BOUKHARIE
(^carter le t^iji^j^jmge 4'un témoin 0Gul.aire qui parait très au courant jçs dioses et des faits.
Donc, en passant en revue les autorités principales sur lesquelles se foAde ce que nous savons de la Boukharie, M. Schuyler mentionne en premier lieu le baron de Meyendorf, qui résida àBokhara en 1820 comme envoyé du tzar près du Ithan. M. de Meyendorf est en général fort exact sur ce qu'il a vu personnellement, moins (ce qui est naturel) pour les informations qu'il n'a reçues que par communication. « IjCS Asiatiques de ces contrées centrales ne savent ni poser les questions ni y répondre, et souvent, par indolence ou indifférence, ils feront aux questions qi^'on leur adresse les réponses les plus saugrenues. S'ils pensent, surtout, que ces questions ont en vue quelque intérêt d'argent, il est à peu près sûr que sciemment ils resteront à côté de la vérité.
a Le livre de Burnes a une grande autorité dans l'Asie centrale : il est constamment cité avec respect par les officiers russes. Pour la touche animée et intéressante de ses tableaux il est sans égal ; quant à la véracité de sa statistique, il n'a de rival que le livre de Khanikoff : Description of the khanate of Bokhara (Opisanie Bukbarskhago khanstva). Ce dernier livre est le vademecwm de tout voyageur dans ces pays; on y trouve sur chaque objet un fonds d'observations si précises, qu'il est difficile d'y relever une erreur, même dans la liste des raisins et des melons. Mais aussi il est d'une telle sécheresse, que peu de gens probablement en ont pu soutenir la lecture d'un bout à l'autre, dans le seul but d'y trouver une distraction ou une source générale d'informations. M. Khanikoff, par sa position officielle, sa connaissance des langues et son long séjour à Bokhara, était dans une position particulièrement favorable pour recueillir de bons rc.nsoignoraents; mais il fut paralysé par des reslricliuus et des soupçons de toute sorte.
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«Il est réellement étonnant que dans de telles conditions il ait pu écrire un livre au total si satisfaisant. Nonobstant quelques erreurs, sa carte du khanat est encore la meilleure que nous ayons, et ses plans de Bokhara et de Samarkand sont des guides sûrs et authentiques pour le voyageur. Si Lehmann, compagnon de voyage de M. de Bianikoff, avait assez vécu pour écrire sa propre relation, elle aurait été d'un prix inestimable. Malheureusement ceux qvi ont publié ses papiers n'étaient pas assez familiarisés avec les choses de Bokhara pour sentir toute la valeur des notes du voyageur. Cependant, même tel qu'il est, le livre de Lehmann nous donne, non-seulement sur l'histoire naturelle et les productions du pays, mais aussi sur les mœurs des habitants, des informations qui sont restées sans égales.
« Naturellement personne ne citerait comme une autorité l'amusant récit que le docteur Wolff a donné de sa mission toute spontanée à la recherche de Stoddart et de GonoUy. Il y a ici un vieux juif qui se souvient encore très-bien de son coreligionnaire.
a Quant aux livres de Vambéry, celui des voyageurs modernes dont on a le plus parlé, ils sont à peu près sans valeur. Vambéry est-il, oui ou non, venu ici? C'est un point sur lequel je suis toujours dans le doute. Il n'y a rien, ou peu de chose, dans ses Travels et dans ses Sketches qui ne se trouve déjà dans d'autres écrivains, et les erreurs y sont si fréquentes, si graves, qu'il semble impossible que leur auteur ait vu^de ses propres yeux les choses dont il parle. Ainsi, M. Vambéry voit, de Samarkand jusqu'aux approches de Bokhara, une grande forêt dont les profondes retraites offraient, dit-il, un abri aux diverses tribus dans leurs contestations avec l'émir ; comment peut-il ignorer, non-seulement qu'il n'y a pas de forêt en Boukharie, mais que le canton dont il s'agit par-