I . A ce sujet, voir ci-après le chapitre de Ix Chine
POPULATIONS DE l'iNDE. 179
eonchision que, di la population absolue dellnde ne dé-> passe pas, elle pourrait bien égaler celle de la Chine, que Ton a procdamée jusqu'à présent le pays le plus peu-* plé du monde.
La popnltSo» iÉKUeint a» fdjoi d« vue morkl, inUllectoel ot religieux.
La Statistique, circonscrite dans les chifires, a son im« fvortaiice sans doute, mais c'est lorsqu'elle pénètre jusqu'aux faits intérieurs cachés sous l'enveloppe matérielle qu'elle s'agrandit, qp'elle s'élève, qu'elle devient une science sociale. Les Discours annuels que M. Garcin de Tassy consacre au mouvement intellectuel et littéraire de l'Inde (ciniessus à la bibliographie, n"" 180) fournissent à cette étude de nombreux documents. Le fait primitif et fondamental, l'éducation, y occupe une place considérable. Là surtout est le germe de la transformation future. «Les progrès de l'éducation dans l'Inde sont constants. Dès 1870, plus d'un million d'élèves Ëréquenlaient les écoles du gouvernement. Les trois quarts dds Indiens étant trop pauvres pour se passer de leurs enfants et les envoyer aux écoles, le nombre de ceux qui y vont est donc relativement considérable. Toutes les écoles existent sous les auspices du gouvernement. Il y en a de particulières, de subventionnées, de « VerruiciUar » ; il y a des écoles de droit, de médecine, de génie civil; il y a des écoles pour les femmes. Ces dernières ne manqueront pas d'exercer avec le temps une énorme influence sur le ménage et sur le caractère des Hindous et des musulmans. Dans le Bengale seulement, il y avait en 1869 deux cent quarante écoles de filles fréquentées par neuf mille trente-cinq élèves. A Bombay, à la fin de 1870, il n'y avait pas moins de cent soixantesept mille neuf cent quatre jeunes filles ou garçons qui recevaient leur éducation dans ces écoles. Les écoles des
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provinces Nord-Ouest contenaient à la même époque 201000 garçons et 10000 filles. Les provinces centrales ont, en peu d'années, réuni 80000 élèves. L'Université de Calcutta, établie sur le modèle de celle de Londres, comptait 1500 étudiants en 1866, et elle en compte bien plus depuis ce temps. Des résultats semblables ont suivi la fondation des Universités de Madras et de Bombay. L'institution de rinde la plus prospère peut-être est Técole de médecine fondée à Calcutta en 1834, pendant Tadministration de sir W. Bantink. Les avantages qu'elle offre -^ attirèrent dès l'origine des étudiants qui renoncèrent bientôt k leur caste et à leurs préjugés, ce qui eut pour conséquence de pouvoir employer leur habileté professionnelle au service public.
Mais c'est surtout, il faut le dire, au sein des classes inférieures, que la réforme pénètre et que s'affaiblissent les influences natives, de même que l'action religieuse des missionnaires ne s'est guère fait sentir jusqu'à présent que parmi les castes infimes, chez les tribus aborigènes, au milieu des classes déshéritées. Dans les hautes castes, sauf de rares exceptions, les idées et les pratiques de la religion des Brahmanes n'ont rien perdu de leur empire, chez les femmes pin cipalement, moins accessibles au mouvement extérieur. La coutume barbare de la satî, qui veut qu'une veuve se sacrifie sur le bûcher de son époux, est surtout profondément enracinée ; il y a là pour elles une idée de devoir, un acte religieux et un sentiment de point d'honneur.