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Sur le Coanza, Benguéla

EXPÉDITION FKANÇAISK. 15

année pour le commerce de Ti voire. Si ce voyage réussit, on peut en attendre aussi des résultats importants. Le royaume de Moloua, ou du Mouata Yanvo, selon toutes les informations, est un des plus grands de l'Afrique tropicale ; et, sauf quelques renseignements isolés, ce qu'on en sait se borne aux notes trop peu nombreuses transmises par Ladislaûs Magyar. La situation delà capitale Kabébé est très-incertaine.

On voit à quelles espérances se rattache le comité africain d'Allemagne, après le rude coup que porte à ses prévisions la ruine de sa grande expédition. L'abandon successif des entreprises si puissamment organisées du lieutenant Grandy et du docteur Gûssfeldt montre certainement que les difficultés des explorations intérieures, en partant de la région du Congo pour se porter à Test, sont plus grandes, infiniment plus grandes qu'on ne l'avait prévu. Aussi, indépendamment des entreprises secondaires du docteur Lenz et du capitaine de Homeyer que vient de mentionner M. Aug. Petermann, le comité allemand tourné-t-il déjà les yeux vers d'autres parties de l'Afrique, vers le Nord-Est notamment, où l'heureuse traversée du docteur Nachtigal, et les récentes acquisitions du gouvernement égyptien, ouvrent aux explorations européennes de nouveaux et vastes horizons.

L'expédition française. MM. de Brazza et Marche.

Nous accompagnons, certes, de tous nos vœux les actives et pacifiques entreprises des savants allemands ; leurs efforts pour prendre place, à travers les difficultés et les périls des explorations africaines, dans ce vaste champ d'investigations où leurs voyageurs, depuis la fin du dernier siècle, ont tracé tant de glorieux sillons, ces efforts poursuivis avec constance sont dignes de toutes nos sympathies. Q'^s\ comme un coxicours maintenant ouvert

entre les nations exploratrices de l'Europe, pour relier à la cdte de l'Atlantique les découvertes de Burton, de Livingstone et de Gameron. Il y a là à remplir sur la carte un vide de cinq cents lieues de largeur, la moitié occidentale du continent africain au sud de l'équateur. (Jn pareil résultat est bien digne de l'ardeur que Ton y déploie.

Néanmoins nous avons toujours pensé, et nous l'ayons dit plus d'une fois déjà, qu'une ligne d'exploration plus importante encore, s'il est possible, que les lignes qu'avaient choisies l'Angleterre et l'Allemagne vers le parallèle du Zaïre inférieur, aux environs du 5* et du 4* degré de latitude, serait celle qui se porterait à deux ou trois degrés plus haut vers l'équateur. Cette ligne équatoriale, nous l'avons qualifiée de ligne française^ parce qu'elle semble tout particulièrement réservée à nos explorateurs. Elle a son point de départ au Gabon etàl'Ogoval, deux territoires dont nos établissements et les nombreuses reconnaissances de nos officiers ont fait une terre française. Les découvertes que l'on poursuivra dans cette direction commandent toutes les autres et en deviendront le lien commun. C'est par là qu'on arrivera directement au nœud de tous les problèmes que présente encore la structure physique du continent. Là sont les Alpes centrales de l'Afrique ; là sont indubitablement les sources du Nil, celles de Chari, de la Binoué, de l'Ogovaï, du Congo ou Zaïro, du Zambézi; de même que le Danube et rinn, le Rhin et le Rhône, le Pô et l'Adige, sortent du nœud central de nos Alpes d'Europe, le Missouri, la Colombie et le Colorado du nœud central des monta- «^nos Rocheuses, le Brahmapoutre, le Gange, le Satledj ot le Sindh, du nœud central de l'Himalaya. C'est la loi universelle, la loi nécessaire de la configuration des continents. La carte d'Afrique sera dès lors achevée ; les ciccouvcrtt's partielles faites dès à présent dans toutes les

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