‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 358 sur 425 · Mikluko Maklaï a atteint son but, qui était · texte numérisé non relu

Mikluko Maklaï a atteint son but, qui était

er de près les Semang, population incivilisée que

s de Djohor appellent indifféremment Orang Ovr-

lommes des bois), Orang Boukei (hommes des

j), Orang Miar (hommes sauvages), etc.; dans

plades, qui se refusent à renoncer à leur vie er-

t primitive, et semblent condamnées à disparaître

a avenir prochain devant les progrès de la coloni-

les Malais et des Chinois, M. Maklaï pense avoir

i les traces du mélange d'une race noire, proba-

t papoue, dit-il, avec les Malais.

hallenger, dans ses courses d'études scientifiques s rOcéanie, a touché à un ou deux points de la *d de la Nouvelle-Guinée, aux environs de la baie iboldt et des parties visitées par M. Maklaï. Un nbres de la commission savante du Challenger^ os Wild, a envoyé à Londres des notes fort inté !S quo YlUustrated London News a publiées,

: CÉOGR. XIV. 18

274 OCÉANIE. (n* 354-364.)

et dont quelques passages méritent d'être reproduits ICI « :

« .... Le cap Caillié et le cap Bonpland apparurent à notn vue. Ce sont deux masses rocheuses qui marquent Tenirée de k baie de Humboldt, ainsi nommée par Dumont d'UrvilIe, coinniandant V Astrolabe, qui visita cette partie de la terre des P^ pous en 1827. La seule autre visite qui ait été faite de cette contrée est celle d'un bâtiment de guerre à vapeur hollandais, VEtna, qui a jeté Tancre dans ces parages en 1858 et qui a établi des relations amicales avec les indigènes*.

m En face du mont Cyclops s'élève le mont Bougainville, 4 plus de 4 000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Cette montagne est le premier point que nous aperçûmes des côtes de la Nouvelle-Guinée, et nous considérâmes avec un profond intérêt ce qui nous apparaissait comme la porte d^entrée de la plus inconnue et la moins explorée des régions de la terre. Les obstacles qui s'opposent à Taccès dans Tintérieur de ce continent sont les fièvres, d'impénétrables forêts, et des sauvages cannibales. Mais nos constatations personnelles démentent plus ou moins ces rapports décourageants.

c Les fièvres n'existent que dans certaines localités. Quant aux cannibales, en les traitant convenablement, on trouve en eux des hommes très-intelligents, qui ne sontpassans habileté dans les arts de la paix; et pour les difficultés de locomotion, on peut les surmonter en employant les grandes rivières qui se dirigent de Tinlérieur vers la côte.

« Au point du jour, le 24 février, notre bâtiment fut entouré d'environ quatre-vingts canots, montés chacun par une demidouzaine de sauvages, armés d'arcs, de flèches, de lances et de hachettes de pierre. Nous voulions aller jeter Tancre dans une autre partie de la baie ; aussitôt que Thélice commença à se mouvoir, les indigènes qui étaient à proximité lancèrent leurs flèches contre elle, comme s'ils se fussent attendus à voir sortir quelque ennemi des flots écumants. Le CtmUenger Temonla. lentement la baie, suivi par les canots des indigènes qui faisaient de leur mieux pour ne pas se laisser distancer. A ce

1. L'article du journal illustré de Londres a été traduit dans 1*0^ ciel (lu 12 juillet.

'2. M. James Wild ne pouvait connaître alors les notes de H. Ui-

khiko MakIaV.

le que nous avions devant nous était aussi imivelle: au-dessus de nous, un ciel lumineux sil- ), que chassait la brise du matin ; derrière nous, [Ses de la baie, couvertes de la plus luxuriante $3 sans nombre croissant jusqu'au borddeTeau, ches se baignaient dans la mer au milieu des p de nous une foule mouvante de figures d'un es sauvages étaient décorés les uns de feuilles,

plumes d'oiseaux ; les autres, dans toute la costume de guerre, portaient leurs cuirasses, iirs flèches, tous chantant à l'unisson avec l'ac-

d'une conque marine; au centre, le ChàUenlent le seul représentant de la civilisation de dans cette région inexplorée.

3nts paraissent être le privilège exclusif des Ldigènes, aux environs de la baie de Humboldt, ne. Us sont petits, mais bien conformés; leur lèlée d'une poudre rouge; ils ont le front élevé, gèrement contractées, le nèz plat avec de larges ilement ornées de deux dents de sanglier qui ne apparence féroce ; leurs lèvres sont épaiston fuyant. Quelquefois ils ont un peu de barbe, icitables, intelligents, mais aussi très-peu scruvoleurs, comme nous l'apprtmes à nos dépens. 3 s'aventura à venir à bord, nés l'ancre et fîmes route vers l'Amirauté. Nous nt l'île Boissy, une des îles Schouten, et bienmidi, le 28 février, les îles de l'Hermite. Dans ; mars, le ciel devint couvert et pluvieux. Quand ircit, vers deux heures de l'après-midi, nous dé-

trois petites îles qui, d'après la carte d'Entreau large de l'extrémité N,-0. des îles de l'Ami-

nnûmes bien vite qu'il ne nous serait pas diffi- 3 bons rapports avec ces insulaires, et notre ux fut assez long pour nous rendre familiers nos visites de chaque jour. Leur conduite fut aie et hospitalière. Ils ne faisaient pas difûculté d et de fumer un cigare avec les officiers; ils avec une satisfaction marquée, à se laisser phoser et mesurer. Comparés aux indigènes de la oldt, ils paraissaient plus bruns (une sorte d%

276 ucÊANiE. (n^ 365-371.)

brun couleur de suie). Quelques-uns dans leurs traits reproduisent le juif très-proDoncé; d'autres ressemblent d'une manière frappante aux Indiens de rAmérique du Nord. Nous ne remarquâmes ni arcs ni flècbes entre leurs mains.

BIÉLANtiSIE.

3G5. South Pacific. Salomon islands. London, Hydr. Office, 1874. 2 sh. 1/2 (n- 214).

La carte des tles Salomon est basée sur les trayaux de d'Entracaiteaux, de Krusenstern, de Dumont d'Urville, de Denham, et snr lea informations fournies par les missionnaires ; il y a, néanmoina, tneora fort à faire avant que l'hydrographie du groupe soit complétAmtBt

achevée.

366. Campbell (F. A.). A year in the New Hébrides, Loyalty itiands. Lond.j 1874, petit in-8. 5 sh. (Nisbet).

367. Reduch (Edwin), Master of the schoonncr Frans^ 1872. Notes on the western islands of the Pacific Océan and New Guinea. Journal of the Roy, Geogr, Soc, vol. XLIV, p. 30-37.

Iles Banks. Iles Salomon. Ile Eddystone. Nouvelle-Bretagut. Mo»velle-Irlande. Iles de l'Amirauté. Iles Échiquier. Iles SalTatti. lias Arou.

368. FoRBES. (Litton). Two years in Fiji : a Descriptive narrative of a résidence in the Fijian group of islands. With some accoont of the fortunes of settlers and colonists up to the time of british annexation. lond., 1875, in-8. 8 sh. 6 d. (Longmans).

369. Ricci (J. H. de). Fiji, our New province in the South Seaa. lond., 1875, in-8. 9 sh. (Stanford).

Compilation descriptive, tirée principalement de la relation amériline du commodore Wilkes, de celle du D* Seemann, et des bliM

came books.

370. HosKEN (lieut. H.). Hydrographical Notes on the Vili islands. Traduction française dans les Annales hydrogr., 1875> 2* trim.,

A la suite, les Annales donnent d'autres notes sur le même archipel, traduites du IS! autival Magazine^ no\ . 1874, p. 219-j<i3.

B (T. H^. L'innexion des Fidji à TAngleterre. Revue marit. iloniale, févr. 1875, p. 307-321.

3ir à ee sajet ane note do Gtographical Magasiné de Markham, the ion of Fiji and commodore Goodenougb, mars 1875, p. 8S, et une e note du même périodique, août, p. 247.

Une nouvelle possession anglaise. Les Iles Fidji.

le titre « Annexion des lies Fidji à l'Angleterre, « ille Doré a publié dans VOfficiel, 13 février 1875, le qu'il est intéressant de reproduire :

ixion à TAngleterre du riche archipel des îles l^idjî ird'hui un fait accompli ; sir Hercule Robinson, miénipotentiaire du gouvernement de la Grande-Brei pu, en moins de cinq jours, mener à bonne fin icate mission. Tout s^est passé avec ordre, dans le id calme; le pavillon du royaume-uni a remplacé le national fidgien dont les armes sont une colombe avec che d'olivier sur fond rouge, et au-dessus une couyale.

ssion s'est faîte sans condition. Voulant avant tout )re de ses actes, TAngleterre ne pouvait Taccepter au- Sir Hercule avait à ce sujet les instructions les plus Si la cession était offerte sans condition, si les chefs , à la justice et à la générosité de T Angleterre, il était k accepter et à établir un gouvernement temporaire et e avant de quitter Tarchipel fidjien. Le gouvernement ésirait traiter le roi, les chefs, non-seulement avec lais encore avec la plus grande générosité, roits, intérêts, réclamations du roi et autres chefs, reconnus et maintenus autant que le comportent la 16 té anglaise et les formes d*un gouvernement cololettes, contrats et autres engagements financiers, seiminés et réglés avec le plus grand soin ; les mêmes guideraient T Angleterre au sujet de la pension du lerait traité conformément à son rang et à sa position l eût à faire supporter au peuple les dépenses de son personnel.

étaient les offres que sir Hercule Robinson était ) faire au roi Cakabau, à ce vieux chef que la politi-

278 OCÊANlE. (n«' 365-371.)

que anglaise avait combattu pendant tant d^années, et qni, usé par rage, à bout de patience et de fatigue, avait renoncé sans doute à ses projet?, à ses espérances et à ses ambitions.

Ce fut dans la belle île de Levuka qu'eurent lieu les négociations; les corvettes de guerre the Pearl, tbe Dido^ étaient an mouillage et saluèrent de vingt-un coups de canon le repirésentant de TAngleterre, lorsqu'il mit pied à terre sur cette partie de la plage où s'ouvrait une allée de palmiers gigantesques conduisant à la place du Gouvernement. L^ soldats fidjiens, commandés par un officier blanc, présentaient les armes; sir Hercule était accompagné des commodores Gooder nough*, Chapman, du consul Layard, de M* Innés, attomey général de la Nouvelle-Galles du Sud, et enfin de ses secrétaires, MM. Perry, Robeck, Hutchinson.

Le vieux roi Cakabau était arrivé, la veille, de son lie, pour recevoir Tillustre visiteur. - Il se tenait à la porte du palais, entouré des chefs des fies sous le Vent, en costume de sauvage ; lui seul était en habit noir, gilet blanc, avec une chaîne et une montre en or. Il portait en outre un chapeau blanc à haute forme et des bottes à Téouyère qui paraissaient le gêner horriblement. Bien qu'il eût fort bon air dans ce costume, sa démarche lourde et embarrassée détruisait la véritable grandeur du guerrier sauvage que les navigateurs de ces parages ont pu tant de fois admûrer.

Le vieux roi ne répondit pas d'abord directement aux questions posées par l'ambassadeur, qui s'efforçait de lui flaire comprendre qu'il ne pouvait être de la dignité de la coiirotme anglaise d'accepter une cession à condition, t Le gouvernement « de la reine, lui dit sir Hercule, considère comme un devmr « d'accepter la cession des îles Fidji, afin d'y rétablir Tordre a et d'y maintenir également les droits des blancs et de la a population indigène. Justice et générosité, paix et travail, a voilà ce que TAngleterre donne aux fidjiens devenus ses su- « jets. >

1. Voir à la bibliographie le n" 371. — Depuis Ion, le commodore (ioodenough) chef de la station navale d^Âustralie, bien connu des officiers français qui ont réside quelque temps dans la Nouvelle-CSalédonic, est mort, misérablement assassiné par les naturels encore sau* vages de Tîle Santa Cruz, la plus importante île du groupe de ce nom. Ce petit archipel est situé entre les îles de Banks, des Nouvelles-Hébrides et de Salomon, non loin des parages où périt La Pérouse, en

iprit que ce n'était pas à lui à dicter des conne d'Angleterre. La question, telle qu'elle avait r Hercule, n'admettait pas de demi-mesure : il ou rompre les négociations. Après une longue iquelle prirent part tous les chefs des îles sous décidé que Tarchipel serait cédé à la Grandeen remettant entièrement à la justice et à la % reine.

ur, Tattorney générai, le roi Cakabau, les Ratu-Savanaka et Ratu-Ssikéli, signèrent l'acte

fut ratifié le lendemain par Maaso et les autres u Vent.

de ses colonies australiennes, l'Angleterre ujourd'hui un riche archipel, dont elle a obtenu

aucun sacrifice. Il ne faudrait pas cependant ip grandes illusions. Bien des membres du parchent pas la gravité de la tâche que le gouveriposée, et M. le capitaine de vaisseau Aube, les îles Fidji de remarquables études, les terai par des questions fort justes sur les diffira rencontrer l'Angleterre dans l'administratrtes.

les chefs secondaires qu'il a entraînés sont-ils

représentants autorisés de la population fidet les chefs des îles du. Vent ont-ils réellement )jets de conquête ou d'indépendance, leurs am-

ou avouées? Seront-ils assez intelligents pour 'ils doivent s'incliner devant la toute-puissance , et asse^ages pour conformer leur conduite à 1?

côté, les settUrs d'autre nationalité que les i^nmt-iis. l'annexion sans essayer d'entraver Tétai ordre de choses nuisible à leurs propres conues, et qui peut être la ruine de leurs espéran-

re d'idées dans lequel se place le commaniogr. n° 366), quand il pense à l'avenir de cet

connaît les mœurs, les coutumes et les tradi- »; ce sont des questions graves, mais pour lesvoit une solution pacifique, grâce à la sagesse Dnisateur de la race anglo-saxonne.

qui avons visité ces parages, nous croyons

280 ocÉANiE. IN**' 372-375.

aussi que c'est une lourde tâche que s'est donnée FAngleterre, mais qu'elle en triomphera parce que sa conquête toute pacifique repose sur le droit, la justice et la générosité. La cession des Fidji au gouvernement anglais était pour lui un nud devenu nécessaire; jusqu'à ce jour, l'action de l'Européen dans ces îles se résume par ces mots : Destruction de la population indigène. L'annexion et le gouvernement de Parchipe] par r Angleterre vont avoir des résultats bien différents.

L'établissement d'un pouvoir sage, ferme et régulier, va ranimer le courage des squatters, ces travailleurs patients» la force et l'orgueil de la racei anglo-saxonne ; il ruinera au contraire les espérances de. ces hideux agents du Labour^ Trade^ sanglants héros de ces drames inouïs sur leiquels les atrocités du Cari ont jeté une lueur sinistre, mais dont trop souvent aussi TOcéan a caché dans ses flots impénétrables les sombres dénoûments.

NOUVELLE-C\LÉDO^'IE,

372. CiiAjfBEYRON (capit. L.). Note relative à la Nouvelle-Calédonie. Bulletin de la Soc. de Géogr., juin 1875, p. 566-586.

Aperçu de l'orographie et de la configuration physique de llle, avee des coupes hypsométriques et des plans dans le texte.

373. Germain (A.), vétérinaire du gouvernement à la NouTelle-Calédonie. La Nouvelle-Calédonie au point de vue de l'acclimatation. Bulletin de la Soc, d'Acclimatation^ juillet 1875, p. 377-390.

Voir ci-dessous les développements.

37 'i. Carte générale de la Nouvelle-Calédonie. Paris, Dépét de la Marine. Corrigée en 1875 (n« 1960). 2 fr.

37 ô. Nouvelle-Calédonie. 1" feuille : Partie sud. PariSf Dépôt de U Marine. Corrigée en 187.'> (n* 1915)é

La Nouvelle-Calédonie au point de vue de racclimatatioB.

11 nous paraît intéressant de reproduire la communication de M. le docteur Germain (bibliographie, n* 368)

es conditions physiques de la Nouyelle-Galédonie, sa , ses ressources agricoles, et sur les espèces animales jgétales qu'il pourrait être utile d'y acclimater :

>tre colonie est certainement une de celles où les Euros ont le moins à souffrir du climat. Elle se prête égalet à la culture des végétaux des régions tropicales et des ms tempérées.

s légumes y poussent à souhait ; la canne à sucre, le le riz, le maïs, les fruits des régions intertropicales y sissent parfaitement; les fourrages artificiels, quoique peu vés, y donnent de bonnes récoltes, acclimatation de la plupart de nos animaux domestiques présenté aucune difficulté.

s bêtes bovines, prises dans la race australienne, dérivée même des races anglaises, se sont multipliées rapidement, onfiées aux seuls soins de la nature, elles forment aujouri la principale richesse des plus importants possesseurs

espèce ovine importée n^a pas réussi, et sa multiplicaest à peu près abandonnée aujourd'hui. L'insuccès est dû clion malfaisante d'une graminée (andropogonaustrocaledom) dont les graines barbelées et piquantes pénètrent la i, traversent la peau, et y déterminent des abcès dont la équence est un état d'épuisement dont le terme est la ;, ou une déperdition considérable sous le rapport du ren- :;nt en viande, à laquelle il faut ajouter la perte plus ou 13 complète des toisons. Celte graminée couvrant une de partie des espaces herbeux du pays, l'élevage du moune pourra réussir que lorsque la plante aura disparu sous uence de la dépaissance des bestiaux ou de la mise en ird de ces espaces.

espèce caprine prospère et fournit à l'alimentation de la de et du lait. Cependant, sous ce dernier rapport, elle est productive, à raison de mauvaises conditions d'entretien, n'échappe pas, d'ailleurs, à l'anémie particulière à laie la chèvre est sujette dans les pays chauds, espèce chevaline supporte parfaitement le climat, malune nourriture peu réparatrice comme fourrage, ce dernier mt pas encore l'objet d'une culture importante. Les élé- Is de cette espèce ont été aussi demandés à l'Australie, )fire, sous le rapport du cheval, comme sous celui des

282 OCÊANIE. (n~ 372-375. !

autres animaux domestiques, des éléments parfaits au point de vue de toutes les spécialisations d'emploi. En Nouvelle-Calédonie, les chevaux qui reçoivent une alimentation convenable sont dans le plus parfait état d^entretien et de vigueur, et peuvent se livrer aux travaux les plus pénibles avec une continuité remarquable. Les moins favorisés sous le rapport de Talimentation résistent aux travaux, et leur état sanitaire est relativement satisfaisant. Une particularité remarquable, c*est que la morve et le farcin, malgré des conditions d^enfavtien et de climat qui, en d'autres pays, les produisent firéquemment, n'ont pas encore été observés en Nouvelle-Calédonie.

L'espèce porcine, importée jadis par Cook, s'est mainte* nue et fournit aux indigènes de Tintérieur un élément de transactions avec les caboteurs qui exploitent les ressources du pays. Depuis longtemps des porcs vagabonds se sont .disséminés dans l'île. Ils ont fait souche, et sont aujourd'hui, pour les résidents, un élément de chasse assez productif.

Tous nos oiseaux de basse-cour sont périodiquement décimés par des maladies meurtrières, comme cela est fatal dans les pays chauds et humides; mais leur multiplication rapide répare promptement les pertes produites par la mortalité.

Nul pays au monde ne paraît plus favorable à des tentatives d'acclimatation.

La Nouvelle-Calédonie forme, dans son étendue principale, une chaîne de montagnes où le plus haut sommet (1® mont Humboldt) est à 1600 mètres au-dessus du niveau de la mer, et dont les points saillants, qui servent de guide aux navigateurs, s'abaissent jusqu'à une faible altitude. Ces montagnes, diversement réparties, sont séparées par des vallées souvent sillonnées de cours d^eau, et, sur les deux versants, elles envoient à la mer des rivières dont les bassins sont très-limités. Le plus grand cours d'eau, la Diahot, n'a pas vingt lieues de long.

Quoi qu'il en soit, beaucoup de ces cours d^eau sont utilisés par les Canaques pour la culture ; leurs lits sont torrentueux jusqu'au voisinage de la mer. Les plaines qui bordent leurs rivages sont couvertes d'une végétation luxuriante qui y forme de frais ombrages. On y voit des arbres au port majestueux, au brillant feuillage, aux fleurs abondantes et variées; des arbustes grimpants, luttant pour atteindre la lumière; des fougères de tout genre, parmi lesquelles brillent, au premier

i espèces arborescentes (alsophylla) dont quelquesignent la taille des plus hauts palmiers. Jusqu'à la lit de ces cours d'eau est encaissé dans les montars eaux limpides roulent sur des galets et forment des Là où ces cours d'eau, si agréables à voir, sillonnent :ne, celle-ci est couverte d'une puissante végétation ite, qui, dérobant le sol à l'action du soleil, y mainhumidité favorable au développement des végétaux. )ntagnes sont généralement boisées, mais, en de- K)ints où elles sont sillonnées de cours d'eau, leurs se montrent partout revêtues d'une végétation hervariée, d'où s'élèvent des futaies d'un arbre unielaleuca leucadendron^y qui donne au pays, dans une rtie de son étendue, un aspect particulier. Cet arbre it, auquel on attribue l'absence des fièvres paludéen- )urraient occasionner les marais, ressemble à notre •ar son écorce blanche, ses rameaux peu serrés et la de ses feuilles.

mil, c'est son nom indigène, est pour la plus grande la Nouvelle-Calédonie l'habitant ordinaire des éten- 3l que les forêts n'envahissent pas. Il offre une parties-remarquable : c'est qu'il se complait aussi bien ites où l'humidité parait faible que dans des enfonù l'état marécageux s'accuse jusqu'à la submersion te des racines. Cette particularité bizarre permet de ]ue l'état météorologique du pays n'exclut pas autant X)it à première vue l'humidité du sol, et que beauis terrains, considérés aujourd'hui comme arides, ne lient que peu d'efforts pour donner de bons résuliltivateurs.

uli étant considéré comme un préservatif des flèléennes dans les régions marécageuses, son rôle assimilé à celui de l'eucalypatus en Australie et en

portation en Algérie est donc indiquée ; s'il y réus- )ffrirait un élément de plus aux constructions et au en outre de l'influence qu'il pourrait avoir pour em'ent. Son bois fournit des courbes qui sont, en Ualédonie, une ressource précieuse pour les petite^

bre, avec le Melaleuca mjeputi des Moluques, fournit à lu parfumeur Tessence de cajeput.

284 OCÉANIE. (n"' 372-375.)

constructions navales. Son écorce, en nombreuses couches épaisses et feutrées, semble être une prévoyance de la nature pour entretenir autour du tronc une humidité constante. De plus, elle offre cet avantage très-remarquable qu'elle réûste à i'aclion des flammes.

L'incendie des hautes herbes est dans les habitudes traditionnelles des indigènes; mais le pays n'en a pas été déboisé pour celd, l'effet du feu ne pouvant aller au delà de la gatne qui entoure et protège le tronc du niaouli.

La végétation herbeuse ne compte qu'un très-petit nombre de graminées, toutes persistantes et repoussant de la touffe au milieu de ses produits desséchés. Ces plantes dures, sans sucs, sont la seule ressource de nos animaux domestiques entretenus sur les herbages. Il s'y passe un phénomène qui prouve que la végétation se modifie par suite de la présence des bestiaux. Partout où les herbages ont été livrés à la dépaissance d'un grand nombre de bétes, les hautes herbes qui en faisaient la richesse relative ont disparu, pour faire place à une graminée traçante, aux feuilles maigres, s'élevant à peine de quelques centimètres, et qui ne peut convenir, tout au plus, qu'à l'entretien des petites espèces.

Les vallées d'alluvion de la Nouvelle-Calédonie sont d^ine fertilité remarquable. Les forêts qui couvrent certaines étendues laissent, après défrichement, un sol d'une richesse incomparable. Beaucoup des localités riveraines des vallées qui malheureusement sont sujettes aux ravages des inondations étaient, avant l'arrivée des Français, cultivées par les indi- ^'ènes, qui les ont abandonnées ; elles sont aujourd'hui couvertes d'une riche végétation arborescente.

Dans la réf^ion montagneuse, où manque l'eau visible, les moindres enfoncements du sol contiennent un terrain d'alluvion dont la culture maraîchère obtient d'excellents résultats.

Partout où se trouvent des cours d'eau, ils entretiennent sur leurs rives, dans une étendue plus ou moins large, une humidité favorable à la plupart des cultures.

En résumé, à part une zone restreinte constituée par un sol montagneux et de nature ferrugineuse, située au sud de l'île, la iNouvelle-Calédonie est accessible à la culture, principalement dans les vallées parcourues par des rivières dont le cours incliné facilite les irrigations.

Les conditions météorologiques du pays sont elles-mêmes très-favorables à la réussite d'un grand nombre de cultures.

t en juger à Nouméa, par exemple, où de beaux jardins ifs sont sortis, sans grand travail relatif, d'un sol ausemblait a priori qu^on na pouvait demander qu'une tion herbeuse. Ce sol n'est pas profond, et la piocho bre une brèche à quelques centimètres de la surface, il Ton y plante des arbres, leur végétation se montre e, et ils ont bientôt transformé un site aride en un l'agrément.

essais, quoique restreints, montrent que, si l'avenir réi Nouméa une grande prospérité, les étendues cultides territoires qui l'avoisinent pourront facilement r d'aspect et devenir très-agréables. Sous ce rapport, prédire à Nouméa le même sort qu'à Sydney, où, malgré h du sous-sol, Tornementation des parcs situés hors de t a pu atteindre un degré qui permet de les comparer ^eusement avec les villes d'Europe les mieux partagées 3 rapport.

leureusement la vie animale manque dans tous ces es, et son absence leur communique une tristesse qui 'explorateur et succède à l'admiration. 11 n'y a pas un ammifère sauvage, ni dans les bois, ni dans les hercar il ne faut compter ni les rats qui ne se montrent les roussettes, grandes chauves-souris dont l'activité nanifeste que la nuit.

d'oiseaux, quoiqu'on en ait cité cent sept espèces qui habitent les rivages et les forêts. C'est à peine si cinq à èces forestières sortent des fourrés. Ce sont généraleie petits insectivores, rares comme nombre; ils sont sséminés et surtout silencieux.

castes espaces herbeux ne comptent pas un oiseau des }. Ceci s'applique à la plus grande partie du pays, car, irtains points limités, on rencontre un Turnix qui serait 3 espèce des régions découvertes, et le Turnix est un coureur.

les espaces découverts, la nature végétale est peu vaciel et le soleil sont d'une monotonie attristante, et il un silence complet. Dans les forêts, c'est plus triste car le demi-jour rend ce silence plus pénible. Les iseaux qu'on y voit sont des insectivores pour la pluuillant les uns les feuilles mortes, comme nos merles, *es le feuillage des arbres, mais toujours isolément, ndant, il faut reconnaître que les forêts des montagnes

286 OCÉANIE. (n~ 372-375/)

de riniérieur sont plus habitées par les oiseaux que celles que nous venons de décrire. On y voit beaucoup de pigeons, dont le Notou {Phœnorrhina Goliath), qui passe pour trè&-difflcile à découvrir, le Janthenas hypœnochroa et plusieurs espèces de pigeons verts à beau plumage, des tourterelles {Chakùphapi)^ des perruches de différentes espèces; enfin, dans les forâts du sud, le kagou (Rhinochetos jubatus), le plus remarquable des oiseaux propres à la Nouvelle-Calédonie. Les pigeons et les perruches se livrent à des pérégrinations, suivant Tépoque de la maturité des fruits dont ils s'alimentent; les Janthenau seuls s'étendent presque aux régions basses du littoral, et n^y font qu'une courte apparition. Quant aux oiseaux de rivage, ce sont des pluviers, des chevaliers, des hérons, des sternes. Les canards, au nombre de trois ou quatre espèces, sont communs sur les rivières et sur les marais, disséminés sur les rivages et dans le reste du pays.

Les végétaux herbacés, principalement au nord, entretiennent un nombre considérable de sauterelles sans empêchement, car aucun oiseau ne vient mettre obstacle à leur multiplication.

On s'est vivement préoccupé de ces désastres, et des tentatives d'importation du merle des Moluques ont été faites; mais elles n'ont donné jusqu'à présent que des résultats insignifiants, cet oiseau n'ayant été' importé qu'en petit nombre, et sa sociabilité lui faisant plutôt rechercher le voisinage de Phomme que les espaces déserts, où se forment les armées dévastatrices. En somme, ce merle est un oiseau des villes, et ce sont des oiseaux des champs qu'il faudrait.

J'ai indiqué, dès les premiers temps de mon séjour, les différentes espèces d'oiseaux protecteurs des plantations, eu Cochinchine française : le Sturnopastor temporalis, VAcridùthé' res cristatellusy qui a fait réussir à Manille les plantations de tabac ordinairement détruites par les insectes avant son importation (les peintures chinoises nous montrent que cet oiseau est en grande estime); le Sturnix Burmannia, les H$t9rornis sericius et maîabaricus. Ces oiseaux abondent dans la (Cochinchine française. Ils égayent, par leur vivacité et leur chant, de vastes solitudes, et donnent aux producteurs de ])lanle3 industrielles un secours qui, dans bien des localités, dispenso de l'échenillapre.

J'ai vu ces oiseaux à l'œuvre, et leur introduction me parait d'autant plus à recommander ici, qu'ils sont faciles à se procurer,

nouvelle-<:aledonie, 287

ligènes élevant souvent en captivité ou en liberté les

premières espèces, et toutes étant apportées vivantes au

.é de Saigon pour Tapprovisionnement des tables.

'y a pas à la Nouvelle-Calédonie d'oiseau vivant sur le

u dans les forêts, qui puisse constituer une ressource

dtaire et offrir d'agréables éléments de chasse. Il serait à

)r quMI en fût importé, surtout pour concourir à la des-

}n des sauterelles. Squs ce rapport, la Cochinchine fran-

à raison de son climat relativement similaire, offre

9 des éléments précieux, tels que le Francolinus perlatus,

llus ferrugineus, le Polypeciron Germant, VEuplocomus

iu8f et enfm le Paon spicifère. Les oiseaux de ces espèces

eraient ici tous les éléments de leur acclimatation, à con-

i d'être protégés pendant un certain temps contre les

eurs, car les oiseaux, surtout les gros, n'y ont pas

res ennemis.

s alouettes et les perdrix seraient également une bonne rtation.

faisan ordinaire a parfaitement réussi à la Nouvelleide. Quelques spécimens en ont été importés et mis en té; ils s'y sont multipliés d'abord, puis la chasse les a fait iraltre,

pintade domestique a fait retour à l'état sauvage dans un

Qètre peu étendu, sur les conGns de la presqu'île de Nou-

où il n'est pas rare d'en rencontrer des compagnies dans

erbages. Elle constitue un excellent gibier; mais malheu-

dment cette acclimatation intéressante est compromise

l'avenir, car ces oiseaux ne sont pas protégés contre le

ib du chasseur, qui les recherche activement. Si le faisan

nun n'ofl're que peu de chances de réussite, à raison du

at, d'autres espèces pourraient donner de meilleurs résul-

L'importation de la perdrix gambra ou perdrix de roche

^érie [Perdix petrosa) pourrait être essayée avec succès.

lant aux mammifères, il n'y en a pas d'indigènes. Il serait

d'introduire les espèces les plus intéressantes. Le cerf axis

I importé dans un domaine de l'État, et s'y est multiplié

une proportion assez grande pour qu'il ait été un instant

icé de destruction, à raison des dégâts qu'il commettait.

( tous les cas, sa multiplication à l'état sauvage est un fait

is, et le pays offre de grands espaces à sa dispersion.

\ ce genre de ruminants, la Cochinchine offre encore des

ces recommandables, surtout parmi celles de petite taille,

288 OCÉANiE. (n** 376-381.)

le cerf-cochon et le Panolia frontalis, par exemple, et enfin d'autres espèces venant de pays analogues comme climat.

La Gochinchine française a des lièvres : la Nouvelle-Calédonie pourrait donc en avoir, et il y aurait lieu d'en tenter Timportation.

Enfm, les arbres ne sont visités par aucun mammifère. Y aurait-il des inconvénients à peupler lés forêts d^une espèce d'écureuil? Cette importation ne pourrait-elle pas devenir une source d'approvisionnement pour la ganterie?

Le Jardin d'acclimatation du bois de Boulogne pourrait emprunter utilement à la Nouvelle-Calédonie quelques-uns de sea oiseaux utiles, tels que le notou, le janthenaty un ehaieofkap$^ et peut-être des pigeons verts, dont les essais d'importation Bn France ont, je crois, presque toujours échoué jusqu'à présent.

Les oiseaux d'agrément qu'on pourrait importer k Paris sont des perruches et d'autres oiseaux de volière, parmi les» quels se trouvent YErytîuicus psittaceus; enfin le Kaçou^ qui serait peut-être destiné à une attribution fort utile, s'il pouvait être acclimaté.

C'est un défenseur précieux des produits du jardinage, quMI protège contre les vers et les insectes.

On songe à fonder à Nouméa un Musée placé sous la direction du Comité d'agriculture, de commerce et d'industrie ; et il est question de lui adjoindre un jardin, qui. permettrait de réunir en volière les oiseaux intéressants du pays. On parle aussi de la création d'un jardin d'acclimatation pour le règne végétal.

Quand ces projets se réaliseront, l'aide de la société de Paris pourra être fort utile au jardin de Nouméa; et celui-ci, à son tour, pourra faire d'intéressants envois au jardin de Paris»

Page 1