant par le désert de Korosco bu les bords du Nil jusqu'en Egypte, projets qui coûteraient des sommes fabuleuses sans résultats, puisque dans tout le pays que ces deux voies différentes de communication traverseraient il n'y. aurait aucun lieu à desservir lucrativement sous aucun rapport?
c Mais, effectivement, comme le Soudan a urgence d'une communication quelconque avec l'Egypte, que cette communication doit, en même temps, faciliter les rapports avec l'Arabie et rinde, c'est l'ancienne grande route commerciale qu'il faut suivre, celle qui avait fait de Chendy sur le Nil, de Sennâr plus au sud, et de Souâkïn sur la mer Rouge, des villes fort riches, qui l'étaient encore en 1825, comme on les a vues avant la conquête du Soudan par Ismaël Pacha, fils de Méhémet-Ali . C'est donc la route du Nil à la mer Rouge, de la ville de Berber ou de Chendy à Souâkïn, qu'il faut rendre facile et praticable, soit en établissant un chemin de fer d'un système quelconque, ou bien une route pour un roulage plus prompt et moins coûteux que l'ancien moyen des caravanes par chameaux.
« L'étude première de ces différentes voies a été faite; il faut espérer qu'on y donnera suite, et que Ton se décidera pour la moins onéreuse et la plus facile, celle de Chendy ou de Berber à Souâkïn, et de là par bateaux à vapeur jusqu'à Suez. »