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cette route déjà préparée est celle qu'a choisie M. de Brazza, officier distingué do notre marine que le gouyernement a largement pourvu des moyens nécessairev, et qui a pour second M. Marche, naguère compagnon de M. de Gompiègne. Il y a là do grands éléments do succès. Un voyageur isolé, le docteur Lenz, un des auxiliaires «le la grande mission allemande de 1872, tandis que le corps principal de l'expédition, sous la conduite de TastroDome tiûssfeldt, se portait vers la côte de Loango, a aussi choisi pour son point de départ la région du Gabon. Arrivé au mois de mai 1874 à la baie de Gorisco, un peu au nord du Gabon, il a porté ses premières reconnais* sances suj* la rivière Mouni, qui débouche dans la baie d^ Gorisco, puis sur le Gomo, qui afflue au fond de l'estuaire du Gabon ; et, certain dès lors que ni Tun ni l'autre de ces deux cours d'eau ne pénètre au loin dans les terres, il s'est définitivement tourné vers TOgovaï (ci-dessus, n®* 91 et 92 de la bibliographie). Il y arrivait au milieu du mois d'août de la même année 1874, et à deux reprises il a travaillé à remonter le fleuve. Au mois de janvier ou de f(Wrier 1875 (les dates ne sont pas marquées d'une manière précise) il atteignait le point précisément où s'étaient arrêtés MM. Marche et de Gompiègne dix mois auparavant, et comme eux, en partie par les mêmes raisons, il était obligé de revenir sur ses pas. Mais il n'a pas renoncé, tant s'en faut, à ses projets. Il se propose de reprendre son voyage dès que les grandes pluies auront cessé, — c'est aussi le moment où MM. de Brazza et Marche arriveront au fleuve, — et, revenu au point déjà atteint, de s'élever dans l'intérieur vers les hautes terres par le direction du N. E. Quelques-uns des lecteurs de VA nnée n'auront peut-être pas oublié (s'il est permis d'évoquer ici un souvenir personnel) que cette direction du nord-osl est précisément colle que depuis plusieurs anik'os nous avons recommaïuh'o sur do très-fortes raisons.
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d. Lenz est d'une tout autre écolo que M. de Gomgne. Dans ses lettres, presque rien de personnel : tout donné au fond des choses, hommes et pays. Il en réte sans doute un ton plus sérieusement scientifique, is de vues d'ensemble et de généralisations ; mais aussi nbien les choses ont moins de vie, et que de traits nous •dons qui mettent en' saillie la physionomie des indius, aussi bien que les habitudes intimes et le caraces des populations ! Je ne veux pas faire, assurément, cours d'esthétique appliquée à la littérature des voya- 3, mais il est certain que, si l'austérité scientifique ; de beaucoup supérieure dans les investigations qui ichent à la géographie pure et aux études connexes, utre méthode de narration a aussi ses avanta:ges. C'est le question de goût et de mesure.
Les lettres du docteur Lenz ne contiennent que des erçus très-sommaires ; nous y trouvons néanmoins lelques faits importants. Le territoire des Okanda, ande tribu de race pangoué ou fan qui demeure sur la ve gaucho de TOgovai à près de trois cents kilomètres î la côte, non loin du point où M. Lenz, comme [M. Marche et Gompiègne, a dû rebrousser chemin, est 1 plateau qui ne présente encore qu'une altitude de 120 130 mètres au-dessus de la mer. A Touost, c'est-à-dire 3rs la côte, ce plateau est limité par une série de col-^ nés basses de nature schisteuse, formant une succession e rangées parallèles, suffisantes, cependant, pour déjrminer de^ rapides qui coupent le lit du fleuve et en ênent la navigation. Ge peu de hauteur du premier grain montre qu'ici le pays ne s'élève que lentement vers 3 plateau intérieur, mais nous pensons que ce trait pariculier appartient seulement au bassin, assez large ici, de Ogovaï, et qu'au nord, comme au sud, les escarpements u plateau reprennent bien vite un caractère beaucoup dus prononc<''.
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M. Lenz a réiini une série de vocabulaires qui lui ont permis de dresser un tableau comparé des langues ou dialectes de dix peuples de la région du Gabon et de rOgovaï. Ce tableau est accompagné de quelques renseignements provisoires sur chacune des tribus qui y figurent. Une chose encore que nous devons remarquer à la louange de M. Lenz, c'est le soin qu'il apporte à recueillir sous leur véritable forme, autant qu'une oreille déjà exercée a pu la saisir, les noms des peuples et des tribus, que la prononciation un peu relâchée des résidents tond presque toujours à défigurer plus ou moins. Ainsi, le nom auquel la prononciation du Gabon donne la forme Bâkalals doit s'écrire et se prononcer Bakellé (Ba' Relié); et même il paraît quo le véritable ethnique est Akellé. Le peuple que les voyageurs et les cartes appellent Gallois se nomme en réalité Galoa; et ainsi de beaucoup d'autres. Une oreille scientifique est toujours choquée de ces déformations.