SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE DE PARIS
'avancer l'étude de la terre. C'est ainsi qu'eu t fondée à Venise une société de cosmographie, e nom de société des Argotiautes ; quelques an- \ tard, \ine association du même genre se forma berg. Plus tard, d'autres sociétés se constituais dans un but plus spécialement commercial, dations dirigèrent surtout leur attention du côté que ; telles furent les deux sociétés dites afriune formée en France, l'autre en Angleterre. 1785, on jetait chez nous les bases dlune société aphie française, conçue à un point de vue plus [ue les précédentes. Ce projet, qu'on a des raittribuer à l'initiative de J.-N. Buache, paraît soumis à l'un des ministres de l'époque, soit le
de Gastries, soit le baron de Breteuil, ministre .ison du roi, soit enfin M. de Vergennes, mi- 3S afiaires intérieures. On ne sait ce qui advint sentation de ce projet.; si l'un des ministres que ons de nommer l'eût recommandé à Louis XVI, )bable que ce prince, qui, à l'instar de Louis XV, îait aux progrès de la géographie, n'eût pas manqué 3er l'entreprise; mais il peut se faire aussi que les Qts ultérieurs aient empêché les ministres de VI, et Louis XVI lui-même, de s'en occuper.
qu'il en soh, ce plan a été retrouvé et publié dans in de la Société de géographie (2* série, t. !•% Li'auteur du projet voulait surtout remédier à l'un s les plus fâcheux qui avaient nui jusqu'alors à on des connaissances exactes en géographie, à sa~ éfaut de bonnes caries et la multiplicité des mau- : On ne peut nier, dit M. Jomard, que ce but esl'eût été atteint par le moyen proposé il y a un de, et pour le plus grand avantage des savants. C[ue la société aurait pu faire par cette voie est in- . le ; il est évident d'ailleurs que son plan se se-
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rait graduellement étendu avec le succès de Tinstitu-
iion.A
ce Dans les idées ded fondateurs, les cartes géographique» doyaient être plutôt une œuvre collective' qu'individuelle, l'ouvrage non d'un seul artiste, mais d'une réunion de savants. De là, l'opinion qu'en formant une société d'artistes et de savants qui mettraient leurs travaux en commun, on parviendrait promptement à perfectionner la géographie, et à faire dos cartes plus exactes et meilleures à mesure que le dépôt de la société s'augmenterait, et que le travail et les recherches de ses membres s'accumuleraient.
<r L'idéal qu'on se faisait alors d'un parfidt géographe est curieux à signaler pour l'époque. « On ne connaît pas, est-il dit dans le programme, do science qui demandoune plus grande étendue de connaissances et un travail plus pénible que la géographie. En cifet, pour former un excellent géographe, il faut, qu'un homme soit bon mathématicien, bon astronome, connaisse la navigation, ait étudié la physique, sache parfaitement l'histoire, ait prodigieusement lu, extrait et étudié les relations de voyageurs de terre et de mer, connaisse et entende beaucoup de langues ; il faudrait de plus que, quand il dresse une carte, il pût avoir sous les yeux et faire une étude particulière de tout ce qui a été écrit et publié sur le pays qu'il dessine et décrit, pour comparer et concilier les sentiments différents et les juger avec une critique profonde et éclaircc pour démêler le vrai au milieu des erreurs.... » Telle est la manière dont, en France, on entendait pratiquer la géographie en Tan 1785.
« Malheureusement, le projet de société semble avoir été abandonné, sans doute à cause des circonstances politiques. D'autres projets de même nature furent conçus à l'i^poquo de la Révolution. On signale entre autres une société pour les découvertes en Afrique, qui devait se for-
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pui du gouvernement; une nouvelle société 802, grâce à Finitiative de Langlès, sous le Hé de U Afrique intérieure et de découvert iinentg, affirme M. Jomard^ bon juge en ces riteraient d'être aujourd'hui publiés, dix-neuf ans encore^ et surtout les bienfaits paix, pour permettre à une société géograrre et de durer. Ce fut, comme nous l'avons e qui prit Tinitiative.
illet 1821, une réunion d'hommes éminents ensée que la science tirerait avantage de la ne société de géographie. Cinq membres de IM. Barbie du Bocage, Jomard, Langlès, et Walkenaêr, furent chargés de rédiger un e l*** octobre suivant, le règlement était soucommission; adopté le 1»' novembre, il fut u même mois. Appel fut fût alors par cir* i les amis de la géographie qui désireraient bres fondateurs de la société nouvelle; on , une assemblée devant se tenir à Thôtel de } le 15 décembre. L'appel fut entendu : deux personnes se présentèrent et se firent injour, la société de géographie se trouvait X constituée.
lion nouvelle fut accueillie avec une &veur * la première liste de sociétaires, on remar- I de MM. Barbie du Bocage, le savant géoinistère des affaires étrangères ; Jomard, le épôt des cartes géographiques à la Bibliolale; Langlès, Torientaliste; l'archéologue alte-Brun, Tun des rénovateurs de la g^oickenaër Térudit, et bien d'autres que nous ;é d'omettre.
: cent dix-sept fondateurs de la société, il ne ment qu'un seul membre, M. Vivien de
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« t Saint-Martin, président honoraire de la société, et qui ,-~
continue, avec une ardeur que rien ne ralentit, ses im- \
portants travaux géographiques; dans le courant de ces ""^
dernières années, il a donné, comme on sait, une His-, ""
toirc générale de la géographie, des atlas, et cette inté- p '
rossante collection dont on lui doit l'idée, V Année géo-V^
graphique, si intéressante par les renseignements qu'elle î"J^
fournit, si complète pour les indications bibliographi- ^
ques. .~
<c Les fondateurs de la première société de géographie . *
qui ait existé dans le monde comprirent que lliistoiro, ^*^
Tethnographicv, Tart de la guerre sur terre et sur mer, la *^
science nautique, les sciences naturelles, un grand nom- "^
l)re d'autres branches des connaissances humaines, enfin ^"^
l'industrie et le commerce, reposent sur les notions pré-
ciscs qu'on i)out avoir du globe. La voie à suivre pour **^
marcher au but était donc indiquée : provoquer des ^^
voyages de découvertes, décerner des prix aux plus mé- ^
rilants, propager le goût des études géographiques, enfin '^^^
publier des cartes et des mémoires. ^ .
c< Cinquante-quatre ans se sont écoulés depuis cette épo« que, et la société est restée fidèle au principe qui a pré- ^ sidé à sa fondation : contribuer de tous ses efforts aux ^"^ ])rogrèsdes scii'nces géographiques. ''"'
« Le Bulletin />i(?/wue/ qu'elle publie depuis son origine "^ : l'orme une collection de plus de cent volumes, véritables"^ — archives de la géographie, qui relatent, outre les travaux ^^ de la société, le mouvement des découvertes géographi- 1' ^^ ijues sur le globe. De ce recueil il faut rapprocher sept';* volumes de Mémoire.'^, collection qui pourra être conti nuée et (jui comprend, entre autres documents précieux, *^^ le texte francjais original des voyages de Marco Polo, ;^ d'après un manuscrit de la Bibliothèque nationale. "^ ^
tcL'cnsemble de ces publications a entraîné une dépense "^ ^ (h plus de 300,000 fr., chiffre considérable eu égard bu
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jet de la société, qui ne dispose que d'un ,000 fr., et qui n'a pour se suffire à elle-
le capital dont nous parlons, que le monlations payées par ses membres, les faibles ressources, la société a trouvé ituer, dès Torigine, des prix destinés à réi explorateurs qui se signalent par d'imporrertes, et les auteurs de- travaux ou de re- [es au développement des sciences géogra- 3 de cent prix ou médailles d'encouragement
distribués par elle. Ce n'est pas tout. Un
voyages, fonds modeste et qui malheureuresqpie épuisé à l'heure qu'il est, a pu être ce à un grand esprit d'ordre et d'économie, ce précieuse a servi à aider, à encourager os compatriotes dans des entreprises loinles et périlleuses. Il serait fort à désirer,
la notice, que ce fonds pût être reconstitué e d'un capital assez important pour rester fondation dont le revenu serait affecté aux
>re des membres sociétaires était, au 31 déî, de 1,038. Un curieux tableau graphique V.-A. Malte-Brun nous donne le chiffre du
la société, année par année, depuis l'oris augmentations ou les diminutions que ce bies sous l'influence des événements politi- 3. En 1822, on comptait déjà 279 membres; )mbre était de 305 ; mais, «n 1831, il tombe à 48 il n'est plus que de 116. Nous apprenons . notice que l'existence de la société fut alors
menacée. En 1850, il n'est encore que de ) il revient au chiffre primitif, à 217; à la fuerre de 1870, il était de 645. L'année sui-
compte plus que 600 membres ; mais à par-
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tir de co moment la progression est constante : 732 membres en 1872; 831 en 1873, et 1,038 en 1874-
«En relations avec tous les points du globe, la sociëté reçoit une foule de publications intéressantes ; la bibliothèque comprend aujourd'hui 10,000 volumes ou brochures, et autant de cartes. Il faut espérer qu'il en sera publié un jour ou l'autre un catalogue*.
(c Dans ces derniers temps, la société a constitué dans son sein une société spéciale, dite de géographie commerciale, pour favoriser l'extension de nos relations commerciales extérieures. Cette société, qui a pour organe une excellente publication, VExploratevr^ promet de rendre à la science et au commerce de très-utiles services. »
L'illustre Président actuel de la Société, M. le viceamiral La Roncière Le Noury, au moment où s'élaborait, il y a un an, le plan du Congrès international de géographie dont il a eu en grande partie l'initiatÎTe, prononçait, en ouvrant la séance annuelle de la société, de nobles paroles qui couronnent dignement ces souvenirs. u C'est ainsi, a-t-il dit, que nous affirmons notre effective coopération dans les progrès des sciences, pouvonsnous dire. La géographie, en effet, a le redoutable privilège de toucher à tant de choses, que son cadre n'a pour ainsi dire pas de limites. La simple description de la terre serait une stérile nomenclature, si la science géographique n'était logiquement enchaînée à l'étude des intérêts et des besoins de la grande famille humaine. Elle est liée à tous les grands problèmes de la nature. Aussi, dans la découverte de ces problèmes, quelle que soit la croyance de chacun, une main suprême se révèle; la foi en Dieu est alors le guide inspirateur qui