‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 320 sur 425 · T. XI de Winnét!, p. \h · texte numérisé non relu

T. XI de Winnét!, p. \h

e et de gomme avec les nombreuses populations ibiteot les rives fertiles du Loufidji. L'embarcation Stanley, the Wave^ a parfaitement tenu pendant ) voyage. Après avoir relevé et dessiné la carte du lu Loufidji et visité l'île de'Mafia, il est retourné à «r, où il était, au départ de sa lettre (19 septem- J74), en train d'enrôler une troupe nombreuse ODies pour la grande expédition dans l'intérieur, lettre du 15 novembre décrit ses négociations avec 'teurs et les hommes d'escorte, son recrutement de s fidèles qui ont accompagné Livingstone à difféépoques, ainsi que Speke, Burton, Grant et lui- ; il rapporte comment ces vétérans, accueillent son mme pour un voyage dans l'intérieur. Suivent des )tions de l'équipement des bateaux, des vêtements, truments et de tout l'attirail qu'il emporte avec ir son voyage.

firme que jamais, d'après lui, et de l'avis de ceux it le plus experts en la matière, aucune expédition artie pour explorer l'Afrique aussi bien approvis que celle dont il va prendre la direction, et il ,vec-la plus grande confiance des résultats qu*il obtenir. Il expose son plan de campagne, qui est ir vers le milieu de décembre de Bagamoïo ', avec itre cents compagnons, en suivant l'ancienne route inyanyembé, jusqu'à ce qu'il ait entièrement tra- )ute cette partie du pays.

cartera alors de cette route vers le nord-ouest, en int à travers la contrée inconnue des Massai que itone avait si grande envie de parcourir. Il aura lièrement en vue le Victoria Nyanza, pour résoudre

amoîo, village à Tembouchure de la Kingani visrà-TÎs de Einzibar, est le point de, départ habituel des earavanes orgaur Tintérieur.

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les doutes qui enveloppent encore cette grande nappe d'eau. Est-ce un seul lac, comme Ta cru Speke/ou, comme on l'a supposé depuis, y a-t-il là toute une agglomération lacustre ? M. Stanley emporte avec lui un bateau divisé en segments. M. Stanley et ses compagnons étaient remplis d'ardeur et de courage.

Voilà le programme ; M. Stanley, poussé par son indomptable volonté et son énergie américaine, est de taille à le remplir.

Départ de la côte. Marche vers le Nyanxa.

Ses premières marches y répondent de point en point. Voici une lettre du 13 décembre, la première depuis le départ de la côte ; notre Stanley est là tout entier. Rien ne ressemble moins aux prévisions craintives auxquelles nous ont habitués les voyageurs au moment de. s'enfoncer dans un redoutable inconnu. Nous avons ici devant nous un tempérament bien remarquable.

Tout est extraordinaire dans ce voyage. On a souvent discuté sur les avantages et les inconvénients des expéditions collectives et des voyages isolés : l'entreprise do M. Stanley ne ressemble à rien de ce que nous connais^ sons. C'est une véritable expédition armée. Le délégué du journal de Londres et du journal américain, suivi d'une troupe do plusieurs centaines d'hommes militairement équipés, marche résolument non comme Baker et ses Égyptiens à la conquête politique de vastes territoires, mais à la conquête scientifique de terres inconnues. Rien de semblable ne s'est jamais vu dans l'histoire des découvertes. Ce que d'autres essaient par le temps et la persévérance, Stanley va l'emporter de haute lutte, par l'audace et l'énergie. Il va devant lui, s'ouvrant sa route au milieu de populations défiantes, stupéfaites et contenues à la vue de cette étrange caravane. Et il arrivera, n'en

ons pas. Ce que nous craignons pour lui, c'est le re- . En attendant, les dépêches se succèdent, et chaque elle lettre apporte une découverte nouvelle, le dépèche datée du canton de Mpouapoua, pays zagara % porte ce qui suit :

Tout baroque que puisse paraître, dit M. Stanley, le du canton et du groupe de villages d'où je date ma ^, il ne sonne pas du tout mal à Toreille ; et même la douce d'une fille de Msagara peut lui donner une mnance agréable. Autant que je puisse me rapprode la prononciation des indigènes, ce nom doit s'é- Mbouaboiux,.,.

'ai eu un succès sans précédent dans ma marche à r de l'océan Indien ; des circonstances extraordinairefavorables ont constamment accompagné l'expédition is son départ de Zanzibar. Rien ne s'est réalisé des mptes, des échecs que je prédisais dans la dernière que je vous ai écrite de cet endroit : ni retards oires, ni désertions fréquentes, ni découragement de •rte armée, enfin aucune des nombreuses contrariétés 3 craignais de rencontrer. Au contraire, nous sommes is à la moitié du chemin d'Ounyamouézi, en un temps vement très-court. Nous avons eu à supporter moins Lcas, et nous avons, en somme, eu une meilleure ite qu'aucune expédition qui ait jamais pénétré dans rieur de l'Afrique.

'expédition quitta Bagamoïole 17 novembre et arriva îr, 12 décembre, ce qui fait un intervalle de vingtours seulement! Ce fait, relaté avec cette brièveté, ait ne pas surprendre ceux qui ne se doutent pas du 1 qu'il faut ordinairement pour faire ce trajet. Mais, ais observer que, lors de mon expédition à la rele de Livingstone, le même trajet me prit cinquanto-

legura de la carte des Last Journal s de Liviugstune.

sept jours elque l'expédition du lieutenant Caracrona mis quatre mois à Taccomplir, le lecteur le plus superficiel ne pourra s'empêcher de comprendre que j'ai tout lieu d'être sous ce rapport très-reconnaissant et extrêmement satisfait. Et pour bien apprécier cette vitesse de marche, il ne faut pas oublier que mon expédition se fait sur une grande échelle, traînant avec elle des impedimenta tels que le bateau-ponton Livingslone et la barque en cèdre Lady AlicCj el que depuis le moment où nous avons quitté la côte nous avons suivi une route tout à fait nouvelle, beaucoup au nord de toutes cellefe qu'on avait suivies précédemment. » .

Ce n'est pas que l'expédition n'eût eu à traverser, au départ, plus d'un ennui et d'une difficulté. Ses nègres, tant qu'ils se sentirent près de Bagamoïo et des tavernes portugaises, avaient grand'peine à se mettre décidément en route. Ils menaient grand tapage par le village, s'enivranl à la journée, se battant, et par-dessus tout enlevant, ou plutôt emmenantles femmes, les esclaves comme les autres. Un message du sultan apporta les réclamations et les plaintes; enfin M. Stanley parvint à force d'énergie à remettre tout en ordre.

A une petite journée de Bagamoïo, sur les bords de la Kingani, M. Stanley fit assembler les compartiments de la barque Lady Alice, et l'on mit de nouveau à l'épreuve son utilité pour le transport. Il constata que le plus qu'elle pouvait porter pour leur faire traverser la rivière, c'était trente liommeset trente balles do toile, c'est-à-dire un poids de trois tonneaux, ce qui le satisfit parfaitement. On ne découvrit pas le ponton Livingstone, attendu que Lady Alice suffit pour transporter tout le monde de l'autre côté de la rivière.

« Notre marche àpartirdc Bagamoïo, poursuit la lettre de M. Stanley, fut principalement dans la direction ouestnord-ouest, jusqu'à ce que nous fussions près de Mpmia

(a; alors nous marchâmes droit à Toucst. Pendant

sieurs jours, nous suivîmes la rive méridionale de la ière Ouami^ ce qui nous permit de découvrir que celte ière n'est jamais navigable dans la saison sèche, parce e son chenal, sur une longueur de plusieurs milles,

encombré de cailloux de grandit. Pendant la saison des lies, de très-grands bateaux pourraient remonter jus- 'aux montagnes d'Ouzagara; il y a une crue de plus de ze pieds dans la rivière.

X Après avoir traversé la rivière Ouami, nous entrâmes is le NgovrdUy au nord à!Ousegoubba^ contrée hériss de pics et de hautes montagnes dont la plus élevée

le mont Ridondoni, en forme de cône tronqué, dont la iiteur est d'environ 12 000 pieds (anglais) au-dessus du ^eau de la mer. En traversant le Ngourou, nous passais les différents affluents de la rivière Ouami, qui sont Mouehoueh, le Mkindo, le Mvomero, TOusingoui, le udiona et le Moukoudokoua.

:< Du Ngourou nous passâmes dans l'Ouzagara du rd, terrain élevé, situé, d'après les indications des froides, à 4475 pieds au-dessus du niveau de la mer :64 mètres]. Ensuite nous descendîmes dans une terre is basse, n'étant qu'à 3400 pieds (1036 mètres) auisus de la mer ; enfin nous arrivâmes à Mpotiapoua^ it l'altitude, autant que j'ai pu le constater, d'après la rque de l'eau bouillante sur deux baromètres, est de 75 pieds (1090 mètres).

< II y a trois jours, nous avons traversé trois affluents ne rivière qui coulo au nord-est de l'Ouami. C'est )bablemont la rivière Pangani.

< Le point le plus extrême que nous ayons atteint au d, dans notre marche delà côte jusqu'ici, a été le cinème degré quarante-neuf minutes de latitude sud, si que je l'ai vérifié en prenant la double altitude: .ait au village de Kitangeh.

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« Nous avons rintention de poursuivre notre marche demain ; mais avant de quitter la route d'Ounyanyembé pour la terre des découvertes et les sowrces du Nil, que je brûle d'atteindre, je vous adresserai une courte lettre pour vous informer de notre marche à travers le pays inhospitalier d'Ougogo. »

La santc de ses compagnons européens était excellente. Quant aux provisions de voyage, M. Stanley n'avait encore dépensé que trois balles d'étoffe (qui sert de monnaie dans cette partie de l'Afrique) sur les soixante-douze qu'il possédait et qu'il jugeait suffisantes pour un voyage de deux ans. Les seules victimes de cette brillante étape étaient deux de ses bons chiens, Capitaine et Castor ^ qui avaient succombé à la chaleur.

La plupart des noms cités jusqu'à présent, noms de rivières et noms de pays, sont déjà connus par les relations antérieures et par les cartes qui les résument; néanmoins la ligne suivie se maintient en général un peu au nord des lignes précédentes. Le moment approche où l'expédition, s'élcvant au N. 0., va pénétrer dans des territoires inexplorés.

Suite de la marche dans la direction du Victoria Nyanza. . Arrivée au lac par le sud-est.

Ce qui suit est fourni par une nouvelle lettre de M. Stanley datée « du village de Kagchyi, canton d'Outchambi, paysd'Ousoukouma, sur le Victoria Nyanza, » le 1»' mars 1875.

Des bords de la rivière Mpouapoua, l'expédition se porta au nord en coupant le désert de Mgounda M'kali, •c la région dos forets, « laissant le chef de Mhoumi loin au midi ; puis elle traversa le nord de l'Ougogo, exposée, de la part de quelques-uns des chefs, à des exigences prévues auxquelles M. Stanley, (juand elles ne dépassaient

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certaines limites, se soumettait de bonne grâce. On içait ainsi, à travers des alternatives de bons et de ivais jours, plus de mauvais que de bons, ayant à fiiirde furieuses rafales et des pluies diluviennes. Des imes mouraient de fatigue et de faim, beaucoup étaient ses malades en arrière, beaucoup d'autres désertaient, messes ou menaces, bonnes paroles ou punitions, . n'y faisait. L'expédition semblait condamnée. Les ics, bien qu'ils n'eussent pas été pris, assurément, s la fine fleur de la société anglaise, accomplissaient s leur tâche bravement, avec héroïsme, pourrait-on , — exemple frappant de l'instinct du devoir qu'in ■ e le sentiment de la supériorité morale. « Quoique Srants de la fièvre et de la dysenterie, insultés par habitants, marchant sous la chaleur et les pluies itoriales, ils se montraient d'une noble et mâle na- , fermes, braves, — et, ce qui vaut mieux que tout le ^, vraiment chrétiens.... «

Q atteignit la frontière occidentale d'Ougogo le dcrjour de 1874. Après un repos de deux jours on mardirectement au nord, par une plaine presque tout 5, qui s'étendait, disaient . quelques-uns, jusqu'au nza. Deux jours de marche amenèrent l'expédition les confins de rOusandâoui, pays fameux par ses 61c- Qts; ici la route inclina au nord-ouest. On entra dans ikimbou (qu'on nomme aussi Ouyanzi) par le nord-est ie territoire. La désertion des guides que M. Stanley t engagés peu auparavant causa de sérieux ennuis, à trée d'une djangle sans trace de sentiers, où il fallait •ayer péniblement sa route à travers les acacias et les horbes, n'ayant pour se guider que la boussole. L'éjement des provisions quotidiennes vint encore ajouà ces souffrances. Six hommes moururent, et Tambu- ^e se grossit de trente malades. Un des compagnons mes de Slanley, le jeune Edward Pocock, fut atteint

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ici de la fièvre typhoïde : quelques jours après il allait augmenter le nombre des victimes. On peut juger par ce faible aperçu des dangers et des difficultés sans nombre-contre lesquels le tempérament énergique du chef de l'expédition avait à lutter à chaque pas. « Je me sentais prêt à pleurer, dit-il en un endroit, à la vue de leurs misères : mais il fallait garder toute ma fermeté pour ne pas ajouter à leur abattement. »

Les habitants du pays d'Ourimi, qui vont absolument 1

nus, — sauf les femmes enceintes, qui ont le privilège d'une peau de chèvre, — se font remarquer par leur mâle beauté et leurs belles proportions. Mais avec toutes leurs qualités physiques, c'étaient bien les plus soupçonneux de tous les naturels que l'on eût rencontrés jusque-là. Ce ne fut pas une petite affaire d'obtenir l'autorisation de traverser leur pays et de les déterminer à fournir quelques provisions en échange de pièces d'étoffe et de verroteries. C'est en de telles occasions qu'il fallait uiser de tact et de patience pour éviter d'en venir aux coups. Us ne reconnaissent point de chefs, mais ils respectent les injonctions des anciens. Ce fut avec ceux-ci que M. Stanley parvint, non sans peine, à s'entendre.

A Tchivïn, dans l'Ourimi, M. Stanley constata par le

pédomètre que l'on était au quatre centième mille depuis la côte ; c'est là qu'Edward Pocock mourut. On avait atteint le pied de la ligne de partage d'où les premiers cours d'eau commencent de ce côté à se porter dans la direction du Nil. D'une hauteur d'où Ton embrassait une grande étendue de pays, on distinguait nettement les creux et les dépressions à travers lesquels ces premières eaux s'écoulent vers le nord et le nord-ouest, « éveillant la pensée, dit le voyageur, que bientôt j'allais contempler avec ravissement le vaste réservoir où ces ruisseaux qui couraient en murmurant à mes pieds allaient

•éunir pour former le fleuve Blanc, » une des têtes du Ae fleuve d'Egypte.

De Tchivïn on mit deux jours pour passer de TOurimi

18 le pays de Mangara; le 21 janvier on arriva à Itou-

ly canton de l'Ourimi septentrional. L'expédition ëta-

t son campement près du village de Yinyata, situé dans

e large et populeuse vallée contenant probablement

deux mille à trois mille habitants, et arrosée par la

ière de Lîvoumbou, qui sort de la vallée dans la direc-

n de l'ouest après avoir reçu tous les cours d'eau

'on rencontre entre Yinyata et Tchivïn. Même dans

I temps secs, c'est une rivière assez considérable, d'en-

'oin vingt pieds de largeur et de deux de profondeur ;

ns la saison des pluies, c'est une profonde et formida-

3 rivière.

Ici M. Stanley fait le récit d'une attaque imprévue qu'il t à repousser, et d'une bataille de trois jours qu'il eut K>utenir contre les habitants réunis de deux cents villes de la vallée de Lîvoumbou ; nombre de villages rent brûlés, et la victoire resta naturellement aux carales Snider; mais vingt et un hommes, surpris par faisonpour la plupart, manquaient à l'appel. K Nos forces, dit ici M. Stanley, étaient encore res- :tables, en hommes, en munitions et en approvisionnents. Néanmoins, pour une expédition destinée à exirer de vastes étendues de pays inconnus, nos pertes ient très-sérieuses. J'étais parti de la côte avec plus de ) hommes, et, quand je passai ma troupe en revue à ^ongo-Tembo,dansriramba, que nous atteignîmes trois rs après avoir quitté le théâtre de notre bataille, il ne me tait plus que 194 hommes. En moins de trois mois, dysenterie, la famine, les maladies, les désertions ta guerre, nous avaient enlevé plus de 120 Africains et Européen. Une telle diminution serait considérée ime une catastrophe dans un Fort régiment : or de

quel nom Tappelcr lorsqu'il s agit d'une troupe qui no peut se recruter, où chaque homme qui meurt est une porte irréparable, au début d*une entreprise qui doit durer des années, quand on se dit chaque matin : ce Ge jour peut être le dernier ! »

De Mgongo-Tembo l'expédition coupa TOusoukouma dans toute sa longueur, à travers des territoires que le voyageur énumère, et Ton arriva enfin en vue du Nyanza après une marche de 720 milles depuis la côte.

Le premier but était atteint.

M. Stanley jette ici un regard en arrière et récapitule les contrées qu'il a parcourues depuis que l'expédition a quitté les routes connues par les voyages antérieurs :

« Au nord de Muanza s'étend une plaine unie, jusqu'à la frontière d'Ousandaoui, distance d'environ 35 milleB anglais. A Moukondokou, l'altitude marquée par deux très-bons anéroïdes était 853 mètres; à Mtivi, 20 milles plus loin au nord, elle était de 861 mètres. Obliquant à l'ouest et au nord-ouest, nous montâmes une rampe qui nous paraissait être le versant d'une montagne allon* gée; mais, arrivés au sommet, nous constatâmes que c'était un vaste plateau couvert de forêts. Ge plateau a 11 58 mètres de haut à sou extrémité orientale ; mais il s'étend à l'ouest en s'élevant graduellement jusqu'à près de 1400 mètres. Il embrasse tout l'Ouyanzi, l'Ounyanyembé, l'Ousoukouma, l'Ourimi et l'Iramba, en un mot, toute la partie de l'Afrique centrale située entre la vallée duLoulidji au sud et le Victoria Nyanza au nord; l'altitude moyenne do ce vaste plateau ne peut dépasser 1100 mètres. De Muanza au Nyanza il y aune distance d'environ 300 milles ; cependant à aucun moment de ce long trajet les anéroïdes n'ont indiqué une altitude de plus de 1555 mètres au-dessus du niveau de la mer,

« A partir du bord oriental du plateau jusqu'à Ourimi, la terre est couverte de djangles épaisses d'acacias, dont

ensité étouffe toute autre espèce do végétation. Çà et 3uleinenty dans une fente de rocher, on aperçoit un horbe géant, unique fleur de cette contrée stérile. Le a peu do profondeur. C'est un mélange de terre végé- I avec une. grande quantité de sable et de débris des les nues qui couronnent chaque monticule et chaque AU, et qui attestent trop clairement la violence des ies périodiques. Dans le imssin de Matongo, qui aptient àrOurimi méridional, les ruines de montagnes e coteaux, restes d'un plateau plus élevé, disent que la le travail de la nature dans le cours des âges. Mais t seulement en entrant dans TOurimi central que Ton iprend toute la violence des moyens par lesquels la are a ainsi transformé la face du pays ; car là des souret des ruisseaux permanents se joignent pour former rivières, après avoir recueilli et absorbé les eaux qui tent de la ligne de faîte, et ce qui n*est qu'un mince rs d'eau dans la saison sèche devient une rivière forlable au temps des pluies. C'est dans TOurimi cen^ que le Nil lève son premier tribut sur l'Afrique équaaiea...

La rivière de Lîvoumbou, après un cours de 170 milprend dans l'Ousoukouma le nom de rivière de Moigah. Apre» un autre parcours do 100 milles, elle ient la Ghimîyou, nom sous lequel elle entre dans le oriaà l'est du port de Kagehyi. On peut évaluer le >8 total de la Ghimîyou à une longueur de 560 kilol^es. Après avoir pénétré dans la forêt et la djangle à «8tduLoumambcrri,onentre dans l'Ousoukouma, pays -peuplé et riche en bétail. C'est une série de plaines ulées. La descente au lac est tellement graduelle que ompte, en le sondant, trouver qu'il est peu profond, )iqu'il couvre une vaste superficie. »

Arrivée au Victoria Nyanza.

Ici M. Stanley s'écrie avec un long soupir de satisfaction : ce Enfin, après nos longues marches, nous voici campés à deux cents mètres du Nyanza*,dont je contem-. pie les eaux doucement agitées. Qu'il me tarde de lancer le Lady-A lice * et de m'aventurer à explorer les mystères du lac I Bien que sur ses bords, je suis aussi ignorant de sa configuration et de son étendue qu'on peut Têtre en Angleterre ou en Amérique. J'ai questionné et requestionné sur ce sujet les habitants d'Outchambi : aucun n'a pu me dire si le lac n'est qu'une seule pièce d'eau ou s'il en forme plusieurs. J'ai entendu prononcer une multitude de noms étranges, mais, si ce$ noms désignent des pays ou des lacs, c'est ce qu'il m'est impossible de deviner à travers le vague de ces rapports. Dès que je vais avoir fini ma lettre, les pièces du Lcuiy^ A lice vont être réunies, et le premier bateau anglais qui ait jamais vogué sur un lac africain va commencer sa mission. Je ne me reposerai pas que je n'aie reconnu jusqu'au dernier recoin, jusqu'à la dernière crique du pourtour du Victoria....

« J'entends rapporter d'étranges choses sur les contrées qui bordent le lac, et mon impatience de me mettre à l'œuvre s'en augmente d'autant. On me parle d'un territoire habité par des nains, d'un autre habité par des géants.... Ce ne sont peut-être que des contes populaires : j'espère être bientôt à même de voir et de vérifier de mes propres yeux. »

1 . D'après la prononciation des indigènes, M. Stanley croit que la meilleure orthographe serait Niyanza,

2. Le Lady-Alicej on Ta vu, est un bateau à compartiments dont les pièces se déinontGut pour en faciliter le transport.

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