TURKESTAN RUSSE
Traité entra la Russie et (l*émir de Bokhara.
Voici le texte du traité entre la Russie et Témir de' Bokhara, officiellement publié à Saint-Pétersbourg le 30 décembre 1873 :
Art. l'^ — Les frontières entre Bokhara et la Russie restent les mêmes qu'auparavant, k l'exception 4^ territoire récemment annexé à la Russie, sur la rivQ, 4i;oite de ['Amou-Daria, et que la Russie cède au Bdchan^
Art. 2. Toutes les routes de caravanes entre la Russie it Bokhara passent exclusivement h travers les territoires les deux États.
Art. 3. Tous bâtiments russes ou bokhariens appartenant soit aux gouvernements respectifs, soit aux particuliers, sont admis à la libre navigation sur le territoire de l'autre partie contractante.
Art. 4. Les négociants russes ont le droit de construire des ports sur les rives de l'Amou-Daria comprises dans le territoire de Bokhara. Le gouvernement de Bokhara est responsable de la sécurité de ces ports, et les sites choisis pour leur établissement devront être soumis à l'approbation des autorités russes.
Art. 5. Toutes les places de Bokhara sont ouvertes au commerce russe, et les Gitavanes russes jouiront du droit de libre transit sur le territoire bokharien tout entier.
Art. 6. Une taxe de 2 1/2 p. 100 ad valorem est levée sur toutes marchandises envoyées de Russie à Bokhara, et vice vereâ, et une taxe de 1,40 p. 100 sera levée sur le territoire turkestan.
Art. 7. Les marchandises expédiées par les négociants russes pour les pays limitrophes de Bokhara, circuleront libres de droit à travers le territoire de ce dernier État.
Art. 8 et 9. Il est permis aux marchands russes d'éta-
l'àNNÉE oéOGR. Xdl. 13
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blir des comptoirs et des agences commerciales dans les diverses parties du Bokhara, et les marchands de ce dernier État auront le droit de posséder les mêmes établissements sur le territoire turkestan.
Art. 10. Bes deux gouvernements s'engagent à considérer les traités de commerce comme sacrés et à les observer fidblèment.
Art. 11 et* W. 11^ est permis aux sujets dès deux puissaaices oontractantes^ d'exercer tout commerce quelconque sur le territoire' de l'autre, et d'acquérir des immeubles qui resteront soumi» aur lois du pays.
ÂTt'. Id; Le» sirjets russes- recevront de leur gouvernement des certificats de voyage qui leur donneront faculté de voyager librement dans le Bokhara.
Arti 14« Le gouvernement de Bokhara s'engage à ne pas donner d'asile aux réfugiés ou autres fugitifis venant de la Russie, quelle que soit leur nationalité.
Art;. 15. L'émir de Bokhara maintiendra à ses^frais un envoyé à Tâchkend.
Art. 16. Le gouvernement russe maintiendra son représentant à Bokhara à ses frais et dépens.
Art. 17 et 18. L'émir de Bokhara abolit la traite des esclaves dans tous ses domaines*
Le traité ci-déssus est rédigé en langues russe et turkomane.
[Le chemin de fer de TAsie centrale.
Le vaste projet de chemin de fer destiné à relier k Russie et l'Inde à travers l'Asie centrale (ci-dessus, n** 236) est toujours à Tétat d'étude. Des difficultés dé plus d'une sorte se mettent à la traverse, difficultés techniques et géographiques, difficultés commerciales, difficultés politiques surtout. Mais M. de Lesseps, l'auteur de :e projet gigantesque, n'est pas de ceux que les obstacles
YARKAMD. l'SS
rebutent. La' ligne qUrparïUntit eil'cé moment i\ùit le plus de chances est celle qui de Tâcbkend se porterait sur Eachgar et Yarkand; le Turkestan oriental deviendrait ainsi le point de rencontre des deux grandes puissances européennes entre lesquelles la moitié de l'Asie se partage.
Sous ce rapport comme sous bien dWtrcs, cette contrée de Yarkand; nouvelle dans k scioiice comme dans la politique,, est inévitablement appelée âi tenir procliaineraent une grande place dans' les affaires de l'Asie. Dèjk les dèriiièrcs missions aDglaises lui donnent une importEinee que l'on n'aurait pas soupçonnée il y a vingt ans.
La miflBionenïoJifré en 1873 vers l'énrfr de Ykrtettid pat le'gtfuvfernemeirt'de Càlcutla'a e'iJ'iitiBiiCcèé coùi^èt. Le chef de là mission, M[ Forsytli, est acconùpagné duiie suite très-nombreuse, et plusieurs observateurs savants, attachés à l'expédition, font' |irésager une relation d'iAi' haut intérêt pour la cbnnaiMance'da Turkestan'oriental (voir ci-dissus, à la bibliographie, le n" 234, et lès Proceadings de la Société de Oéographic de Londres , vol. XVIII, 1874, n" 5, p. 568 et suiv.). Un de nos journaux a pubHé à ce ai^t'onurHclo qui mérite d'être reproduit :
■ 11 nous faiit décidément ajouter un chapitre à nos gèographies modernes en ce qui concerne les États asiatiques. La Russie et l'Anglelerre ont successivement reconnu de la façon la plus formelle l'empire que l'ancien lieutenant de l'émir de Bokhàra, Takbut^Beg, naguère encore désigné sous, le nom d*Alilik-Ghazy, ou défenseur de la foi, et'depuisle 7 décembre 1873 qualifié émir Mohammed-Yakoub , khan de Kachgar, s'est taiUé dans la dépouille des Doungâna et des Chi-
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a Le nouvel État musulman, qui occupe sur le versant oriental du Bolor une grande partie du Turkestan oriental, ne parait pas devoir être une création éphémère. Qu^on lise les relations des trois voyageurs anglais qui ont visité sa capitale, Yarkand, traversé ses fertiles et verdoyants districts, étudié sa population et appris à connaître son chef, et Ton reconnaîtra que le nombre de ces khanats de TAsie centrale où les révoltes et les luttes pour la possession du pouvoir sont incessantes ne s^est pas augmenté.
c En ce qui conoerne Fémir lui-même, les témoignages sont unanimes. Le grand sens politique dont il a fait preuve en se mettant d'aboni, comme musulman, sous Tégide du chef des croyants qui règne à Constantinople, et en s^assurant encore de Talliance de la Russie et de TAngleterre, Paccueil quHl prépare aux étrangers, les relations commerciales qnll s^est efforcé d'établir entre ses sujets et ceux de Pempire russe, et qu'il cherche à étendre du côté de Tlnde anglaise, Tordre parfait dont jouissent ses États, tout indique un souverain intelligent, accessible aux grandes pensées et capable de les exécuter. Ses envoyés ont rapporté de Calcutta, de Saint-Pétersbourg et de Constantinople, des impressions dont il a évidemment tiré profit, et Tempressement mis par lui à examiner les plaintes récentes de quelques négociants russes montre qu'il entend faire respecter les traités par lui signés, et quil attend de ses voisins qu'ils agissent de même.
« Quant au pays sur lequel il a établi sa domination, M.Shiw en 1868, et M.Forsyth en 1870 et en 1873, en ont constaté la richesse et la fertilité. Aksou, Tourfan, Kachgar, Yang-Hiesar, Kourghan,Taschkourghan, Karghalik,Khotan, et enfin la capitale, Yarkand, n*ont guère d'oriental que les maisons peu élevées par suite de la rareté de la pierre et du bois : autrement, les rues sont larges et bien tenues, souvent couvertes de treillis; les habitants, convenablement vêtus, sont propres, pacifi« ques, occupés de leur commerce ou de leur industrie; leurs noAisons vastes, aérées et garnies de tapis, leur nourriture abondante et même délicate.
« La contrée, arrosée par des cours d'eau nombreux qui descendent des montagnes du Tian-Chan, du Bolor, de Karakoruni et de Kuen-Lun, produit, avec le blé et le riz, tous noe fruits d'Europe ; le cheval et le mouton s'y rencontrent eQ rand nombre. L'industrie, peu développée, ne produit guère ]ue des tapis et des feutres ; le commerce consiste dans l'ez-
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TUHKESTAN OFITENTAL. 197
portatiou de la poudre d'or, de la soie, du chanvre, des chevaux, et dans l'iraportation des étoffes de tout genre, du thÔ, du sucre, de l'opium et des armes h feu.
f On comprend dès lors l'intérêt de l'Angleterre à établir des relations suivies avec le nouvel État, et l'on s'explique l'ambassade si lumeusement organisée qu'elle a envoyâe à Mobammed-Yakoub et qui a récemment atteint son but : la conclusion d'un traité de commerce. Mais l'envoyé anglais , M, Porsytb, ne s'est pas rendu à Yarkand avec une suite de plus de cent personnes et n'a pas fait un voyage excessivemeut pénible de 1600 kiloméljes (la distance approximative des M>ntièrcs du Pendjab à la capitale du nouvel émir], uniquement pour ouvrir une nouvelle voie au commerce anglais. Ce dont son gouvernement l'avait aussi chargé, c'était de faire comprendre à Mohanimed-Yakoub la puissance de l'impératrice des Indes, — comme la reine Victoria était nommée dans la lettre d'elle que M. Forsyth a remise h l'émir dans un coffre d'un grand prix, — de lui faire désirerune alliance qu'il devait regarder comme utile à ses projets, et de contrebalancer ainsi l'influence russe dans le nouvel Ëtat. Ce but aussi, si l'on tient compte des rapporta de l'envoyé anglais, a été complètement atteint; et ce qui permet de la croire, c'est que l'Atâlik-Ghftzy a attendu l'arrivée de la mission pour prendre son nouveau titre, et qu'il ne Ta reçue qu'après l'accomplissement, dans un temple célèbre des environs de Kachgar, de cette cérémonie, voulant ainsi sans doute consacrer offiùellement sa dignité par la présence des représentants d'une nation puissante. Les attentions et les honneurs dont l'émir a comblé les membres de l'ambassade ne permettent pas de doute k ce sujet : il veut que la Russie sache qu'il aura, en cas de besoin, l'appui de l'Angleterre, pensant bien qu'on a déjà reconnu k Saint-Pétersbourg, par le résultat de l'ambassade envoyée à ■ Constantinople, qu'il pourrait à Toccasion compter sur la Turquie. Le souverain musulman entend suflisamment la politique, ce nous semble. Protégé déjà contre le retour agressif des Chinois par l'alliance de la Russie et de l'Angteterre, il cherche à intéresser ces deux puissances au maintien de sa domination, en s'assurant de leur bienveillance d'abord, sauta les menacer ensuite l'une de l'autre. Tout semble indiquer que ses désirs s'accompliront. On ne peut certes que se féliciter, dans l'intérêt de l'humanité, de voir s'établir entre les grands empiras rivaux dont le siège est h Sunt-Pétersbourg et è. Lon-
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dres un État bien ordonné, ,qi4 ne ^it^§(t ne pu,isse âti;e pç^r eux qu^un chai^p de bs^taille commercial, et q\ii .£Qnp(\e w^ barrière plus sérieuse que la z^^ îieutjce ^r^èreiw^At inyejiip^tée qui, de KbodjarSaleb àu^ ^ovir(;es ,c(e J'O^^is, ,(^ séparer les pays soumis à ^Influeace russ^ç des Ë^ats a,fgj|;L9J:i8 c^x^ lèvent de PAngl e,terre. »
^'excursion de re;cpIo^ate,i;ir rus^e J^^viLbars da^^ Jia région du Tbian-Ghan, de 1Â69 à ^&72, excursion .(jui s'est prolongée jusqu'à Kachgar, promet aussi à la cartographie d'importants r,é8ultat8. M. Gharnhprst, gui accompagnait M. ^aul^af § Offfjfimp a^/rpn/^me, ^ /jl^ewji^ tff^ positions nouvelle enjtjre Tokmak ejb EjBskgarJ
SIBÉRIE
237. Ujfalvy de Mezô KÔvess, Mél^ges altaïque^. Paris, 18T4, in-8^ yn-204 pages, 5 fr.
Voici le contenu de ce demi-volome :
I. Sur le berceau in peuple Magyar. — H. Uigration des Fiuofai iê rouest. — ^l. La civilisation chez les peuples Altaïq^es. — IV. 9||f Tappellation Touranien, et dur les avantages qu'il y aurait de lui sabsti> tuer celle d'AUaïqtie. — V. La (déformation du crâne chez les anciens peuples altaïques en Babylonie. — VI. Les peuples altalqnes en Bai bylonie. — VU. Antiquités toura^ifiiines. — VH^ )![ifl^eAce oj^iMUf exercée sur les migrations des peuple^ pa^ Is^ race de Is^ Uaat^'A;M^T? IX. Choix de poésies flunoises. — Vocabulaire comparé ongro.-finnois.
23B. C. ScHMiDT, Prof, in DqçpaV ^ydrolog^çcljie yntersuQhui^gQH, V. Die Sèen der Bitiersaj^Hnie (Gprkaïa Linia^) yom OoQ^ bis Petropaw^owsk, und ^er Sihirischen Kosakenlinie von P^ tropawlowsk bis Prâsnowskaîa. ^tPétersh., 1873, gr. in-4, 28 p, avec carie. (Extr. des Mémoires de l'Acad. impér., t. XX.)
Étude d*un grand intérêt sur les (Conditions physiques des terrain^B ^9 formant le baSsin de I^isehîm, qui continue au nord la dépression arah>- Caspienne.
T.\9. Von SCHRENCK (D"" Leop.). Strômungsverhâltnisse im Okhotskischcn und Japanischen Meere, und in d«n zunâchst angiân-
SIÉilUE. MONGOLIE. àB9
zenden Gewâssern. :^<ii8h TeBipeEatuFbeobachkaigen-ftufiruAsischenKnegsschiff6n.ii5(KF^Cer«&f,:1873, gr. in^/iO p«g<«^ayec 2 cartes et 10 pi.
Extrait de8.Béau>ire8 dfl»rAoadémie,iinpér*, t. 3EXI.
240. Qaitedei]aaierd{Okliotdi.iIMp^ de'ki Ifatim, n*'3m (corrigée en 1874).
24t. Ghinhbl <(WaUon). Joufv^y >^Rn|gfa «flétêtn ^antéhooHIa and Koraa:(l670). Àftuytêdl K«p&ft^fithe AmerimfH^Geo^rûphieàl soc, 1870-71, p. 283-299. Aibany, 181^, m-8.
.Qiitlqae8MaMHrqae8>tMn«a]Mtâfaie^ ntfvfi'e'vWé les par-
'tées-d^iaMMitohoarie'ratte'iitiltoftlhièiit aa^kvtfrd ^^la^OoMe.
On'OOBipte enf iron iSMO Goi4eA8 -^étébUs «m HikoM lAelt^àtt^èii; ce sont en général des paysans du nord de la Corée, qui natarellement savent peu de chose des parties méridionales da royaume. L*antear passa quelques semaines dans plnsients rde leurs Yillages, et par l'intermédittire deson.gaid#, qui pariait un peu le russe, il questionna continuellement les Coréens auaujtt-de leur pays et de ses usages.K2^t le résultat de cette espèce d'enquête, et celui de «espropiSB obaevftttions, qu'il a consignés dans cette communication.
Au pointtde Taepliysique,'le^rpe du Coréen est pjmmenftrBMngDl.