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SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE DU CAIRE

lorations nouyelles d^nstructions scientifiques, et d*ou^ • nouyelles voies aux voyageurs et aux commerçants, iié de Pétat-major égyptien, qui a pour chefs des hom- ) la plus haute valeur; les grandes entreprises de choie fer, de canaux, de télégraphes, qui ont surtout pour ) des contrées peu connues encore; les progrès extraor- )8 de toute sorte qui sont la conséquence de l'annexion four, des pays du Nil supérieur et de ceux d*où le fleuve s origines ; enfin le mouvement nouveau qui se maniur les frontières de TAbyssinie , du pays des Gallas, au 8 la mer Rouge : tout cela promet un bel et bon avenir fondation d*un monarque dévoué tout, entier, à Tavan-' t matériel et moral de ses peuples. »

Schweinfurth, à la fin de sa lettre, fait allusion «au )ment nouveau qui se manifeste sur les frontières J)yssinie et du pays des Grallas, et au bord de la iouge. » On annonce en effet que le khédive vient nir du sultan un firman qui range le pays de 3t la ville de Harrar sous sa domination, port de Zella, VAvalites porlvs des anciens, est la irincipale de la côte d'Adel. Il est situé à l'entrée Ife Arabique, sur la mer d'Oman, près des frontiè-

TAbyssinie, à trente lieues du détroit de Bab-elîb, sur une langue de terre environnée de rochers bancs de sable. La ville et le territoire qui en déitaient jusqu'ici administrés, en dehors de l'ingéde la Porte, par un ckeïkh indépendant de fait, pi reconnaissait la suzeraineté du sultan, à qui il

des droits équivalant à vingt mille francs par an. tan ne perd pas au marché, car, pour cette cession propriété purement nominale, il a augmenté d'une ) au moins triple le tribut que lui paye déjà le e; mais celui-ci trouve dans le port de Zeïla un îhé pour ses nouvelles annexes de la Nubie, du fan, du Darfour, et plus loin encore sur la mer d'Ot l'océan Indien.

En somme, celle extension do la domination égyptienne, dont nous n'avons à apprécier ni le caractère politique ni les conséquences économiques, ne peut que tourner à l'avantage du monde scientifique, auquel est donné l'appui d'un prince qui favorise l'introduction de la civilisation européenne dans des contrées barbares, où l'on ne pouvait pénétrer qu'au risque de sa vie.

Dans son discours d'ouverture de la Société de Géographie du Caire, M. Schwcinfurth a tracé un aperçu succinct des lacunes qui restent encore à remplir dans le haut bassin du Nil, et qui ouvrent une vaste carrière à Tactivité scientifique de la nouvelle société.

c Même dans la partie de la vallée du Nil qui est connue depuis longtemps, a-l^il dit, il reste encore beaucoup à faire pour décrire et dessiner exactement la configuration du pays. Un grand progrès s'est fait, cependant, depuis Tapparition de la carte de TExposition française d'Egypte, nous voulons parler de la belle carte de Mahmoud-Bey, la première œuvre originale de la cartographie arabe, qui vient d'être livrée à la publicité. Le nom de Mahmoud sera joint à l'avenir aux grands noms des Yakout, des Edrissi, des Aboulféda, des Makrizi. Mais il s'y trouve encore des lacunes qui ne pourront 6tre comblées que par un travail long et soutenu. -Il reste à délimiter plus exactement les lacs à l'embouchure du Nil, à perfectionner l'orthographe arabe des noms, à indiquer tous les détails des grands canaux et de tous les chemins de fer, qui seront pour les générations futures des témoins durables de l'essor qu'a pris l'Egypte sous le khédive actuel.

c Plus nous avançons dans l'intérieur, plus l'inconnu augmente. Nous ne connaissons de cette grande partie do la Nubie, avec ses hautes montagnes et ses riches pâturages, qui s'étend entre la courbe du Nil et la mer Rouge, que ce que la route à travers le désert de Korousko , et deux ou trois itinéraires de voyageurs, nous en ont appris. Tous ce que nous connaissons de ce pays d'Etbaye, aussi grand que le royaume d'Espagne, se résuma principalement dans les explorations que M. Linant y a faites il y a une trentaine d'années. La carte inédite que l'infatigable M. Purdy a dressée avec son habileté connue, et que le chef de l'état-major khédival a bien

1 mettre à notre disposition, signale un progrès considédans nos connaissances sur celte partie de ]a Nubie. )e Tautre côté du Nil, nous avons le désert de Libye qui re un territoire plus grand que la France et TAllemagne 168. Quoique Texpédition de Libye ait exploré, Tannée der- I9 environ vingt-quatre degrés carrés de ce désert, elle a Traiment conquis à la science qu'une faible partie. La elle carte du désert libyque montre Timmense mer de qui sépare TËgypte du Fezzan. Personne ne sait jusi elle se prolonge à Touest.

i^ers le sud, ce sont des territoires bien moins stériles 'étendent à Touest des steppes de Baïouda. La route du »ur, récemment ouverte, les traverse. Ce pays, qui fait tenant partie du territoire égyptien, sera bientôt connu, aux expéditions que Tétat- major égyptien y a envoyées. ons les meilleurs résultats des efforts de tant de pionzélés, qui parcourent à cette heure ce pays immense et le.

[evenons à Test du Nil, où les pays qui bornent TAbysau nord-ouest attirent nos regards. Placés sous Padmi- .tion de M. Munzinger, qui en a gagné lui-même une I à la géographie, ils ne resteront plus longtemps, il faut rer, dans le domaine de IHnconnu.

.e cours moyen du Nil Bleu est encore inexploré, et la par- (d du Ghezireh-Senaar est indiquée en blanc sur toutes rtes. Les cours du Sobat n'a jamais été étudié encore , et onnalt à peine les noms de KalTa et d'Ënarea dans les agnes qui s'étendent au sud de TAbyssinie. , Touest du haut Nil, nous trouvons un autre pays monux, au sud du Kordofan, le Takkélé, jusqu'ici aussi peu 1. Personne ne s'est encore risqué dans les immenses 3S au sud du Darfour, non plus que dans les pays nègres . sur la limite occidentale du bassin du haut Nil. »

;et aperçu tracé par M. Scliweinfurth du vaste champ

•t aux explorations égyptiennes, une lettre du Caire

B quelques faits nouveiaux que nous devons re-

ir :

es explorations des savants continuent dans la haute

y a quelques jours, M. Cookson, consul de Sa Majesté

154 AFRIQUE, (n<* 114-130.)

britannique, a présenté à S. A. le Khédive, M. Lucas, arrivé par la dernière malle-poste de Brindisi, et se rendant di« rectement dans TAfrique centrale, et particulièrement dans lei régions qui séparent la Fazokl du pays des Gallas , dans le but d'explorer les sources de la rivière Sobat. Il parait que le vice-roi a également Tintention de faire explorer le pays de Harrar, dont la capitale du même nom a été visitée, à la fin de Tannée 1855, par le capitaine Burton. Les alentours de Harrar produisent une grande quantité de café qui s'exporte principi^ lement à Aden.

« M. Chippendale, qui a déjà fait partie de Texpédition du général Gordon, a été reçu dernièrement en audience de congé par le khédive, avant de retourner en Angleterre. II a rapporté que le 26 février dernier il a dû quitter Duffié à 3* 30' de latitude, et à sept milles des cataractes du Nil Blanc, parce quil a trouvé les populations indigènes tellement consternées par-la variole qui faisait des ravages chez elles, qu'il n'a pu aller plus loin pour visiter le lac Albert-Nyanza.

c Le ministère de la guerre égyptien a été auifsi informé que l'expédition Mitchell, après avoir achevé la reconnaissance géographique et minéralogique du pays entre Kéneh et Kosseir, s'est embarqué, il y a deux semaines environ, pour Zellah, afin de commencer l'exploration minutieuse des ressources minérales de ces régions. »

r^a place de l'Egypte daDs le inonde masulman et dans le monde occidental*

L'Egypte prend ainsi chaque jour une place plus élevée non-seulement dans la hiérarchie politique, mais aussi dans le mouvement scientifique du monde occidental. Cette transformation rapide d'un grand Ëtat musulman a pour nous un intérêt particulier, car elle est en partie notre œuvre. Les premiers germes, on le sait, en ont été portés sur le sol égyptien par Texpédition légendaire de la fin du dernier siècle, et nous n'avons pas cessé depuis lors d'avoir une part considérable dans les innovations que Méhémet Ali et ses successeurs ont poursuivies. La France est restée le conseil et le soutien

ILES d'afrique, 155

gottY6nMm«&t réfcMrmateur. .Les grands travaux pu-

:s exécutés en Egypte depuis un demi-siècle sont dus

ncipalement à des ingénieurs français; les premières

ides, les recherches savantes, les fouilles, les investi-

tkms locales qui font revivre pour nous les restes

ixiate fois séculaires de l'antique civilisation pbarao*

pie, ce sont des Français qui en ont eu l'initiative, et

sont des Français encore qui en ^continuent la tradi-

n. C'est aux hautes écoles de la France que se sont

'inés les jeunes Égyptiens qui deviennent à leur tour

I forces de l'avenir. Est-il besoin de rappeler le perce-

mt de l'isthme de Suez, la grande œuvre du siècle?

tampollion et Mariette, Linant de Bellefonds et Ferdi-

^d de Lesseps, sont des noms qui resteront étemelle-

i liés à la régénération do l'Egypte.

ILBS D'AFRIQUE.

1. Le Canarien. Livre de ia conquête et conversion des Canaries (1402-1422), par Jean db Bbthbncôurt, gentilhomme cauchois. Publié d'après le manuscrit original, avec introduction et notes^ par Gabr. Gravier. Rouen, 1874, gr. in-8% Lxxxvin-2ô8 pages et 2 cartes (Métérie).

B«lla et savante publication, faite par M. Gravier sons les auspices de la Société de l'Histoire de Normandie. Elle reproduit identique • ment le manuscrit original, qui se conserve dans la famille de Béthencourt comme un précieux et glorieux héritage. Une longue et savante introduction de Téditeur ajoute encore à la valeur historique de ce livre, bien supérieur, sous tous les rapports, à l'édition de Pierre Bergeron (1630) et aux diverses reproductions qu'on en a faites. M. Codine, dont on connaît l'érudition spéciale sur tout ce qui se rattache aux anciennes navigations africaines, a donné au Bailetin de la Société de Géographie (avril 1S75) un compte rendu de cette remarquable publication, auquel nous devons renvoyer. Sur les autres ouvrages de M. Gravier, voir ci>après à l'Amérique.

132. Correspondance de Broussonet avec Humboldt au sujet de l'histoire naturelle des îles Canaries. Communication faite par M. C. Roumeguéra. Mémoires de la Sœ, des seimees fuUur, de Cherbourg, t. XVIII, p. 304-317.

156 AFHIQUE. (N" 131-143.)

133. Berthelot (S.). Notice sur les caractères hiéroglyphiqaes gravés sur les rochers volcaniques aux lies Canaries. Bullitm de la Soc. de Géographiej février 1875, p. 177-192.

134. Melus (J. g.). Saint-Helena. Â pliysical, historîcal, and topographical description of the island, including ils geology, fauna, flora, and meteorology. Lond., 1875, gr. in-8* avec 66 planches, noires ou coloriées, vues, coupes, etc. Carte. 43 th. (Reeve).

135. Mdllens (Jos.). Twelve montbsin Madagascar. London, 1875, petit in-8% xz-334 pages, fig.

L'ouvrage ne tient pas tout ce que promettaient les opporiunitét de Tauteur ; néanmoins il mérite d'être lu par ceux que cette Ile intéresse. La riche et belle relation de M. Grandidier r^ettera blenlAt dans l'ombre toutes ces publications de second ordre. M. MnUeos parle de « sa carte » ; elle ne se trouve pas dans la volnme.

136. Partie septentr. de Madagascar, de la baie d*Ântongil an cap Saint-André, Parit^ Dépôt de la marine. Carte corrigée» févr. 1875 (nM 441).

— Partie occident de Madagascar, du cap Saint-Vincent au Câp Saint-André. Ihid. Corrigée févr. 1875 (n« 1442).

137. D'ÂVRAiNviLLE (A.). Résumé de la statistique agricole et commerciale de la Réunion, en 1871 et 1872. Revue Maritime et Coloniale^ avril 1875, p. 120-128.

138. Kerguelen Insel, hauptsâchlich nach den Aufnahmen von Kerguelen, Cook, Rhodes, Ross, Nares, 1772-1874. Von Aug. Petermànn. UiUheiluîïQen de JPetermann, n* IV de 1875, Tafel7.

Carte au 500,000*, réduite du n* 2398 de l'amirauté britannique. Elle est accompagnée d'une notice, p. 132-134 du cahier.

139. Position géographique de Tile Saint-Paul. Note de M. Mouchez. Comptes rendus des séawes de VÀead, des sciences, 7 Juin, p. 1393-1395.

Latit. s. 38* .42' 50" (moyenne de 82 latit. observées), longiL E. 5 h. G" 49 s.

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