MISCELLANÉES CHINOISES
qa'ils cherchent à conjurer soit par des offrande», soit par des manifestations menaçantes. »
Si insignifiantes que soient ces tril)us de rextrémité orientale du Tibet, nous avons dû nous y arrrlor un moment; il s'agit ici d'une région jusqu'ici al)soluraent inexplorée, d'une des terres inconnues que nous réserve encore Tintérieur de l'Asie.
S 6. Quelques notes détachées sur la Chine.
Nous tirons d'une lettre écrite de Péking par un Européen, sur les erreurs qui ont cours en Europe relativement à certains mots et à différents usages chinois, quelques remarques, qui, sans être précisément noiivellcs, peuvent être utiles à noter. Gîtte lettre, insérée dans le journal allemand l'^ie^fcrn^/, très-riche en renseignements géographiques, a été traduite en entier dans notre Officiel.
Malgré tout ce qiii a été écrit sur la Chine, on est surpris du peu de renseignements qui existent sur le pays et sur ses millions d^babitants. Nos connaissances se bornent presque à ce que les Européens ont vu dans les ports qui leur sont ouverts et dans la capitale. De temps en temps, un Européen entreprend bien un voyage dans Tlnte^rieur, et il en publie l.i relation; mais des voyageurs de passage ne peuvent donner qu^ude idée superficielle du pays et de sa pof>ulation. Au sujet des riches productions naturelles de la Chine elle-môme, nous qui faisons avec le pays un conimerco de j)lusieurs centaines de millions, nous sommes très-imparfaib^ment renseignés. La flore et la faune de Fintérieur sont moins connues que celles de l'intérieur de l'Afrique * .
Dans un autre ordre d'idées, la littérature si riche et si ancienne des Chinois n'a été que bien faiblement exploitée par les Européens. Aucun peuple du monde n'ofTro une littérature
1. Beaucoup de notes comme celles de M. do Richlliofon ot du P. David, et cette lacune sera i)rompto.ment codiIjU'o.
104 ASIE. (n" 86-109.)
aussi abondante. Ce qui présente surtout de Tintérdlpour nous, ce sont leurs ouvrages historiques et géographiques dont nos sinologues ont traduit çà et là des fragmenta*. Le grand ouvrage en douze volumes du P. de Mailla sur Thistoire de la Chine, n'est que la traduction d'un extrait de Phistoire chinoise. Quant à la traduction des annales proprement dites, personne ne s'y est encore aventuré.
La littérature, géographique des Chinois est également d'une extrî^me richesse. Outre nombre d'ouvrages sur le système fluvial et sur l'orographie de la Chine, il existe une grande géographie de l'empire chinois, et chaque dynastie en a rassemblé une semblable. Celle de la dynastie régnante compte 500 volumes, et embrasse l'empire tout entier, sur lequel elle donne les renseignements les plus détaillés.
Chaque province possède en outre sa géographie spéciale (la plupart du temps ce sont des ouvrages composés de plusieurs centaines de volumes chacun), et enfin il existe plusieurs milliers d'ouvrages géographiques plus ou moins volumineux, qui traitent spécialement des villes de district et de cercle, même des localités de troisième ordre aussi bien que des terrains qui en dépendent.
Chaque petite ville a son histoire, qui remonte à une haute antiquité. Tous les homtnes et les femmes célèbres qui en sont^ sortis y sont mentionnés ; tous les fleuves, ruisseaux, montagnes, produits, y sont énumérés. Si on voulait seulement réunir les ouvrages géographiques en une collection de cette catégorie, il y aurait de quoi en composer la charge d'un navire.
Quant aux traductions du chinois, il faut constater ce fait curieux, que les sinologues habitant en Europe, et dont la plupart n'ont jamais mis le pied en Chine et même jamais vu de véritable Chinois, ont pourtant fait pour la science
1. Â côté des excellents travaux des missionnaires français du dixseptième et du dix-huitième siècle, et après eux d'Abel Rémusat et de Jules Rlaproth, il faut surtout citer chez nous Udouard Biot, fils du célèbre académicien, à qui l'on devait déjà un ensemble extrêmement remarquable de traductions, de notices et de mémoires géographiques tirés des livres chinois, lorsqu'une mort prématurée l'enleva à U science qu'il aurait illustrée. M. d'Hcrvey de Saint-Denis a entrepris et continue la traduction des parties de la vaste encyclopédie de Matouan-lïn qui se rapportent aux peuples qui confinent à la Chine. Voir ci-dessus, la bibliographie, n* 102.
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106 ASIE. (n«' 110-134.)
est souvent exprimé Pûi-tsing, mais c^est à peine si un Chinois lettré le comprendrait aujourd'hui, tant ce terme est devenu hors d'usage. Le paysan des environs de Péking, quand vous lui demandez Pei-tsing, vous regarde d^un air ébahi. Le nom actuellement en usage pour Péking est Tsing-Tcheng, c la capitale. » Comme ville de cercle, son nom est C/ioun-ttén- /bu. Une autre illusion dont il faut nous défaire, c'est de croire que les Chinois ont toujours porté une queue. Aujourd'hui, la mode est générale, sauf pour les prêtres bouddhistes qui se rasent entièrement la tête, ce qui leur a valu le sobriquet peu flatteur de ton lu (âne tondu). L'usage de porter une queue est relativement moderne, ayant été imposé il y a environ deux cents ans par la dynastie actuellement régnante des Mandchous.
GHAND ARCHIPEL D'aSIE
110. Wallace (Alfr. Russel). L'archipel Malais : Considérations générales sur sa géographie physique. Trad. de rtngl. par M. L. Manceron. Revue Mcvritime et CoUmiaUf mars 1873, p. 813-830.
Traduction du chapitre du bel et savant ouvrage du D* Walltoe, The Malay ArchipeUigOj dans lequel l'auteur, sous l'intitulé Phytical Geography. a donné une sorte (^e résumé de sa relation au point de vue géographique. Sur l'ouvrage de M. Wallace, on peut voirie t.VHI de V Année géographique, 1870, p. 328.
111. Vetii (P. J.). Atchin on zijne betrekkingen tôt Nederland, topographiseh-historische beschrijving. Leideny 1878, 4ii-8, 144 pages, carte. 4 fr.
112. YuLE (H.). On norlhern Sumatra, and especially Achin. Highways de Londres, août 1873, p. 177-183, avec une carte du nord de Sumatra.
Mémoire substantiel, qui contient Thistoire géographique de îlle, et l'exposé des c^ses qui ont amené le conflit actuel. C'est en partie l'analyse sommaire du numéro précédent.
113. La guerre de Sumatra. Revue des Deua-Mondes, 15 juillet 1873, p. 484-491.
Note anonyme communiquée, dont j'extrais deux passages: t Ce n'est pas un spectacle médiocrem Ait curieux que celui d*un petit peuple de S millions et demi d'individus, qui au delà des mers maintient dan» une dépendance absoine un immense empire d'Mrftron
GRAND ARCHIPEL d'aSIE. 107
17 millions d'Ames. Non-seulement cette domination n'entraîne aucune dépense pour la Hollande, mai<« elle lai assure chaque année des recettes considérables, et l'on a constaté qu'en moy»^nnc les colonies néerlandiuses font rentrer tous les ans plus de 54 millions de francs dans le trésor de la mère patrie. C'est ainsi que los Pays. Bas sont parvenus d développer leur industrie, i\ entrcppinrlre de vastes traraux publics, à construire un magnifique n*seau de chemins de fer, tout en amortissant constamment leur dette. Le territoire hcrflandais en Europe ne compte que 640 milles carrés, et l'empire colonial, dont les traités de 1814 et de 1824 ont dcterniine les limites, n'en compte pas moins de 28923. Partout rôpne une prospérité exceptionnelle: les cultures sont splendides, l'aspect des routes, des villages, des campagnes annonce la richesse. Dans l'île de Java, 25000 Hollandais régissent en demi-dieux 14 millions d'hommes. Dans nie de Sumatra, le nom néerlandais n*a pas moins d>î prestige. Les deux lies sont moins des colonies qne «le superbes exploitations qui rapportent à leurs maîtres des bénéfices inusités.... »
AniTsnt à la guerre actuelle, la note ajoute:
c La Hollande tout entière comprend qu'il est indispensable d*agir résolument, si l'on ne veut pas que des populations jusqu'ici dociles et soumises soient tentées de s'insurger. La question «l'Atchln est pour les Pays-Bas une question essentielle, un intt;rêt de premier ordre, et il est naturel que tontes les fractions des chambres se soient réunies dans un même sentiment de patriotisme. La fortune publique de la Hollande dépend principalement de ses colonies ; l'État en tire la plus forte partie de ses revenus. Les Hollandais font d'ailleurs observer, non sans raison, que ce qui est en jeu ce n'est pas seulement leur prestige, c'est aussi celui de l'Europe: qu'entre les puissances qui possèdent des territoires asi.itiques il existe une sorte de solidarité morale, et que l'affaiblissement de l'une d'entre elles serait pour les autres une diminution d'influence et d'autorité. Un récent télégramme de Calcutta signalait de prétendus ponrparler> pacifiques attribués an gouvernement de l'Inde néerlandaise et au sultan d'Atch'in. r.ette nouvelle a été démentie à la seconde chambre des états g«?n«>ranx à la Haye par le ministre des colonies. Il a déclaré qu'auci]Ti>> négociation n'était pendante, mais il a ajouté que les radjahs voisins des États du sultan d'Atchïn feraient sans doute des efforts auprès de ce prince pour l'engager à demander une solution paciûnue. La Hollande n'en continue pas moins avec la plus grande ardeur ses préparatifs militaires, tant dans la métropole que dans les lies de Java et de Sumatra. »
114. Vetii (P. J.). Java, geographisch, elhnoloj?isch,histor;sch.//aarlem, 1873, 20 parties de 3 feuilles chaque (48 pages), cha<{ue partie 1 fr. 25 c.
A c6té de cette description, il faut noter les cartes suivantes :
115. Topograpbische Kaart der residentie Soorakarta, opgcnr>mcn door de opneemings-brigade zamengcst<'lt uit Majmir Hkije- RFNCK, licut. OcKERSE, etc, pcdurendc 1861-18(3^. La Haye, 1873,6 feuilles (au 100 000*).
— Topograf>h. Kaart der residentie Semaran^, opgenomon door
Majoor Beijerinck^ etc.^ 1861-64; ibid., 1873, 6 feuilles (au 100 000«):
Précédemment publiées, à la même échelle, les résidences ou pro* vinces de Bagelen, 4 feuilles; Kadoe, 2 feuilles; Banjoemans, 3 feuilles; Djokjakarta, 4 feuilles; Pekalongan, 1 feuille.
116. Netsch£R (E.). De Nederlanders in Djohor en Siak, 1602-1865. Historische Beschrijving. Verhandelmgen van het Bataviaaseh Genootschap van Kunsten en Wetenschappen, xxxv ; Batavia^ 1870| in-8, 422 pages et 4 cartes.
117. Lieut. G. C. Crespigny. On the rivers Mukah and Oyah in Bornéo. Proceed, of the Roy, Geogr. Soc, vol. XVII, n* 2, p. 133.
118. P. H. Perelaer. De Bonische ezpeditiên. Krijgsgebeurtenissen op Celebes in 18&9 en 1860. Volgens officiële bronnen bewerkt. Uiden, 1872, 2 vol. ln-8, 375 et^ 384 pages, avec 11 cartes. 9 n. 80 (KolflO.
119. J. G. F. RiEDEL. De Minahasa in 1825. Bijdrage tôt de kennis van Noord-Selebes. Tijdschrift voor Indische Taal-en Yolkenkunde, t. XVIII (6« série), p. 458-568.
120. J. S. G. Gramberg. £ene maand in de blnnenlanden van Timor. Verhandelingen van het Bataviaaseh Genootschap, Batama, 1872, vol. XXXVI, p. 161-217, avec carte.
121. J. Roos. Bijdrage tôt de kennis van taal, land en volk op het eiland Soemba. Ibid,, p. 1-160, carte.
122. D' VAN Leent. Les possessions néerlandaises des Indes orientales. Archives de Médecine navale, févr. 1873, p. 81-103.
Cet article, concis et substantiel comme les autres parties déji parues de ce travail, est consacré aux lies Billiton etBanca. M. de Leent s'appuie spécialement ici sur la Notice médico-topoffraphiqwe iur IHle Billitofit par le D' A. Hendricks.
— Du même : Contributions à la géographie médicale. Les possessions néerlandaises des Indes orientales. L*archipel de Riouw-Lingga. ibid., juin 1873, p. 401-416.
Extrait de la Topographie médicale de Varchipel de Riùmo-Lingga du D» G. van Overbeck de Meijer.
123. Donselaar (W. M.). Aanteekeningen over het eiland Savoe. Mededeelingen van wege het Nederlandsche Zendeling^enoot' shapy t. XVI, 3- cah. RoUerdam, 1872, p. 281-340.
L'tle de Savou, dont c» travail contient la monographie, est située au S. 0. de Timor.
124. Jaarboek van het Mijnwesenin Nederlandsch Oost-Indië. Uitgegeven op last van Z. Exe. den Minister van Koloniên. AmsUf'
GRAND ARCHIPEL d'aSIE. 109
dam, 1872, in-S, 2 parties, 290-240 pages, avec 7 cartes Stemler).
1*^* année d'une pablication consacrée aux travaux des ingénieurs des mines des Indes néerlandaises, et qui doit se continuer annuellement.
1?5. D* Bebnstein's Reisen in den nôrdlichen Molukken. Von Prof. D' G. E. Meinicke. Mittheilungen de Petermann, 1873, n" 6, p. 206-216. Carte.
Le rédacteur de ce morceau» le prof. Meinioke, qui depuis longtemps s'occupe avec prédilection des choses relatives au monde océanique, fait observer avec raison que les Moluques sont encore aujourd'hui une des parties les moins exactement connues du Grand Archipel Asiatique. Sur bien des points il faut encore recourir aux ouvrages de Rumpf et de Yalentyn, qui datent de près de deux siècles. De notre temps seulement l'étude de ce riche groupe d1les a sérieusement attiré l'attention, particulièrement des naturalistes. Parmi ceux-ci, le D' Bemstein a droit à une place éminente par l'étendue de ses recherches et la solidité de ses observations, nonseulement sur les productions du sol, mais sur la géographie et les abQrigènês. Une mort prématurée a malheureusement interrompu ses explorations; mais ce qu'il a laissé est une mine précieuse d'informations sur le nord de l'archipel, où le D' Bernstein a fait cinq voyages, de 1861 à 18C3. Ses notices et ses rapports se trouvent dans les tomes XIV et XVII du Tijdschrift voor Indische taal-land-en «o/lunkundt. C'est tout ce que l'actif et zélé voyageur a laissé sur ses travaux ; mais les notions contenues dans ces communications méritent d'être précieusement réunies. C'est ce qu'a fait M. Meinicke dans le morceau que les Mittheilungen ont publié. M. Meinicke les a classées en sept groupes, d'après leur distribution géographique : 1, les petites Moluques; 2, la presqu'île septentrionale de THe de Djilolo, que les indigènes appellent Halmahéra ; 3, la partie méridionale de la même lie ; 4, le petit archipel d'Obi; 5, la partie sud-est de Djilolo; 6, l'ile de Gébé ; 7, les lies Valgion.
126, Jagor (F.). Reisen in den Philippinen. Berlin y 1873, in-8, 397 pages, carte et illustrations. 5 thl. (Weidmann).
Sur M. Jagor et ses publications antérieures, voir Y Année géographiqWf t. VI, p. 273, n» 210, et t. IX, p. 90.
127. J. PuNAPPEL. Over de Kennis die de Arabieren voor de komst der Portugeezen van den Indischen Archipel bezaten, Bijdragen tôt de Toat-Latid-en Volkenkunde van Nederlandsch Indië, 3' série, t. II, 2« cah., p. 135-158; s'Gravenhage, 1873, in-8.
Ce nouveau travail de M. Pijnappel est la suite et le complément naturel de celui qu'il a déjà consacré aux notions de Ptolémée sur le Grand Archipel (voir le t. IX de VAnnée géographique^ 1872, p. 89). M. Pijnappel se réfère beaucoup à l'introduction écrite en 1845 par M. Reinaud pour son édition des Belations des voyages faits par les Arabes e$ lu Persant dana l'Inde et à la ChÎM; mais il ne parait pas avoir connu ll'étude beaucoup plus importante de M. Ed. Dulaurier sur le même sujet, dans le Journal Asiatique, ni celle de M. Alfred Maury, dans le BulUtin de la Société de Géographie,
110 ASIE. (n°* 110-134.)
128. Du même : Enkéle aanmerkingen of Wallace's Insulinde. ibid., p. 159-171.
129. Baron Melvill van Carnbee et W. F. Versteeg. Algemeene Atlas van Nederlandsch Indic, uit officiele bronnen en met goedkeuringvan het * gouvernement samengesteld. V Uitgave met verbeterkaarten. Gouda, 18T0, in-folio (Kolff).
Cet atlas, qui se compose de 31 cartes gravées sur pierre, est côté 115 francs (55 florins).
130. Lans (P. C.) et À. GuYOT. Land^en zeekaart der Banda Eiolanden. 'sGrwoenhage {la Haye), 1871, 2 feuilles, 10 fl. (Smulders) .
Au 9S000*.
Nous avons mentionné plus haut (n» 115) la belle suite de cartes topographiques des provinces de l'île de Java, en cours de poblica* tion.
131. Carte des îles Sumatra, Java et Bornéo, et des mers environnantes. Paris, Dépôt de la Marine (carte corrigée en 1873), n« 3031.
132. Iles Philippines, Célèbes et Moluques. Ibid, (revisée en 1873), n»3003.
133. Carte des îles Moluques et de la mer de Banda, ibid» (^ feuilles corrigées en nov. 1872), n»» 2784 et 2785.
134. China Sîea Directory, vol. IV. Lmd., Hydrogr. Office, 1873, in-8. 6 sh.
Voici quelques renseignements sur les causes de la guerre actuelle contre le sultan d*Atchïn.
Après 1795, la plupart des possessions hollandaises de Sumatra avaient passé dans les mains de l'Angleterre ; et quand la Hollande eut été, en 1810, incorporée à l'empire français, la totalité de ces colonies lui appartint, y compris les MoUuques, et même Java en 1811.
Lorsque l'Angleterre restitua à la Hollande ses anciennes possessions, le susdit traité ne fut plus valable. Une nouvelle convention y fut donc substituée le 17 mars 1824. La Hollande était reconnue comme la seule puissance européenne établie ^ Sumatra. En revanche, elle s'engageait à. ne rien enti^eprendre contre l'indépendance des princes du nord de Tlle, promettant de veiller à la
LA GU£RK£ DE SUMATR.V. 111
sûreté du commerce et de la navigation, et à la destruction de la piraterie.
Le sultan d'Âtchïn se considéra, dès lors, comme un protégé de l'Angleterre; mais il entendait dans un singulier sens la garantie de son indépendance par les Anglais. A Tombre de cette garantie, il espérait ])Ouvoir étendre sa domination à sa guise et rentrer en possession des colonies de Baros, de Tapons et de Singkel.
De là des démêlés continuels avec les Hollandais, démêlés qui amenèrent la guerre sanglante de 1839-1840, dont rissue fut fatale aux Atchinois. Ces derniers essayèrent encore de se soulever en 1848, mais sans plus de succès.
Depuis lors, ils se montrèrent les ennemis acharnés de la Hollande, violant son territoire, enlevant ses sujets, exerçant la piraterie contre ses navires. La Hollande aurait pu depuis longtemps user de représailles contre laul de perfidies; mais elle voulait respecter les traités et agir avec égard envers l'Angleterre.
Par le traité de la Haye du 2 novembre 1871, la Hollande céda à cette puissance ses possessions sur la cote de Guinée. Libre désormais du côté de Sumatra (car <41e avait exigé, en échange de cette cession, le droit d'avoi r ses coudées franches dans rUo), elle réclama l'exécution fidèle du traité conclu le 30 mars 1857 avec le sultan Ala- Eddïn. A» cette demande, les Atchinois répondirent par un refus, ou du- moins par de nouvelles ])rovocations. Telle fut l'origine de la guerre actuelle, dont- la pitimièns phase n'a pas été, comme ou sait, heureuse pour les armes de la Hollande.
Mais il ne faut pas perdre de vue cette circonstance, que les Hollandais se sont retirés non pas tant devant les Atcliinois que devant la mousson ([ui commençait à soufiler avec violence, menaçant d'intercepter les communications avec Batavia et avec les autres établissements nécr-
112 ASIE. (n" 135-147.)
landais de Sumatra. Si cela était arrivé, la position du corps expéditionnaire, qui ne comptait que 4000 hommes, n'aurait plus été tenable.
On ne doute pas que l'expédition qui se prépare en' ce moment, et qui comptera 3000 hommes de plus, ne termine heureusement la guerre.
CORÉE
135. Die Prussische Expédition nach Ost-Âsien, nach amtlichen Ouellen (ouvrage rédigé par A. BergJ. T. III-IV (fin). Berlin, 1873^ in-8, xi-426 et 456 pages, avec cartes et fig. (Decker).
Les deux premiers volâmes ont paru en 1864 et 1866. Chaque volome coûte 15 francs. L'ouvrage est accompagné d'un album qui se publie par livraisons à 8 thalers la livraison. Il y en a io de pamet.
136. Die k. k. ôsterreisch-ungarisclie Expédition nach Indien, China, Siam und Japan, 1868-71, zur Ërforschung der Handels-und Verkehrverhàltnisse diescr Lânder, mit besunderer Rûcksicht auf den ôsterreichen Handcl. Herausgegeben im Auftrage der k. Handelsministeriums in Wien,vonD' K. v. Schebzer. 2* édiU Stuttgart, 1873, in-8, xvi-494 pages, fig. et carte (Maier).
137. Commercial Reports from H. M. Consuls in Japan, 1871. Presented to Parliament. lond., 1872, in-8, 94 pages, avec 2 cartes, l sh. 3 d.
Intéressant pour l'étude de la réforme politique et sociale.
138. Troup (J.). Journal of a tour througb parts of the 'provinces of Ecbigo, Echiu, Kaga, and Noto, Japan ; april 3 to may 4,
1871. Journal of the Roy, Geogr. Soc. of Londoriy vol. XLII,
1872, p. 425-431. Map.
Renseignements commerciaux et statistiques.
139. C. W. Lawrence. Journey from Kiyoto to Yedo by the Nakâsendo road. Proceed. of the Roy. Geogr. Soc. y vol. XVII, n" 2,