Vuir DOtre volume précédent, p
aine de porteurs — toute une armée — tirés des posses-
ions portugaises du Benguéla, et Ton comptait partir
mfin pour l'intérieur au mois de mai dernier (1875). Mais,
;es porteurs arrivés, la plus grande partie se trouva im-
)ropre à la tâche. Beaucoup tombèrent malades dès les
3remières journées du voyage; quelques-uns moururent;
e reste s'enfuit. Ce fut le coup de grâce. Déjà énervé par
:ant de difficultés et d'obstacles de toute sorte, le D' Grûss-
feldt a tout à fait perdu courage. U a tout abandonné, et,
laissant ses compagnons à Ghïnchôcho, quartier général
de l'expédition, il s'est rembarqué pour l'Europe.
On peiit juger quel étonnement pénible cette annonce
si imprévue a produit en Allemagne; un article écrit par
le D*^ Petermann au milieu du mois d^août dernier, sous
le coup de la première impression, nous en renvoie l'écho (ci-dessus, n*» 17).
« LeD' Gûssfeldt, dit le directeur des Mittheilungen^ revient en Europe. Cette nouvelle, reçue la semaine dernière, a douloureusement surpris les amis de la grande entreprise dont l'Allemagne scientifique se préoccupe depuis plusieurs années. Après deux années tout à l'heure de préparatifs, l'expédition devait partir de la côte de Loango pour l'intérieur au mois de mai 1875, et M. Gûssfeldt avait enfin réussi à se procurer au loin une centaine de porteurs ; mais au dernier moment, la maladie, la mort ou la désertion ont dissipé cette troupe si péniblement réunie. M. Gûssfeldt, voya,pt s'évanouir toute possibilité de s'éloigner de cette côte, a perdu courage; il revient exposer personnellement la situation devant le comité de l'Association africaine, et attendre les décisions que prendra le comité.
c< On ne saurait douter que le D' Gûssfeldt n'ait eu les motifs les plus sérieux pour prendre une pareille décisi3n, et qu'il ne puisse la justifier pleinement. Le fait seul que la « terra incognita » commence dès la côlc
14 AFRKUTE. .X*^ 1-17.)
même, là où l'expédition allemande avait choisi sa base, montre assez que les difficultés d'un voyage dans cetto région sont peu ordinaires. Mais il n'en est pas moins très-regrettable que deux années entières et une dépense élevée aient été sacrifiées, sans autre fruit que de s'être assuré que la côte de Loango est un point do départ peu favorable pour l'exploration de l'Afrique équatoriale; cap les collections que l'expédition a faites, ses observations et ses reconnaissances dans la zone littorale, quelle qu'en soit la valeur, s'efTacent devant la grande mission que l'on avait à remplir.
« Toutefois, la station de Ghïnchôcho n'est pas abandonnée; plusieurs des compagnons du D' Gûssfeldt s'y trouvent encore. Le retour personnel du chef de l'expédition n'implique nullement l'abandon de l'entreprise; seulement le comité de l'Association africaine doit renoncer au plan qui s'appuyait sur la côte de Loango, et reporter maintenant vers les deux autres expéditions qu'elle a organisées tous ses moyens et toutes ses forces. On a de bonnes nouvelles du D** Lenz. Il a essayé à plusieurs reprises de remonter l'Ogovaï, et il est à espérer qu'il réussira dans cotte direction à pénétrer jusqu'à des parties de l'intérieur encore inconnues*. De son côté, le capitaine de Homcyer, qui avait le projet, en traversant les possessions portugaises du sud et en touchant à Cassanp:hé, d'atteindre Kabébé, capitale de Mouata Yanvo, écrit <le Pungo Andongo^jà la date du 8 juin, que son état do maladie allait le mettre dans la nécessité de revenir en Kurope, mais que ses compagnons le D'Pogge et le lieutenant Lux continueraient le voyage.» Ils devaient partir de Pungo Andongo le 15 juin avec un homme de l'intérieur qui fait depuis longtemps le voyage chaque