PALESTINE
Le levé de la carte de la Palestine, sodi la direction da lieutenant Conder,
da corps royal des ingénieurs anglais.
Voici la substance du mémoire lu à Belfast, au mois d'août dernier, par le lieutenant Gonder (Voir ci-dessus au n» 129) :
Le levé exécuté diaprés les instructions du Comité se borne à la Palestine occidentale entre le Jourdain et la mer, de Dan à Birchéba. Il est partagé en cinq lots géographiques: deux au Sud, comprenant le pays montueux de Juda et la plaine de Saron ; le troisième, comprenant la plaine d^Esdre- Ion avec les chaînes qui la limitent; le quatrième, composé du pays montagneux de Galilée ; le cinquième, de la valléedu Jourdain. Le pays des Béni S*ab, ou Chéphalah, à Touest de Nabi ous, était inconnu avant les opérations de notre levé.
M. Conder prend dès Torigine le travail sur le terrain en octobre 1871 (à Téchelle d^un pouce au mille); il rappelle la part qu'y a eue M. Tyrwhit-Drake, mort le 23 juin 1873. Pour la réduction des minutes, on a adopté la projection tan- ^entielle de sir H. James; chaque feuille contient 30' en longitude et 20' en latitude. Sur les douze feuilles dont la carte se x)mposera, six sont entièrement levées ; trois sont entre les [nains du Comité.
La première base fut rattachée à la position trigonoméxique de Java; la seconde fut établie à Esdrelon. Cest une ongueur de 4 milles 1/2 (7240 mètres); la différence entre la ongueur mesurée et la longueur calculée présenta un écart seulement de 03 pour 100. La longueur moyenne des côtés des Tiangles fut d'environ 15 milles, mais dans les montagnes le la Judée ils n'excédèrent jamais 10 milles.
La marche du travail sur le terrain a varié de 60 milles ;arrés par mois à 180 milles environ jusqu'en octobre 1873; lepuis lors, avec un homme de plus, on a atteint 280 milles. !^e travail est fait à cheval, comme la méthode qui convient le nieux à une reconnaissance militaire. Les altitudes sont chenues, selon les cas, au moyen du clinomètre Abney, par des nesures directes, par Tanéroïde, par Tobservation barométri- (ue, etc.; les positions ont toujours été contrôlées parTobseration astronomique.
142 ASIE. (n*»' 122-135.
Quant aux noms des lieux, les anciennes dénominations hébraïques se retrouvent encore sous les formes légèrement modifiées de l'arabe'. On a donné une très-grande attention à recueillir d^une manière correcte les noms actuels, comme moyen d^élucider les parties géographiques de TÉcriture. Le nombre des noms ainsi enregistrés est très-^rand ; on en a en moyenne deux par mille carré. C'est sept ou huit fois plus que dans aucune carte antérieure.
On a levé soixante-dix plans de sites antiques dont la reconnaissance était jusqu'à présent imparfaite; sept églises et deux sites d'anciennes villes étaient restés jusqu'à présent tout à fait inconnus. L'antiquité des ruines en Palestine a été trèsexagérée ', beaucoup que Ton supposait d'origine juive ou phénicienne se sont trouvées appartenir à la période siurrasiae ou au temps des croisades. On a toutefois identifié, dans le cours des opérations sur le terrain, l'autel d'Ed, le site d'Aenon, Zaretan, Gilgal, le Scopus, Oreb, Zfb, le tombeau de Samson, Archelaïs, Ecbatana, Sozuza, et d'autres places mentionnées dans l'Écriture.
On a constaté que la forêt de Saron s'étend fort loin dans la partie nord de la plaine ; en somme, les saisons, les pluies et la végétation de la Palestine actuelle, ne diffèrent pas de ce qu^elles étaient dans les temps bibliques, sauf la vigne, actu^lement inconnue, qui était autrefois très-cultivée. On a découvert dans la plaine d'Esdrelon un centre volcanique, et un lac volcanique de l'époque tertiaire au sud-ouest duCanneK
M. Gonder ajoute qu'à son arrivée dans le pays le temps nécessaire pour le levé de la carte était de huit à dix années; aujourd'hui on peut affirmer, Sauf les cas imprévus, que dix-huit mois sont suffisants pour Tachévement du travail.
La carte française de la Galilée.
Nous avons parlé, dans un volume précédent», dû levé topographique que nos ingénieurs, de leur côté, ont fait
1 . C'est ce qu'Edward Hobinson a le premier établi, il y a trente ans, dans ses admirables Bihlical Researclies. Réd.